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CHAPITRE VTT

l'ROJKT DE CANALISATION A THAVI'.US LISTHMK IX' CaI' aU) , ÉTAT DU MASSACHUSSKTTS.

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Carte générale. — Planche I. Le canal proposé à travers ristliine du cap Cod a pour objet d'éviter aux bàtimens côtiers la nécessilé de doubler le cap, navigation toujours longue et souvent dangen-use. Cette nouvelle voie leur permettra de passer de la baie du <ap Cod à b baie de Nantucket , et formera à l'Est le dernier chaînon de la liene de navigation projetée et en partie établie le long delà côte de l'Atlantique depuis la Géorgie jusqu'au Massachussetts.

Deux tracés furent examinés comme pouvant satisfaire à l'objet proposé; le premier unissait la baie de Barnstable, au Nord, à la baie de HyannyS; au Sud de cet isthme. Le seul avantage de cette ligne était d'offrir un débouché dans ces deux baies. Le terrain intermédiaire était très défavorable à la construction d'un canal : il fallait en effet faire une grande tranchée de 24 mètres au moins de profondeur sur toute la ligne , dont le développement n'était du reste que de 6 milles (9''"°"f). Comme dans sa direction il existe quelques étangs, on avait présumé qu'on trouverait assez d'eau pour franchir ce terrain au moyen d'un bief supérieur; mais il fut bientôt reconnu que ces eaux provenaient des pluies et non de sources, et qu'on ne pouvait pas compter sur ces fournitures d'eau pour alimenter un canal. On renonça alors entièrement à cette direction pour s'occuper d'une autre plus à l'Ouest, dont le tracé final a été arrêté sur les recherches et études suivantes :

136 PROJET DE CANALISATrON

Tracé du canal projeté entre les baies de Buzzard et de Barnstable.

Planche V. Les deux rivières de Monumet et de Scusset , l'une se jetant dans la baie de Buzzard, l'autre dans celle de Barnstable, présentent dans leur direction le terrain le plus favorable pour l'ouverture d'un canal à travers l'isthme du cap Cod.

Le terrain est généralement composé d'argile et de sable , et contient des roches isolées et du gravier; sur quelques parties il est marécageux. On trouve à une profondeur de 2 à 2 mètres 50 centimètres des sources d'eau qui pourront aisément être détournées pendant l'exécution du canal, et qui, par la suite, deviendront d'une grande utilité soit pour contribuer à remplir le canal, soit pour remplacer les pertes occasionées par les filtrations et par l'absorption.

On a trouvé que le point culminant du terrain entre les deux baiesétait de 10 mètres 55 centimètres au-dessus de la basse mer dans la baie de Buzzard, et de 10 mètres 71 centimètres au-dessus de la basse mer dans la baie de Barnstable.

C'est dans le havre de Back-River que se trouve l'emplacement le plus favorable pour le débouché du canal sur la baie de Buzzard ; on y a une profondeur d'eau de 2 mètres 44 centimètres à une distance de 155 mètres du rivage. Quant au débouché sur la baie de Barnstable, comme il fallait éviter des marais salans, on a été forcé de le reporter sur un point, à environ un mille au nord de l'embouchure de la rivière Scusset , où l'on a une profondeur d'eau de 2 mètres 44 centimètres , et qui est à 110 mètres du rivage.

Le tracé du canal devra donc partir du havre de Back-River, où l'on construira une écluse régulatrice , suivre le côté sud de la rivière Monumet, et, franchissant sur le terrain le plus favorable le plateau qui divise les eaux des deux baies, gagner les sources du Scusset. De ce point il contournera les hauteurs qui s'étendent le long du rivage

A IKAVKRS i;iSTIL\1E DU CAP COD. 137

nord de cette rivière pour venir aboutir sur la baie de Barnstable, et s y terminer par une écluse régulatrice. Dans cette direction, le canal n'a pas de rivière à traverser; il évite autant que [)Ossiljlt' les terrains marécageux, et n'occasione pas plus d'excavation qu'il n'est strictement nécessaire; en outre, la courbure graduelle que ref,oit le tracé £avorii>era la navigation et les moyens de halage. L'entier développement de celte ligne, mesurée entre les buses des deux écluses régulatrices aux extrémités, est de 13,353 mètres, environ 3 lieues.

