VIII, 1. — Factum est silentium in cœlo
2. M. Amédée de Margerie, dans sa ThéoUicée, II, i, 10, explique bien comment l'homme est le pontife de la création. Dieu, dit-il,
l'homme 63
Voilà l'homme tel qu'il est sorti des mains du Créateur. II est grand, n'est-ce pas, mes chers amis? Eh bien ! si grand qu'il soit, ce n'est encore, dans le plan divin, qu'un commencement de créature : inîLium. aliqund creaturce '. Dieu va le faire monter plus haut. Il va l'associer d'une manière ineffable à sa vie et à sa gloire. C'est ce que nous avons appelé les grandeurs surnaturelles.
Disons-le d'abord, Messieurs, Dieu pouvait, sans ombre d'injustice ou même de sévérité, en rester là, à cet homme naturel que nous venons d'étudier et d'admirer. Dans ce cas, le Créateur n'aurait eu avec sa créature que des rapports lointains. C'est à travers un voile qu'il se serait fait connaître à elle, comme, par exemple, le soleil dans un nuage. L'homme, sans aspirer à la vision face à face, n'aurait réclamé, pour prix de ses vertus naturelles, qu'une félicité naturelle. Triest nécossairement la fin de sa propre action. Il est le termo du monde comme il en est le principe. Mais comment le monde peut-il tt-ndre à Dieu? Par la pensée et par l'amour, par l'attrait du dé.->irable et de l'intelligible que les âmes ressentent et par lesquels elles retournent vers Dieu.
Mais retourner a Dieu ne suffit pas aux âmes : elles sont encore chargées de ramener au Gi'éateur Tautre moitié, inconscicnîe et aveugle, de la cr^'ation, par lusnge qu'elles en doivent faire. L'âme est donc fa le immédiatement pour Dieu, le corps pour rame, pour aider l'âine à se tourner vers Dieu. D'où il suit que l'homme est très réellement le pontife de la création, le médiateiu* humain qui conduit la nature au Dieu que, seule, elle ue pouvait atteindre.