‹ Travailler a son ameChapitre 85 sur 168 · Les Soirées de Saint-Pétersbourg · texte numérisé non relu

Les Soirées de Saint-Pétersbourg

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livrée à ses propres forces, on Ta dit spirituellement : « c'est un livre en partie double; la première page dit oui; la seconde dit non ; résultat : zéro ' ».

Mais voyez donc, Messieurs, — permettez que j'insiste, — voyez nos savants contemporains, ceux-là qui ne sont pas chrétiens, « les savants séparés », comme s'exprime le P. Gratry. L'un d'eux faisait l'autre jour ce qu'il appelait son « examen de conscience philosophique ». C'est à peine s'ils peuvent s'entendre — que dis-je ? ils ne s'entendent pas — sur le fondement de toute certitude, de toute religion et de toute morale, de toute politique, l'existence et la nature de Dieu. L"âme elle-même, leur âme, est mise «n question... Et qu'est-ce que c'est que la vie future? Tout près de la mort, au penchant de l'abîme éternel, ils se bandent les yeux pour faire plus hardiment « ce saut dans l'ombre » au delà duquel ils ne savent ce qu'il faut craindre ou ce qu'il faut espérer. Les malheureux I oh! qu'ils sont à plaindre!

Bien différente est notre science à nous, chrétiens, mes amis. La science du croyant n'est pas embarrassée dans sa marche; elle est libre dans ses allures, on dirait qu'elle vole. « Elle regarde le ciel et son pied <lédaigneux semble ne toucher la terre que pour la

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