Le P. Gratry. Logique. Introduction
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Or, mes amis, je distingue clans vos âmes comme trois tendances essentielles, comme trois forces principales qui sont, pour ainsi dire, liguées entre elles et irréductibles, à savoir le besoin du vrai, l'amour du bien, la passion du bonheur. j
Et je dis : Ces tendances aboutiront. Elles n'aboutiront pas complètement sur la terre, puisque la terre n'est qu'une ébauche; mais elles aboutiront, dans leur plénitude, par delà la terre, dans le sein de Dieu; elles seront béatifiées au paradis. Beati qui mine esurilis^ quia saturabimini * .
L'intelligence entrera dans la vérité pleine. La volonté sera fixée dans le bien parfait. La sensibilité se reposera dans le bonheur.
N'est-ce pas l'un des sens de la prière que nous faisons tous les jours au Père qui est dans les cieux, quand nous lui disons : Adveniat regnum tuum! Que votre règne arrive, le règne de la vérité, le règne de la justice, le règne de la félicité!
Arrêtons-nous à la première idée : le besoin du vrai et son rassasiement.
Que l'intelligence ait faim et soif de vérité, je ne m'attarderai pas, Messieurs, à vous le prouver. C'est un fait d'expérience.
Nous disons que cette faim et cette soif ne sont pas rassasiées sur la terre.
Prenons d'abord l'homme dans les classes qu'on a appelées, un peu dédaigneusement, « les parties simples de l'humanité», la multitude, les masses populaires. Nous parlerons ensuite des parties cultivées, el enfin de l'élite intellectuelle.