‹ Travailler a son ameChapitre 47 sur 168 · Os. XI, 4. — In luniculis Adam traham eos · texte numérisé non relu

Os. XI, 4. — In luniculis Adam traham eos

peuvent donner de beauté à une àme, tout ce que Texpression d'une telle àme peut donner de beauté au corps de l'homme et à son visage, réuni dans une seule et même personne ; elle en est, si vous voulez, resplendissante. Aux vertus les plus hautes ajoutez le génie le plus sublime. Que cela est beau ! Supposez encore que cette créature privilégiée, poète au vol d'aigle, orateur aux lèvres vibrantes, capitaine aux gestes victorieux, consente à vous admettre dans son intimité, à vous aimer : comme vous seriez touchés! comme vous seriez fiers! et quelle reconnaissance ! Allons plus loin, et supposez que cette créature privilégiée, c'est vous! Oui, jeune homme, toutes les qualités du corps, tous les charmes de Tesprit, toutes les noblesses du cœur, vous les possédez. Quel trésor! Et si dans une heure vous deviez le. perdre, quel désespoir !

Eh bien! chers jeunes gens, cette beauté humaine, cette beauté purement naturelle, n'est rien au prix de la beauté que donne à l'àme la grâce sanctifiante. L'àme en état de grâce est plus blanche que le lys, plus éclatante que les cimes neigeuses sous les rayons du soleil, plus étincelante qu'une nuit d'été.

A dire vrai, toutes ces magnificences ne sont que de lointains vestiges du Créateur. Et l'âme en état de grâce n'est pas seulement le pur miroir où Dieu contemple et reconnaît son image; c'est le vivant portrait de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de Jésus vérité et lumière, de Jésus vie et puissance, de Jésus amour, paix, sainteté, félicité. Il y a dans l'âme en état de grâce comme une impression de la forme divine, en sorte qu'elle est belle d'une beauté surhu-

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maine : elle a des sentiments, des pensées, des vouloirs divins'. Elle vit de la vie même de Dieu. « Elle est pour Jésus, et Jésus est pour elle une communion, et un festin^. » C'est maintenant qu'il faut dire : Quelles richesses I quel trésor !

Un seul péché mortel, et cette beauté, en un clin d'oeil, est obscurcie... Cette âme dont sainte Thérèse a dit dans son langage figuré qu'elle est « une perle orientale sans prix^ », le prophète nous assure qu'elle est plus noire que les charbons : deyiigrata est super carbones faciès eorum*.

Multiplions les images pour arriver à voir en quelque sorte l'invisible. Il y avait un soleil dans cette âme, puisque Dieu était là. C'est le mot de saint Paul :

1. Le cardinal Franzelin a heureusement qualifié la grâce de participation « formelle », mais « analogue » à la nature divine.

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