CHAPITRE IX
CANAL PROJETE A TRAVERS LA FLORIDE POUR JOINDRE l'oCEAN AU GOLFE DU MEXIQUE.
Carte générale. — Planche I. C'est sous la présidence de M, James Monroe, en 1821, que le territoire des Florides a été entièrement concédé aux Américains par le gouvernement espagnol. Après l'acquisition de la Louisiane, qui assurait aux Etats-Unis l'unique débouché que pouvaient avoir par la mer les riches régions de l'Ouest, tributaires du majestueux Mississippi, la possession des Florides devenait de la plus haute importance sous le point de vue politique. I.a frontière maritime de l'Union se trouvait ainsi complétée, et la même juridiction nationale s'étendait sur la côte depuis la baie de Passamaquody, à l'est, jusqu'à la rivière Sabine, à l'ouest du Mississippi, sur le golfe du Mexique. Et , en outre , on n'avait plus à craindre les agressions ou les dissensions intérieures que pouvait susciter une nation ennemie sur ce territoire, sous l'ombre d'une fausse neutralité, ou plutôt par suite de la faiblesse du gouvernement espagnol , qui ne savait pas faire respecter ses lois.
Planche VII. En 1822, les deux divisions est et ouest des Florides furent organisées sous un gouvernement territorial j on comptait alors à peu près dix mille habitans dans les Florides. La position heureuse de ce territoire, qui se trouve compris entre le 24' et le 30' i degrés nord de latitude, offrant tous les avantages du climat des Antilles, fut pour les Américains un puissant motif d'émigration ; aussi voyons-nous qu'en 1830 la population était déjà de près de trente-cinq mille habitans. Bientôt l'active influence du caractère américain sut développer
CANAL PROJETE A TRAVERS lA FT/JRIDE. 1S7
sous ccllf; laliludc des ressources a^riroles flu plus grand intérêt pour l'Union : la canne à sucre, le roioi) ;i ion^^uc soie, le tabac de la Ilav.'Hie, Ifîs vers à soie, y réussirent comme dans leur propre pays. De si grands résultats appelèrent l'attention de la législature nationale sur les moyens à employer pour faciliter les relation» commerciale» de ce pays avec les parties de l'Union qui en étaient le plus éloignée». Le commerce croissant sur le golfe du Mexique demandait aussi qu'on s'assurât s'il ne serait pas possible, au moyen d'un canal à travers la Floride, de raccourcir cette navigation et d'en diminuer les cl^iances hasardeuses. D'un autre côté, la rade de Pensacola, dans la Floride de l'ouest , avait été choisie comme dépôt maritime et chantier de réparation par la même commission d'officiers du génie et de la marine, qui avait recommandé Boston sur la frontière du nord-est, et la rade de Hampton sur celle du milieu. Toutes ces raisons étaient de puissans motifs pour que le congrès national s'occupât d'obtenir des renseignemens positifs sur la possibilité d'ouvrir un canal à travers l'isthme des Floridcs , ainsi que sur tous les moyens d'amélioration à introduire dans la navigation intérieure le long de la côte. Le gouvernement général doit manifester un intérêt plus direct au développement des ressources d'un territoire tant que celui-ci n'a pas la population voulue pour être constitué en état séparé, et entrer comme membre dans la grande famille fédérale.
Aussi, en 1826, le congrès national de Washington autorisa le président des Etats-Unis à faire exécuter par la commission des améliorations intérieures une reconnaissance du territoire des Florides, dans le but de déterminer la ligne la plus avantageuse que pourrait suivre un canal de navigation entre l'Océan Atlantique et le golfe du Mexique, ainsi que les améliorations dont pouvait être susceptible la navigation des cours d'eau de la Péninsule.
Dans la même année cette commission donna des instructions spé-
ciales pour l'exécution des levés de plans nécessaires à la formation d'un avant-projet. D'après l'inspection des cartes, elle indiqua d'avance les cours d'eau suivant la direction desquels on devait chercher à établir la communication désirée : enfin , elle divisa le nombre d'officiers qui étaient mis à sa disposition pour l'exécution de ces travaux, en deux brigades : l'une, chargée de toutes les opérations sur la partie orientale, l'autre des opérations correspondantes sur la partie occidentale de la Floride.
Au printemps de 1827 la commission explora elle-même les différentes directions suivant lesquelles un canal pourrait traverser la Péninsule, et elle exécuta diverses opérations hydrographiques le long de la côte sur le golfe, depuis la baie de Tampa jusques et y compris le Delta du Mississippi.
Planche VU et Planche VIII. C'est sur ces différens levés de plans, ainsi que sur les observations personnelles de la commission, qu'a été dressée la carte générale des Florides , planche VII ; elle présente donc un ensemble de matériaux géographiques les plus exacts qui soient connus jusqu'ici. Cette planche contient en outre les plans détaillés de la côte de la Floride sur l'Atlantique, depuis Sainte-Augustine jusqu'à Sainte-Marie, ainsi que deux coupes transversales de l'isthme des Florides, suivant les lignes des nivellemens. La planche VIII contient tous les plans hydrographiques en détail des entrées de ports , havres , détroits et canaux naturels qu'on trouve sur la côte du golfe du Mexique, depuis la baie de Vassasousa jusqu'à la baie de la Mobile.
Pour suivre plus facilement les différentes recherches qu'on a été obligé de faire avant d'arriver à aucune conclusion sur l'objet de cet important travail, nous en reproduisons l'ensemble sous cinq grandes divisions; savoir :
A riuvr:ii.s i.a floride. mi
1° Description lopographifiuc et hydrographique du territoire où ses projets devraient être exécutés;
2" Résultats des reconnaissances et nivellemen» de ce territoire, avec plans et profils détaillés;
3° l^xploration sur le terrain des différentes directions suivant lesquelles on j)ourrait traverser la Péninsule de la Floride par un canal ;
4° Indication des lignes de navigation intérieure à établir le long de la côte du golfe du Mexique, depuis la haie de Tampa jusqu'au Delta du Mississippi ;
5" Exposé des améliorations dont le Delta du Mississippi est susceptible.
1" Description topographique et hydrographique.
Planche VII. La partie septentrionale de la Floride contiguë à l'État de la Géorgie, et comprise entre une ligne tirée de la baie de Tampa au cap Cafiaveral, présente en général une plaine unie, entrecoupée de forêts de pins, de prairies et de terrains plus ou moins marécageux. Néanmoins, dans certains districts, le pays est accidenté, et même souvent montucux. L'arête culminante qui du nord au sud divise les eaux descendant à l'est dans l'océan Atlantique, des eaux descendant à l'ouest dans le golfe du Mexique, s'abaisse graduellement en se dirigeant vers le sud, et elle cesse d'être sensible au-delà de la ligne que nous nous sommes donnée plus haut comme limite du terrain susceptible de présenter quelques avantages dans le tracé d'un canal à travers la Péninsule. D'après les renseignemens obtenus sur les lieux, toute la partie de la portion de la Floride au sud de cette ligne ou limite, ne présente plus qu'ime plaine marécageuse qui, dans la saison des pluies (de
juin en octobre), devient un obstacle insurmontable à un passage par terre des bords du golfe à ceux de l'Atlantique.
Les nivellemens ont prouvé que l'élévation de cette arête , aux sources de la rivière Sainte-Marie, près de la frontière de Géorgie, était de 45 mètres 60 centimètres au-dessus du niveau de la mer; et qu'aux sources du Santa-Fé, entre l'étang de Rinsley et celui du Little-Santa-Fé , elle était de 47 mètres 40 centimètres au-dessus du même niveau; et enfin qu'aux sources de l'Amaxura et de TOcklawaha, elle n'était plus que de 26 mètres 10 centimètres.
Le sol de la Péninsule est généralement de sable , excepté sur quelques points nommés par les indigènes «. ha?nmocks ,» et dont le terrain est composé d'argile de différentes couleurs, mélangé de sable. Ces hammocks sont assez nombreux ; on en rencontre dans diverses directions ; leur étendue varie de t hectare à 400 hectares ; ils ne forment ensemble, néanmoins, qu'une portion peu considérable du territoire. Dans ces hammocks , la végétation est très forte , et on y trouve en grand nombre les chênes rouges, le chêne vert, le chêne-saule, le cornouiller, le magnolia et des pins de diverses espèces et de la plus haute stature; le chêne rouge est néanmoins le plus commun parmi tous ceux-ci. Si d'un côté les terres de ces hammocks sont d'une grande fertilité, d'un autre les forêts de pins offrent dans certains endroits des terres^ susceptibles d'un très bon rapport, et généralement de très grands avantages pour l'éducation de troupeaux.
La fougère est ici caractéristique de terrains bas et humides ou de sources de cours d'eau.
Quoique des deux côtés de l'arête de partage des eaux de la presqu'île, le terrain soit entièrement de sable sur une profondeur de 1 mètre 50 centimètres, à 2 mètres 13 centimètres, néanmoins les couches inférieures diffèrent beaucoup; ainsi, sur le versant orien-
A UIAVERS LA FJXjRIDF. 191
lai, elles sont un mélange de sable et d'argile, le &aljle prédonijnant; tandis (juo sur le versant occidental, on rencontre de» hiincs de pierre calcaire qui percent même jusqu'à la surface, et souvent donnent lieu au singulier phénomène de cours d'eau disparaissant toul-à-coup de la surface pour se creusej- un passagr- ftr)ulerrain , et reparaître ensuite \)\us loin a la surface. C'est à de pareilles causes qu'on doit attribuer les fréquens accidens de terrain en forme de fondrières ou cônes renversés , nommés dans le pays sinÂs, qu'on y remarque en assez grand nombre ; leur surface varie depuii» quelques mètres jusqu'à quelques hectares.
Les rivièrtes , dans les Florides , n'ont généralement pas de vallées ni de plaines le long de leur cours, formées par des dépôts fluviatiles; elles forcent leur cours à travers les couches de sable à la surface, et sont plutôt alimentées par des infiltrations latérales , que par des ruisseaux tributaires. Néanmoins une végétation beaucoup plus forte caractérise leurs bords, et au milieu de haies de lauriers et d'orangers indigènes, s'élèvent de majestueux chênes verts avec leurs mille rameaux sinueux et touffus, et de superbes magnolias à la forme plus élancée. Au reste , ces arbres tirent plutôt leur nourriture de l'humidité atmosphérique que du sol.
Planche VII. La côte des Florides sur le golfe du Mexique, depuis la baie de Tampa jusqu'à la baie d'Appalachie , est bordée de bas-fonds qui varient en largeur depuis 5 jusqu'à 15 milles. Depuis la baie d'Appalachie jusqu'au cap San-Blas, cette largeur diminue, excepté là où les caps se projettent; mais du cap San-Blas au lac Pontchartrain , on trouve une grande profondeur d'eau jusque sur le rivage même; ou y rencontre aussi quelques bons mouillages. Sur l'Atlantique, le rivage est complètement couvert de basfonds, qui ne permettent aux bàtimens de mer de trouver un abri
192 CATs'AL PROJETE
ou refuge qu'à l'embouchure de la rivière Saint-Jeaa ou dans le port de Saiiite-Augustine.
La partie la plus étroite de la Péninsule se trouve sur une ligne tirée du port de Sainte-Augustine à un point sur le golfe, entre les embouchures du Suwannée et de l'Amaxura; elle mesure 105 milles (169 kilomètres). De l'embouchure du Saint-Jean à celle du Suwannée , il y a 130 milles (209 kilomètres) mesurés en ligne droite, et de cette même embouchure au port Saint-Marc, 170 milles (273 kilomètres a).
Nous allons décrire successivement le cours des rivières qui se jettent dans l'Atlantique ou dans le golfe du Mexique, et qui peuvent avoir un rapport direct avec le canal proposé. Nous omettrons de parler des rivières de Hillsborough et Amaxura, la première tombant dans la baie de Espiritu-Santo , et toutes deux trop au sud pour qu'un canal puisse y déboucher avec avantage; en outre, le pays qu'elles traversent n'a présenté aucunes ressources en eau pour alimenter un canal.
Fleuve Saint-Jean.
Planche VIII. Le fleuve Saint-Jean est un bras de mer dont le cours est du sud au nord , direction contraire à celle que suivent presque tous les autres fleuves des Etats-Unis. Tout porte à supposer que le Saint-Jean a été dans l'origine un détroit ou canal naturel, que les ensablemens continuels apportés par le courant du golfe ont fermé à son extrémité méridionale. Le cours de ce fleuve, audessus de son embouchure, suit pendant 20 milles (32 kilomètres) une direction orientale ; il est aussi beaucoup plus étroit sur cette étendue qu'il ne l'est au-dessus, circonstance qui crée \me rapidité de courant dont l'influence existe encore trois heures après que la marée a commencé à monter; l'effet contraire arrive pendant deux
A TRAVERS LA FLORIDE. im
licurcs après la rnaiée descendanle : f;etlo rajiidilé de rourani est un obstacle que les bàtirncns, à leur entrée ou a leur Mjrtic, ne peuvent surmonter qu'à l'aide d'un vent fort et favorable.
La barre à l'emboucbure de ce fleuve est changeante; elle a une profondeur d'(,'au de 4 mètres 57 centimètres à marée haute, et qui varie avec les vcnis de 'A,(j(> à 4^57. A la basse mer, la moindre profondeur est de 1 mètre 83 centimètres, et la plus grande 2 mètret» 28 centimètres. Comme il y a toujours plus ou moins de boules sur cette barre, un bâtiment qui tirerait plus de 3 mètres 35 centimètre» ne pourrait la franchir sans être exposé, quoique cependant il trouvât une quantité d'eau suffisante pour remonter jusqu'à l'embouchure de Black- Creek. Sur cette distance de 47 milles (75 x kilomètres), le chenal est large, et n'a jamais moins de 4 mètres 57 centimètres de profondeur d'eau; un bâtiment pourrait y courir des bordées, excepté à Dame s Point, et vis-à-vis de l'embouchure de Cedar-Creek, à 2 milles et demi (4 kilomètres) au-dessus.
De Black-Creek au lac Saint-Georges, les bàtimens tirant 2 mètres 74 centimètres d'eau trouvent une largeur de chenal qui leur permet de courir des bordées; mais, une fois arrivés à la hauteur de l'embouchure de l'Oklawaha, ils sont obligés de forcer leur passage à travers un banc de boue. A l'entrée du lac Saint-Georges, on ne trouve que 2 mètres 89 centimètres d'eau. De Black-Creek au lac Saint-Georges il y a environ 60 milles (96 i kilomètres), et de ce dernier à l'embouchure du fleuve 107 milles (172 kilomètres).
Au-dessous de Black-Creek, les vents du nord influent beaucoup sur le mouvement des marées; au-dessus ils n'exercent plus qu'une légère influence, et au Ferry de Picolata la marée monte de 1 mètre 21 centimètres. Les crues du Saint-Jean ne sont que de 61 centimètres, ce qui peut être attribué à la grande largeur du fleuve,
qui, dans certains endroits, est de plus de 3 milles (environ 5 kilomètres).
Le Saint- Jean est bordé généralement de marais , de hammocks, de pinières et de cyprésières. Le sol de ces derniers a peut-être 30 centimètres de profondeur, et alors on rencontre du sable pour couches inférieures. Les hammocks sont peu nombreux, et ont surtout peu d'étendue; à peine ont-ils une largeur moyenne de 140 mètres. Le chêne vert n'est déjà plus aussi abondant sur les bords du fleuve, tant on en a détruit par la facilité dont on jouissait de l'exploiter pour les constructions navales. Aujourd'hui le gouvernement des États-Unis a apporté des moyens répressifs à cet abus, afin de conserver pour sa propre marine cette précieuse ressource des meilleurs bois de construction connus. La position de Volusia , au-dessus du lac Saint -Georges, tertre élevé, appelé bluff, et autour duquel sont des hammocks, ainsi que celle de Spring • Garden , à 25 milles (40 kilom.) au-dessus, sont d'anciens établissemens anglais qui datent de 1763 à 1781; les terres en sont encore très productives. A l'est et à l'ouest du fleuve , le sol est de sable, et présente peu de végétation le long de la côte; on n'y trouve que des pins, quelques palmiers, et des cyprès dans les terrains marécageux. Sur les bords même du fleuve, le sol, quoique très léger et généralement sablonneux, est très productif : on y cultive le coton et la canne à sucre; mais il demande des soins pour conserver sa fertilité.
Le Saint-Jean ne reçoit que deux tributaires un peu considérables, l'Ocklawaha et le Black-Creek.
