‹ Travailler a son ameChapitre 82 sur 168 · Luc. VI · texte numérisé non relu

Luc. VI

SATIABOR 151

Un jour, vous le savez, Messieurs, Jésus-Christ, le Maître de toute vérité, le Dieu qui a dit : « Je suis la lumière du monde \ » s'est ému à la vue d'une foule immense qui le suivait dans un désert. Le Misereor supc?' tîirbam- : « J'ai pitié de la foule, » a jailli de cette émotion.

Est-ce que vous n'avez pas, vous aussi, pitié de la multitude? Est-ce qu'elle ne vous apparaît pas plongée dans les ténèbres ^ ?

Je ne parle point de ces vastes continents sur qui ne s'est pas levé encore le soleil de la civilisation et de l'Évangile, et qui restent immobilisés en des ombres de barbarie et de mort. Il s'agit en ce moment de la foule du peuple au sein des nations baptisées, dans notre France, par exemple, et je dis que la misère intellectuelle est grande.

Peut-il en être autrement ? Il faut du temps pour étudier, et Thomme du peuple n'a pas de temps. Où voulez-vous qu'il en trouve?

A la campagne, dès l'aube, il va à sa charrue, à son labour, et le soir, quand il rentre, harassé, il a autre chose à faire que d'ouvrir des livres : il se jette sur un grabat où il essaye, en dormant, de refaire ses forces pour, le lendemain, reprendre son rude travail.

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