Joan. I
tures d'argent, et que surmonte une statue en or de l'Enfant Jésus. Du bois, un peu de paille, un petit morceau de linge, et c'est tout. Quel trésor!
Non seulement j'ai vu de mesyeux la sainte crèche; mais j'ai dit la messe, dans la nuit de Noël, sur l'autel où elle reposait. Devant elle j'ai déployé le corporal qui devait recevoir l'hostie, comme à Bethléem la Vierge-Mère préparait les langes pour le divin Enfant qui allait naître. Quelle émotion! quelles larmes! quelle messe !
Et plus tard, dans la journée, j'ai eu comme une vision de l'adoration des bergers. Le petit berceau avait été transporté sur l'autel majeur, au centre de la Confession, parmi des milliers de flammes. La basilique s'est emplie de la foule du peuple romain, et surtout des paysans et des pâtres de la campagne romaine. Ils étaient là, dans leurs pittoresques vêtements, à genoux la plupart, simples et candides, émerveillés, ravis, tout comme les bergers de Bethléem à l'heure où l'ange leur disait : « Evangelizo vobis gaudium magnum : quia natns est vobis hodie Salvator mundi\ Je vous annonce une grande joie; car il vous est né aujourd'hui le Sauveur du monde. »
La joie sera la même pour vous, chers bien-aimés enfants. Dans quelques instants je vais prononcer les paroles de la consécration, et, en vertu d'un mystérieux pouvoir que le prêtre tient de l'Église, le Christ eucharistique va naître sur l'autel. 'Vous, vous allez chanter^ et nous croirons entendre le cantique des anges.