‹ Travailler a son ameChapitre 36 sur 168 · JÉRÉMIE, II · texte numérisé non relu

JÉRÉMIE, II

Vous le savez, mes chers amis, au sein même du paradis terrestre, Dieu, voulant faire sentir à la créature sa dépendance, lui imposa une épreuve. « Vous mangerez de tous les fruits du jardin, à l'exception du fruit de l'arbre de la science du bien et du maP. » L'instigateur du péché, le premier des rebelles, Satan, dit à la femme : « Pourquoi ne mangez-vous pas de tous les fruits? — Nous mangeons, répondit Eve, les fruits de tous les arbres, hormis de celui qui est au milieu du jardin. A celui-là le Seigneur notre Dieu nous a défendu de toucher, sous peine, peut-être, de mort. — Mais non, reprit le tentateur, vous ne mourrez pas. Au contraire, vous serez comme des dieux 2. »

1. Gènes. 11, 16, 11. — Ex omni ligno paradisi comede;de ligno autem scientiae boni et mali ne comedas.

2. UL iir, 1-0. — Qui (serpensj dixit ad mulierera : Cur prœcepit Tobis Deus, ut non comederetis de omni ligno paradisi ?Cui respondit raulier : De fructu iignorum quœ sunt in paradiso, vescimur; de fructu vero ligni, quod est in medio paradisi, pri£cepit nobis Deus ne comederemus, et ne tangeremus illud, ne forte morianiur. Dixit autem serpens ad mulierem : Nequaquam mortfr uioriemini... et eritis sicut dii.

LE MAL DE DIEU 6i

Entre la parole du Créateur el la parole (Jiaboliqne7 l'homme a fait son choix. Il a préféré Satan à Dieu. l\ a désobéi. Il a péché.

Hélas! ne jetons pas la pierre à nos premiers parents. Le drame du paradis terrestre se renouvelle tous les jours. Nous aussi, nous désobéissons. Nous péchons. Nous entassons péché sur péché.

Je voudrais, mes chers jeunes gens, vous faire voir dans une clarté pleine le désordre du péché grave. A la suite des prédicateurs de tous les siècles chrétiens, je vais vous redire que le péché est une insurrection ^ contre Dieu et une ingratitude.

Il y a des gens qui prétendent que les progrès de la science ont changé notre condition de créatures, c'est-à-dire d'êtres dépendants de Dieu. Ils se persuadent ou tâchent à se persuader, ils disent sans rire, ils impriment même tout au long dans leurs journaux, que les machines à vapeur les dispensent du devoir de la prière, la lumière électrique de la confession et de la communion pascale, et les jeux de la Bourse de l'obligation d'être honnêtes hommes.

A propos de quelques découvertes scientifiques, — admirables, j'en tombe' d'accord, — un vent d'orgueil a soufflé; la politique s'en mêle, et, sous couleur de constitutions démocratiques, égalitaires, on met de côté l'immuable et nécessaire royauté de Dieu.

Mes amis, ces gens-là se trompent. Que les peuples

se donnent des constitutions à leur gré et à leur image, c'est proprement leur affaire. Quant à la constitution fondamentale de l'humanité, elle ne change pas. C'est une monarchie ; non pas une monarchie quelconque, parlementaire ou tempérée ; c'est une monarchie divine, comme disait ce philosophe des premiers siècles ^ ; entendez une monarchie absolue, immuable, éternelle.

Voilà ce qu'il faut d'abord comprendre.

Que si cette image vous paraît quelque peu surannée, en voici une autre, toute moderne.

Dieu est un maître ouvrier dont nous sommes l'œuvre.

« Lève-toi, dit un jour le Seigneur à Jérémie son prophète, et descends dans la maison du potier. Là je te parlerai. » Et le prophète descendit dans la maison du potier. L'artisan était à son travail. De ses pieds il tournait la roue pour faire un vase. De ses mains -il façonnait l'argile. Tout à coup il brise le vase qu'il ne trouvait pas de son goût, et il en jette les débris par terre. Alors le Seigneur dit à Jérémie : « 0 maison d'Israël, est-ce que je ne pourrai pas faire de vous ce que le potier fait de son vase? N'êtes- vous pas dans ma main comme la terre dans la main du potier ^7 »

Encore une fois, voilà ce qu'il faut d'abord com-

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