‹ Travailler a son ameChapitre 62 sur 168 · Job. XVII · texte numérisé non relu

Job. XVII

L'individu s'évanouit; la race demeure; et, dans la race, l'influence que les devanciers ont transmise à leurs successeurs, de proche en proche, du premier au dernier. Rien de plus, rien de moins. Et vous savez les images qu'ils emploient pour figurer leur doctrine. La survivance, c'est le ravonnement d'un fover éteint, le parfum d'une fleur fanée, la sonorité d'un instrument brisé!... Trace imperceptible, insaisissable, d'un moz humain à jamais détruit. Triste immortalité que celle-là î...

Non, la personnalité humaine n'est pas anéantie <ians la tombe; non, le moin est pas dissous dans la poussière du sépulcre; non, l'immortalité n'est pas une chose vague, perdue dans l'immensité de l'existence universelle! C'est en Dieu que s'est opéré le mystère de notre apparition à la vie; c'est en Dieu que se poursuit le progrès de nos organes et le progrès de notre âme. Sans doute, le corps subit un déclin, un déclin passager; mais i'àme, semblable à la vapeur qui traverse un noir tuunel, ne fait que traverser la mort Au sortir de la mort, elle entre en Dieu, dans la lumière de Dieu, dans la permanence et la fixité de Dieu, aux insondables profondeurs de l'éternité, /n ipso vivinius^ move/nur et sumus^ .

Le matérialiste brutal dit plus énergiquement : Quand on est mort, tout est mort. La tombe est un abîme où tout s'engloutit. Rien ne surnage de limmense naufrage. Les malheureux I Ils me font souvenir de cet Hercule du paganisme qui croyait avoir atteint les frontières de l'univers, parce qu'il avait

Page 1