I Cor. III
Et Dieu dit à V homme : « Ce que ton travail aura fait naître de la terre ^ tu le mangeras dans la douleur tous les jours de ta vie... »
La douleur, voilà la seconde conséquence du péché, la deuxième loi de la vie.
Cet anathème, bien-aimés enfants, s'est-il réalisé comme le premier? Écoutez le poète — ces âmes vibrantes sont de vrais témoins de l'humanité. — ïlest sur une montagne. D'un côté la mer, de Fautre la terre :
. . . L'Océan magnifique Épandait une voix joyeuse et pacifique.
Sa clameur qu'emportaient la brise et la rafale, Incessamment, vers Dieu, montait plus triomphale, Et chacun de ses flots, que Dieu seul peut compter, Quand l'autre avait fini, se levait pour chanter...
A cette joyeuse et bénissante harmonie, une autre voix, qui vient de la terre, répond, triste, désolée :
. . . L'injure, Tanathème, Refus du viatique et refus du baptême, Et malédiction, et blasphème, et clameur. Dans le flot tournoyant de l'humaine rumeur, Passaient, comme le soir on voit dans les vallées De noirs oiseaux de nuit qui s'en vont par volées. Qu'était-ce que ce bruit dont mille échos vibraient? Hélas! c'était la terre et l'homme qui pleuraient!
Oui, mes enfants, depuis l'exil du paradis terrestre,! tous les cieux ont vu Thomme pleurer, et notre race bientôt soixante fois séculaire, n'a pas encore versé toutes ses larmes, tant elle est vraie cette parole d'un ancien' : « Il y a je ne sais quelle parenté entre la douleur et la vie. » Comme la loi du travail, la loi de la souffrance est inéluctable, elle est universelle ; vous n'y échapperez pas. Adam a souffert. Le Verbe de Dieu a trouvé le secret de s'approprier la souffrance. Il a pleuré , il a poussé des gémissements et des cris ; il a été calomnié, flétri, accusé, condamné ; il a enduré d'inénarrables douleurs, et, en vérité, il a pu dire aux plus déshérités de cette vallée de larmes : « Regarde et ose prétendre que ta douleur approche dema douleur. Attendite, et videte si est dolor sicut dolor meus'^. »
Vous souffrirez donc, mes chers enfants. Vous avez sans doute déjà souffert. Il y a dans la vie, même dans la vôtre, des heures interminables, froides,- pâles, crépusculaires, des jours pesants, des jours d'ennui... Chacun a ses peines. Écoliers, vous avez les vôtres, légères sans doute, mais réelles pourtant : vos luttes, vos tentations, vos déceptions, vos déchirements d'âme et vos brisements de cœur... Vous pleurez- Hélas! pauvres chers enfants, ce n'est qu'un apprentissage. Un jour viendra, et il n'est pas loin, où vous serez méconnus, insultés, calomniés, trahis. Les mains qui pressaient vos mains se retireront tout à coup. Tout à coup cesseront de battre les cœurs qui battaient à Tunisson du vôtre. Vos meilleurs compagnons