CHEMIN DE FER DE NEW-BRUNSWICK A NEW- YORK
Carte générale. — Planche I. Ainsi que nous venons de l'indiquer, le chemin de fer de New-Brunswick au fleuve Hudson a pour objet de continuer la ligne de communication par terre entre les deux plus grandes villes commerçantes de l'Union sur l'Atlantique, et par conséquent d'en assurer les relations en moins de sept heures dans tous les temps ; et, sous ce rapport, il est à propos de remarquer quel accroissement d'importance il en résultera pour chacune d'elles, car, jusqu'à ce jour, la première, Philadelphie, dont la population, y compris le comté du même nom, s'élève à 188,797 âmes, est principalement manufacturière, et n'exporte que des produits territoriaux : la seconde, New-York, dont la population s'élève à 202,589 âmes, est entièrement commerçante, c'est-à-dire chargée en même temps d'exportations et d'importations pour une grande partie du territoire de l'Union. Ainsi , faciliter au plus haut degré les relations entre ces deux villes , c'est réunir en un foyer commun deux grands centres d'activité commerciale, et par suite leur faire participe^ des avantage^ dont chacune jouissait jusqu'ici exclusivement.
Ce chemin a 30 milles de développement ( 48""''°" ) , et deux courbures seulement, qui n'ont pas moins de 304 mètres de rayon; le reste est formé de lignes droites.
Le point de départ est New-Brunswick ; la direction Rahway, — r Elisabeth-Town , — Newark, et Jersey-Cité son| point d'arrêt sur les bords du Hudson, vis-à-vis de New-York. Il doit être à double voie, et desservi par des machines locomotives ; à cet effet ses plus grandes pentes
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sont de ,^e, ce qui peimeltra de faire le trajet en moins d'une heure et demie.
Du point de départ sur les bords du Hudson, au pied ouest de la colline de liergen, la route est construite aux frais communs de la compagnie du chemin de fer de Paterson au Hudson , et de celle de New- Brunswick au Hudson; la première payant les |„, la seconde les ^„ de» dépenses, et chaque compagnie devant avoir l'usage libre de cette portion de route, sans être tenue de s'en rendre compte l'une à l'autre ; les frais d'entretien, néanmoins, restant à la charge de chacune, dans la proportion de leurs premières dépenses respectives.
Les dépenses de construction ont été évaluées ainsi qu'il suit :
Pour les terrassemens sur toute la route, de Newark à New-Brun»wick , |>our uoe double voie, et la construction d'une simple voie avec des retraites pour le passage des voitures allant en direction inverse 1,406,587 fr.
Pour la portion des mêmes dépenses, depuis le Hudson jusqu'à Newark, revenant à la compagnie du New-Brunswick i,282,8"6
Les ponts sur la Passaic et la Hackensack, construits d'après le modèle de M. Town ( frayez , pour la description de ces ponts , la note qui se trouve à la fin de ce chapitre), sur des piles en pilotis. . . 2t 1,000
Pont, avec piles en pierre, sur le Rariton 216,800
Achat de machines locomotives , matériel de transport, construction de magasins , maisons d'ageus , etc 719,239
Total des dépenses des frais de construction. . . 3,!r><K>.5o2 ti.
ou environ quatre millions de francs.
Produits de la roule.
D'abord sur la portion de route de Newark à New-York, égale à 8 milles, ou à 12, 8-^2 mètres, parcourus en vingt minutes sur le chemin de fer, et en une heure par les voitures sur la route ordinaire.