L'Ocklawaha prend ses sources dans le lac Apopka, à environ 73 milles (117 kilomètres i) au-dessus de son embouchure. Au débouché de ce lac, sa largeur est de 4 mètres 57 centimètres, et sa profondeur 2 mètres 13 centimètres; le lit s'élargit et devient plus profond à mesure quon s'approche du Saint-Jean. Le lac Apopka
n'étant situé qu'à 80 rniilcs (128 i kilomètres) do la haie d'Ej»j>irilu- . Santo, pourrait servir à faciliter une < onirnunieation d'eau entre celte baie et l'Atlantique si on améliorait j.-j navigation de rOckJawaha. En effet, dans cette direc lion , la distance de l'embouchure du Sainl-Jcari à la Ijaie d'Espiritu-Santo est d'environ 200 milles (418 kilomètres; , dont 180 (28Î) i Idlomètres) sont par eau, et 80 (128 1 kilomètres) par terre. L'Ocklawaha ref,;oit le débouché du lac Orange, à IG milles» (25 i kilomètres) au-dessus de son emboucliure; sur ses rives on voit de nombreux hammocks. Elle prend ses sources au milieu d'un terrain sablonneux et de forêts de pins, où néanmoins il y a quelques hammocks, de nombreux lacs et étangs, ainsi que d'immenses prairies sujettes aux inondations lors de la saison des pluies.
Black -Creek se jette dans le Saint-Jean au milieu d'une anse profonde, à travers laquelle se trouve une barre sur laquelle il n'y a que 2 mètres 44 centimètres d'eau à la haute mer, et 2 mètres à la basse mer. Quand on l'a franchie, la profondeur augmente, et on a alors 3 mètres 66 centimètres jusqu'aux fourches à 12 railles -f. ( 20 i kilomètres ) au-dessus de son embouchure. A Branum's Ferrj-, 5 milles (8 kilomètres) au-dessous des fourches, la profondeur est de 10 mètres 67 centimètres, et la largeur d'environ 110 mètres, qu'il conserve jusqu'à son embouchure. La marée dans Black-Creek est plus ou moins sensible, suivant les vents qui régnent 3 aussi à Branum's Ferry il y a tout au plus une différence de 45 à 60 centimètres dans ses mouvemensj quelquefois même on n'aperçoit qu'une légère houle; aux fourches, elle est de 30 centimètres.
Les rives de Black-Creek, au-dessous des fourches, sont formées en grande partie de cyprésières; on y rencontre cependant six ou sept tertres élevés ou bluffs, arec une lisière de hammocks, qui sont cultivés. Vers l'intérieur, le sol est généralement sablonneux et couvert de forêts de pins.
Aux fourches, Black-Creek se divise en branche nord et branche sud;, dans laquelle se jette BuU-Creek. La branche nord est navigable jusqu'au moulin de M. Fougère, 5 milles (8 kilom.) au-dessus de cette fourche; elle a 1 mètre 83 centimètres de pi'ofondeur d'eau. La branche sud est navigable jusqu'à l'embouchure de Bull-Creek, et a une profondeur d'eau de 1 mètre 83 centimètres; à ce point la marée est encore sensible de quelques centimètres; elle n'est point sujette à de grandes crues d'eau; mais dans la branche nord elles se sont quelquefois élevées de 6 mètres 70 centimètres près de la fourche.
Cette branche nord, qui peut être considérée comme la tète du Black-Creek, a ses sources dans l'étang de Kinsley, dont la surface est de 51 mètres 50 centimètres au-dessus de la basse mer, à l'embouchure du Saint-Jean.
Rivière de Nassau.
La rivière de Nassau est une espèce de bassin qui égoutte tout le terrain compris entre la rivière Sainte-Marie et le fleuve Saint- Jean; son débouché est dans la baie du même nom, et est par conséquent soumis à l'action de la marée. De cette rivière , on peut communiquer avec la rivière Sainte -Marie et avec le fleuve Saint- Jean par un canal naturel, nommé Inland-Passage , qui règne parallèlement à la côte, et qui se trouve formé par les iles d'Amélie, de Talbot, et du fort Georges. Cette passe est très tortueuse, et parfois très étroite ; des bateaux à rames seulement peuvent y passer lors de la haute mer. A la basse mer, ce chenal intérieur est obstrué, dans quatre endroits, par des barres formées par les courans de haute et basse marée , qui se contrebalancent dans des directions différentes. Le premier obstacle se trouve entre Sainte-Marie et Nassau; sur une distance de 2 milles (3 kilomètres) le chenal.
à la basse mer, reste à sec, et à la liaule nier il n'a que 90 cfnlimèlrcs d'eau. Le second obstacle est entre \assau et l'entrée de Talbot j la basse mer laisse entièrement à découvert près de CIO mètres du chenal ; à la haute mer, il n'y a sur cette même étendue que 1 inelre 21 centimètres d'eau. Le troisième obstacle existe entre rcntn'îc de Talbot et la rivière Saint-Jean; sur une étendue de près de 305 mètres, il n'y a que 30 centimètres d'eau. Le quatrième r/bstacle est moins important ; il est formé par une barre étroite qui se trouve près d'un mont ou tertre élevé, nommé Sisters Bluffs^ et qui pourrait facilement être enlevé. Le développement total de cette passe intérieure est de 34 milles (54 ^ kilomètres).
Rivière Sainte-Marie.
La rivière Sainte -Marie coule généralement entre deux lisières étroites de hammocks bas et marécageux; les bords qui l'avoisinent sont élevés, leur sol est de sable et couvert de pins.
A l'embouchure de la rade de Sainte-Marie, il y a jusqu'à 6 mètres 70 centimètres d'eau sur la barre pendant les marées d'équinoxe et lorsque les vents d'est ont régné quelque temps; aux basses mers d'équinoxe , la profondeur d'eau n'est plus que de 4 mètres 1 1 centimètres. La marée se fait ressentir jusque près de l'habitation Barbour , 50 milles ( 80 kilomètres ) au-dessus de l'embouchure de cette rivière; celle-ci est navigable sur toute cette distance. Les bàtimens qui ont pu franchir la barre, à l'embouchure de la Sainte -Marie, peuvent remonter jusqu'à l'embouchure de la rivière Bell : cette remarque s'applique également aux rivières Bell et Jolly.
La rivière Sainte-Marie découle des immenses marais qui avoisinent la ligne frontière de la Géorgie, et qui s'étendent des tètes de Sainte -Marie aux tètes de la Suwannee. Ces marais, nommé^ Dismal-Sivamps , sont couverts d'une végétation très forte de lau-
Tiers, de vignes sauvages, de joncs et de taillis très épais. On ne découvre à cette hauteur aucuns lacs ou réservoirs de quelque importance; mais en raison de la grande étendue des marais qu'égouttent la Suwannee et la Sainte-Marie, ces rivières prennent des crues assez considérables pendant la saison des pluies , et quelquefois même par suite de fortes pluies d'orage. Aux fourches supérieures de la Sainte-Marie, les crues d'eau sont de 1 mètre 83 centimètres.
Le développement du cours de cette rivière, depuis l'Atlantique jusqu'à ses sources même, 13 milles (21 kilomètres) au-dessus des fourches supérieures, est d'environ 105 milles ( 170 kilomètres). La source de cette rivière se trouve sur Ten-Mile-Branch , tributaire du Creek-Alligator, et forme le point de partage entre la Suwannee et la Sainte - Marie , ainsi que le sommet de l'arête de partage entre l'Atlantique et le golfe; on a déterminé par des nivellemens que son élévation au-dessus de la basse mer, dans l'Atlantique, était de 45 mètres 60 centimètres. A Trader's-Hill , 40 milles (64 kilomètres) au-dessus de l'embouchure de la rade de Sainte-Marie, la surface du terrain est de 4 mètres 57 centimètres au-dessus de la basse mer; à la fourche supérieure , elle est de 35 mètres 40 centimètres.
De Trader's-Hill à l'océan Atlantique, cette rivière coule dans une direction est; mais de l'embouchure de la branche sud à Trader's- Hill, la direction de son cours est nord, tandis que de la fourche supérieure à l'embouchure de la branche sud, son cours est vers le sud. Cette sinuosité fait que la distance de Trader's-Hill à la fourche supérieure, est de 50 milles (80 kilomètres), lorsqu'en ligne droite elle ne serait que de 25 milles (40 kilomètres). Le sommet du terrain entre l'habitation Barbour et la fourche supérieure est de 30 mètres 47 centimètres au-dessus de la basse mer dans le havre de Sainte-Marie.
A TRAVERS LA FLORIDE. I9î>
Rivière de Suwanriee.
La rivière de Siiwanno(; a m;.s sources» dans lej» rnaraii» app#*lé.s Dismall-Swamps y et qui règrienl. sur le plateau qui sépare les versans de l'Atlanlifiue des versans sur le gollV;; elle dt'bouehe dans la baie de Vassasousa ou Vacassar. Le développement de tout son cours est d'environ 155 milles (249 kilomètres); du confluent du\Vithlr>coochy à la baie de Vassasousa, la distance est d'environ I(X) nulles ( IGl kilomètres). Le seul tributaire important qu'elle reçoive audessous de ce confluent, est la-Santa-Fé, qui s'y jette à 55^ i^iUes (86 kilomètres) au-dessus de son embouchure.
On a vu le lit de la Suwannee entièrement à sec à 1 mille ( 1,609 mètres) au-dessous de l'habitation "W'heaton ; cependant dans les mois de juin et de juillet on a souvent trouvé 91 centimètres d'eau aux endroits où elle a généralement le moins de prt>fondeur. Le fond de la rivière, dans plusieurs endroits, est de roche, et à 20 milles (32 kilomètres) au-dessous de l'habitation \Vheaton il y a une chute de 91 centimètres.
Depuis la fourche supérieure jusqu'à l'embouchure de la Santa- Fé , le cours de la Suwannee coule sur un lit de pierre calcaire désagi'égée, qu'on rencontre généralement à 1,52 ou 1 mètre 83 centimètres au-dessous de la surface. Ces roches étant poreuses, et laissant passer librement l'eau, font que la rivière est alimentée surtout par les infiltrations. Sur ses bords, on rencontre occasionellement une lisière étroite de marais , avec des chênes verts, des chénessaules, des cyprès, des magnohas et des taillis de lauriers; le pays environnant est de sable et couvert de pins. Elle a près de 100 mètres de largeur moyenne, et pourrait avoir facilement une profondeur de 91 centimètres aux plus basses eaux , si on enlevait quelques rochers qui obstruent la navigation; à l'embouchure de la Sanla-Fé^
la profondeur est de 3 mètres 66 centimètres. On doit faire observer que la Suwannee, n'ayant qu'un tributaire depuis la fourche supérieure jusqu'à la mer, et étant peu boisée sur ses bords ^ qui sont, au reste, bas et peu susceptibles d'être minés par les courans, n'est pas exposée aux bois de dérive 3 circonstance qui, jointe à une profondeur d'eau suffisante , rend cette rivière bien adaptée à une navigation par bateau à vapeur.
De l'embouchure de la Santa-Fé jusqu'à la mer, la navigation n'éprouve aucune interruption, excepté à l'entrée de la baie de Vassasousa , qui est fermée par des bancs de sable mouvant, sur lesquels, à la basse mer, on ne trouve que 1 mètre 21 centimètres d'eau. On n'a jamais moins de 3 mètres 66 centimètres d'eau jusqu'à (( IncUan-Cow-Pen », 35 milles (56 kilomètres) au-dessous de l'embouchure de la Santa-Fé. Les bords ont une hauteur moyenne de 1 mètre 52 centimètres, et fréquemment découvrent des roches désagrégées. Les forets de pins s'étendent souvent jusque sur le rivage, et interviennent avec des hammocks étroits et bas, où se trouvent le chêne vert, le chêne -saule, l'érable, etc.
De Indian- Coiv-Pen à la mer, sur une distance de 20 milles ( 32 kilomètres), la Suwannee coule au travers d'immenses marais ou cyprésières qui sont constamment sous l'eau. En approchant du golfe, elle présente l'aspect d'un Delta marécageux, au travers duquel serpentent de nombreux débouchés ou chenaux. Leur profondeur, et même leur direction, éprouvent souvent des changemens subits occasionés par les tempêtes qui poussent la mer sur toute cette plage, ou par les inondations de la rivière même. L'entrée de ces passes est en outre obstruée par un grand banc d'huîtres, qui se projette en mer à la distance de 1 mille (1,609 mètres) au moins, et à travers lequel les eaux se sont frayé de nombreuses issues de différentes profondeurs. La plus profonde de ces issues coule près
-de l'extrémité ouest de ce banc, et vis-a-\is la passe ouest et principale; à la haute mer, elle a 1 mètre (57 centimètres d'eau. I^ marée varie de 45 à 91 centimètres, et en grande partie défK-nd des vents. De l'île de Bradford au vieux magasin de Arbuthnot, il y a 2 milles ( .'i kilomètres); le chenal sur < elle- distance a une profondeur de 2 mètres 44 centimètres; mais la moindre profondeur d'eau qu'on trouve au-dessus, jusqu'à Tembourhure de la Santa-Fe, est, comme on l'a déjà fait observer, de 3 mètres GG centimètres; et, dans bien des endroits, elle est même de 10 à 12 mètres.
Les crues de la Suwannee ont lieu pondant l'hiver; en juin et juillet cette rivière est à l'étiage. Ces crues sont de 1 mètre 21 centimètres près de l'île de Bradford , de 2 mètres 44 centimètres à Indian-cow-Pen, de 4 mètres 57 centimètres à l'embouchure de la Santa-Fe, et de 1 mètre 83 centimètres à la fourche supérieure.
Le seul tributaire qu'elle reçoit est la Santa-Fe, dont la branche principale a ses sources dans l'étang du petit Santa-Fe, et dans laquelle se jette la rivière de Sampson , débouché de l'étang du même nom ; sa branche sud prend naissance près du lac Pithlochucco • la branche nord découle du plateau qui la sépare d'un tributaire de la rivière Sainte-Marie.
La rivière de Sampson a 4 milles t (7 i kilom.) de développement en suivant son cours depuis le point où elle sort de l'étang de Sampson jusqu'à son débouché dans la rivière de Santa-Fe; de ce débouché à l'embouchure de la branche nord, la distance est de 12 milles -^ (20 kilom.); de ce dernier point, pendant 11 milles (17 i kilom.), la Santa-Fe coule à la surface du terrain; son cours devient alors souterrain sur près de 3 milles (4 i kilom.); du point où elle reparait à la surface il y a 28 milles (45 kilom.) jusqu'à son embouchure dans la Suwannee, qui se trouve à peu près à égale distance de la fourche supérieure de cette dernière rivière et de la baie de Vassasousa. Ainsi
la distance totale de l'étang de Sampson à la Suwannee, en suivant les sinuosités de la rivière Sampson et de la Santa-Fe, est d'environ 60 milles (96 i kilom.). La distance serait à peu près la même si on là mesurait de l'étang du petit Santa-Fe ou de Pithlochucco.
L'endroit où le cours de la Santa-Fe devient souterrain en traversant des couches calcaires est appelé pont naturel {natural-bridgé), et est sujet aux inondations par suite de la crue des eaux^ qui ne trouvent pas un débouché assez large pour leur volume. La vallée a au moins 1 mille (1609 mètres) de large dans cet endroit.
Des bois de dérive obstruent sur plusieurs points le cours de la Santa-Fe, qui, sans cela, serait navigable pour les bateaux tirant 91 centimètres.
Rock-Creek, qui débouche sur la rive sud, et Itchatuckny sur la rive nord, sont deux tributaires de la Santa-Fe; le dernier entre à environ 9 milles (14 kilom.) au-dessus de l'embouchure de la Santa- Fe, dans la Suwannee.
La pente de la Santa-Fe est d'environ 19 mètres 52 centimètres depuis l'étang de Sampson jusqu'au pont naturel, et 15 mètres 25 centimètres de ce point à la Suwannee : au confluent de ces deux rivières, l'élévation au-dessus de la mer est seulement de 3 mètres.
Les bords de la Santa-Fe sont généralement bas, et le terrain a une pente graduelle de la rivière vers les hauteurs qui avoisinent, mais qui dans aucuns cas ne viennent sur ses rives. Ils sont fréquemment pourvus d'épais hammocks, dont l'étendue varie de 275 à 460 mètres , mais sujets aux inondations lors des crues. Le pays traversé par cette rivière est accidenté , sablonneux et couvert de forêts de pins; on y rencontre beaucoup de marais et d'enfoncemens, ou sinh , surtout dans le voisinage des branches supérieures, où l'on voit grand nombre d'étangs marécageux et d'immenses plaines de palmiers.
Comme dans l'objet qui nous oecupe, la Santa-Fe tire une g^rande importance des lacs et étangs situés immédiatement à ses sources; nous entrerons dans quelques détails sur la nature de ceux-ci.
Ces lacs sont, en les prenant successivement du sud au nord, le lac Orange, la savanne d'Alachua, le lac Pilhlocliucco, l'étang d'Aquila , celui du pelit Santa-Fe, celui de Sampson , et celui de Kinsley, aux sources de Black-Creek : les trois premiers sont sur le revers est de l'arête de partage de la péninsule, les trois suivans sur le revers ouest.
