II Cor. IV, C
2. Cité par le P. Monsabré dans sa dix-huitième conférence de Notre-Dame de Paris : la Vie divine dans Vhomme.
énergiquement les théologiens, radicale, de la nature de Dieu. Dieu possède l'âme, il la pénètre, il la transforme, il la divinise. Frappez sur ce lumineux cristal, il rendra des sons divins, il exprimera Dieu, il chantera Dieu.
Ah I c'est ici que les paroles du Psalmistc trouvent leur sens le plus profond : « Domine, Domînusnosier, quara admirabile est nomen luum in universa tei^a ! 0 Seigneur, notre Seigneur, que votre nom est admirable par toute la terre! » — la vraie terre, la terre des vivants, la terre de la grâce sanctifiante, le monde surnaturel des âmes divinisées.
Dans ce monde nouveau, chaque prodige prend des proportions infinies ; chaque miracle revêt une splendeur inefîable! « Je me lèverai pendant la nuit, disait le prophète, et je contemplerai les cieux... » Non, prophète, ce n'est pas les cieux visibles qu ilvous faut admirer. Dans cet univers divin de la grâce, le firmament que je vous invite à célébrer, c'est Dieu luimême, Dieu couvrant sa créature de ses étinceîants pavillons. « Nul besoin d'astres dans ce ciel : le soleil qui 1 éclaire, c'est Dieu. »
O paradis de la grâce, que vous êtes beau ! Et cependant, si beau que vous soyez, vous n'êtes qu'un prélude, l'ouverture d'une symphonie merveilleuse, le prélude du paradis de la gloire. Après un temps divinement marqué, le premier homme et avec lui sa postérité, multipliée comme les étoiles, sans avoir connu ni la vieillesse, ni la tristesse, lii les infirmités, ni la mort, quittera cette terre bénie pour un séjour meilleur encore. Son passaee sera une extase, et encore une fois Dieu le prendra dans ses bras et il le
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déposera dans un lieu de délices, mille fois supérieur au premier, Téternel paradis de la lumière et de l'amour ^
Vos grandeurs, les voilà ! Les avez-vous entrevues à travers les ombres de ma parole ?
Dieu vous a mis un peu au-dessous des anges. Ne descendez pas, par de lâches prévarications, au rang des animaux.
Vous êtes plus grands que le monde et vous êtes fils de Téternité. Travaillez donc d'abord à vous dominer vous-mêmes. En haut vos pensées, vos désirs, vos amours! Snrsum co7rla! Ne rampez pas sur la terre, comme font les reptiles. Sortez de la chair et du sang. Vous êtes les rois de la création. Soyez d'abord maîtres chez vous : il n'y a d'homme vraiment grand que l'homme plus grand que lui-môme. C'est être roi que de se dominer. Écoutez sur cette royauté magnanime la grande voix de Bossuet. « Ce sera dompter des lions que d'assujettir notre impétueuse colère. Nous dominerons les animaux venimeux, quand nous saurons réprimer les haines, les jalousies et les médisances. Nous mettrons le frein à la bouche d'un cheval fougueux, quand nous réprimerons en nous les plaisirs^... »
Nous avons été créés à l'image de Dieu. Élevonsnous jusqu'à notre modèle et n'aspirons à rien moins qu'à l'imiter. Soyons bons comme Dieu est bon.
1. Gen. II, lo. — Tulit ergo Dominus Deus hominem et posuit cum in paradiso voluptatis.
2. Élévations sur les mystères. Quatrième semaine. Huitième Élévation.
Soyons indulgents pour nos frères comme Dieu est indulgent pour nous. Pardonnons-leur comme, tant de fois déjà, Dieu nous a pardonné. Soyons, en un mot, parfaits comme notre Père céleste est parfaite
La grâce a transformé notre nature et achevé notre perfection. Estimons-la donc au-dessus de tous les biens. Si vous la possédez, mes amis, rappelez-vous que vous la portez dans des vases fragiles. vSi vous l'avez perdue, demandez à Dieu, d'un cœur contrit et humilié, de la ressusciter en vous*^.
Ainsi soit-il.
1. Malth. V, 48, — Estote ergo vos perfecti, sicut et Pater vester cœlestis perfectus est.
2. II Tim. I, 6. — Propter quam causam admoneo te ut resuscites gratiam Dei quae est in te..
A sspculo confre(jhti jugum, di}"upisti vincula men.
Dès l'origine tu as secoué mon joug, tu as brisé mes liens.