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CHAPITRE VI

Planche III. Le projet de ce canal a été ordonné par un acte du congrès passé en 1827. Cette nouvelle voie avait un haut degré d'utilité par les relations commerciales qu'elle devait contribuer à développer entre la vallée du Mississippi et les pays à l'est de cette vallée^ et par l'importance dont elle était pour le système de défense déjà exécuté sur toute la frontière maritime de l'Union; aussi ce canal devait-il être projeté sur les données les plus exactes de localité , aussi bien que d'après les conditions générales auxquelles devait satisfaire toute nouvelle voie de communication dans cette direction. En conséquence , la commission des améliorations intérieures fut chargée d'explorer, dans tous ses détails , le terrain que pouvait traverser ce canal, et de soumettre un projet, avec toutes les études, pour en assurer l'exécution. Voici comment ce projet fut conçu.

Choix (lu tracé du canal.

Le canal projeté devant suivre, autant que possible, la ligne de jonction la plus courte entre le fleuve du Mississippi et le lac Pontchartrain , devra passer par la ville même de la Nouvelle-Orléans ou dans ses environs, puisque celle-ci est située sur la partie la plus étroite du terrain compris entre le fleuve et le lac.

Le canal Carondelet , exécuté depuis nombre d'années , ouvre seulement une communication entre la ville de la Nouvelle-Orléans et le Bayou Saint-John; ce Bayou débouche dans le lac Pontchartrain.

Le canal Carondelet part d'un bassin creusé au centre de la ville , et

à 877 mètres 50 conlimèlros des rives du fleuve; entre ce hassiri et !«• fleuve, la ville est bâtie d'une manière compacte. ]>u bassin au Uayou le canal suit une ligne droite; il a 2,560 mètres de longueur; de son débouché dans le Bayou Saint-John, la navigation au lac suit le cours même de ce Bayou, qui, mesuré le long de ses sinuosités, présente un développement de 5,852 mètres : ainsi, la distance du bassin au lac, par cette communication, est de 8,412 mètres; et la distance totale au fleuve, en admettant que le canal fut prolongé en ligne droite du bassin au fleuve, serait de 9,289 mètres 50 centimètres. Ce canal a une largeur d'à peu près 12 mètres; sa profondeur moyenne d'eau est de I mètre 52 centimètres; il est sans écluses; le chemin de halage sur les bords du Bayou est très imparfait. Le débouché du Bayou dans le lac est protégé par deux jetées qui s'avancent jusqu'à ce qu'on rencontre une profondeur uniforme de 3 mètres 66 centimètres. La navigation sur ce canal est lente; celle du Bayou est très compliquée, et même difficile sur certains points : on remorque lesbàtimens en se servant alternativement de la cordelle, ou de stations fixes sur lesquelles on haie le bâtiment.

Cette communication est le résultat d'une entreprise particulière; elle ne peut, dans son état actuel, satisfaire aux besoins d'un commerce aussi actif que celui de la Nouvelle-Orléans, ni , à plus forte raison , répondre aux conditions voulues comme moyen de défense pour le pays. On ne pourrait d'ailleurs, sans beaucoup d'inconvéniens et une grande augmentation dans les dépenses, conduire cette communication jusqu'au fleuve. En contournant même la ville proprement dite, la distance deviendrait alors beaucoup plus grande, et ce canal serait un obstacle au mouvement et aux rapports établis entre la ville et ses faubourgs. Si nous ajoutons qu'on serait dans la nécessité d'acheter de la compagnie propriétaire près de 2,560 mètres de canal déjà exécutés, et sous de trop petites dimensions , nous conclurons que Ton doit renoncer à se servir de cette ligne comme tracé du canal proposé.

Un examen de la rive gauche du Mississippi , au-dessus de la ville , a établi la conviction que l'on ne pouvait faire déboucher un canal dans son voisinage; car les dépôts journaliers du fleuve ont formé ^ à ce point , un atterrissement qui doit faire renoncer à toute idée d'y faire déboucher un canal; en outre, des terrains d'aussi récente formation ne présenteraient aucune homogénéité, et seraient un grand obstacle à la construction d'une écluse de garde.