Le lac Orange a une superficie de 10,111 ,^H^ mètres carrés, avec une profondeur moyenne de 3 mètres 5 décimètres pendant la saison des pluies; mais, pendant la saison des sécheresses, ce lac est guéable sur plusieurs points. Ce grand réservoir naturel décharge ses eaux dans la rivière d'Ocklawaha (un des tributaires du Sainl- Jean) par le débouché d'Orange-Creeck , et est mis en communication avec la savanne d'Alachua par le ruissl^ji de Chechale. La moitié de la superficie de ce lac offre une très belle étendue d'eau; mais l'autre moitié ressemble à une grande prairie par la quantité d'herbes aquatiques qui en couvre la surface. Son rivage nord est très marécageux, mais celui du sud est élevé, et présente quelques hammocks bien boisés : on trouve sur ses bords un grand nombre d'orangers indigènes.
La savanne d'Alachua est située à environ 4 milles (6 kilom.) au-dessus du lac Orange; elle a 7 milles (11 kilom.) de longueur, sur 3 milles (4 \ kilom.) de largeur. On a été porté à présumer que l'immense volume d'eau fourni par cette savanne s'écoulait par une cavité, ou sinks^ formée à l'extrémité nord, et qui lui oirvre ainsi un passage souterrain sur le lac Orange. Dans tous les cas, elle ne présente à l'œil qu'une vaste prairie d'herbe aquatique, ce qui lui a valu le nom dans l'idiome du pa}s de Grassr-LaÂe. Le
Chechale, débouché de cette savanne dans le lac Orange ^ est un très petit ruisseau. Les bords de cette savanne sont formés de hammocks, dans lesquels dominent les chênes-verts et les chénes-saules.
Le lac Pithlochucco se déverse dans la savanne d'Alachua, dont il est à peine séparé par 1 mille (1609 mètres); Hatchet-Creek forme l'extrémité nord, ainsi que la tète de ce réservoir, dont l'étendue est d'environ 31 millions de mètres carrés; sa profondeur moyenne est de 2 mètres 13 centimètres. La branche sud de la Santa-Fe prend naissance au nord-ouest de ce lac.
Le lac (VAquilay ou étang du Grand-Santa-Fe , forme une des sources de la branche de la Santa-Fe.
U étang du Petit-Santa-Fe est plutôt une espèce de cyprësière , et ne peut être considéré comme un réservoir d'une grande importance, quand on examine la lenteur du courant qui existe à son débouché.
m étang de Sampson , ou plutôt ce lac^ est formé de deux nappes d'eau dont les surfaces diffèrent en hauteur de 30 centimètres; elles sont séparées par une étroite cyprésière , qui dans les hautes eaux est inondée; alors elles ne forment plus qu'un même lac, dont la superficie a été évaluée à 13,679,270 mètres carrés; sa profondeur est au moins de 2 mètres 44 centimètres. Pendant la saison des pluies, la surface de ce lac s'élève de 91 centimètres; il reçoit les eaux du creek Alligator, qui prend naissance 7 milles (11 kilomètres) à l'est, et à 1 mille ( 1609 mètres ) de l'étang de Kinsley, tête de la branche nord de Black-Creek.
l^' étang de Kinsley a une superficie de 6,448,904 mètres carrés; sa profondeur peut être au moins de 1 mètre 83 centimètres. Dans la saison des sécheresses, son débouché est entièrement à sec, et l'étendue de pays qu'égoutte cet étang n'est pas considérable.
A TRAVERS LA FUJRIDK. 20S
Voici les liaulours rclalivcs dr- ces lus cl. «'l.'jfigs.
Côté est (le l'arête de partage.
Le lac Orange C8t de . . . i'2"' 3o'^ uu-dessus de l'océan Allantiquc.
La savarine «l'Alachua. . . \t\ l^o —>
Le lac rithlocliucco. ... i. 5 » —
î/éiarig de Kinsley . . . . .'îi 3o —
Côté ouest de l'arc te de partage.
L'étang du grand Santa-Fc, 3()"> 3o* au-dessus de l'océan Allantiqne. li'étang du petit Santa-Fe, 37 80 —
L'étai;g de Sampson. . . . 3^ c)o —
Rivière Saint-Mark.
La rivière Saint-Mark paraît servir de chenal récipient des cours d'eau souterrains qu'égoutte ce massif de roches désagrégées , dites c roches pourries » , et qui sert de base au riche pays au milieu duquel se trouve fondée la ville de Tallahassee (1), capitale du territoire des Florides. En effet, c'est dans la direction de son cours que se trouve le plus grand nombre de ces cavités ( sinh ) dont tout le pays abonde; et, à environ 12 milles ( 19 kilomètres) au-dessus du fort Saint-Mark, est reproduite une de ces interruptions de son cours, appelée pont naturel, où cette rivière est perdue dans une courte distance, et paraît de nouveau à la surface un peu plus loin.
(i) C'esst prés de cette ville que sont situées les terre; concédées au général Lafiiyette en décembre 1824 P^^' ^^ sénat et la chambre des représentans assemblés en congrès.
Cet acte signala la reconnaissance unanime de plus de dix millions d'babitans pom le dévouement du généial à la noble cause de la liberté, pendant la guerre de la révolution, et restera à jamais un monument sacré des sentimens que de hautes vertus peuvent inspirer chcx un grand peuple.
Quoique la na%igation de cette rivière ne soit pas très étendue , néanmoins elle possède l'avantage d'admettre à la haute mer des bàtimens tirant 2 mètres 44 centimètres d'eau, et de présenter, à 8 milles ( 12 i kilomètres ) au-dessous de son embouchure, un bon mouillage pour les bàtimens d'un tirant de 3 mètres. Elle a deux barres : une à 3 milles (4 i kilomètres) au-dessous du Fort-Saint- Mark , appelée Coude du Diable ( DeviVs-Elbow ) , et sur laquelle il y a 2 mètres 44 centimètres d'eau à la haute mer; l'autre, appelée barre extérieure {outer-bar), à 8 milles (12 i kilomètres) du Fort- Saint-Mark, et sur laquelle il y a 3 mètres 66 centimètres d'eau. Le chenal entre ces deux barres a 5 milles (8 kilomètres) de longueur, 320 mètres de largeur moyenne, et une profondeur de 3 mètres; au DeviVs-Elbow , il prend soudainement un coude vers l'ouest, et n'a plus que 12 mètres de largeur, qu'il conserve sur une distance d'environ 400 mètres ; son fond est de roches calcaires, recouvertes de coquilles et de boue. De ce coude au Fort-Saint-Mark, on peut trouver 2 mètres 44 centimètres d'eau à la haute mer.
La barre extérieure est située à l'entrée de la baie d'Appalachie , et rattache en quelque façon les bas-fonds ou bancs qui, à l'est et à l'ouest , couvrent toute cette partie de la côte. Au reste , ces bancs servent de protection au mouillage que forme cette barre extérieure, et qui se trouve être le seul point de refuge pour les bàtimens tirant 3 mètres sur toute l'étendue de côte, depuis la baie d'Espiritu-Santo. La station connue sous le nom de Spanish-Hole , 3 milles (4 i kilomètres) dans l'intérieur de ce chenal, est la meilleure pour jeter l'ancre; il y a 3 mètres 66 centimètres à la haute mer.
Le Fort-Saint-Mark est élevé à l'embranchement de la Vakulka et de la rivière Saint -Mark; les terres qui l'avoisinent sont exposées aux inondations provenant des pluies ou de la mer soulevée par les
A TRAVFRS [.A FI/)IIIDK. Id:
venls du slkJ. I)u loiL-Saint-Majk à rallaha.s.sf.'0 , la distance est de 23 milles (37 kilomètres) par une Ix^niic route.
Rivière d'Ocklockony.
La rivière d'Ocklockony descend de l'hltal de Géorgie , passe à 12 ou 15 milles ( lî) à 24 kilomètres) à l'ouest de Tallahassee, el vient se jeter dans la baie qui porte son nom. Son embouchure à la mer est obstruée par des bancs d'huîtres ; néanmoins , on trouve 2 mètres 13 centimètres d'eau, à la basse marée, dans la baie ainsi que dans la rivière, jusqu'à l'embouchure du Crooked-Creek , 10 milles (16 kilomètres) au-dessus de cette baie. La marée monte, termfmoyen, de 81 centimètres.
Ses bords, depuis son embouchure jusqu'au Crooked-Creek, sont bas et marécageux, les forêts de pins ne les approchent que rarement.
Crooked-Creekr
Crooked-Creek unit l'Ocklockony avec la rivière IN'ew; il coule parallèlement à la côte au travers de cyprésières et de terrains qui ne portent que des pinsj ssi^ longueur est de 20 milles ' ( 32 T kilomètres), et sa moindre profondeur 1 mètre 52 centimètres aux basses eaux. Il débouche dans la rivière New à 3 milles a (6 kilomètres) au-dessus du point où cette dernière rivière vient se jeter dans le détroit de Saint-Georges.
. La rivière New est fermée à son embouchure par un banc, sur lequel on ne peut trouver plus de 30 à 60 centimètres d'eau. De ce banc il y a 1 mètre 36 centimètres de profondeur jusqu'au Crooked-Creek.
Rivière d'Appalachicola.
La rivière d'Appalachicola reçoit comme tributaires les rivières de rlint et du Chatahootche , qui toutes deux sont navigables pour les bateaux à vapeur; on doit donc regretter que son débouché à la mer soit obstrué par l'immense banc qui forme le fond de la baie d'Appalachicola.
Néanmoins cette rivière a trois passes qui conduisent à la mer : la première qui vient en ligne droite et près de la rive droite, et qui a une profondeur d'eau de 1 mètre 52 centimètres à basse marée; la seconde, remplie de sinuosités, forme une espèce de demi-cercle vers l'est, et a une profondeur d'eau de 2 mètres 28 centimètres; la troisième, appelée chenal du nord-est, qui vient s'unir à la passe principale , 3 milles ( 4 x kilomètres ) au-dessus de la barre, a une profondeur d'eau de 1 mètre 52 centimètres. Il est à remarquer que la marée se fait plutôt sentir dans la première passe que dans les deux autres. Dix jours d'observations ont donné pour hauteur moyenne de la marée, 52 centimètres.
On doit faire observer que cette rivière acquiert une grande importance comme étant le seul débouché sur le golfe pour près d'un tiers du territoire de la Géorgie.
Description de la côte sur l'Atlantique.
Planche VII. Comme nous l'avons déjà fait pressentir, c'est à la direction constante du courant du golfe, qu'on doit probablement attribuer l'ensablement ou bas-fond qui s'est formé sur une étendue assez large le long de cette côte, et qui l'empêche de posséder aucun mouillage : c'est aussi ce qui donne une si grande importance à la rade de Sainte-Marie, en Géorgie, sous le double point de vue de la protection de cette partie de la frontièpe maritime et du com-
A TRAVERS lA FI/JRIDK. 2(«
merce. Au sud do SairiloMario, les deux seuls p*>iril.s de reluge que puissent trouver les bàlirrieiis, sont la rivière Saint-Jean elSainle- Augustine.
Plancuk VII , //)l;. 1. Lu rade de Saintti- Marie a sur sa barre, pendant les marées d'équinoxe, 4 mètres d'eau à la basse noer, et 6 mètres 70 centimètres à la haute mer. (^uand les vents d'est onl soufflé pendant quelque temps, l'élévation moyenne de la marée est de 1 mètre 83 centimètres. Le chenal qui conduit dans la rade en venant du large, aune direction sud-est, et passe entre les ilf^ de Cumberland et d'AmcIia : cette entrée a un peu moins de 1 mille en largeur (environ 1 \ kilomètre), circonstance favorable à sa défense par des fortifications permanentes. Les bâtimens qui ont pu franchir la barre de cette rade peuvent remonter la rivière .Sainte- Marie jusqu'à sa jonction avec la rivière Bell, et naviguer sur celleci aussi bien que sur la rivière Jolly.
Planche VII, y%. 2. \J embouchure du Saint-Jean a sur sa barre, à basse marée,! mèlre 83 centimètres d'eau, et à haute marée, 3 mètres GG centimètres j ces profondeurs varient néanmoins avec les vents; à la basse mer la plus grande est de 2 mètres 28 centimètres, et à la haute mer, 4 mètres 57 centimètres; le chenal pour entrer vient de l'est, et passe entre la terre-ferme et l'ile du Fort- George. Une houle qui se fait constamment sentir sur cette barre . ainsi que sa nature changeante et le fort courant de la rivière, rendent cette entrée difficile et même dangereuse. Les bâtimens qui vont chercher des bois de construction sur le fleuve Saint-Jean , sont obligés d'attendre quelquefois très long-temps la coïncidence des circonstances favorables pour franchir cette barre.
Planche VII, y?^. 3. La rade de Sainte- A u^ustine offre aux bâtimens marchands un mouillage sur entre la terre-ferme et l'ile d"Anastasie ; mais son entrée est d'un accès difficile ; presque dans tous
les temps les tumultueuses écumes du brisement des flots dessinent la barre, et principalement par les vents d'est. La profondeur d'eau sur la barre, à basse marée, est de 2 mètres 13 centimètres, et de 3 mètres 66 centimètres à la haute mer. Le chenal pour entrer vient du sud-est. La distance entre l'île d'Anastasie et la terreferme est un peu plus d'un demi-mille ( environ 1 kilomètre ). Vn fort régulier, et formé de quatre fronts bastionnés, a été construit par les Espagnols pour la protection du mouillage dans la rade. Les pierres qui ont servi à sa construction proviennent d'une carrière située sur l'ile d'Anastasie; c'est une espèce de roche calcaire formée de petites coquilles agglomérées; elle ne résiste pas bien à l'effet de l'eau , mais cependant durcit quand elle est exposée à l'air. Sainte-Augustine est bâtie en grande partie de ces matériaux.
Description de la côte sur le golfcr
Plaînche VII. La baie cV Espiritu-Santo comprend les baies de Hillsborough et de Tampa. C'est sur les eaux de cette première baie que se trouve le cantonnement militaire des troupes des Etats- Unis destinées à maintenir les peuplades des indigènes qui habitent encore la partie la plus méridionale de la Péninsule. Ce poste porte le nom de son fondateur, le colonel Brooke. On entre dans la baie d'Espiritu-Santo par trois chenaux principaux, qui se subdivisent néanmoins en différentes passes : la passe du nord sert de chenal aux larges bàtimens de mer; (\xi2i\.Ye fathoms (7 mètres 31 centimètres ) en sont la profondeur à la basse marée , et 8 mètres 40 centimètres à la haute marée. Le nombre de ces passes et la grande distance qui sépare les îles des bancs entre lesquels elles se dirigent, rendraient très dispendieux les moyens de défense par des fortifications permanentes.
A IKAVKKS LA ¥I/)}\\])F.. 211
On peut trouver 1 /alhoms i d'eau (H mètres 10 eerilim. ; daru. cette baie jusqu'à l'ouverture de celle d<- llillshorough; mais, dan* celte dernière, la {)rof'ondeur dirninuf.' graduellement jus^^u'au quai de débarcalion près du camp, et ou on ne trouve pluj* que 91 < entiujètres d'eau à 1.» liasse marée, et 2 mètres 13 centimètrfjii à Jiaute marée. Quand on a franchi la barre de la rivière de Hillsborough , on trouve alors une profondeur de 3 mèlres Ofi centimètres iu»qu'à une première chute, 12 milles (\*) kilom., au-dessus du rantonncment.
Quant à la baie de Tampa, celle-ci est peu profonde, et a se* bords marécageux.
Les bords de la baie d'Espiritu-Santo sont généralement bas; sur tout son développement intérieur règne un banc qui en empêche les attérages; l'entrée de cette baie, entre les bas-fonds, peut être estimée à 5 milles (8 kilom.).
Planche VII. La côte, depuis cette dernière baie jusrju'à l'embouchure de la Suwannee, dans la baie de Vassasousa, a un développement d'environ 135 milles (217 kilom.) que ne peuvent approcher les bàtimens tirant plus de 1 mètre 21 centimètres à 1 mètre 52 centimètres : ce n'est guère qu'à 11 ou 12 milles (17 i à 19 kilom.) de terre qu'on peut trouver une profondeur de 3 mètres 66 centimètres. La baie de Vassasousa est obstruée par des bancs d'huitresj et, comme on l'a déjà dit plus haut, les bàtimens tirant plus de 1 mètre 52 centimètres ne peuvent entrer dans la Suwannee. La marée, suivant les vents, varie de 45 à 91 centimètres. Assez généralement, sur la côte de la Floride occidentale, de forts vents du sud causent un surcroit dans l'élévation de la marée de 45 centimètres, et même de 61 centimètres, tandis que des vents du nord produisent un effet contraire.
Planche VIII, /ig. 1. La baie d'yéppalachie a son entrée cou-
verte par le même banc, qui règne depuis la baie d'Espiritu-Santo ^ sa largeur cependant est réduite à environ 3 milles (4 1 kilom.), et admet un chenal qui conduit à la rivière Saint-Mark. Ce chenal est navigable pour les bâtimens tirant 3 mètres, et leur procure un bon mouillage à 8 milles du fort Saint-Mark.
