‹ Travailler a son ameChapitre 75 sur 168 · Ep/ies. VI · texte numérisé non relu

Ep/ies. VI

3. Marc, xii, 17. — Reddite ergo quae sunt Gaesaris Cœsari, et quee sunt Dei Deo.

Le jour où le grand apôtre a qualifié de la sorte l'Évangile, croyez-le, Messieurs, il a eu plus qu un éclair de génie : c'a été comme une illumination divine. Saint Paul a vu le fond des choses et le fond des âmes. Il a vu que la paix est la condition du bonheur, sa base nécessaire et son nécessaire couronnement. Vous n'êtes point heureux, si vous êtes, je ne dis pas menacés, mais seulement inquiétés dans voire bonheur. L'inquiétude, le moindre trouble même, sont la négation du bonheur. Dans la paix on respire librement ; on repose doucement; on jouit dans cette respiration et dans ce repos. Ne vous étonnez donc pas que saint Paul ait fait consister la bonne nouvelle dans la paix ; Evangelium pacîs. Ne vous étonnez pas davantage que saint Thomas, ayant à définir le bonheur, Tait fait en ces termes : « Perfectio gaudii est pax. Le bonheur parfait, c'est la paix. »

Cette paix de Dieu, mes chers amis, qui surpasse tout sentiment, à plus forte raison toute définition et parole, vous la possédez, puisque la grâce triomphe dans vos cœurs. La paix est faite entre vos âmes et Dieu, ou plutôt, par la grâce, vous possédez Dieu en vous, et Dieu, c'est la paix. Erit iste pax^ .

Toutefois, bien-aimés jeunes gens, souffrez que je vous le dise : cette paix délicieuse ne vous est pas tellement assurée que vous ayez le droit de la regarder

Page 1