Les localités au-dessus de la ville n'ayant pas été trouvées favorables au débouché d'un canal, l'on a examiné celles au-dessous, en commençant à un point autrefois occupé par la lunette Saint-Charles, et aujourd'hui faisant partie de la place de Jackson (^Jackson-square) sur le quai ; on a suivi l'avenue des Champs-Elysées , dont on a prolongé la direction jusqu'au lac. Cette ligne a présenté la distance la plus courte entre le fleuve et le lac; elle divise en deux, il est vrai , le faubourg Marigny, mais celui-ci , comparativement aux autres parties de la ville , n'est encore que peu habité ; elle a en outre l'avantage de laisser à l'ouest de sa direction les neuf-dixièmes du terrain compris dans les limites de la juridiction de la ville. En suivant cette ligne le canal déboucherait dans le Mississippi sur un banc de terre glaise solide, et qui, depuis la fondation de la Nouvelle-Orléans, a résisté jusqu'ici aux efforts du fleuve, dont l'action continuelle tend à faire changer la forme de ses rives. Le fleuve , à ce débouché , a une profondeur de 3 mètres aux basses eaux , et a 40 mètres seulement de la crête de la levée ou digue de garde ; la direction du courant, sur ce point , est favorable pour empêcher les atterrissemens , et l'écluse pourrait être facilement abritée contre les bois de dérive.

Un canal avait déjà été commencé dans cette direction ; il suivait le milieu de l'avenue des Champs-Elysées , qui a 48 mètres 80 centimètres de large; sa largeur moyenne est de 16 mètres 47 centimètres; sa profondeur moyenne est de 1 mètre 30 centimètres ; sa longueur, depuis la le-

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vée jusqu'aux terres liasses, est de 2,071) mètres. Des terres bassefi le canal suit alors une direction occidentale pour entrer dans le Ba^ou Saint- Jolin à environ 3/174 mètres de son emboudiure dans le lac; cette dernière section a '2,1 53 mètres de longueur. Tout ce canal est une propriété particulière; il n'a jamais été fini.

Ainsi un canal qui suivrait la direction des Champs-Elysées jui>^^u'au lac serait le plus court, et il aurait 7,303 mètres de longueur de la crête de la levée aux bords du lac, et 8,102 mètres d'un point sur le fleuve où l'on trouve une profondeur d'eau de 3 mètres à un point sur le lac où Ton trouve la même profondeur.

Le terrain au travers duquel on aurait à creuser ce canal est aussi favorable qu'on peut s'y attendre dans un pays entièrement d'ail uvion; encore trouvc-t-on, dans cette direction, plus de terres hautes que sur aucunes autres dans les environs de la ville.

Néanmoins cette ligne n'est pas sans inconvéniens ; d'abord , son débouché sur le fleuve occasionera une interruption dans le mouillage des bàlimens qui, par l'accroissement du commerce et l'extension graduelle de l'atterrissement (communément appelée dans le pays batture) au haut de la ville, devront chercher de l'emplacement plus bas; ensuite elle gênera les communications fréquentes entre la ville et le faubourg Marigny; enfin la dépense d'achat de terrain serait grande, puisque ceux-ci se trouvent compris dans la ville même.

Malgré cela, on n'a pas cru devoir hésiter à considérer que les inconvéniens de cette ligne seraient plus que contrebalancés par les avantages immédiats qui en résulteraient pour le commerce de la ville , ainsi que par cette circonstance importante rattachée à cette position que le canal devra contribuer pour beaucoup à l'assainissement de la Nouvelle- Orléans; en effet, en tenant la surface de l'eau dans le canal au niveau des plus basses eaux dans le lac , on se procurera par là un moyen de dessécher toutes les terres à l'ouest du canal , ainsi que celles qui sont

comprises entre les routes du Bayou Gentilly et du Bayou Saint-John. On a examiné aussi une troisième direction portée au-delà de la juridiction de la ville , et en dehors du bassin destiné à servir de rade pour les bàtimens.

Cette troisième ligne pouvait être tracée sur toute l'étendue du terrain au-dessous de la ville pour une distance de 2 milles, sans présenter une seule raison de préférence, excepté la différence dans les prix des terrains. Cependant on devait éviter de commencer immédiatement audessous du faubourg Marigny, car c'est sur cette partie du fleuve qu'est dirigée toute l'action de son courant. C'est près de l'habitation Trémé, à 2 milles de la ville, qu'on a choisi cet emplacement.

