‹ Travailler a son ameChapitre 165 sur 168 · Hehr. xii · texte numérisé non relu

Hehr. xii

2. Cf. Maine de Biran, sa vie et ses œuvres. Édition Ernest Na- Tille.

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revers de la main sur un tableau noir ? Qu'arrive-t-il ? c'est que le monde passe, et le mondain passe avec lui.

Le vrai chrétien, l'enfant de Dieu, est plus sage. De peur de passer avec le monde, il sort du monde et il s'en va. Où va-t-il? Vado ad Patrem. Il va chez son Père. Toutes les créatures sont apostées sur sa route comme pour le saisir au passage, nouvel Augustin, « par sa robe de chair », et Tarrêter. u Où allez- vous donc? Restez avec nous. Jouissez de nous. » Mais Tenfant de Dieu leur jette un regard de pitié, et leur dit : « Je n'ai pas le temps de m'arrêter ; je suis pressé ; laissez-moi; je m'en vais... — Mais où allez-vous donc? — Je vous l'ai déjà dit, chez mon Père : Vado ad Patrem. »

Croyez-le, mes enfants, vous ne faites pas un grand sacrifice en disant adieu au monde. Si vous saviez jusqu'à quel point il est misérable I Vous le saurez un jour. Je ne m'étonne pas de rencontrer dans le monde ancien, et même dans notre monde contemporain, des philosophes qui ne sont que philosophes cependant, des savants qui ne sont pas chrétiens et qui n'en sont pas moins dépris du monde, dégoûtés de sa vanité, de ses misères, et qui l'ont abandonné. Ils se sont bâti, loin des foules, une retraite de silence et d'étude. Ils ont fermé leur porte à tous les bruits terrestres. Heureux s'ils avaient du même coup entr'ouvert une fenêtre du côté du ciel !

Ne .soyons pas moins sages que ces philosophes. Que dis-je? ne .soyons pas au-dessous des créatures inintelligentes. Faisons dans notre liberté clairvoyante ce que font fatalement et aveuglément les créatures. De tous ces êtres qui vont à leur fin, pre-

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ions ce qu'on appelle aujourd'hui « une leçon de :hoses ». Voyez les fleuves : la Seine, par exemple. Est-ce qu'elle s'arrête dans sa course ? Elle passe à Paris. Elle v rencontre bien des merveilles : les Tours de Notre-Dame, et ce joyau : la Sainte-Chapelle, l'Institut, le Louvre, l'Arc de Triomphe. S'arrête-t-elle pour regarder?... Elle entend la clameur confuse de la grande cité. S'arrète-t-elle pour écouter?... Non. Elle roule à grosses ondées entre ses quais majestueux ; puis, avec la même indifférence, elle précipite ses flots à travers les campagnes solitaires, les forêts silencieuses, jusqu'à ce qu'elle atteigne sa fin dernière : océan.

Faisons comme les fleuves, marchons ; courons à L>ieu, à travers tout, sans nous arrêter ; précipitons, :omme les ondes, les actes de notre liberté, de notre ntelligence, de notre cœur, et nous aborderons à féternel océan de lamour.

Que si, vous, mon cher enfant, vous aviez eu usqu'à présent le malheur de ne point marcher vers Dieu, de ne point aller au Père; si, comme le Proligue, vous lui aviez tourné le dos, si vous aviez fait, :omme lui, la triste expérience du péché et du •emords, imitez du moins ce malheureux jusqu'au oout, et dites avec lui : « Surf/ara et iho ad. Patrem^ : Je me lèverai et j'irai chez mon Père. » Ou plutôt ion; ne dites pas avec le Prodigue : « J'irai »; dites ivec Notre-Seigneur : « Vado; Je vais ».

Et vous êtes allés, tous! et vous voici dans la mai- >on paternelle ! Je n'entends pas seulement ce lieu

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