La section transversale du canal, au-dessus de la ligne d'eau, varie avec la profondeur du terrain; mais le profil du canal reste le même sur toute sa longueur : il a 10 mètres 97 centimètres de largeur au fond ou niveau du buse des écluses, et 18 mètres 20 centimètres à la ligne d'eau ou crête des berges; sa profondeur est de 2 mètres 44 centimètres; un chemin de halage de 2 mètres 74 centimètres de large et de 91 centimètres au-dessus de la surface de l'eau, est projeté sur les deux bord^». Lorsque le terrain nécessitera une grande tranchée, les côtés recevront une inclinaison de 40 degrés, et seront pourvus de bermes successives à 3 mètres 5 décimètres de distance verticale , ayant chacune 1 mètre 52 centimètres de large; chaque berme aura une gouttière pour l'écoulement des eaux. Cette disposition pour le profil d'une grande tranchée, produira de l'économie dans les excavations; car si on n'adoptait pas le système des bermes, les côtés devraient recevoir une inclinaison d'environ 34 degrés avec l'horizon. En outre, les côtés ne s'égouttant pas sur le canal , on ne craindra pas les attérissemens graduels sur le fond, ni les éboulemens si dangereux à la navigation, à laquelle ils peuvent causer souvent des interruptions ; enfin les bermes permettront les réparations des côtés. Les terres provenant des excavations devront être portées assez loin du bord de la tranchée pour ne pas en compromettre la stabilité.

A chacune des extrémités du canal est projeté un bassin ayant 29 mè-

très 24 centimètres de largeur au fond, et 36 mètres 57 centimètres de largeur à la ligne d'eau : celui de l'ouest a 402 mètres de long, celui de l'est 886 mètres. On a donné plus de longueur à ce dernier, afin de mettre sur cette portion le canal à l'abri de tout accident; en effet, il traverse des marais salans qui probablement offriront de grandes difficultés dans les excavations. Mais, en tenant celles-ci plus grandes et en en portant les déblais à une distance convenable des berges, on espère obvier aux accidens qui, après l'exécution du canal, nécessitent toujours plus de frais comme réparations que n'en aurait exigé la première exécution.

Choix du nivellement sur lequel doit être établi le fond du canal.

Le tracé du canal étant ainsi arrêté, il restait à fixer le nivellement du fond du canal de manière à concilier les excavations les moins dispendieuses avec les moyens de subvenir aux dépenses d'eau : pour cela il fallait déterminer les hauteurs respectives et la marche des marées dans les deux baies. Celles-ci ont présenté les résultats suivans d'après une série d'observations faites pendant tout le mois de juillet 1825.

1" Les hautes et basses marées, dans la baie de Buzzard, précèdent celles de Barnstable de trois heures.

2° Dans la baie de Buzzard, la plus haute marée s'est élevée à 2 mètres 6 décimètres pendant un jour seulement; pendant 20 jours le mouvement de la marée a été de 1 mètre 52 centimètres, et pendant 10 jours un peu plus de 1 mètre 22 centimètres; les marées ordinaires sont de 1 mètre 42 centimètres.

3° Dans la baie de Barnstable, la plus haute marée s'est élevée à 3 mètres 60 centimètres pendant 2 jours; à 3 mètres 36 centimètres pendant 7 jours; à 3 mètres 5 décimètres pendant 18 jours, et enfin à 2 mètres 74 centimètres pendant quatre jours , ce qui donne pour les marées ordinaires 3 mètres 5 décimètres.

A IRAVKRS L'ISTHME DU CAP aJD. i;j'j

4» Le plan de la hasso mer clans la baie de Buzzard est de 29 rrentimètres au-dessus du fila ri de basse mer dans la baie de Barnstable.