On y a trouvé un canal déjà creusé sur une longueur de 2,925 mètres, ayant de 9 à 10 mètres 67 centimètres de largeur à sa surface, 7 mètres 63 centimètres au fond, et 1 mètre 83 centimètres de profondeur. La direction de ce canal est perpendiculaire au fleuve, et ne varie que de 1 7 degrés à l'est de la ligne la plus courte entre le fleuve et le lac. La distance totale de cette ligne, mesurée de la crête de la levée, est de 8,193 mètres, par conséquent 890 mètres plus longue que celle qui part du faubourg Marigny.

Elle ne présentera aucun des inconvéniens cités pour la ligne passant par le faubourg Marigny ; mais aussi , d'un autre côté , elle ne sera pas aussi avantageuse au commerce même de la ville ; de plus , on aura une navigation ascendante sur le fleuve de son débouché aux magasins en ville ; enfin on doit prévoir que les excavations seront aussi beaucoup plus coûteuses à cause de l'étendue des terrains marécageux à traverser. Sous le point de vue militaire, un canal dans cette direction paraîtrait, au premier aperçu , présenter l'avantage d'une ligne de défense contre une attaque imprévue dirigée sur la ville, si on ne pouvait y opposer les <:onsidérations suivantes : une fois le canal terminé , les terres hautes entre le Mississippi et les cypresières seraient bientôt occupées et bâties ; or,

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comme ce soiail le seul Icnain sur Icfjucl priurrail être dirigée une attaque , la (lélense serait aussi gcriée [)ar les maisous que si le r^nal eût été construit au milieu d'un faubourg de la \illc. Si une ligne de défense devenait nécessaire, celle-ci devrafit être projetée suivant les circonstances du moment; d'ailleurs la distance entre le fleuve et les cypresières est si courte, que l'on pourra toujours en quelrjues jours y construire une ligne. Ainsi, admettant que le résultat naturel du canal soit d'appeler de ce côté la population, et que par conséquent les terres hautes qui l'avoisineront se couvriront de maisons, le canal alors, loin de dii»penser d'une ligne de défense , deviendrait lui-même un obstacle dangereux à une retraite de la position que l'on serait obligé d'occuper en avant.

D'après cette vue comparative de ces deux dernières lignes, on s'est déterminé à donner la préférence à la direction par le faubourg Marigny, à cause des avantages pour le commerce, et des moyens d'assainissement qu'elle présenterait.

Plan du canal.

Planche III. La crête de la levée du fleuve, au débouché du canal, a servi de plan de comparaison pour les différentes hauteurs verticales indiquées dans le projet. Les hautes eaux extraordinaires du Mississippi sont à 20 centimètres au-dessous de ce plan; les hautes eaux ordinaires à 45 centimètres; les basses eaux extraordinaires sont à 4 mètres 81 centimètres, et les basses eaux ordinaires à 4 mètres 51 centimètres audessous de ce même plan. Ce qui donne 4 mètres 61 centimètres de différence entre les hautes et basses eaux extraordinaires, et 4 mètres 06 entre les hautes et basses eaux ordinaires.

On s'est assuré que les eaux du lac Pontchartrain étaient plus influencées par les vents que par la marée; celle-ci a été trouvée, terme moyen, de 91 centimètres; les plus basses eaux du lac sont restées à

4 mètres 96 centimètres au-dessous du plan de comparaison : c'està-dire, à 15 centimètres au-dessous des basses eaux extraordinaires du fleuve.

De ces nivellemens on a conclu : 1 " que la pente du canal devra généralement être du fleuve au lac ; que la différence de chute dans cette direction variera avec les différences entre les hauteurs du fleuve et celles du lac : la plus grande différence étant de 4 mètres 76 centimètres, la plus petite de 15 centimètres seulement; circonstance qui nécessite la construction d'une écluse régulatrice et de garde au débouché du canal sur le fleuve. Si on veut avoir dans le canal une profondeur d'eau de 2 mètres 74 centimètres, il faudra tenir le radier de l'écluse au moins à 2 mètres 74 au-dessous des basses eaux dans le fleuve, et par conséquent à 7 mètres 54 centimètres au-dessous du plan de comparaison; le service de cette écluse se fera généralement au moyen des eaux du fleuve. Les plus basses eaux dans le lac étant de 15 centimètres au-dessous des basses eaux extraordinaires du fleuve, on devra tenir la surface de l'eau dans le canal sur le niveau des plus basses eaux dans le lac, afin que celui-ci supplée toujours à l'alimentation du canal , et pour éviter autant que possible de se servir des eaux du fleuve qui sont chargées de terres. D'après ces considérations, l'on a fixé le fond du canal et de l'écluse régulatrice à 2 mètres 88 centimètres au-dessous des eaux basses extraordinaires du fleuve, à 2 mètres 74 centimètres au-dessous des plus basses eaux dans le lac , et à 7 mètres 70 centimètres au-dessous du plan de comparaison.