De la baie de Yassasousa à la baie d'Appalachie la côte a un développement de 95 milles (environ 153 kilom. ). Cette dernière baie est donc le seul point de la côte, sur une étendue de 230 milles (370 kilom.) où l'on puisse trouver un mouillage.
Planche VIII j^^. 2. La baie cfOcklokonj est située à 18 milles (environ 29 kilom.) au sud-ouest de Saint-Mark^ son entrée est obstruée par des bancs d'huîtres, et son fond peut encore être considéré comme se rattachant à ce banc qui couvre toute la côte, depuis l'Appalachie jusqu'au cap Saint-Blas. Sa largeur est d'environ 1 mille \ (2 i kilom.), sa longueur de 6 milles (9 i kilom.); sa profondeur d'eau, à la basse mer, est de 2 mètres 13 centimètres. La marée monte ordinairement de 81 centimètres quand les vents du sud ne soufflent que modérément.
Il existe deux passes qui conduisent dans cette baie; dans celle du sud -est il y a 1 mètre 83 centimètres d'eau à la basse mer; dans celle de l'est, qui est la principale, il y a 2 mètres 13 centimètres.
Planche VIII, ^^. 3. Le déti^oit de Saint- Georges est formé par les îles de Dog, Saint-Georges et Saint- Vincent, et couvre la baie d'Appalachicola , dans laquelle se jette la rivière du même nom. C'est le prolongement du banc que nous avons décrit comme s'étendant parallèlement à la côte, et qui, après s'être projeté du cap South de 12 milles (19 kilom.) vers le large, continue vers le cap Saint-Blas, qui sert de base à ces îles; elles ont respectivement pour longueurs 6 milles (9 i kilom.), 30 milles (48 kilom.), et 9 milles
A TRAVKRS I.A FLORIDE. 21 ;{
(14 i kiloni.j. Ce dclroit a 50 milles (80 i kilorn.) de longueur depuis .son extrémité est jiis(ju'à sou extrémité ouest; sa largeur à l'est est (le 4 milles ( (\ Kilomèlres), et nord du cap .Saint-<Jeor({e* î) milles (14 i kilomètres).
On peut pénétrer dans le détroit T par la pointe est de Oog- Island; 2° entre celte île et celle de Saint -Georges, et 3* entre Saint-Georges et Sainl-Yincent. La première entrée, nommée passade l'est, a une profondeur d'eau de 4 mètres 27 centimètres, a la basse mer, sur une largeur de .*)50 mètres; la seconde, ou passe du milieu, a au moins, à basse marée, une profondeur de 4 mètres 57 centimètres sur une largeur de 795 mètres; la distance entre l'île Dog et Saint-Georges est de 3 milles (4 -} kilom.); la troisième entrée, ou passe principale, a une profondeur de 4 mètres 27 centimètres à 4 mètres 57 centimètres, sur une largeur de 275 mètres. La distance entre l'ile Saint-Georges et l'île de Sain t-^ in cent est de 960 mètres. Quant à la passe entre l'extrémité ouest de l'ile Saint- Vincent et la terre-ferme, et nommée Passe des Indiens, elle ne peut servir qu'à des canots.
Depuis la passe de l'est jusqu'à celle du milieu, on trouve dans ce détroit de 2 t à 3 fathoms d'eau (5 mètres 49 centimètres; à l'ouest de la passe principale. On rencontre des bancs d'huîtres et de sable qui interrompent la navigation pour des bàtimens tirant 1 mètre 83 centimètres. La hauteur moyenne à laquelle s'est élevée la marée pendant quinze jours a été de G8 centimètres.
Planche VIII, y%. 4. La haie d' Jppalachicola se trouve, conmie nous venons de le dire, dans le détroit de Saint-Georges; son entrée, mesurée de la pointe est à la pointe ouest, a plus de 5 milles (3 kilom.) de large. De l'entrée du détroit, entre les îles Saint- Vincent et Saint-Georges, à la pointe ouest, la distance en ligne droite est de 12 milles (19 kilomètres); mais, à cause des obstacles
qu'on rencontre dans cette partie du détroit, les bàtimens destinés pour le haut de la baie sont forcés de se diriger vers l'est pour gagner rembouchure de la rivière d'Appalachicola , ce qui augmente la distance de 6 milles ( 7 i kilom. ). Les bàtimens de 3 mètres de tirant d'eau peuvent mouiller dans cette baie; mais on ne peut entrer dans la rivière qu'avec 2 mètres 28 centimètres.
De la baie d'Ocklockony à celle d'Appalachicola les bàtimens de 1 mètre 12 centimètres à 1 mètre 66 centimètres de tirant d'eau peuvent naviguer en se tenant près de la côte, et en pénétrant dans le détroit de Saint-Georges par son extrémité est.
Planche VUI, fi§. 5. La baie de Saint-Joseph est située à peu près à égale distance de la baie d'Espiritu-Santo et du lac PontchartraiU;, au saillant des deux grandes anses que forme la côte de la Floride occidentale : l'une s'étendant de la baie d'Espiritu-Santo au cap Saint-Blas, et ayant 330 milles (540 kilom.) de développement; l'autre du cap Saint-Blas au lac Pontchartrain ;, et ayant environ 305 milles (environ 491 kilom.).
Cette baie est formée par une langue de terre qui se projette au nord du cap Saint-Blas; elle est entièrement abritée de tous les vents; elle a 3 milles (4 1 kilom.) de large à son embouchure, et environ 5 milles (8 kilom.) dans sa plus grande largeur, entre la péninsule, qui l'abrite au sud, et la terre ferme; dans sa plus grande longueur elle a 14 milles (22 kilom.). Un banc de sable, sur lequel on trouve dans toutes les directions une profondeur de 2 mètres 74 centimètres , couvre toute l'embouchure de cette baie , et s'étend jusqu'à la baie de Saint- Andrew. Le chenal pour entrer dans cette baie , traverse ce banc , et longe à une distance de 400 mètres le rivage ouest de la péninsule Saint-Joseph; sur sa barre, on trouve, à basse marée, 5 mètres 33 centimètres d'eau sur une largeur de 200 mètres, et de 320 mètres dans la direction du chenal.
A TRAVERS J.A FLOP.IDF. 215
Dans ïïnlùvK'Aii de la baie, on a rie 7 mètres 60 centimètres à 10 mètres d'eaii , et, sur une étendue d'environ 8 mille» (\2 i kilomètres , on peut trouver juscju'à li i/ielres d'eau. La hauteur moyenne à laquelle s'est élevée la marée pendant six jours d'observations a été de 28 eentimètrcs.
J.a baie de Sainl-Josepb est appelée à rendre de grand* aervUeê il la marine de l'Union, à cause de la position centrale qu'elle <meupe sur celte partie de la frontière maritime du golfe, et comme étant, après Pcnsacola, le havre le plus sûr et le plus avantageux qu'on puisse y trouver.
Elle a sur la baie d'Espiritu-Sanlo l'avanta^j'e d'être une station plus avancée en mer, et de pouvoir aussi être bien fortifiée.
Plancue VIII, /ig. 6. La ùaie de Saint- Andrew a son entrée orientale à environ 10 milles (16 kilomètres) au nord-ouest de la barre de la baie de Saint-Joseph; celte baie est couverte par les îles Crooked et Saint-Andrew, qui forment avec la terre ferme le canal naturel, nommé détroit de Saint-Andrew, qui y conduit. Ces îles peuvent être considérées comme la continuation du banc de sable qui se trouve à l'entrée de la baie de Saint-Joseph.
Trois passes conduisent dans la baie de Saint-Andrew. La passe de l'est , située entre les îles Crooked et Saint-Andrew, a 6 mètres d'eau dans son chenal , qui a une largeur de 274 mètres. La passe principale, ou du milieu, est près de Textrémité occidentale de l'ile Saint-Andrew; elle a une profondeur d'eau de 6 mètres 39 centimètres, sur au moins 200 mètres de large. La passe de l'ouest à environ 2 milles (3 kilomètres) à l'ouest de cette dernière, a 3 mètres d'eau sur sa barre. La hauteur moyenne des marées, sur sept jouj-s d'observations, a été de 28 centimètres. De cette passe à la tète de la baie , il } a environ 30 milles ( 48 kilomètres ). On ne trouve pas une grande profondeur d'eau dans cette baie, mais dans le dé-
troit les bàtimens de 5 mètres 49 centimètres de tirant d'eau , peuvvent naviguer de la passe principale à la passe de l'ouest. La distance entre l'extrémité ouest de l'île Saint-Andrew et la pointe est de la péninsule qui forme ce détroit^ est de 3 i milles ( 5 kilomètres ).
Planche IX, fig. 7. La baie et le détroit de Santa-Rosa ont une entrée commune qui se trouve à 85 milles ( 136 i kilomètres) environ à l'ouest du cap Saint-Blas, et à 68 milles ( 109 kilomètres ) de l'embouchure de la baie de Saint-Joseph. On trouve dans tout le développement de cette côte , près du rivage , jusqu'à 4 fathoms d'eau (7 mètres 31 centimètres). Cette entrée est formée par la pointe est de l'île de Santa-Rosa et la terre -ferme, et est appelée Passe de l'Est. Du large on se dirige par le sud pour franchir sa barre, sur laquelle il y a 2 mètres 44 centimètres d'eau ; son chenal est étroit, et n'a guère que 137 mètres de large sur la barre. Cette passe est d'un accès difficile à cause des brisans que forment les vents du sud, mais plus facile par les vents de terre.
La baie de Santa-Rosa est le bras de mer qui reçoit les rivières de Choctawhatchee et d'Ochchoycee ; elle n'est séparée de la baie de Saint-Andrew que par une distance de 5 milles (8 kilomètres); il y a peu de profondeur d'eau dans ces baies, à peine 1 mètre 52 centimètres.
De la passe est à l'extrémité ouest de l'île de Santa-Rosa, il y a 45 milles ( 72 i kilomètres ) ; c'est cette île étroite qui , en s'étendant parallèlement à la côte, forme le détroit ou canal naturel de Santa-Rosa ; son extrémité ouest abrite la baie de Pensacola des vents du sud. Ce canal naturel est navigable pour les bateaux de 1 mètre 21 centimètres de tirant d'eau. Néanmoins on doit faire observer que pendant l'été, lorsque les vents du sud dominent, on peut trouver jusqu'à 1 mètre 52 centimètres d'eau dans tout ce détroit; mais
A TRAVKRS I.A FLOKIOE. 217
aussi , on hiver, après les vents du nord, à peine trouve-t-on I mètre 21 centimètres. Cependant l'examen ( n <W-\:n\ de ce canal naturel a prouvé qu'en approfondissant I<; ( henal sur une longueur de 90 mètres loiil n\i [Ans, on parviendrait à avoir une navigation libre pour 1 mètre H'.i rentimèlres de lirant d'eau sur toute ea longueur.
Plais cm: VIII , //^'. 8. La l^aie de Pensacola rst le bassin des eaux du Yellow-AA ater, de la Middie et de l'Usrambia ; elle est abritée des venls du nord par la terre-ferme, et des venfs du sud par le banc de sable qui se projette de la côte, ainsi que par l'extrémité occidentale de l'île de Santa-Rosa. Elle est formée par les baies de l'Escambia, du Yellovv-Water et du Spanish-Cove, nommée baie du Carénage.
Le chenal pour entrer dans cette baie , en venant du large , suit une direction sud-est, et contourne un banc qui se projette 1 mille ( 1609 mètres) au moins au sud-ouest de la pointe de Santa-Rosa; il se dirige alors vers le nord-est pour arriver vers le haut de la baie. Un banc de sable se projetant de 2 milles (3 kilomètres) au moins vers le sud, et couvrant toute l'entrée de la baie, présente 6 mètres 55 centimètres d'eau aux plus basses marées; la largeur de ce banc, dans la direction du chenal, est de 1 mille ( 1G09 mètres) d'un point à l'extérieur à un point à l'intérieur, où l'on trouve 7 mètres 31 centimètres d'eau. La largeur de toute l'entrée de la baie, de nie de Santa-Rosa à l'ile Foster, est de 1 j. mille (2 kilomètres).
Dans l'intérieur de la baie , on trouve une grande profondeur d'eau et un bon ancrage. Néanmoins tout son rivage est plat, excepté à quelques points, tels que Tattérage du Carénage , oîi Ton a 5 mètres 49 centimètres d'eau à 45 mètres du rivage; la pointe du Tartar, où a été établi l'arsenal maritime et chantier de construction des Etats-Unis, et qui a une profondeiu* de 9 mètres 14 centimètres à la lie:ne d'eau; et l'ancien Caréna£:e des Anglais.
qui possède une profondeur d'eau de 5 mètres 49 centimètres tout près du rivage. Quant à la baie étroite , dite du '( Grand-Lagoon » , avec laquelle on communique par un chenal qui passe près de l'ile de Foster, elle n'a^ à son entrée^ que 91 centimètres à 1 mètre 21 centimètres d'eau à haute marée j mais comme elle s'étend à l'ouest de 8 à 9 milles (12 i à 14 kilomètres), et qu'elle n'est séparée de la baie de Perdido que par une langue de terre qui a tout au plus 1 i mille (2,400 mètres) de large, et 2 mètres 44 centimètres d'élévation au-dessus de la surface de la mer, elle pourra présenter de grandes facilités pour assurer une communication navigable entre la baie de la Mobile à l'ouest et la baie de Pensacola.
Quoique la baie de Pensacola n'ait sur sa barre, à basse marée, que 6 mètres 55 centimètres d'eau, et 7 mètres à haute marée, néanmoins elle présente pour la marine de l'Union la station la plus favorable sur le golfe j elle possède , en effet , les propriétés suivantes : 1° elle peut admettre les sloops de guerre des plus fortes dimensions , et même de petites frégates ; et , comme sa barre est étroite, on doit pouvoir espérer qu'on réussira à la rendre plus profonde j 2° cette barre est près de la côte, et le chenal, pour la traverser, d'un accès facile; 3°^ elle est entièrement abritée par les terres, et présente un vaste mouillage; 4° elle a d'excellentes positions sur son rivage pour réparer les bâtimens , pour les construire , pour les lancer à la mer, et enfin pour y établir des calles de radoub et des docks; 5° elle est abondamment fournie d'excellente eau pour l'approvisionnement des bâtimens; 6° elle est susceptible d'être complètement protégée par les fortifications qui défendront à la fois l'entrée de la baie et le chantier maritime; 7° elle se trouve près des débouchés des rivières d'Alabama et du Tombeckbee , et à une très petite distance des bouches du Mississippi; et enfin, comme nous l'avons déjà fait voir au chapitre VI, page 126, susceptible d'êtro
A IRAVKRS T.A FLORIDE. 219
ratlachéc à la Nouvr-Ilo-Orlôans, à l'aidf; rl'uno communication int^ ricurc par les batoaux à vapeur.
La haie de Perdido , à l'ouest de la baie de Pensaeola, reçoit les rivières de Perdido et de Roebcblave; rintéricur de cette baie présente une assez grande profondeur d'eau , mais son embouebure à la mer est obstruée par des bancs de sable mouvant , qui laissent à peine 1 mètre 21 centimètres d'eau, à baute marée; d'après les renseignemens reçus sur les lieux , elle .serait elle-même exposée à être parfois entièrement fermée par des ensablemens que les vents du nord et le courant intérieur réussissent à ouvrir de nouveau. Cette baie n'étant séparée, à l'ouest, de la baie de Bon-Secours que par un terrain qui a quelques milles de large et 1 mètre ou 2 d'élévation , pourra servir à établir la communication navigable projetée entre les baies de Pensaeola et de Mobile.
Planche YlWyfig. 9. La baie de la Mobile est située à 40 milles (64 kilom.) à l'ouest de Pensaeola; c'est le bassin où viennent se jeter l'Alabama et le Tombeckbee, après avoir arrosé tout l*État de l'Alabama; État qui, quant à l'étendue de son territoire, est le cinquième de l'Union, ainsi qu'un des plus fertiles par la ricbesse de ses terres. Jusqu'à ce jour, il a doublé sa population tous les quatre ans depuis son admission dans la confédération. La jonrtion probable de ces rivières avec celle de Tennessee, par un canal ou par un cbemin de fer, fera de cette baie le débouché d'une grande partie des produits des États de l'Ouest, et lui donnera beaucoup d'importance comme rade d'exportation.
L'entrée de cette baie est entre la pointe orientale de l'île Dauphine et la pointe INIobile; elle a 3 i milles (5 kilom.) de lai^e. Un banc de sable, qui se projette 5 milles (8 kilom.) au sud de la pointe Mobile, la couvre en entier, mais permet néanmoins le passage des bàtimens par différens chenaux, dont le principal a sur
sa barre, à basse marée, 4 mètres 72 centimètres; la direction de ce chenal est sud et double la pointe Mobile. Les bàtimens qui ont franchi la barre trouvent un excellent mouillage dans l'intérieur de cette baie; mais, avec un tirant d'eau de 2 mètres 74 centimètres, ils ne peuvent remonter, à la basse marée, à plus de 11 milles (17 i kilom.) de l'embouchure de la rivière de la Mobile, en raison d'un bas-fond qui, de la rivière aux Chiens, se projette au travers de la baie.
