‹ Travailler a son ameChapitre 51 sur 168 · Saint Augustin. — Serm. 28, De Verbis apost · texte numérisé non relu

Saint Augustin. — Serm. 28, De Verbis apost

88 l'homme déchu

vie divine soit entretenue, il faut qu'elle soit nourrie. Son aliment, quel sera-t-il?

Vous savez ce qui se passe dans notre corps, sans nous, naturellement, nécessairement. « Soit que je veille, soit que je dorme, mon cœur bat et mon sang circule; ma poitrine se soulève et respire: mes entrailles élaborent sourdement, par des mouvements rythmés, comme ceux du cœur, comme ceux de la poitrine, la matière qui doit réparer mes organes et mon sang^ »

Ce qu'est « cette chair coulante », le sang, dans notre corps, la grâce Test dans notre âme. L'aliment de la vie chrétienne, c'est la grâce, cette grâce radicale qu'on appelle sanctifiante. Jésus-Christ la verse en nous sans nous, à longs flots; et de même que le sang porte à tous les points du corps, à flots purs, les dons sans cesse renouvelés de la vie naturelle, la grâce vivifie tout ce qu'elle pénètre, elle épanouit -en nous cette germination merveilleuse des vertus qu'on nomme théologales, la foi, l'espérance et la charité; elle divinise notre âme, elle fait de nos niembres euxmêmes des membres divins, de notre corps le corps même de Jésus-Christ. Saint Paul le dit expressément : « Vos estis corpus Chrisii'^. Yous êtes le corps du Christ. » Le chrétien en état de grâce, le juste, est avec Dieu dans une concordance parfaite de pensée, de sentiment, d'action. On peut dire de son âme qu'elle vibre au moindre souffle de l'Esprit-Saint.

Écoutez sur ces divines résonances notre Bossuet. Il vient précisément de comparer l'âme à un instru-

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