Si on prend en considération que la marée monte ordinairement de 91 centimètres dans le lac, et qu'afin de se garantir des effets des coups de vent de l'Est, il faudra se mettre à l'abri d'une hauteur double, c'està-dire de 1 mètre 82 centimètres , on trouve qu'une écluse régulatrice ou de garde est rendue nécessaire au débouché sur le lac. Cette écluse servira d'ailleurs à tirer du lac les eaux nécessaires à l'éclusage lors des

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basses eaux dans le fleuve; elle facilitera en outre le renouvellement de l'eau dans le canal, et créera un courant du lac au fleuve pendant les marées montantes, et du fleuve au lac pendant les marées descendantes : courant qui pourra contribuer à améliorer l'état sanitaire de la Aille, ou tout au moins à prévenir les effets dangereux des eaux stagnantes.

Les dimensions du canal ont été déterminées sur celles des bateaux à vapeur le plus en usage sur le Mississippi, et destinés à continuer leur navigation sur le lac jusqu'à la baie de la Mobile, à l'Est. Ces bateaux ont ordinairement 10 mètres 94 centimètres de largeur sur 36 mètres 48 centimètres de longueur; on a donc adopté 21 mètres 35 centimètres comme largeur du canal , afin de procurer à des bateaux d'aussi larges dimensions la plus grande facilité dans leurs mouvemens. L'on a dû aussi consulter le tirant d'eau sur les barres des passes du Chef-Menteur et des Rigolets, débouchés naturels du lac à la mer; or celui-ci varie de 2 mètres 13 centimètres à 2 mètres 28 centimètres; on eût donc pu prendre 2 mètres 28 centimètres comme profondeur du canal; mais on a cru devoir la porter jusqu'à 2 mètres 74 centimètres afin de se garantir contre le surhaussement du fond du canal, et que d'ailleurs cette légère augmentation rendrait la navigation plus facile.

Le canal doit être revêtu sur toute sa longueur en planches et madriers, afin d'empêcher les éboulis; ce revêtement viendra jusqu'à la ligne d'eau sur la portion du canal comprise dans les terres basses ; au travers de la ville il viendra jusqu'au niveau des rues. De chaque côté du canal , à travers les terres hautes , on réservera un chemin qui aura 1 3 mètres 68 centimètres de large; à travers les terres basses on fera rejeter les terres provenant des excavations de chaque côté du canal en forme de glacis, au pied duquel sera creusé un contre-fossé qui, muni d'une porte de flot sur le lac, permettra le dessèchement des terres dans le voisinage du canal.

-"^'* La rue le long du canal et le glacis en remblais en continuation

serriront à la fois de chemin de halage et de communication par terre entre le fleuve et le lac.

Des gares ont été projetées sur toute la ligne du canal j elles sont espacées de 805 mètres sur chaque côté. Elles permettront aux bateaux à grandes dimensions de se croiser dans leur trajet; elles seront aussi d'une grande utilité au commerce de la ville comme points de débarquement pour les marchandises; enfin elles seront des abris pour les pontons et bacs qui serviront à rétablir la communication entre les deux bords du canal. Chaque gare présente 1,625 mètres carrés de superficie : il y en a 14, dont moitié sur chaque bord.

Un bassin, a^ant 12,122 mètres carrés de superficie, est projeté sur les bords du fleuve, immédiatement au débouché de l'écluse dans le canal; il servira aux besoins du commerce sur le quai, et facilitera le passage des bateaux par l'écluse. Un second bassin, ayant 6,038 mètres carrés de superficie, est projeté à l'extrémité des terres hautes; enfin un troisième bassin , n'ayant que 5,665 mètres carrés de superficie, et construit sur les bords du lac, servira pareillement à rendre le passage de l'écluse plus libre, et satisfera aux exigences du commerce sur le lac. La largeur du canal n'est pas incluse dans les superficies données ci-dessus.