Une seconde entrée pour les bàtimens tirant 2 mètres 13 centimètres d'eau existe entre l'ile Dauphine et l'ile du Grand-Pélican; sa direction est de l'ouest. On trouve aussi un bon mouillage pour les bàtimens de 3 mètres 66 centimètres de tirant d'eau entre l'ile du Grand-Pélican et l'île Dauphine. On peut s'y rendre, soit en venant de l'ouest, soit par le chenal principal de la baie, en sortant de ce dernier à 2 milles (3 kilom.) au sud-ouest de la pointe Mobile. Ce mouillage est d'un grand secours pour les bàtimens venant du large et destinés pour le haut de la baie, lorsque les vents du nord régnent, puisqu'ils peuvent y attendre en sûreté que les vents soient redevenus favorables.
A la haute marée, les bàtimens tirant 2 mètres 13 centimètres d'eau peuvent passer dans toutes les directions sur le banc à l'entrée de la baie ; l'élévation moyenne de la marée est de 76 centimètres.
Au nord de la pointe Mobile, dans la baie de Bon-Secours, on trouve un excellent mouillage pour les bàtimens tirant 2 mètres 74 centimètres d'eau; ce mouillage est appelé JSavj-Co^r'e. La baie de Bon-Secours est navigable pour les mêmes bàtimens jusqu'à 4 milles (6,436 mètres) de l'embouchure de la rivière de Bon-Secours. C'est en se servant de cette rivière qu'on peut établir une communication navigable avec Pensacola.
La baie de la Mobile est complètement protégée par le sys-
A TRAVERS LA I'U)KIDE. 221
tèmc do fortifications pcrniariciilos adopté poui sa défende, <.*l <\in admet la coopc ration do hattcrios flollaiil<s, rjui doivent servir a maintenir libre la navigation intérieure du lac Pontcluirlrain à cellfbaie.
Plancue VII. Le détroit de la MoùUc au lac. Pontchartrain it>f formé par une suite; d'îles cpii s'étendent parallèlement à la côte jusqu'à la passe des Rigolets, l'une des entrées du lac PontrliarJrain; il a 85 milles (136^ kilom.) de développement. L'ile aux Pins, qui sépare le lac Pontcbartrain du lac Borgne , appartient encore à la formation d'alluvion ou dépôts fluviatiles du Mississippi, tandis que toutes les îles qui forment le détroit rentrent dans le s> sterne de formation géologique qui caractérise toute la côte des Florides.
Ces îles sont successivement de l'est à l'ouest : l'ile Dauphine. l'île Massacre, l'île à Corne {Hom-Island) , l'île aux Chiens {Dog- Island), l'île au vaisseau (Ship-Island), l'île aux Chats (Cat-Island)^ l'île Saint- Joseph, et l'ile aux Malheureux; elles laissent entre elles des espaces qui sont autant d'entrées dans ce canal naturel ou détroit.
De la baie de la Mobile on peut entrer dans ce canal naturel par une passe entre la terre-ferme et l'île Dauphine. Cette passe est obstruée par des bancs d'huîtres, qui cependant admettent trois passages nommés passe aux Huîtres, — passe au Guillori, — passe au Héron; la première a 91 centimètres d'eau, la seconde 61 centimètres, la troisième, ou principale, 1 mètre 52 centimètres à marée haute. Cette dernière est susceptible de recevoir plus de profondeur en faisant sauter quelques couches d'huîtres qui s'y sont accumulées; travail que depuis on a exécuté, et qui a fourni une profondeur d'eau de 2 mètres 74 centimètres : il n'en faut pas davantage aux bàtimens qui font le commerce de la Mobile.
L'entrée , entre les îles Dauphine et Massacre , a 3 milles
(4,827 mètres) de large et 1 mètre 52 centimètres de profondeur d'eau. Celle entre cette dernière et l'île à Corne a 2 milles (3 kilomètres) de largeur et une profondeur de 3 mètres. Entre l'île à Corne et l'île aux Chiens il y a une distance de 3 milles (4,827 mètres). Le chenal se trouve sur l'île à Corne ^ et a une profondeur d'eau de 5 mètres 49 centimètres.
Entre l'île aux Chiens et l'île au Vaisseau il y a une distance de 3 milles (4,827 mètres), mais très peu de profondeur d'eau. L'île au Vaisseau est éloignée de 6 i milles (10 x kilom.) de l'île au Chat; la passe se trouve sur la pointe ouest de l'île au Vaisseau j elle a ime profondeur d'eau de 5 mètres 49 centimètres. On trouve les petites îles de Michael à 3 milles (4,827 mètres) à l'ouest de l'île au Chat : 4 mètres 57 centimètres est la profondeur d'eau qu'admet leur passe; mais, sur cette partie du canal naturel, les bâtimens de plus de 2 mètres 44 centimètres de tirant d'eau ne peuvent parvenir jusqu'à l'île aux Malheureux, ni même se diriger plus à l'est, soit pour passer entre l'île au Chat et les petites îles de Saint- Michael, soit pour entrer dans la baie de Saint -Louis; en outre, cette partie du détroit est obstruée par des bancs d'huîtres et des bancs de sable sur lesquels la profondeur d'eau varie de 91 centimètres à 2 mètres 44 centimètres. Le chenal que l'on peut suivre au milieu de ces bancs est appelé passe à la Christiane; il offre 2 mètres 44 centimètres d'eau, profondeur qu'on peut conserver jusque dans le lac Pontchartrain , ainsi que jusqu'à la tête du lac Borgne , qui peut être considéré comme l'extrémité ouest de ce canal naturel. La ville de la Nouvelle-Orléans se trouve à 5 milles (24 kilomètres) à l'ouest de ce lac.
Planche VIL Le lac Pontchartrain est séparé du lac Borgne par l'île aux Pins; au nord de cette île se trouve la passe des Rigolets, au sud celle du Chef-Menteur : ces deux entrées du lac ont sur leur
A TRAVERS J.A l'LOIunF,. 22.3
ej»
barre, à haute marée, 2 mètres 74 centimètres d'eau, et 2 mèli 44 centimètres à lui-iii.iKV-. On peut iia\iguer avec cette même profondeur jusqu'à IVladisonviile , jusqu'à l'embouciiure du bayou Manchac, ainsi que jusqu'au dc-ljouelié du bayou Saint-Jean, par lequel on comniunique avec la Psouvelle - Orléans. La profondeur moyenne du lac est estimée à 4 jnètres 57 tenlimètres à 5 milles (8 kilom.) du rivage.
Des fortifications permanentes défendent ces passes et couvrent complètement toutes les approches de l'importante métro|Kile du commerce du Mississippi ; ainsi ce lac peut senir de point de refuge aux batteries flottantes employées pour la protection de cette j>orlion de la frontière sur le golfe j et quand le canal de jonction au fleuve sera exécuté, ces mêmes forces navales pourront, suivant les exigences, prendre station dans les eaux du lac, ou sur le fleuve même, ou dans la baie de Barrataria, à l'ouest du Mississippi.
Les rivières qui viennent se jeter dans le canal naturel ou détroit que nous venons de décrire, sont : la Pasragoula et la Oeketoussa qui débouchent dans la baie du Biioxi, la >'assouba-Atcha , qui forme la baie Saint-Louis, et la rivière aux Perles. Cette dernière a 2 mèlrei 74 centimètres d'eau sur sa barre, à son embouchure; elle est navigable , dans la saison des crues , pour des bateaux qui ont 24 mètres de long, 6 mètres de large, et qui tirent 50 centimètres d'eau, jusqu^à 10 milles (16 kilomètres) au-dessus de Jackson, dans l'État du Mississippi, à près de 200 milles (322 kilomètres) au-dessus de son embouchure. Dans la baie de Saint-Louis on trouve 2 mètres 44 centimètres d'eau, mais 1 mètre 83 centimètres seulement à l'embouchure de la rivière qui forme sa tête ; il en est de même de la baie du Biioxi. La rivière de Pascagoula a son embouchme presque entièrement fermée par un banc; deux de ses passes, celles de l'est et du milieu, n'ont que 45 centimètres d'eau; celle de l'ouest 91 centimètres.
De l'embouchure de la rivière aux Perles, jusqu'à la baie de Saint-Bernard, la direction ouest de la côte est presqu'en ligne droite, excepté sur le point où les bouches du Mississippi ont formé des attérissemens qui graduellement gagnent sur le golfe; cette projection , formée par les dépôts du fleuve , et par conséquent de la partie la plus riche du sol de cette vallée, a reçu, à cause de sa ressemblance avec le Nil, le nom de Delta; la tête en est à 15 milles (24 kilomètres) au-dessous de Bàton-Rouge , la rivière d'Iberville en forme le côté oriental, tandis que les rivières de Plaquemine et d'Atchafalaya en forment le côté occidental.
Les différentes passes qui composent les bouches du Mississippi, sont au nombre de cinq , savoir : la passe à la Loutre , qui a 1 mètre 83 centimètres sur sa barre; la passe du Nord-Est, qui a une profondeur de 3 mètres; la passe du Sud-Est, qui a été longtemps le chenal principal, et qui aujourd'hui n'a plus que 3 mètres 35 centimètres d'eau sur sa barre ; la passe du Sud , qui n'a que quelques centimètres d'eau; enfin la passe du Sud-Ouest, aujourd'hui passe principale ; elle a 4 mètres 57 centimètres d'eau sur sa barre , et même 5 mètres 18 centimètres quand les vents du sud -ouest soufflent. Le bassin de la rivière oii se réunissent toutes ces passes présente une profondeur de 6 à 7 brasses d'eau; les marais au tra vers desquels ces diverses passes se sont formé un passage, sont généralement submergés à la haute mer.
La passe du Nord-Est présente une profondeur de 3 mètres , sur une distance de 70 à 230 mètres; mais comme le fond de cette passe est formé d'une barre légère, les bàtimens qui tirent 3 mètres 66 centimètres peuvent se frayer un passage à l'aide d'un vent frais ou des bateaux remorqueurs. La profondeur d'eau augmente immédiatement en dedans et au dehors de cette barre.
La passe du Sud-Ouest , sur une distance de 457 mètres , a une
A TKAVFKS f.A If/JUIOF, 225
j)iofondour d'eau do 4 inètns 57 <^:cntirnètres, La nature de soti fond permet, à haute marée, ou quand le vent est frais du sudouest, aux Ijàtimeris de 5 mètres IS centimètres de tirant d^eau de Ibrcer leur passage à travers cette barre.
Ali mille (2/i\'.i mètres) au-dessus de cette barre, se trouve un chenal, nommé Chenal des Neuf-Pieds, qui conduit à la mer; à son confluent avec la passe rlu Siid-fJuifsl, on trouve '.i mètres ()G centimètres de profondeur sur une distance de 320 mètres.
Trois îles, situées près de ces entrées ou passes, et nommées Pélican, Bacclius et Scott, ont été examinées avec soin pour déterminer remplacement convenable à l'établissement de phares, ou de magasins de secours pour la marine. L'île du Pélican est située à l'est de la passe du Sud-Ouest, et à environ 550 mètres de sa barre; ce n'est qu'un banc de boue élevé de 1 mètre 83 centimètres audessus du niveau ordinaire des eaux, et que l'action des courans mine rapidement; on y remarque de profondes crevasses, qui doivent détourner de toute idée d'y rien construire. Les bàtimens ne peuvent approcher de cette île que dans les très hautes eaux; toutes les îles à l'est de celte passe répondent à la même description.
Les îles de Bacchus et de Scott ont un autre caractère : celle de Bacchus a sa surface à 2 mètres 13 centimètres au-dessus du niveau ordinaire des eaux; son sol est composé d'argile bleue et jaune, mêlée de sable et de terre végétale; elle est couverte d'une forte végétation ; les couches inférieures sont d'argile bleue ; ses bancs sont fermes et résistent à l'action des courans. Les bàtimens tirant 3 mètres 66 centimètres peuvent se ranger à 100 mètres de ses bords; on trouve 1 mètre 21 centimètres d'eau au rivage même.
Les attérages sur l'île Scott ne sont pas aussi favoi-ables; à cette seule différence près , ces deux îles ont les mêmes caractères de sol et de conformation.
Immédiatement au-dessous de ces deux îles, on en trouve une autre plus grande, plus élevée et mieux située pour l'érection d'un phare, si des sources d'eau salée qu'on y a rencontrées ne donnaient à craindre pour la stabilité de fondations. Ces sources s'élèvent jusqu'à la surface du terrain , et déchargent leurs eaux à une hauteur de 2 mètres 44 centimètres au-dessus du niveau des eaux ordinaires. Ces eaux sont chargées de terres qui viennent s'accumuler autour de la source, sous la forme d'un cône, du centre duquel jaillit l'eau salée. Quelques uns de ces cônes sont plus élevés que le niveau de l'ile. Une perche de 4 mètres 57 centimètres de long a pu être enfoncée dans son orifice sans grande résistance.
Près des bouches du Mississippi , on ne peut s'apercevoir d'aucune différence dans la hauteur des eaux provenant des crues, phénomène qu'on peut expliquer de la manière suivante : d'abord, à partir de Plaquemine, 32 milles ( 57 i kilomètres) au-dessus de l'embranchement des différentes passes du Mississippi, les eaux se rendent à la mer par une infinité de petites rigoles j ensuite, la mer, en arrêtant les eaux du Mississippi, les tient en suspens j celles-ci déposent leur limon , et forment des barres qui , relevant d'autant sur ce point le fond du fleuve, amortissent le courant, diminuent sa vitesse, et font refluer ses eaux dans les canaux dont on vient de parler. La rivière coule alors peu du fond, mais beaucoup à la surface; et comme le nombre des issues pour cet écoulement est très grand, que les rives sont peu élevées au-dessus du niveau des eaux, il s'ensuit que cet écoulement se fait sur une très grande surface et est très considérable. Ce raisonnement acquerra encore plus de force, si on considère que la différence de niveau du golfe du Mexique avec la rivière, à Bàton-Rouge, environ 170 milles (273 i kilomètres) en ligue droite, lors des basses eaux, est très petite, puisque sou-
A TRAVERS I.A FLORIDE. lil
vcnl, alors, les marées du f^olfc (-laiit favoriijécs par un v»mI Irais du sud-ouest, se sont fait sentir à Raton-Rouge.
Quant au retour périodicjue de la saison des crues ou des hass«s eaux de ce fleuve, il ne peut être fixé très exactement; en effet, non seulement ses tributaires sont nombreux et d'une grande étendue, mais encore ils prennent leurs sources sous différentes latitudes, et cela en succession depuis le 5()* jusqu'au 34* degré; on conçoit donc que les crues partielles de ces tributaires arrivant à des époques successives, celles du Mississippi ne peuvent être instantanées, et tiennent ainsi ce fleuve élevé pendant une grande partie de l'année. Ces crues, en général , commencent en novembre et ne finissent qu'en juin; quelquefois même, entre ces intervalles, on remarque des crues partielles.
Cette avenue importante du commerce de l'ouest est défendue par des fortifications permanentes, élevées sur ses bords. Celles-ci font d'ailleurs partie du système qui, dès l'année 1817, avait été proposé pour la défense de la Louisiane, et qui, aujourd'hui, grâce à la persévérante énergie de ce grand peuple , qui avait alors sanctionné la disposition , a reçu son entier achèvement.
Plakche VII. La Baie de Barrataria est située à l'ouest du Mississippi , à environ 40 milles ( 64 kilomètres ) au sud de la Nouvelle-Orléans ; c'est dans son bassin que viennent aboutir les cours d'eau qui peuvent servir d'avenue ou de communication de la mer avec cette ville; elle a environ 10 milles (16 kilomètres) de large; sa profondeur d'eau varie de 1 mètre 83 centimètres, à 3 mètres 66 centimètres. Du côté de la mer, elle est fermée par Tile de Grand'-Terre , qui laisse entre elle et la terre -ferme deux passes ou entrées. La passe de l'Est est presque entièrement fermée par un banc de sable; la passe de l'Ouest, nommée Grande-Passe, a une profondeur de 2 mètres 74 centimètres sur sa barre, à marée ordi-
naire; son chenal a une largeur de 45 mètres ;, et se dirige à environ 180 mètres de la pointe ouest de l'île.
Son mouillage, important pour les bàtimens côtiers, faisant le commerce du pays du Texas ou du Mexique, est sous la protection d'un fort permanent, destiné en outre à garantir la Nouvelle-Orléans contre toutes les attaques qui pourraient être dirigées de ce côté , et à conserver un débouché libre , à la mer, pour les canaux qui doivent un jour permettre de passer de cette baie au lac Pontchartrain , sans effectuer de transbordement sur les rivages du fleuve. Le long de ces lignes de canaux, on pourrait établir des stations télégraphiques qui permettraient qu'on reçût promptement en ville les nouvelles de tous les mouvemens sur la côte.
Nous reprendrons maintenant la narration de toutes les opérations topographiques qui ont été exécutées en Floride , relativement au canal proposé.
