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2. Saint Augustin. De vera relia., cap. iir, 2, — Incorniuuta-
vain et douloureux pour saisir et fixer ce qui s'écoule. Dominez les créatures. Ne les regardez même pas par pure curiosité scientifique. Servez-vous-en comme de points d'appui, comme de degrés, pour vous élever plus haut, pour vous élever à l'immortel, à rimmuable ; servez-vous-en pour monter jusqu'à Dieu^
Mais ce libre et fier regard sur la nature, ce regard simple et profond qui va jusqu'au principe, présuppose la purification de l'âme. C'est l'un des sens de la parole évangélique : « Bienheureux les cœurs purs, parce qu'ils verront Dieu ^. » Tant que saint Augustin n'a pas été pur, malgré tout son génie, il n'a pas vu Dieu. Il se précipitait, nous dit-il lui-même, dans les beautés créées par Dieu, et il y perdait sa propre beauté. « Elles me retenaient loin de vous, Seigneur, ces beautés qui ne seraient pas, si elles n'étaient en vous^. » Puis, quand son âme s'est dégagée de la chair, quand elle s'est recueillie par la continence et reprise dans l'unité, il a vu Dieu dans les créatures : « Seigneur, vous avez brillé, vous avez étincelé, et vous avez triomphé de mon aveuglement^. »
Les plaies profondes d'Augustin, les meurtrières
bilem rerum formam et eodem modo semper sehabentem, atque undique sui similem pulchritudinem Dec distentam locis, nec tempore variatam.
1. Id.Confess., \ih. X, cap. vm, 12, — Transibo et istam vim naturab meœ, gradibus ascendens ad eum qui me fecit.
2. Matth. V, 8. — Beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videbunt.
3. Confess. lib. X, cap. xxvii, 38. — Ea me tenebant longe a te quae, si in te non essent, non essent.
4. Id., ibkl. — Coruscasti, splenduisti et fugasti ceecitatem meam.
flétrissures de Tâme, les sensualités trompées et impuissantes, grâce au Dieu qui purifie sans cesse votre jeunesse, vous ne les connaissez pas, mes chers amis; mais déjà, peut-être, vous avez répandu votre âme dans la nature, vous Tavez dispersée en de vagues et dangereuses rêveries; vous vous êtes laissé prendre quelquefois à la glu des sens, aux ombres de ce qui est, à ces fantômes que Platon appelle divins, mais qui n'en sont pas moins des fantômes'. Dégagez-vous. Coupez, s'il le faut, et retranchez. Omnis qui jjeccat, non vidit eum"^. François Arago, jeune encore, s'écriait, comme Lalande : « J'ai scruté tous les coins du ciel, je n'ai pu y trouver Dieu î » — « Dieu n'était pas absent du ciel, mais de son âme. Plus tard, Arago retrouva dans son cœur ce Dieu qu'il avait cherché en vain parmi les astres. Aussitôt, par contre-coup, il aperçut dans le ciel ce Dieu qui reparaissait dans son âme3. » 0/nnis qui peccat, non vidit eum. Le péché éteint la lumière. Bossuet a très bien dit des passions qu'elles sont ténébreuses ; elles nous cachent le ciel et Dieu ^
En résumé, qu'avons-nous dit, mes chers amis, sinon que la création est un livre? Lisez-le bien. Sous les mots, cherchez la pensée, l'écrivain sous le style.
1. La République. — $av-(i(T;jLaTa 5îTa xal ta'.x; twv ovror/.