La construction des écluses aux deux extrémités de ce canal, et surtout au débouché dans le fleuve, présentera des difficultés comme travaux d'art. On sera obligé d'en conduire les fouilles à une grande profondeur en contrebas de l'étiage; le batardeau d'enceinte et de garde sur le fleuve exigera par conséquent un grand degré de solidité pour abriter les ouvrages pendant tout le temps de la construction; néanmoins le terrain promet d'être d'une excavation facile; il offrira d'excellens matériaux pour la construction du batardeau.

Les fondations de l'écluse sur le fleuve seront établies sur une plateforme en bois ; toutes les maçonneries seront de briques , à l'exception

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des anglns d'enclaves, des rinjsoirs, des garde-radiers d'amonl et d'aval, qui seront en larg(;s appareils. I.e radier sera lV>rMu- par une arche renversée dont la corde sera de niveau avec le fond du canal. J/ûclusa sera I)ourvue de trois portes de mêmes dimensions, deux sur le fleuve, une à l'autre extrémité; elle pourra être remplie ou vidée au mo^en de ventelles. Aux deux extrémités il sera pratiqué des couli.sses qui permettront de fermer l'écluse avec des poutrelles en cas d'accidens aux portes ou de réparations à faire à la chambre du sas.

Cette écluse aura les dimensions suivantes :

Largeur du fond, 1 1 mètres 40 centimètres; largeur au couronnement , 12 mètres; longueur du sas entre les enclaves, 39 mètres; il y aura 12 mètres GO centimètres de distance entre les deux portes sur le fleuve, et 15 mètres 38 centimètres de l'angle d'enclave de la dernière jjorte à l'angle du musoir, et 8 mètres 10 seulement de l'angle d'enclave des portes sur le canal au musoir sur le même coté; présentant un développement total de 75 mètres pour la longueur de l'écluse : les musoirs auront en retour chacun 1 5 mètres.

Les bajojers , les murs de fuite et musoirs de l'écluse seront élevés jusqu'au niveau de la crête de la levée; c'est-à-dire de 4 mètres 90 centimètres au-dessus de la surface de l'eau dans le canal; ces murs aiu-ont

1 mètre 50 centimètres d'épaisseur au sommet ou couronnement , et

2 mètres 70 centimètres à leur base. Les portes auront les mêmes hauteurs que les murs.

Toutes les maçonneries de l'écluse seront , en quelque façon , enclavées dans la masse de terre formant la levée et le quai de la ville; son débouché ou accès au fleuve sera protégé par la digue même du fleuve prolongée et arrondie vers l'entrée : cette digue sera revêtue de fascines.

L'écluse sur les bords du lac ne différera de celle que nous venons de décrire que par les dimensions suivantes dans la hauteur et l'épaisseur de ses murs. Cette écluse , afin d'être entièrement à l'abri des crues ac-

cidentelles du lac causées par les ouragans du nord-est, devra ctre élevée de 2 mètres 40 centimètres au-dessus des plus basses eaux du lac ; les remblais à l'entour du bassin devront avoir la même hauteur; mais, de ce bassin à l'écluse sur le fleuve , ces mêmes remblais n'auront que 1 mètre 60 centimètres au-dessus de ce niveau.

En conséquence, les bajoyers, murs de fuite et musoirs de cette écluse auront 5 mètres 10 de hauteur, 1 mètre 20 de largeur au sommet, et 2 mètres 40 à la base. Le système des portes par rapport aux crues dans le lac, gardera la même proportion que celles pour l'écluse sur le fleuve.

Au débouché de l'écluse sur le fleuve on arrivera facilement à une profondeur d'eau de 3 mètres sans être obligé de draguer beaucoup; mais pour obtenir la même profondeur sur le lac , il faudra creuser à la drague un chenal de 800 mètres de longueur sur une profondeur moyenne de 1 mètre 83 centimètres. A cet effet on construira une double jetée qui, au débouché de l'écluse, livrera un passage de 24 mètres de large, et une ouverture de 36 mètres de large aux extrémités dans le lac. Ces deux jetées serviront de chemin de halage; celle de l'Est aura à son extrémité un quai ou branche, dont l'objet sera de protéger l'entrée dans le chenal contre l'effet des vents de nord-est. On y construira aussi un fanal.