On a évalué le nombre des voyageurs enti'e ces deux points à 200 allant, et à autant revenant, ou à 4oo voyageurs par jour, les dimanches exceptés; ceux-ci paient à raison
de 1 fr. 38 c. par personne, sans y comprendre le péage du bac sur le Hudsou ; sur le chemin de fer ils ne paieront que i fr. 35 c. Ces 4oo voyageurs produiront donc pour
3i3 jours 169,000
Le péage du pont de Newark est estimé à 47^4^5
Le transport de la malle-poste rapporte 28,487
On estime que le transport des marchandises par terre est de 1 1,825 tonnes , qui coûtent de 16 à 20 fr. la tonne. Sur le chemin de fer ce transport se fera à raison de 5 fr. 4^ c. le tonneau. Ces
11,825 tonnes rapporteront donc 64,091
Le transport par bâtimens à voiles ou sloops est estimé à 69,120 tonnes, et coûte de 2 à 10 fr. la tonne. Il en reviendra au chemin
de fer un quart, qui, à l'aison de 5 fr. 42 c, produira 93,ii5
Le transport par bateaux à vapeur est estimé à i5,ooo tonnes, et coûte 10 à 3o fr. la tonne. La moitié probablement reviendra au chemin de fer, qui , à raison de 5 fr. 42 c. la tonne, donnera .... 4)065
Secondement, entre Elisabethtown et New-York, dont la distance est de 16 milles parcourus en moins d'une heure sur le chemin de fer, et une heure et demie par les moyens ordinaires.
On a évalué le nombre des voyageurs sur cette route , par jour, à 3oo, sans y comprendre ceux qui se rendent de Rahway. Ces voyageurs paient aujourd'hui pour le trajet à raison de 2 fr.j sur le chemin de fer le prix sera le même. On estime donc que la moitié, ou 160 par jour, rapportera, pour 3i3 jours, à raison de 2 fr.. . . 101,77g
Le commerce d'EHsabethtown avec New- York est représenté par 19,750 tonnes, dont on estime qu'un quart prendra la voie du chemin de fer, ou 4j937 ^ tonnes, qui, à raison de 6 fr. 77 c, produiront. . 33,4^2
Troisièmement , le transport d'environ 4o voyageurs de Rahway à New- York, à raison de 2 fr. 38 c. par voyageur, pour 3i3 jours,
produit 29,858
Le transport de 3,333 tonnes de marchandises, à raison de 7 fr. 20 c.
par tonneau, produit ^3, 997
Quatrièmement, on a calculé que de New-Brunswick à New-York il y avait environ 4oo voyageurs par jour , dont la moitié , 200 , ou
A reporter 595,269 fr.
AU RARfTON. 51
Rqjort 595,^69 fr.
présume , suivront la route du chemin de fer, et à raison de 3i 3 jour»,
à 'À IV. -jo c. par personne, rapporteront ii'Hj,()\(')
Le transport d(!S marchandises, par an , entre ce» deux vjlh.-s, se monte à 36,ooo tonnes, <lont un quart prendra la drection du chemin de fer, et, à raison de G fr. i3 c. le tonneau , produira 73, i";©
Total des produits 838,080 fr.
Les frais de transport des marchandises et des voyageurs, ainsi que les frais d'administration et d'entretien, sont évalués à 193, 1G8
Revenu net ''4î»0'7 ^''•
Représentant un intérêt de iGp. 100.
Ces évaluations sont le résultat de renseignemens pris sur les liciLx au moment où l'on commençait l'exécution de cette nouvelle voie de fer; que ne doit-on pas attendre de l'influence de cette plus grande valeur donnée au temps en diminuant ainsi les distances et rapprochant les producteurs des consommateurs, lorsqu'on voit que, par l'amélioration seule des moyens ordinaires de transport, le village de >'ewark, par exemple, qui comptait, il y a dix ans, à peine 5,000 âmes, a aujourd'hui près de 1 1,000 habitans, et que l'accroissement des affaires a suivi une proportion encore plus rapide : celles-ci ayant doublé, dans les cinq dernières années, par l'industrie inanufacturière qui s'v est développée!
Nous avons pensé qu'on retrouverait avec intérêt les détails de la loi de l'Etat de New-Jersey sur la concession du chemin de fer projeté entre New-Brunswick et New-York, que nous venons de décrire comme étant en pleine activité d'exécution; et nous reproduisons ici ce document comme modèle des différentes clauses ordinairement exigées par les législatures de la part des concessionnaires de toute entreprise d'utihté publique.
5â CANAL DE LA DELAWARE