Luc. II
2. id. I. 32. — Hic erit magniis, et Filius Altissimi vocabitur^ et dabit illi Dominus Deus sedem David patris ejus : et regnabit in domo Jacob in seternum.
OÙ Virgile chantait un autre enfant. On ne le soupçonna pas à la cour d'Hérode. Et quand Joseph se rendit au greffe pour y faire enregistrer son fils, on aurait bien étonné Tofficier romain qui prit son nom, si on lui eût dit que de cet enfant, né d'une mère pauvre, sur un grand chemin, il faudrait dater la première année de Tère moderne ^ » Eh bien! ce fait immense qui coupe l'histoire du monde en deux, le saint Évangile le raconte avec autant de simplicité que sil s'agissait du dernier des bergers de Bethléem : « Or, pendant qu'ils étaient là, Marie mit au monde son fils premier-né. Elle Tenveloppa de langes. Elle le coucha dans la crèche, car il n'y avait point de place pour eux dans l'hôtellerie^. »
L'antique Bethléem est l'image du monde moderne, mes chers enfants. Jésus va toujours de ville en ville, de maison en maison et, pour ainsi dire, de porte en porte, à travers les peuples, à travers les âmes. Il n'y a pas de place pour Jésus. Il n'y a pas de place dans les écoles pour le Fils de Marie. Il n'y a pas de place dans les ateliers. Il n'y a pas de place dans les tribunaux. Il n'y a pas de place dans les casernes. Il n'y a
1. L'abbé Bougaud, Jésus-Christ. Cinquième édit., in-12, p. 169.
2. Luc. II. 6, 7. — Factum est autem, cum essent ibi. impleti sunt dies ut pareret. Et peperit filium suum primogenitum, et pannis eu m involvit. et reclinavit eum in prœsepio : quia non erat eis locus in diversorio.
pas de place dans les hôpitaux. Il n'y a pas de place dans les cimetières. Il n'y a pas de place pour Jésus dans la France laïcisée... Tout est pris. Et par qui, grand Dieu?... In propria venit et sui eurn non receperunt '.
Ici, du moins, les portes s'ouvrent, tout au grand, et le mystère de Noël va s'accomplir dans cette chapelle et dans vos âmes.
Cette petite chapelle a plus d'un trait de ressemblance avec retable de Bethléem. Non pas qu'elle soit ouverte aux vents froids de la nuit; mais elle est pauvre.
C'est à côté que nous devrions célébrer ensemble la messe de minuit, dans la basilique de marbre et d'or. Hélas! là non plus, depuis onze ans qu'elle est sous les scellés sacrilèges, il n'y a pas de place pour Jésus. Non erat eis locus.
Du moins, vous avez pris soin, chers enfants, de décorer ce Bethléem de votre mieux. Vos guirlandes, vos bannières, ces lumières et ces fleurs prouvent votre bon goût et votre piété ; mais, en dépit de vos efforts, la chapelle reste pauvre.
De plus, cet autel de bois ne rappelle-t-il pas la crèche ?
La sainte crèche, la santa Cidla^ comme disent les Italiens, je l'ai vue de mes yeux dans l'église de Sainte- Marie-Majeure à Rome. Pauvres planchettes de bois, du bois le plus sacré qui soit au monde après celui de la vraie croix 1 Réunies par des fils d'or, elles sont enfermées dans un reliquaire de cristal aux sculp-