On établira des ponts tournans sur le canal au passage de la rue de la Levée, de celui de la route de Genîilly, ainsi que sur chacune des écluses j un passage porr les piétons sera construit le long des portes même des écluses.

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Aperçu du devis estimatif de tous les ouvrages.

Fouilles dii Cl liai et ouvrages en fasciru.'S '^,1 i(>,rHt fr.

Ouvrages en bois et fer i,54i,ioi

Maçontjcric i,o47,'î4';

Epuisement f;7,9.3f

Dépenses imprévues, lopour loo 4''9,606

Total 5,270,327 fr.

EXAMEN DE l, UTILITE ET DES AVANTAGES DE CE CAJJAI.

sous le point de vue commercial et militaire.

L'Etat de l'Alabama et la Floride occidentale n'ont encore dans ce moment de communications directes par eau avec la vallée du Mississippi que par l'embouchure même de ce fleuve : cette navigation est toujours longue dans les temps ordinaires, dangereuse, et sujette même à être interrompue en temps de guerre. Les bateaux les plus larges affectée au commerce du haut Mississippi ne peuvent pas sans dangers hasarder dans tous les temps de naviguer sur le golfe du Mexique de l'embouchure du fleuve à la côte de l'État d'Alabama et de la Floride : ils sont donc forcés de s'arrêter à la Nouvelle-Orléans, et là d'y emmagasiner leurs marchandises. Si une communication navigable était ouverte entre le Mississippi et le lac près la Nouvelle-Orléans, ou dans les environs même de cette ville , alors des bateaux à vapeur construits pour le commerce des États de l'Ouest, de l'Alabama et des Florides. pourraient continuer leur voyage par le lac Pontchartrain et le canal naturel le long de la côte de l'Alabama jusqu'à leur destination , soit pour la baie de la Mobile, soit pour Pensacola. Cette navigation intérieure, si avantageuse pendant la paix et si importante pendant la guerre , peut être continuée jusqu'à la baie de Pensacola en ouvrant un canal de la

baie de Bon-Secours à la baie de Perdido. (Voir la description de ce canal au chapitre IX , et la planche VIU de l'Atlas.)

De la baie de la Mobile les mêmes bateaux à vapeur pourraient remonter l'Alabama ou la Tombeckbee, et parvenir ainsi jusqu'au centre de l'État de l'Alabama.

Nous citerons quelques faits qui feront voir de quelle importance sont ces deux rivières pour la navigation intérieure.

La rivière de l'Alabama est navigable pour les bateaux à vapeur, dans les temps ordinaires, jusqu'à Montgomery, ville située près de la frontière méridionale de l'Etat de Géorgie, à 160 milles de Mobile, mesurés en ligne droite, et à 260 milles en suivant les sinuosités du cours de la rivière. — La rivière du Tombeckbee est navigable pour les mêmes bateaux, dans les saisons favorables, jusqu'à Cotton-Gin- Port, qui est à 240 milles de Mobile, mesurés en ligne droite, et à 350 milles en suivant le cours de cette rivière. Cette même rivière pourrait être rendue navigable, dans les temps ordinaires, jusqu'à Colombus, situé à 190 milles de Mobile, mesurés en ligne droite, si on parvenait à enlever l'obstacle qui obstrue la navigation au fort Saint- Stephen , ou si on le contournait par un canal latéral. La rivière du Black-Warrior, tributaire du Tombeckbee, peut aussi être naviguée par les bateaux à vapeur, dans les saisons favorables, sur une étendue de son cours, depuis son embouchure, d'environ 50 milles, jusqu'à la ville de Tuskaloosa, aujourd'hui siège du gouvernement de l'Etat de l'Alabama.

Le canal de jonction du Mississippi au lac établira une navigation continue entre les États de l'Ouest , l'État de l'Alabama et la Floride occidentale , et créera par conséquent de nouveaux rapports commerciaux entre ces régions. Les États de l'Ouest sont appelés à devenir de plus en plus manufacturiers, tandis que les États du Mississippi, de la Louisiane , de l'Alaljama et de la Floride resteront encore long-temps agricoles : ceux-ci ont en effet des productions qu'on ne pourrait obtenir

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