‹ Travailler a son ameChapitre 32 sur 168 · Gènes, i · texte numérisé non relu

Gènes, i

3. Ps. VIII, 8, 9. — Omnia subjecisli sub pcdibiis ejus, oves el boTes universas, insuper et pecora campi ; volucrns cœli, et pisces maris qui perambulant seaiitas maris.

arrête leurs cours et montre à la lumière leurs profondeurs ^ »

Oui, l'homme a le sceptre à la main et le diadème au front : il est le roi de la création-. Que dis-je? Il

1. Job. xKviii, 1-11. — Habet argentum venaruni suarum principia ; et auro locus est, in quo conflatur.

Femim de terra tollitiir ; et lapis solutus calore. in ces vertitur.

Tempus posuit tenebris, et imis'ersorum finem ipse considérât, lapidem quoque caliginis, et umbram mortis...

Ad silicem extendit manum suara, subversit a radicibiis montes.

In pétris rivos excidit, et omnepretiosum vidit oculus ejus.

Profunia quoque fluviorum sorutatus est, et abscondita in lucem produxit.

2. Une objection assez grave, en apparence, est la suivante : (a religion enseigne que l"homme est le roi de la création et que tout a été fait pour lui. Or, les découvertes de l'astronomie et de la géologie ne nous permettent plus de le croire. La première de :es sciences nous enseigne, en effet, que l'homme est intiniment petit, comparé à l'immensité des espaces célestes et au nombre prodigieux d'astres qui les peuplent. De son côté, la géologie nous i appris que la terre avait existé, avec ses animaux et ses plantes, les millions d'années avant l'apparition de notre espèce. Est-il idmissible que Dieu ait distingué parmi tous les êtres cette créaare minuscule, perdue dans l'immensité de l'espace et des temps, ît qu'il en ait fait l'objet de ses complaisances au point de se îommuniquer et de s'unir à elle ?

L'abbé de Broglie ne conteste pas que la nouvelle conception îcientifique de l'univers nous oblige à modifier sur des points de iétail les idées traditionnelles. Par un orgueil, cette fois exagéré, los ancêtres pensaient, par exemple, que la terre était le centre le Tunivers, pour l'unique motif qu'elle était la demeure du roi le la création. Nous savons aujourd'hui qu'ils se trompaient, lien non plus n'oblige à croire que tous les êtres ont été créés )Our l'homme. D'autres créatures intelligentes qui, elles aussi, ;onnaisseut Dieu et l'adorent, peuvent exister sur d'autres plalétes. ot peut-être est-ce pour elles plus que pour nous que irillent ces soleils lointains dont la lumière est à peine accessible : l'œil humain armé du télescope. Il est cependant toujours exact te dire que l'homme est le' roi de la création terrestre et que, eul sur notre globe, il a mérité d'attii-er les regards de Dieu.

Taine aurait mauvaise grâce à contester ses titres aux préérences du Créateur, lui, le disciple de Hegel, qui, dans sa Tripgie, accorde le premier rang à l'Esprit. Or, qui représente l'Esprit

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en est le prêtre ! Il y a un sacerdoce naturel. — A ces voix du ciel et de la terre qui racontent, sans la comprendre, la gloire de Dieu, il prête son intelligence et son cœur, sa pensée et son amour. Il parle, et, suivant le mot de TApocalypse, on fait silence dans le ciel pour l'écouter*. Quand il prie, tous les mondes sont en prière. Quand il adore, tous les mondes adorent II s'élève plus haut que les créatures, et, dans un mouvement sublime, il les emporte avec lui jusqu'aux pieds du trône de Dieu-.

dans la nature, si ce n'est l'homme, le seul être qui puisse s'élever jusqu'à son Créateur, le seul qui puisse le comprendre elle servir librement, le seul qui possède la raison, la conscience, la vertu, « choses qui ne se mesurent par aucune des trois mesures scientifiques, le centimètre, le gramme et la seconde, mais qui valent plus que l'étendue des cieux, que la masse totale des nébuleuses et des planètes qui s'y meuvent, que les périodes imlefinies de leur rotation et de leur translation » ? Taine ignore-t-il ces attributs de l'homme? Alors sa psychologie est bien aveugle. Estime-t-il que la masse et la grandeur physiques vaudraient mieux ? Croit-il qu'un hercule de foire est supérieiif à un homme de génie, parce que son corps pèse quatre fois plus? Esi-ce ainsi qu'il entend la hiérarchie des êtres ?

Sans doute l'homme est petit et faible, un « insecte >s une « mite », suivant l'expression de notre académicien-philosophe; mais « cet insecte, cette mite, du fond de son observatoire si étroit, mesure le globe qui le porte et les autres globes <{ui sont parsemés dans l'espace au-dessus de sa tête ; il détermine les lois de leur mouvement ».

Envisagé à ce point de vue, qui est le vrai, il cesse d'être indigne de la place royale que lui attribue le christianisme.

« Si le Créateur de l'univers a voulu, comme l'enseigne la foi chrétienne, choisir parmi les créatures une espèce avec laquelle il contracterait une étroite alliance, n'est-il pas vraisemblable que cette espèce choisie devra posséder les attributs que nous trouvons dans la nature humaine et que nous ne trouvons qu'en elle parmi tous les être connus ? » L'abbé Hamard, loco citato.

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