Il s'agissait d'explorer, conformément aux ordres du congrès, les deux directions suivant lesquelles un canal pouvait être ouvert, 1° de la rivière Sainte-Marie à la baie d'Appalachicola ; 2° de la rivière Saint-Jean à la baie de Vassasousa. En voici les résultats :
2° Résultats de reconnaissances et nivellemens du territoire des Florides, suivant les deux directions ci-dessus indiquées.
PREMiÈuE DIRECTION. — Ligne de la rivière Sainte-Marie . (Profil suivant la ligne F , G , H , I , K , L , M et N.)
Carte générale. — Planche VIL Cette ligne commence sur la rivière Bell, 5 milles ( 8 kilomètres) au-dessus de l'entrée de ce bras de mer, dans la rivière Sainte-Marie , se dirige sur la tête du Creek- Alligator, branche de la Sainte-Marie, traverse le marais d'Okefuske, et successivement, ensuite, les rivières de la Suwannee, d'Alapaha
A TRAVliRS LA FUJRIDE. 2-iî>
OL du Withlocoochy; ollo j)n'iid alors sa dire<;tion vers la rivière Ausilla j pour descendre sur Saint-Mark, et suivre, parallèlement à la côte, la rivière Crookedj elle vient se terminer dans la baie d'A[>palachicola.
Du point de départ, sur la rivière IJell, jusrpj'à sa rencontre avec la rivière Sainte-Marie , après avoir évité le coude formé par Trader'»- Ilill, la dislance est de 28 milles ( 45 kilomètres); à ce point, la rivière est de 4 mètres 57 centimètres au-dessus du niveau de la basse mer dans la rade de Sainte -Marie; mais le terrain entre le 22'" (35 kilomètres) et le 23" mille (37 kilomètres) est élevé de 30 mètres 45 centimètres au-dessus de ce même niveau de basse mer. A cette première station, la rivière a fourni 3,25 mètres cubes d'eau par seconde, quantité qui pendant la saison des pluies augmenterait de beaucoup, mais qui néanmoins suffirait pour alimenter une assez longue section de canal.
Dans le but d'éviter les sinuosités de la rivière, depuis cette dernière station jusqu'à la fourche formée par le Creek-Alligator , on a suivi une ligne plus directe , qui traverse de nouveau cette rivière un peu au-dessous de l'embranchement du Creek-Alligator, à 42 milles i ( G8 kilomètres ) du point de départ; la longueur de cette ligne est de 14 milles ^ ( 13 kilomètres), et en suivant le cours de la rivière, elle eût été de 38 milles (61 kilomètres); mais le téiTain traversé est très élevé; à une distance de 33 milles (53 kilom.), il est élevé de 46 mètres 29 centimètres au-dessus de la basse mer , et de 10 mètres 36 centimètres au-dessus du niveau de l'eau dans la rivière. A cette seconde station, la quantité d'eau fournie par la Sainte- Marie a été de 32 centimètres cubes par seconde , résultat trop faible pour alimenter 14 milles ■{ de canal ( 13 kilomètres).
De cette seconde station , la ligne remonte le Creek-Alligator, traverse les marais d'Okefenoke , et au 55" mille ( 88 i kilomètres)
se trouve à une élévation de 46 mètres 29 centimètres au-dessus du niveau de la basse mer, sommet de l'arête de partage entre l'Atlantique et le golfe. On n'y rencontre aucun réservoir naturel, sur les eaux duquel on puisse compter pour alimenter un bief de partage; si donc un canal devait passer par cette direction, il deviendrait nécessaire de lui donner des dimensions qui rendissent le canal lui-même un réservoir qui recevrait toutes les eaux des marais immenses où la Sainte-Marie et la Suwannee prennent leur source. Depuis la deuxième station jusqu'au 55' mille ( 88 i kilomètres), la distance est de 12 | milles ( 20 i kilomètres); ce réservoir aurait donc à alimenter 27 milles ( 43 kilomètres) de canal sur le côté est de l'arête de partage.
Quant à la nature du terrain traversé par cette section orientale de la ligne projetée, elle est uniformément de sable, et parfois marécageuse aux environs des sources des rivières; néanmoins, les couches inférieures, à 2 mètres 44 centimètres et 3 mètres de profondeur, sont assez généralement formées d'un mélange d'argile et de sable. Ainsi, la Sainte -Marie coulant à travers des sables, ne présente aucun fond de vallée, ce qui rendrait difficile le tracé du canal sur un de ses bords.
10 milles (16 kilom.) plus à l'ouest du sommet^ au 65" mille (104 i kilom.), la ligne traverse le petit Suwannee, dont le cours a une direction nord-ouest, et, au 73' i mille (118 kilom.), elle traverse la Suwannee même à un point qui est à 34 mètres 28 cenr timètres au-dessus du niveau de la basse mer dans l'Atlantique. Ici cette rivière a fourni dans des temps ordinaires 17,37 mètres cubes d'eau par seconde, et c'est la première ressource qu'on trouve à l'ouest du point de partage sur une distance de 1 8 i milles (29 i kilomètres). Ainsi la longueur totale du bief de partage serait de 45 i milles (73 kilom. ), qui, pour son alimentation, devrait dépen-
A ITIAVERS LA FLORIDE. 2:M
dre en entier du réservoir artificiel que nous venonfe de mentionner.
La ligne eontirme jusfju'à la rivière Alapaha, dont elle rencontre la rive gauche au 94' i mille (152 kilom.), à 28 mètres 83 centimètres au-dessus du niveau de la basse mer, dans l'Atlantique. 7 milles (11 kiloni.) au-dessus de ce point, l'Alapalia prend un roun» souterrain qui, pendant la saison des pluies, ne pouvant recevoir loutei. les eaux qui s'y rendent, occasione un débordement sur la Suwannee; dans la saison des sécheresses cette rivière est à sec.
De l'Alapaha la ligne vient rencontrer la rive gauche du ^Vithlocoochy juste au-dessus de son embout hure dans la Suv%annc*<,', a 10 milles je, (IG i kilom. ) de cette première rivière, et par consc'quent à 104 milles (168 kilom. ^„) du point de départ, à un point dont l'élévation au-dessus du golfe du Mexique est de 24 mètres 36 centimètres.
Nous ferons remarquer ici que les opérations des levés de plans et nivellemens des lignes proposées ont été exécutés par deux brigades, dont l'une avait été chargée de toutes celles à Test de l'Alapaha , l'autre de celles à l'ouest vers le golfe du Mexique, Le résultat des opérations de nivellement a été de faire trouver qu'un point commun de départ sur l'Alapaha avait une élévation de 28 mètres 83 centimètres au-dessus de la basse mer dans l'Atlantique, et seulement de 27 mètres 77 centimètres au-dessus de la mer dans le golfe; présentant une différence de 1 mètre 8 décimètres dont nous tenons compte maintenant afin d'être compris lorsque par la suite nous citerons une élévation, soit au-dessus de l'Atlantique, soit audessus du golfe.
La Suwannee a fourni, à l'embouchure du Withlocoochy, 85,62 mètres cubes d'eau par seconde; la surface de l'eau, à ce point, est élevée de 16 mètres 45 centimètres au-dessus de la basse mer dans le. golfe.
232 CAIVAL PROJETE
Après avoir traversé le Withlocoochj;, la ligne a été dirigée sur Saint-Mark, et a coupé l'Ausilla à 43 milles l,, (70 kilom.) de cette première rivière, ou à 148 milles ^e (238,333 mètres) du point de départ, à un point élevé de 14 mètres 31 décimètres au-dessus de la basse mer dans le golfe. La surface de l'eau au même point est de 10 mètres au-dessous de la terminaison de la ligne sur la rive gauche du Withlocoochy, et de 2 mètres 44 centimètres seulement au-dessous du niveau de l'eau dans cette rivière , ce qui donne une pente de 2 mètres 44 centimètres sur une longueur de 43 milles f, (73,209 mètres); cette ligne avait donc été dirigée sur un terrain beaucoup trop élevé. Et, en effet, la hauteur moyenne du terrain, sur les vingt premiers milles (32 kilom.), est de 35 mètres 10 centimètres au-dessus du golfe, et de 18 mètres 89 centimètres au-dessus de la surface de l'eau, dans le Withlocoochy; sur les dix milles (16 kilom.) suivans, elle est de 44 mètres 46 centimètres au-dessus du golfe, et de 27 mètres 73 centimètres au-dessus de la surface de l'eau dans la rivière; élévation qui, à quelques centimètres près, est la même que celle du sommet au 55" mille ( 88,495 mètres); enfin, sur les 13 derniers milles (21 kilom.), 4a hauteur moyenne est de 24 mètres 36 centimètres au-dessus du golfe, et de 7 mètres 61 centimètres au-dessus de la rivière.
D'où l'on tire la conclusion que cette portion de la ligne ayant 43 milles "les (70,393 mètres) de développement, ne pourra pas être suivie par le tracé d'un canal. Il est probable que si cette ligne de nivellement avait été dirigée plus vers le sud, dans le but de descendre sur le golfe, et de tenir ces différens biefs au-dessous de la surface de l'eau , dans la Suwannee , à l'embouchure du Withlocoochy, on aurait pu tirer des ressources d'eau de ces rivières pour l'alimentation du canal jusqu'à l'Ausilla.
L'Ausilla a fourni, pendant la saison des sécheresses, au point
A TRAVERS LA FLORIDF. 2Xi
où elle est interscctco par la lignr; , 0,1 i i/jetn;s cubes d'eau par seconde.
De ce dernier point il eût été avantageux de dewrcndre le cours de l'AusilIa pour continuer le long de la càte à travers les terrains bas qui séparent cette rivière de Saint -Mark; on a au contraire conduit les nivellcmens sur des terrains très élevés, et offrant de grandes difficultés au tracé d'un canal; car, sur une distance d'environ 4 milles (G kilom.), l'élévation du terrain au-dessus du golfe varie de 59 mètres 47 centimètres à 64 mètres 66 centimètres.
La ligne rencontre la rivière Saint -Mark à une distance de 183 le. milles (295 kilomètres) du point de départ et à 457 mètres au sud du fort du même nom.
De la rive droite de cette dernière rivière, la ligne suit la direction générale de la côte, et débouche dans le Creek de Sockochoppe, tête de la baie d'Ocklockny ; cette portion a un développement de 19 i milles (31,375 mètres). Le terrain le plus éleré est au 4"" mille (17,699 mètres) de la rivière Saint-Marck, et à 12 mètres 18 cent, au-dessus de la basse mer : néanmoins on peut évaluer à 6 mètres sa hauteur moyenne. Le terrain est de sable et ne produit généralement que des pins ; néanmoins on y rencontre quelques hammocks et des savannes.
Du Creek Sockochoppe jusqu'à l'embouchure de la rivière Crooked, dans l'Ocklokony, deux voies de communication pourraient s'effectuer, l'une en traversant la baie et remontant cette rivière ; l'autre au moyen d'une coupure de |„ de mille ( 1 kilom. ) de long, qui permettrait de passer dans l'Ocklockony , au-dessus de son coude, 3 milles (4,827 mètres) au-dessus de son embouchure; par ce dernier moyen la distance serait de 6 milles 5-, (9,855 mètres ).
Çrooked- Creek unit la rivière d'Ocklockony à celle de New;
on y trouve dans tout son cours, aux basses eaux, une profondeur de l mètre 52 centimètres; mais ses nombreuses sinuosités doubleraient presque la distance entre ces deux rivières. Conséquemment on a cru devoir s'assurer de la possibilité de conduire une lio^ne sur la rive nord. Celle-ci traverse des cyprésières et des forets de pins; elle a 12 milles l,^ (20,715 mètres) de long, et se termine à 3 milles i (5,631 mètres) au-dessus .de l'embouchure de la rivière New dans le détroit de Saint-Georges.
De ce dernier point la ligne continue presque parallèlement à la côte jusqu'à la baie d'Appalachicola ; elle traverse un terrain de sable couvert de pins, parfois quelques cyprésières, et des marais où croissent des buissons de lauriers, mais sans rencontrer aucun cours d'eau- La plus grande élévation de ce terrain, au-dessus de la mer, est de 10 mètres; la longueur de cette ligne est de 15 milles -fe^ (25 kilomètres).
Résumant les longueurs de ces différentes lignes de nivellement , on trouve que la distance entre Saint-Mark et la baie d'Appalachicola est d'environ 55 milles (88 \ kilom.), en y comprenant la largeur des rivières traversées; ce qui donne pour développement général de toute la ligne depuis le point de départ , sur la rivière Bell, à l'embouchure de la Sainte-Marie, jusqu'à sa terminaison sur la baie d'Appalachicola, 238 milles |,,, ou 383 i kilom.
Seconde direction. — Ligne de la rn'ière Saint- Jean. ( Profil suivant la ligne A , B , C , D et E, )
Caite générale. — Planche VII. Cette ligne, dont l'objet serait d'ouvrir une communication entre le Saint-Jean et la baie de Vassasousa, commence à l'embouchure de cette rivière sur l'Atlantique, et se termine à Tembouchure de la Suvy^annee , sur le golte
A TRAVIiRS LA FI/JlUDE. 235
du Mexique, lillo reinorilo le cours rlu Sairil-Jean jij!»qu'à l'embouchuro du Black - Crcck , cl la vallée de celui-ci jiivju'à «es sources dans l'étang de Kinsley; elle traverse ensuite l'arête de partage dans sa direction vers l'étang de Sarnpson , descend sur les rives de la Santa-Fc jusqu'à son embouchure dans la .Sun\ année , et suit alors le cours de cette rivière jusque dans la baie de Vassasousa; elle a environ 190 milles (311 i kilom.) de dévelopf>ement.
S'il ne s'agissait que d'établir une communication d'eau par cette direction, déjà la navigation du Saint-Jean et de Black- Creek offrirait une ligne de près de 60 milles (OGi kilom.), sans exiger aucunes améliorations pour les bàtimens tirant 1 mètre 98 centimètres d'eau, savoir : de l'embouchure du Saint-Jean au Black- Creek 47 milles (75 i kilom.); et de ce point à sa fourche supérieure, 12 milles |,. (21 kilom.). Sur les versans occidentaux la Suwannee présenterait, de l'embouchure de la Santa-Fe à la baie de Vassasousa, sur une distance de 55 milles (88 ^ kilom.), un chenal naturel pour les bateaux tirant 1 mètre 98 centimètres. La barre à l'embouchure de la Suwannee exigerait du reste quelques améliorations pour lui procurer toute la profondeur qui lui manque. Ainsi, on aurait, d'un côté, 60 milles (96 i kilom.), d'un autre, 55 milles (88 i kilom.), en tout 115 milles (185 kilom.) de navigation naturelle; par conséquent, un canal de 75 milles (126 i kilom.) compléterait cette communication d'eau.
Comme nous avons déjà décrit (page 193 et suiv., et page 199 et suiv.) les cours d'eau du Saint-Jean, du Black-Creek et de la Suwannee, et que nous nous sommes étendus longuement sui- les avantages qu'ils présentent pour la navigation , soit par bateaux ordinaires, soit pour les bàtimens de mer, nous nous occuperons simplement ici de la ligne qui a été suivie comme avant-projet du canal projeté suivant cette seconde direction.
Cette ligne est divisée en quatre sections : la première s'étend de l'embouchure de Black- Creek à celle du Saint-Jean. Elle commence sur les rives du Saint-Jean , vis-à-vis de Black-Creek à un point où le chenal des 9 pieds s'approche de la rive et du fleuve, et elle se termine à l'embouchure du Creek de Pablo, 2 milles |„ (4,426 mètres) au-dessus de l'embouchure du Saint-Jean à la mer. Les marais infranchissables qui se trouvent sur cette direction ont empêché de conduire les nivellemens en ligne droite. Sur les quatre premiers milles (6,436 mètres), on s'est tenu à 1 mille (1,609 mètres) des bords du fleuve; on a eu à traverser quelques ravines; au 6' mille x (10 i kilom.) on a traversé le Julington Creek; au 10' i (16 i kilom.) les marais de Will, qui forment les sources du Creek de Davie , branche supérieure du Julington; au 11' mille (17t kilom.), on rencontre la route du roi (King' Road) , qui conduit de Jacksonville à Sainte-Augustine. Le reste de cette ligne continue entre les têtes des Creeks Potsburg et Pablo, coupe le Creek Maxey, à 2 milles (3 kilom.) environ au-dessus de son embouchure , et , après avoir suivi son cours pendant 1 mille i ( 2 kilom.), traverse directement et s'arrête à l'embouchure de Pablo. Le développement de cette première section est de 26 milles x (42 ^ kilom.); le point le plus élevé est au 19Mnille (24 i kilom.), et est de 15 mètres 90 centimètres au-dessus de la basse mer; l'élévation moyenne de tout le terrain au-dessus du même niveau est de 8 mètres 40 centimètres.
En suivant cette ligne, la distance de l'embouchure du Black- Creek à celle du Saint-Jean serait de 31 milles i (50 i kilom.), tandis que, en suivant le cours du chenal du fleuve, elle serait de 47 milles (75 i kilom.).
