Livre II, ch. m. — De bono pacifico homine
Donnez-moi la paix, ô mon Dieu, selon les besoins de mon immense misère, la paix pour le temps, la paix pour réternité.
Ainsi soit-il.
SATIABOR
« Je serai rassasié. » (Ps. xvi, 15.)
Il y a, Messieurs, dans les âmes ce qu'on a très bien nommé des « tendances^ ». Ce sont des forces que Dieu a mises en nous pour nous faire atteindre plus facilement nos éternelles destinées. Je tends au vrai. Je cherche le bien. J'appelle le bonheur. Et quand je dis moi, c'est l'homme universel qu'il faut entendre ; car, toutes les âmes ont faim et soif du vrai, du bien, du bonheur.
La source de ces tendances, leur principe, c'est Dieu; il est aussi leur fin. N'est-ce pas dire que ces forces ne peuvent être impuissantes, que ces tendances doivent aboutir?
Elles aboutissent en effet, chers jeunes gens, croyezle. Dieu, une fois qu'il a donné l'être à ses créatures et qu'il les a remphes d'aspirations profondes et d'indomptables espérances, Dieu ne les abandonne point. Saint Augustin disait : « Dieu ne crée pas le monde, et puis s'en va. Beus non creavit et ahiit. » Quand on frappe, il ouvre. Quand on lui parle, il répond. Ce qu'il fait demander, il le donne.
Voilà des vérités primordiales, ou plutôt des lois divines universelles.