Horace
dent implacable ne mordra pas : c'est votre personne, mes chers amis. Le ciel visible et la terre passeront; mais vous, vous ne passerez pas. Dieu vous a faits inexterminables ^ Vous êtes des souffles de Dieu. Vous êtes immortels.
Est-ce tout? Votre ressemblance à Dieu se bornet-elle à ces deux traits, l'immensité et, d'une certaine façon, réternité? Non, vous participez encore à son autorité souveraine : ^< Régnez, vous a dit le Créateur ; soumettez-vous toutes choses. Subjicite, clominamini'^. » Vous êtes rois. David a vu toute la création à vos pieds, les troupeaux des champs, les oiseaux du ciel, les poissons qui sillonnent les profondeurs des eaux^. Le regard de Job a été plus avant encore dans cet empire que vous possédez sur la nature, et Job s'est mis à chanter. Écoutez une strophe de ce poème vieux de quatre mille ans et que l'on dirait écrit d'hier: « Tl est un lieu où se forme l'argent; il est une retraite où se cache l'or, l'homme y est descendu. De la terre l'homme a extrait le fer. A la pierre il a arraché l'airain. Il recule les confins des ténèbres, il découvre jusqu'à ces roches profondes qui avoisinent les ombres de la mort. Il creuse dans les montagnes des chemins inexplorés. 11 s'enferme dans les entrailles du globe. Il brise les roches et renverse les monts jusqu'à leur racine. Il ouvre un passage aux fleuves à travers la pierre et découvre leurs trésors les plus cachés ; il