POUR LES MOINS GRANDS ET POUR LES PETITS
Mes chers Amis,
Il y a des créatures de Dieu, des enfants de Dieu qui ne prient pas. Ils vivent d'une vie purement naturelle, comme l'animal ou comme la plante.
D'autres font pis encore. Ce don magnifique du Verbe : la parole, dont ils ne devraient user que pour bénir Dieu, ils l'emploient à blasphémer. Il y a des créatures de Dieu qui sont de monstrueux blasphèmes, des blasphèmes vivants et permanents. Ces gens-là font sur terre l'office de démons.
Il en est qui prient, mais seulement de bouche ; le le cœur n'y est pas. « Ce peuple, disait \otre-Seigneur, m'honore des lèvres; mais son cœur est loin de moi ' . » Qu'arrive-t-il? C'est que cette prière ne monte pas ; ou du moins, semblable à la pierre que vous lancez en l'air, elle retombe.
Quelques-uns pourtant prient comme il faut prier, du fond du cœur. Leur prière a des ailes. Elle franchit les espaces, le firmament ; elle va droit au Cœur de Dieu. Cette prière-là fait des prodiges : c'est elle qui sauve les âmes et qui sauve le monde.
Avez-vous besoin de la prière, mes chers enfants ? Nous allons répondre à cette question.
1. Matth. XV, 8, — Populus hic labiis me honorât : cor autem eorum longe est a me.
Qu'est-ce que prier? C'est demander.
Pour demander, il faut avoir besoin. Autrement, ce serait voler Taumône.
Pour demander, il faut connaître son besoin, se l'avouer à soi-même et le confesser aux autres. Il faut pouvoir dire avec le prophète :
« Je suis un pauvre qui vois ma pauvreté ' . »
Un pauvre qui se croit riche est un fou.
Un pauvre qui fait le riche est ridicule.
Un pauvre, qui vous tend la main avec des airs de grand seigneur, est odieux. Aussi bien lisons-nous <lans la Bible que Dieu déteste le pauvre superbe : Odivit [Dominus) paupereni superbum ^.
Êtes-vous pauvres, mes enfants, vis-à-vis de Dieu? Sentez-vous votre pauvreté ? Entr'ouvrons ensemble lame humaine, la vôtre. Elle est faible, elle est souvent triste, froissée, blessée, meurtrie. Elle gémit. Sur des lèvres chrétiennes ces gémissements se changent en prière.
Oui sommes-nous en nous-mêmes? Nous sommes des créatures, c'est-à-dire des êtres de rien, des êtres tirés du néant, tout comme la plante ou la brute.
Le néant est notre fond. 11 persiste sous les dons de la plus riche nature, sous les magnificences de la ^ràce; il persistera dans la gloire. Nous en sommes même si peu sortis que nous y tenons encore par je