La seconde section commence au débouché de l'étang de Samp-
A TRAVERS I.A FT.ORIDE. 237
son, f'I so lorrninc sur ht Saint- .Ton n à rcnribourhure de lilark- Creckj son développement est de '.iH milles ''01 kilom.).
De la rivière Sampson (débouché de l'élang de Sampson), cette ligne traverse l'arête de partage pour venir joindre la branche nord du Black-Creek (débouché de l'étang de Kinsley). Elle remonte tout le cours du Creek-Alligator, et redescend ensuite sur l'étang de Kinsley. Le point de partage est à 1 mille n,G09 mètres) à l'ouest de cet étang, et 7 milles (1 1,2G3 mètres) à l'est de l'étang de Sampson; son élévation au-dessus du niveau de l'Atlantique est de 71 mètres 25 centimètres; au-dessus de la surface de l'étang de Kinsley de 19 mètres 95 centimètres, et au-dessus de la surface de l'étang de Sampson de 33 mètres 33 centimètres; ce qui prouve que ce premier étang est de 13 mètres 38 centimètres plus élevé que ce dernier. La distance de cette première portion est de 1 3 milles j, (21 kilom.), y compris 4 milles ^e, (7 i kilom.) de navigation sur l'étang de Kinsley.
Les marais qui, au sud et à l'est, avoisinent l'étang de Sampson, ont obligé de conduire la ligne des nivellemens du côté nord de cet étang, vers le Creek-Alligator, afin de gagner par le terrain le plus favorable l'étang de Kinsley.
C'est entre ces deux étangs que se trouve le terrain de partage, et que, par conséquent, doit passer le bief supérieur. Si l'étang de Kinsley fournissait assez d'eau, on pourrait établir sur son niveau celui de ce bief , et , au moyen d'une tranchée de 3 milles je (5 kilom.) de long, sur 11 mètres 40 centimètres de profondeur moyenne au-dessus de la surface du canal, les sources du Black-Creek seraient mises en communication avec celles de la Sanla-Fe. Mais Tétang de Kinsley, qui n'a qu'une superficie de 6 millions de mètres carrés et une profondeur supposée de 1 mètre 83 centimètres, ne pourrait pas fournir pendant toute l'année à
238 CA'SAh PROJETE
l'éclusaoe du bief de partage, et à alimenter en sus 20 i milles (33 kilom.) de canal, depuis l'étang de Sampson jusqu'aux fourches du Black-Creek.
On doit faire obsers^er que, sous le climat des Florides, la navigation doit être ouverte pendant toute l'année, et que des réservoirs ne peuvent, comme au nord des États-Unis, avoir une saison pendant laquelle ils se remplissent.
Circonstance qui rend indispensable d'abaisser le niveau du bief de partage, et de regarder l'étang de Sampson comme réservoir principal, et celui de Kinsley comme un auxiliaire important.
Or , la superficie de l'étang de Sampson , mesurée exactement ,
a donné - •• • • ï3,679,'27i mètres carrésj
celle de l'étang de Kinsley. 6,448,904
ou ensemble une superficie de 20,128,175 mètres carrés.
On ne doit pas fonder le calcul uniquement sur ce volume d'eau, puisqu'une portion, se montant à 32 millions mètres cubes, se trouve fournie chaque année par les pluies et les filtrations. Quant au lac de Pithlacoocho , à la savanne d'Alachua et au lac Orange, qui sont respectivement à 21 mètres 80 centimètres — 23 mètres 40 centimètres, — et à 25 mètres 50 centimètres audessous de l'étang de Sampson, ils ne peuvent servir qu'à alimenter des biefs inférieurs sur le côté est de l'arête de partage; et, pour cet objet, ils nécessiteront des rigoles assez considérables à travers des terrains de sable et calcaires, qui causeront de grandes pertes par les filtrations.
Ces différentes considérations montrent que le bief de partage de cette liene doit être établi de manière à tirer ses fournitures d'eau principalement de l'étang de Sampson. Si on suppose que le fond du canal soit à 3 mètres au-dessous de la surface de l'étang, ou
à 34 mètres 92 ccntirnclres au-clessu.s du niveau de l'Atlantique , cette disposition nécessitera une tranchée, à travers l'arête de partage, de lf> milles ('25,744 mètres) de long sur une profondeur moyenne de 12 mètres 90 centimètres.
Depuis l'étang de Kinsley jusrpi'aux fourches de Black-Creek la ligne descend la vallée de Bull-Creek, et a une pente de 49 mètres 80 centimètres sur une dislance de 12 milles -j-, (19 i kilom.;; à re dernier point la marée monte déjà de 30 centimètres. Des fourches de Black-Creek jusqu'à son embouchure, en suivant le bord, la dislance est de 12 milles j^, (20 t kilom.), donnant pour distance if>tale de cette seconde section 38 milles (Gl kilom.).
La troisième section commence au débouché de l'étang de Sampson, et finit à l'entrée de la rivière de Santa-Fe, dans la Suwannee; son développement est de 49 milles -fe. ( 79 i kilom.). Les nivellemens ont donné pour élévation de l'étang de Sampson, au-dessus de la basse mer, dans le golfe, 37 mètres 13 centimètres, et pour son élévation au-dessus de la basse mer dans l'Atlantique 37 mètres 92 centimètres, ce qui produit une différence de 79 centimètres entre les marées du golfe et celles de l'Atlantiqur: or, dans une première opération on avait trouvé pour résultat de différence 1 mètre 6 décimètres. On peut donc regarder comme probable qu'à la basse mer la surface de l'eau du golfe du Mexique , à l'embouchure de la Suwannee, n'est pas élevée de plus de 91 centimètres à 1 mètre 21 centimètres au-dessus de la surface de l'eau de l'Océan, à l'embouchure du Saint-Jean, ou qu'au moins telle doit être la limite de la différence de niveau occasionée, à ce point du golfe, par les vents alises.
Il est reconnu en effet que ces vents qui soufflent constamment du même côté, et qui, improprement, sont nommés vents de l'est, sont causés par des courans d'air venant des pôles pour
remplacer sous les tropiques les parties basses de l'atmosphère qu'a raréfiées l'action d'un soleil dont les rayons sont perpendiculaires. Ces courans ayant une vélocité qui leur est imprimée de l'ouest à Test, moindre que celle de la surface de la terre près de l'équateur, on éprouve dans le mouvement de rotation , de l'ouest à l'est, une résistance qui semble venir de l'est, illusion qu'on éprouve parce qu'on n'a pas soi-même la conscience du mouvement terrestre. La surface de la mer, en rencontrant entre les tropiques ce volume d'air amené par le courant des pôles, se trouve, par la même raison, gonflée à l'ouest. Cette élévation devient surtout sensible sur cette portion de l'Océan comprise entre les Antilles et le continent américain. Ici ce renflement n'a qu'un débouché pour s'écouler, ou plutôt s'abaisser de son niveau sous les tropiques j c'est par le détroit de Saint-Antonio , formé par la pointe orientale de Yutacan et la pointe occidentale de l'ile de Cubej de là il se rend dans l'Atlantique par le détroit de la Floride, formé par l'île de Cube et les Florides. C'est cette différence de niveau qui crée le courant du golfe {Gulf-stream), dont l'influence se fait sentir sur toute la partie orientale de l'Amérique du Nord. Maintenant, comme le golfe du Mexique se trouve hors de la région des tropiques, et que son extrémité nord est préservée par la Péninsule des Florides , des houles provenant de l'Est , son niveau , quoique maintenu plus haut que l'Atlantique par les eaux venant du détroit de Saint-Antonio, doit être néanmoins beaucoup plus bas que la surface de la mer entre l'île de Cube et la baie de Honduras. Par conséquent, le golfe du Mexique n'étant pas sous la même influence que la portion de la mer formant en quelque sorte, entre les Antilles et la terre ferme, le réservoir supérieur du courant du golfe, il n'est pas surprenant qu'on ait trouvé le résultat présenté plus haut, comme différence de niveau entre le golfe et l'Atlantique.
La ligne suivie dans les iiivelleirien.s ne devant servir que c*imme avant-projel, et non ( oinme tracé définitif du canal^ on a rHité autant que possible les ditïicultés de terrain qui auraient apporté de^ délais dans la marche des opérations; ainsi on s'est tenu généralement en dehors des marais qui bordent le cours de la Santa-Fe.
Cette troisième section commence donc, comme nous Tarons dit, au débouché de l'étang de Sampson ; elle suit, sur près de ! mille |^ (2 kilom.) le bord oriental de la rivière Sampson, traverse cette rivière, et passe ensuite sur d'immenses plaines, où l'on ne voit que des palmiers j çà et là quelques marais où croissent d'épais taillis de lauriers, et ensuite sur des terrains de sable couverts de forêts de pins; elle traverse la Santa-Fe au Kocky-Ford (gué rocheux) à 10 milles je, (16,894 mètres) de l'étang de Sampson. Le jaugeage de la rivière Sampson a produit 2,50 mètres cubes d'eau par seconde; mais pendant trois ou quatre mois de l'année cette rivière est à sec.
Si le canal a son fond abaissé à 3 mètres au-dessous de la surface de l'étang de Sampson, il rencontrera la rivière de Santa-Fe à environ 3 milles (4,827 mètres) au-dessus du point où la ligne de nivellement vient couper cette rivière, et à environ 7 i milles (12 kilomètres) de l'étang, qui, ajoutés au 16 milles (25,744 mètres) de l'étang de Sampson au Bull-Creek, donnent environ 24 milles (38 t kilomètres) pour toute la longueui^ du bief supérieur sur cette ligne.
La rivière de Santa-Fe , au point où elle est traversée , a fourni près de 5 mètres cubes d'eau par seconde : la surface de l'eau était alors à 3 mètres 37 centimètres au-dessous du niveau des hautes eaux.
De ce dernier point on a conduit la ligne sur le bord sud jusqu'à un point au-dessous du pont naturel; la longueur de cette portion est de 15 milles jes(-û,341 mètres). Quant au canal, il de-
vrait être tracé sur les bords mêmes de cette rivière afin d'éviter le terrain élevé et accidenté qu'a suivi la ligne de nivellemens. Il en serait de même de la continuation de cette ligne jusqu'à l'embouchure de la Santa-Fe.
La surface de l'eau, à l'embouchure de la Santa-Fe, était, lors des opérations de nivellemens, à 3 mètres au-dessus du niveau de l'eau dans le golfe, par conséquent à 34 mètres 13 centimètres audessous du niveau de l'étang de Sampson. Et, en admettant l'abaissement du bief de partage à 3 mètres au-dessous de ce niveau, il résulterait, pour différence entre le bief supérieur et le niveau à l'embouchure de la Santa-Fe, 31 mètres 13 centimètres. Néanmoins on doit prendre en considération que les crues, à l'embouchure de la Santa-Fe, sont de 4 mètres 57 centimètres.
Le pays traversé par cette section est un désert de pins avec quelques hammocks, qui se trouvent plus généralement sur la rivière et sur ses tributaires. Les couches inférieures présentent des roches calcaires, et les cavités qu'on rencontre fréquemment dans le voisinage de cette ligne doivent faire craindre qu'on ne puisse avoir un canal étanche sans de grands frais; circonstance d'autant plus à redouter que, sur cette section, on est réduit aux eaux de la Santa-Fe pour toutes fournitures.
La quatrième section suit une direction méridionale depuis son commencement, à l'embouchure de la Santa-Fe, jusqu'au point où elle se termine sur la baie de Vassasousa. La pente, sur cette section n'étant que de 3 mètres, on pourra suivre le cours même de la Suwannee comme tracé le plus économique d'un canal; d'ailleurs on a déjà dit que cette rivière était navigable sur une distance de 55 milles (88 i kilom.) pour un tirant d'eau de 3 mètres 66 centimètres. Néanmoins, afin de se rendre compte de la possibilité de conduire un canal le long de ses rives, on a suivi une
A TRAVFRS LA FI/JlUDF. 243
ligne depuis l'ernboijehure de la Santa-Fe jusqu'à India n-Oj w-Pen. On n'a pu continuer les nivellemens plus loin à cause de» marai.s qui, de ce point jusqu'à la mer, entourent complètement les bouches de la Suwannee; circonstance de i)eu d'importance, puii>qu*au point où on s'est arrête'*, au temps de r«'tiage, la surface de l'eau n'est que de 01 à î)l centimètres plus élevée que le niveau de b basse mer; les crues, au même point, sont de 2 mètres 44 <:enlimètres.
La longueur de celle dernière ligne est de 29 milles r46 4kilom.); elle traverse un pays entièrement plat, et où il ne vient que des pins; son élévation au-dessus de la Lasse mer varie de 4 mètres 57 centimètres à 15 mètres : elle ne traverse aucuns tributaires d'importance. On retrouve dans cette direction, à une certaine prr^fondeur, les mêmes couches inférieures de roches calcaires qui s*font remarquer plus haut dans l'intérieur.
On voit donc que, sans grandes difficultés, on pourrait tracer un canal sur la rive orientale de la Suwannee, et que, vu les obstacles que présentent les marais à son embouchure, et d'ailleurs le peu de pente qu'a cette rivière , on pourrait terminer ce canal à la station du Indian-Cow-Pen , 20 milles (32 kilom.) au-dessus de son embouchure.
Mais en mesurant le cours de la Suwannee depuis le confluent de la Santa-Fe jusqu'à celte dernière station, on trouve 35 milles (56 kilom.), 6 milles (9 i kilom. ) seulement de plus que pour la distance mesurée le long de ses rives; la différence ne présenterait pas suffisamment d'avantages pour compenser les dépenses. On est donc amené à conclure que cette ligne par le Saint-Jean peut se terminer, à l'ouest, à l'embouchure de la Santa-Fe; et comme nous avons trouvé qu'elle pouvait se terminer, à l'est, aux fourches du Black-Creek, on voit que toute cette ligne n'exigera qu'un canal
de 74 milles f es (120^272 mètres) de longueur. Si on adoptait la station de Indian-Cow-Pen pour déboucher à l'ouest^ la longueur du canal serait alors de 103 milles l,,, environ 167 kilomètres.
3° Exploration et niveîlemens de différentes directions suivant lesquelles on pourrait conduire un canal.
Carte générale des Florides. — Planche VII. Nous rendrons compte maintenant des opérations d'exploration et de nivellement qui ont été exécutés sur diverses autres lignes dans le but d'obtenir tous les renseignemens nécessaires à l'objet proposé de canalisation à travers la péninsule.
Ces lignes sont au nombre de quatre : la première ;, entre les fourches du Black -Creek et la rade de Sainte - Marie ^ avait pour objet de s'assurer s'il ne serait pas plus avantageux de faire déboucher le canal proposé sur la rade de Sainte-Marie que sur le Saint- Jean ; la seconde , de l'embouchure de la Santa-Fe à l'embouchure du Withlocoochy , et suivant un des bords de la Suwannee, devait présenter les moyens de réunir la première direction ou ligne par la Sainte-Marie avec la seconde ou ligne par le Saint- Jean j la troisième^ de Tétang de Sampson aux réservoirs naturels formés par la réunion des eaux du lac de Pithlochucco^ de la savanne d'Alachua et du lac Orange, avait pour but de déterminer leur élévation relative, ainsi que la possibilité de les réunir par des rigoles pour en alimenter le canal j enfin, la quatrième, de la baie de Hillsborough à la rivière d'Ocklawaha , devait servir à déterminer l'élévation de l'arête de partage sur celte direction , et si une communication au moyen d'un canal était praticable entre les tributaires supérieurs du Saint-Jean et la baie d'Espiritu-Santo.
La première ligne a un développement total de 47 milles !„
(76,824 mètres). Los Ki "prcmicTs milles (27 kilom.), à partir df-s fourches du Black-Crcek , passent siii un pays élevé, et ne produisent que des pins; sa plus grande élévation au-dessus de l'Océan est de 28 mèlres 50 centimètres. Il est à regretter que cette première portion de la ligne passe si f)rès des sources des tributaire» du Black-Creek, par conséquent sur le terrain le plus élevé, et que les marais inq:)raticablcs qu'on rencontre plus à l'est aient emf>éché de suivre une direction qui eût présenté des terrains moins élevés.
Depuis le 16" mille (27* kilom. ) jusqu'au 3.5' -*„ (57* kilom.) le terrain traversé reste de même nature, mais est moins élevé; il n'a que 13 mètres 20 centimètres au-dessus de l'Océan.
On voit donc qu'un canal ne pourrait pas suivre cette direction , tant à cause des difficultés du terrain que par le peu d'eau que fourniraient les branches supérieures du Black-Creek et de la rivière Nassau pour alimenter 47 f milles (76,824 mètres) de canal. On ne doit donc chercher à établir une communication entre la rade de Sainte-Marie et le fleuve Saint-Jean que dans la direction du canal naturel déjà décrit (page 196); et, à cet effet, ce canal devra être tracé sur le terrain le plus favorable à travers les terres basses qui séparent la Sainte-Marie du Saint-Jean.
