Ps. XXXI
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sible de bien distinguer leur physionomie, leur caractère ; et, comment, dès lors, décider, dans une claire vue, de la direction qu'il faudrait imposer? On a dit de ces âmes qu'elles se confesseraient durant des siècles sans se connaître elles-mêmes, ni se faire connaître. Il connaissait son péché, le roi pénitent, et quel aveu il en a fait ! « Ce n'est pas une confession particulière, c'est une confession à tout un peuple, à tous les siècles. Il ne la murmure pas à voix basse, il ne la parle pas, il la chante pour la faire retentir plus loin dans la mémoire des hommes. Quelle admirable énergie de langage ! quelle puissance et quelle vérité de sentiments! Comme il parcourt toute l'échelle du cœur, tous les degrés d'ascension d'une âme qui, du fond de l'abîme, monte vers Dieul Comme sa voix, après avoir rugi les gémissements de son cœur, soupire une douleur plus calme ; puis se relève, se dilate dans la confiance, et finit par s'épanouir, radieuse et triomphante, dans les chants extatiques de l'amour! Ce sublime testament de pénit-ence, il l'avait légué à toutes les âmes qui passent sur cette terre, aux pécheurs repentants pour leur inspirer la confiance, aux criminels endurcis pour les attendrir, aux justes pour les édifiera » Les âmes ont répondu à cet appel, et vous-mêmes, chers amis, j'en suis sûr, vous empruntez souvent ces mélodieux accords pour faire monter vers le Dieu qui sait « combien il y a de flots dans la mer, et combien de larmes dans l'œil de l'homme )^ l'humble voix de votre repentir.
1. L'abbé Gerbet. Vmn sur le doc/me catholique de la pénitence^ ch. IV, suh finem.
Le repentir, tel est le troisième acte du régime pélitentiaire. Avec la confession, qui accuse le passé, l faut dans le présent ce que l'Église appelle, dans sa angue énergique, la contrition, la contrition qui renérme tout à la fois ladétestation sincère du mal comûis, et la résolution non moins loyale de ne plus le commettre à l'avenir. Sans ce repentir, le sacrement le peut aboutir au pardon.
Pourquoi la contrition est-elle exigée du pénitent? r*arce qu'il s'agit de détruire l'œuvre du péché. Dans X)ut acte peccamineux, il y a un désir mauvais. Il faut îorriger ce mauvais désir par le regret. De plus, le >éché étant le fruit d'un amour coupable, la charité loit effacer ce mauvais amour. La volonté a défailli ians la lutte : il faut redresser ce mauvais vouloir )ar le bon propos, la résolution actuelle, sincère ît ferme, de ne plus retomber. Dans le péché, le îœur a savouré la jouissance sacrilège de l'orgueil ; il ■aut que, dans la contrition, il goûte, l'amertume de 'humiliation. Les folles ivresses l'ont dilaté et transporté; la douleur surnaturelle le doit abattre et comprimer.
Quand il est dit en saint Paul que Dieu était dans e Christ se réconciliant le monde, ce n'était point le Tésus du Thabor, mais l'agonisant de Gethsémani, îouvert de honte, couvert de sang, baigné de larmes, 3t broyé de douleur. Le pardon ne pouvait être oc-
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Iroyé au genre humain prévaricateur qu'à ce pri] sanglant. Or, ce qu'était notre cher Sauveur sous leî oliviers du jardin, chacun d'entre nous doit l'être ai tribunal de la pénitence. Cor contriturn et humilia tum^. Ce repentir est la substance même de la péni lence. Les autres conditions, à la rigueur, peuven être suppléées, quand leur accomplissement est impossible ; la contrition, jamais.
Il faut une contrition qui parle, qui éclate, qui mette à nu l'horreur du péché, le mal de Dieu et le mal de l'âme; une contrition qui pénètre à la façon d'un glaive. Sans doute il ne s'agit pas d'un attendrissement sensible ni de larmes dans les yeux, de sang moins encore ; mais la droite raison doit déplorer qu'un Dieu a été méconnu, méprisé, outragé. La douleur que vous ressentez de vos fautes, mes chers amis, doit être plus profonde que celles qui vous viennent des mécomptes d'ici-bas; elle doit jaillin d'une source divine, de l'ordre surnaturel. 0 mon Dieu, ô mon Père, ô mon Sauveur, c'est parce que je vous ai offensé que je pleure. Vous êtes infiniment bon, infiniment aimable. Et moi je ne suis que révolte, injustice, ingratitude. Ayez pitié de moi. Pardonnez-moi. j
Il faut un repentir universel. Il faut tout jeter au feu de la contrition, y compris les passions les plus intimes et les plus chères. Il faut faire comme ce grand orfèvre, Benvenuto Gellini, qui, pour alimenter sa fournaise et ne point manquer le chef-d'œuvre, lança un jour dans le foyer, sans hésiter, d'une