Il est évident, d'après ees données, que si le canal projeté ne devait être alimenté que par les eaux de la mer, on eut pu de suite fixer le niveau du fond du eanal sur le plan de la basse mer dans Barnstable. En effet, les bàtimens de mer côtiers n'exigeant que 2 mètres 44 centimètres de profondeur d'eau, le canal pourrait être alimenté par les eaux de Barnstable pendant que la marée monte ou descend au-dessus du niveau de 2 mètres 44 centimètres. Pendant le temps consommé par la montée et la descente de la marée entre le niveau de basse mer et celui de la surface du canal, le surplus d'eau nécessaire à l'éclusage serait fourni par le canal même. Le débouché à l'ouest, dans la baie de Buzzard, aurait les mêmes exigences d'eau, qui lui seraient également fournies par le canal. Ainsi, en plaçant le fond du canal sur le niveau de la basse mer dans Barnstable, on s'assurerait la quantité d'eau nécessaire à son alimentation et au service des écluses, et les bàtimens de mer tirant moins de 2 mètres 44 centimètres pourraient naviguer sur le canal en tous temps.

Mais un tel arrangement exigerait sur une longueur de 13,140 mètres une tranchée de 5 mètres 79 centimètres de profondeur moyenne,considération assez majeure pour examiner si on ne peut pas par\enir au même résultat proposé pour un canal de grande navigation, sans encourir une aussi forte dépense.

A cet effet nous remarquerons qu'aux sources de la Monumet se trouvent deux étangs c]ui pourront en partie alimenter le canal, et permettront peut-être d'adapter un bief de partage, et de diminuer ainsi les excavations. Ces étangs sont ceux de Herring et Little-Herring; le dernier déverse ses eaux dans le premier par un petit ruisseau ou rigole naturelle. Le niveau de la surface de l'eau dans Tétang de Herring est à 11 mètres 98 centimètres au-dessus de la basse

er dans Buzzardj sa superficie est de 1,971,436 mètres carrés; sa plus grande profondeur est de 12 mètres 80 centimètres, ce qui met le fond à 81 centimètres aurdessous du niveau de la basse mer dans Buzzard, et à 53 centimètres au-dessous du niveau de la basse mer dans Barnstable : l'étang de Little-Herring a une superficie de 320,708 mètres carrés, et 1 mètre 52 centimètres de profondeur moyenne.

Au nord de ces étangs s'en trouvent trois autres situés sur le sommet des hauteurs avoisinant ces premiers : ce sont Black-Pond, Bloody-Pond et Long-Pond, dont les surfaces sont respectivement à 3 mètres 35 centimètres, — à 7 mètres — et à 10 mètres 97 centimètres au-dessus du niveau de l'eau de l'étang de Herring; ils présentent ensemble une superficie de 1,269,032 mètres carrés.

Pour rendre ces étangs tributaires de celui de Herring, on aurait à percer des souterrains, ou à ouvrir de grandes tranchées dont le développement serait de plus de 1,476 mètres, et la profondeur sous le faîte des terrains de partage de 6 à 22 mètres; travaux dont les dépenses diminueraient d'autant les avantages d'un bief supérieur. D'ailleurs, ces trois étangs ne sont alimentés, en grande partie, que par les eaux de pluie, et ils ne dessèchent pas un terrain assez étendu pour qu'on puisse espérer qu'ils fourniront assez d'eau pendant les saisons de sécheresse. Ainsi, pour s'assurer un volume d'eau suffisant à l'entretien de la navigation sur un bief supérieur, on ne doit calculer que sur l'étang de Herring, c'est-à-dire sur la quantité d'eau fournie par son débouché.

Or, ce débouché a fourni en octobre 1824, 266 millimètres cubes par seconde, et, pendant l'été de 1825, 284 millimètres cubes; les deux étangs de Herring pourront donc fournir 275 millimètres cubes par seconde pendant la saison des sécheresses; ou, par mois de 30 jours, 712,800 mètres cubes.

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