ANCIEN SUPÉRIEUR GENERAL DES MISSIONNAIRES DE FRANCE
Paris, le 8 septembre 1892.
En la fête de la Nativité de Notre-Dame.
Mon cher Père,.
Je viens de lir.e avec un intérêt tout particulier les « bonnes feuilles» de votre volume : Pour les jeunes gens. Entretiens et Discours.
Tel vous étiez jadis, critique littéraire à la plume alerte,
VI APPUOBATIONS
dans nos grandes revues, ou poète d un art consommé, tel je vous retrouve ici, abordant les graves sujets que comporte votre ministère apostolique. C'est toujours ce religieux respect de la langue, cette distinction sans apprêt, cet heureux mélange d'élévation dans la p'-nsée et de simplicité dans l'expression, enfin et surtout cet accent de bonté qui de lui-même éclate partout, et, mieux que les pages les plus réussies, touche votre lecteur et le gagne aux causes saintes que vous défendez.
A coup sûr, la jeunesse chrétienne vous lira, et avec elle tout ce qui est resté jeune par la droiture de la volonté et la générosité du cœur.
Vos Entretiens, si brefs et si pleins dans leur concision voulue, m'ont plus d'une fois rappelé ces merveilleuses petites toiles de Meissonier, fixant dans un cadre de quelques centimètres tout un drame d'une grandeur saisissante.
Je sais bien que vous lire n'est plus vous entendre, et que de ceci à cela la distance est considérable. Néanmoins, je crois ne pas me tromper en affirmant que vos Entretiens sont de ceux qui subissent le plus victorieusement l'épreuve de l'impression. Le lieu commun, l'amplification, la figure de rhétorique à outrance, qui, sur les lèvres d'un orateur animé, soulèvent les applaudissements, et, le lendemain, dans le discours imprimé, sonnent creux et faux, tout cela vous répugne instinctivement ; mais le discours, tel que vous l'avez conçu et prononcé, se trouve à la mesure voulue pour devenir une causerie écrite, gardant presque entière sa flamme première.
Il faut donc publier ce premier volume de vos Entretiens et Discours ; puis les autres. C'est la loi de votre apostolat, et ce sera le secret de sa fécondité.
Sans doute, les sujets ne se lient pas entre eux. Est-ce une imperfection? Dans un musée, les tableaux se succèdent sans ordre, sauf à Versailles, hélas ! Mais, dans votre œuvre, tout se lient par la continuité de la même chaleur pénétrante et de la même clarté. Telles, nos rivières de Basse-Normandie roulent sur les galets leurs eaux transpa-