La seconde ligne, celle de l'embouchure de la Santa-Fe au Withlocoochy, a 47 milles 1^, ( 76,226 mètres ) de long; elle suit le bord est de la Suwannee. A son point de départ , le terrain n'a qu'une élévation de 6 mètres 9 décimètres au-dessus de la basse mer dans le golfe, et à l'embouchure du Withlocoochy où elle se termine, il a 24 mètres d'élévation. Le sol est sablonneux , on n'y voit que des pins; la pente générale est de 18 mètres, et assez douce en approchant de l'embouchure du Withlocoochy. Un canal pourrait facilement être tracé suivant cette direction, ou même plus près du
cours de la Suwannee; il serait abondamment fourni d'eau par le ^Vithlocoochy et par la Suwannee. Sur toute cette distance la Suvvannee ne recevant aucuns tributaires et le pays ayant généralement le même caractère sur les deux rives, il n'est pas probable qu'on eût obtenu des résultats différens si on eût suivi le bord occidental.
La troisième ligne, celle des nivellemens entre l'étang de Sampson et les réservoirs naturels formés par le lac Pithlochucco, la savanne d'Alachua et le lac Orange, avait déjà été exécutée avant qu'on eût déterminé que le plus élevé de ces réservoirs n'était qu'à 15 mètres au-dessus de l'Océan, par conséquent à 22 mètres 92 centimètres au-dessous de l'étang de Sampson, et 36 mètres 30 centimètres au-dessous de l'étang de Kinsley. Cette ligne de nivellemens n'a donc pu présenter aucuns nouveaux résultats qui pussent favoriser l'objet proposé, de se servir de ces réservoirs pour l'alimentation du bief supérieur du canal projeté.
Néanmoins on s'est assuré qu'il existait une communication naturelle entre le lac Orange, la savanne d'Alachua et le lac Pithlochucco, et que la surface du lac Orange était de 2 mètres 74 centimètres au - dessous de celle du lac Pithlochucco. La ligne de nivellement conduite entre le lac Pithlochucco et l'étang de Sampson coupe la route militaire près des sources de la Santa-Fe; à cette intersection le terrain est de 29 mètres au-dessus du lac Orange, et par conséquent de 41 mètres 40 centimètres au-dessus de l'Atlantique; 3 milles (4,827 mètres) plus loin, l'élévation du terrain est de 44 mètres 70 centimètres , et peut être considéré comme le sommet de l'arête de partage de la Floride sur cette direction. Elle rencontre aussi la Santa -Fe à une élévation de 25 mètres 50 centimètres au-dessus du lac Orange, et de 37 mètres 80 cen-
dmètrcs au-dessus de l'Atlanliquc, (-lévalion qui est préciMÎrneni la même que celle de l'étang de Sanipson.
Le lac de l'ithloeliucco est à 11 milles (17,(>îiîi mètres) de la Santa-Fe, el l'étang de Sampson à H milles ( \1,H~1 mètre») de la Santa -Fe, mesurés sur la ligne des nivellemens; il en résulterait que le lac PilLlocliucco serait à 10 milles (30 i kilom.) de l'étang de Sampson. Cette dislance et la grande élévation du terrain à traverser ne permettent pas qu'on puisse s'en servir pour alimenter même les biefs inférieurs de la section occidentale.
La quatrième ligne, celle des nivellemens entre la rivière d'Orklavvalia (tributaire du Saint -Jean) et la baie de Hillsborough , n'avait pour objet que de déterminer l'élévation de l'arête de partage sur cette direction; elle n'a donc pas été suivie avec autant de détail que les autres.
On a commencé sur les eaux de la baie de Hillsborough , et on a suivi jusqu'à O-ke-hum-ky (ancienne ville des Indiens Seminoles) la route militaire qui conduit du cantonnement lirooke à Sainte- Augustine; de ce point on s'est dirigé à l'est sur la rivière Ocklawaha. On a rencontré les marais qui bordent cette rivière à une élévation de 15 mètres 25 centimètres au-dessus des basses eaux du golfe. La longueur totale de cette ligne est de 80 milles i (129 kilomètres); elle traverse successivement la branche principale de la rivière Hillsborough ;, près du 21* mille (33 \ kilom.), et, à une élévation au-dessus du golfe de 10 mètres 6 décimètres, la branche principale de l'Amaxura, près du 45* mille (72 kilom.), et à 1 1 mètres 28 centimètres au-dessus du golfe. A la ville d'O-ke-hum-ky . où la ligne quitte la route militaire , l'élévation au - dessus du golfe est de 18 mètres 91 centimètres.
Le point culminant de l'arête de partage dans cette direction est près du 76' mille (122 kilom.), à environ 4 milles (6,43G me-
très) à l'ouest des marais de l'Ocklawaha^ son élévation au-dessus du golfe est de 26 mètres. Néanmoins, sur la partie occidentale de l'arête de partage, entre le 26' (41 i kilom.) et le 41* mille (66 kilomètres), le pays est plus élevé encore que ce sommet; sur cette distance d'environ 15 milles (24 kilom.), la plus grande élévation est de 46 mètres au-dessus du golfe. On ne peut y reconnaître aucune série de hauteurs suivant une arête; elles sont plutôt isolées, détachées les unes des autres , et présentent des cavités , ou petits étangs, d'une étendue plus ou moins grande.
Le jaugeage de la rivière Hillsboroug, au point où elle a été coupée par la ligne de nivellement, a donné (dans le mois de juin) 50 centimètres cubes d'eau par seconde; l'Amaxura n'a donné que 34 centimètres cubes.
Il serait donc de toute impossibilité de pouvoir alimenter un canal avec une aussi faible fourniture d'eau, ce qui doit faire renoncer à l'idée d'ouvrir une communication d'eau du Saint-Jean, par l'Amaxura, à la rivière de Hillsborough, quoique l'abaissement du terrain de partage soit plus grand que sur les deux premières directions déjà examinées.
Nous nous occuperons plus particulièrement maintenant de l'examen critique du tracé d'un canal suivant les deux grandes directions précitées.
D'après la description que nous venons de donner de tous les levés de plans et nivellemens exécutés dans le but d'ouvrir un canal de navigation entre l'Océan atlantique et le golfe du Mexique à travers la Floride, deux grandes lignes seulement paraissent être praticables, l'une aboutissant au havre de Sainte-Marie, l'autre à l'embouchure du Saint-Jean.
Quant à cette première ligne, il a déjà été dit que le terrain entre la rivière Bell et la Sainte-Marie, entre celle-ci et le Creek-
Alligator, pn-sonlaif (J«'.s difficultés qui oliligoraiont de suivre le coun» même de la j ivièie , <:e (jiii augmenterait le développement du canal d'environ 'Ui niilles (5Hkiloin.).
On a vu, en outre, que les marais d'Okefenokc qui s'étendent le long de l'arête de partage n'offraient pas de grandes ressources d'eau comme réservoir naturel, et qu'on serait oblige- de cré«:r les ressources d'eau au moyen d'un réservoir artificiel que le canal lui* même formerait sur le bief supérieur pour l'alimentation d'un déreloppement de près de 45 milles et demi (73 kilom.). On est porté à croire, d'après l'étendue el la nature de ces marais, qu'en adoptant un système convenable de saignées on parviendrait à Caire écouler sur le canal toutes leurs eaux, de manière à pouvoir couvrir toutes les dépenses du bief supérieur.
Les fournitures d'eau pour la partie du canal comprise entre la Suwannee et la rivière Saint-Mark seraient suffisamment suppléées par les rivières de la Suwannee et de l'Ausilla; mais, ainsi qu'on l'a fait observer, son tracé devrait contourner l'ensemble des terre* hautes sur lesquelles est située la ville de Tallahassee, et se rapprocher davantage du rivage de la mer.
L'entier développement de la ligne telle qu'elle a été suivie est de 183 milles |„ (295 kilom.); celui du tracé d'un canal suivant cette direction générale serait d'environ 2t9 milles (352 kilom.). Cependant s'il ne s'agissait que d'ouvrir une communication entre le golfe et la rivière Sainte-Marie, à un point où la marée cesse d'être sensible, le canal pourrait se terminer près de l'habitation Barbour; et si, à partir des marais d'Okefenoke, le tracé pouvait être dirigé en ligne droite sur la Sainte-Marie, on n'aurait alors que 155 milles (249 kilom.) pour son développement général. Mais si on était forcé de suivre le cours même de la Sainte-Marie jusqu'à l'habitation Barbour, alors la longueur totale serait de 192 milles (309 kilom.).
Dans toutes ces suppositions l'élévation du sommet ne change pas- elle est toujours de 45 mètres 60 centimètres au-dessus de la basse mer sur l'Atlantique, et de 44 mètres 40 centimètres au-dessus de la basse mer sur le golfe. La somme totale des pentes et contre-pentes serait de 88 mètres 80 centimètres, mesurés d'un niveau pris à 1 mètre 22 centimètres au-dessus de la basse mer dans l'Atlantique au niveau de la basse mer sur le golfe; ou, en abaissant le niveau du bief de partage de 6 mètres 09, de 76 mètres 80 centimètres.
Nous nous occuperons maintenant de la deuxième direction du canal projeté, celle qui suivrait le cours du Black-Creek et de la Santa-Fe, et nous tâcherons de déterminer d'abord les points où il sera plus avantageux de fixer son débouché est et ouest. Au premier aperçu l'embouchure du Saint-Jean paraîtrait devoir être préférée pour la terminaison est; mais un tel débouché ne serait pas sans inconvéniens. Premièrement, les petits bateaux ne peuvent pas, sans beaucoup de dangers, remonter contre le courant de ce fleuve , au-dessus de son embouchure; et les bàtimens de mer ont besoin d'un vent favorable et fort pour passer sa barre de nature changeante, et pour avancer contre le fort courant, soit du flot, soit du jusan. Ces circonstances rendent l'entrée du Saint-Jean inaccessible par les gros temps, dangereuse lorsque les vents ne favorisent pas assez contre les courans, et incertaine à cause du concours favorable des vents et du courant qu'exige l'entrée ou la sortie des bàtimens. Secondement, un accès aussi difficile serait, surtout en temps de guerre, bien contraire sur une côte qui, au sud du Saint-Jean, ne présente aucun refuge , puisqu'alors les bàtimens devraient se jeter dans la rade de Sainte-Marie, et attendre là un temps favorable pour entrer dans le canal. Troisièmement, on a déjà dit, en décrivant les opérations relatives au levé des plans et nivellemens de la ligne
par le Saiiil-Jcan, que pour coiuUiik; un ranal fl'uri point vii>-à-vi<> de l'embouchure du Bla(:k-C>rcek jusqu'à l'cnihouehure du Creek-Pal>lo , on serait obligé d'avoir une trancliée dr- H rnèlres 54 cenliniètres de profondeur moyenne, au-dessu.s de la basse marée, sur une longueur de 20 milles et demi (42 i kilom. ) : ce qui sauverait IG milles (25i kilom. ) sur la distance mesurée le long du cour» du fleuve; réduction qui ne pourrait pas compenser les dépenses de construction qu'exigerait cette portion du canal. Or, si son tracé était plus rapproché des bords du fleuve, les excavations diminueraient, il est vrai, mais alors on ne gagnerait pas beaucoup en diminution de distance. Quatrièmement, on a dit aussi qu'un canal des fourches du Black-Crcek à l'embouchure de ce Creek nécessiterait de grandes excavations , et n'aurait pas toutes les fournitures d'eau qui lui sont indispensables; en outre, si on le compare avec le chenal même de ce Creek , la distance ne se trouve pas réduite de plus de 4 ou 5 milles (6 à 8 kilom.). Cinquièmement, un canal tracé des fourches de Black-Creek à l'embouchure du Saint-Jean, sur les bords de ces rivières, n'aurait pas de bien grands avantages sur leur chenal, qui a les marées en sa faveur; il n'empêcherait pas d'ailleurs les difficultés d'entrée et de sortie à son débouché à la mer. Un bâtiment qui serait entré dans le Saint- Jean peut alors remonter jusqu'aux fourches , tète de la navigation . à l'aide de la marée; car la profondeur d'eau sur la barre, à l'embouchure du Black-Creek, est de 1 mètre 98 centimètres à basse marée, et de 2 mètres 44 centimètres à marée haute : cette dernière étant un peu plus que celle trouvée sur la barre du Saint- Jean à mi-basse marée. Par conséquent, si on adoptait l'embouchure du Saint-Jean pour le débouché sur l'Atlantique, un canal de ce point aux fourches du Black-Creek ne présenterait pas assez d'avantages pour autoriser sa construction. Sixièmement, si on prend
en considération que le peu de profondeur d'eau sur la barre du Saint-Jean^ comme aussi le manque d'eau sur le bief de partage, ne permettent pas d'avoir un canal pour les bàtimens de mer, le transbordement des marchandises des bàtimens de mer sur les bateaux ordinaires, ou des bateaux ordinaires sur les bàtimens de mer restera le même, soit que le canal se termine à l'embouchure du Saint- Jean, ou aux fourches du Black-Creek. Par conséquent les avantages du commerce ne demandent pas précisément le prolongement du canal jusqu'aux bouches du Saint-Jean; des considérations d'économie doivent déterminer à adopter les fourches du Black-Creek, tète de la navigation au moyen de la marée , comme la terminaison du canal à l'est.
Il reste à déterminer maintenant si on doit faire déboucher ce canal dans l'Océan par le havre de Sainte-Marie ou la rivière du Saint-Jean. Aux inconvéniens ci-dessus énumérés, rattachés à un débouché sur le Saint- Jean, doivent être ajoutés ceux d'une navigation intérieure le long de la côte. En effet, la rivière du Saint- Jean est en communication avec la rade de Sainte -Marie par un chenal naturel , mais très sinueux , nommé « Passage-Intérieur » , qui n'admet que des bateaux à rames. Dans l'état actuel des choses, la navigation intérieure parallèle à la côte peut être considérée comme se terminant à la rade de Sainte-Marie ; rade qui offre un havre sûr, ayant 4 mètres d'eau sur sa barre, à basse marée, et 5 mètres 94 centimètres à marée haute , et le seul pour les bàtimens de mer depuis la frontière de Géorgie jusqu'au cap des Florides.
On peut conclure de là que le fleuve Saint-Jean n'est pas entièrement en communication avec la navigation intérieure le long de la côte, tandis que la rade de Sainte-Marie, au contraire, est une station d'un très grand intérêt où vient aboutir la navigation intérieure qui existe depuis la baie de la Chesapeake, et qu'on pour-
rail prolonger jusqu'nux sources du Saint-Jean en ouvrant un *anal dans la direction du passage intérieur entre Sainte -Marie et l'embouchure de ce fleuve. Ce canal procurerait à la communication projetée à travers la Floride le débouché le plus avantageux sur l'Atlantique; il serait, i)ar raj)port à cette portion méridionale de cette belle navigation intérieure parallèle' à la côte, ce qu'est le canal de Disinall-Swarnp par rapj)orl à la {)ortion comprise entre la baie de la Chesapeake et le détroit d'Aibemarle, et qui unit la Virginie à la Caroline du Nord. On doit faire remarquer ici que le Saint-Jean, venant du sud, coule dans une direction parallèle à la côte, et qu'il n'est pas présumable qu'au sud de ses sources, le territoire des Florides puisse jamais admettre de nombreux établissemens; tant le sol sablonneux, et en grande partie marécageux, leur est peu propice. La partie supérieure du Saint -Jean peut donc être considérée comme formant l'extrémité méridionale de cette navigation; du moins, quant à présent, ne peut-on pas prévoir la nécessité de l'étendre davantage.
On voit donc, d'après toutes ces considérations, que le débouché dans la rade de Sainte-Marie doit recevoir la préférence, et qu'en conséquence un canal pour les bàtimens de mer devra être ouvert entre cette rade et le Saint -Jean.
Nous examinerons maintenant quel doit être le débouché sur le golfe du canal projeté à travers les Florides.
Dans la description que nous avons donnée de la hgne par le Saint -Jean, nous avons montré que le canal devrait déboucher sur la Suwannee, à l'embouchure ou près de l'embouchure de la Santa-Fe. De ce point le canal peut être dirigé vers le golfe en suivant le cours de la Suwannee, ou traverser vers Saint-Mark : dans la première supposition, la distance au golfe serait de 55 milles (88 kilomètres); dans la seconde, h peu près 95 milles (153 kilomètres).
Ainsi, au premier abord, le débouché sur la Suwannee semblerait présenter le plus d'avantages, puisqu'il aurait moins de développement, et que le cours de cette rivière étant navigable, un canal pour bateaux pourrait se terminer à l'embouchure de la Santa-Fe, où commencerait la navigation par bateaux à vapeur. Mais malheureusement l'embouchure de la Suwannee est obstruée par des bancs d'huîtres qui en ferment presque complètement l'entrée j et déplus, toute la côte, depuis la baie d'Espiritu-Santo jusqu'à Saint- Mark, est bordée de bas-fonds que les bàtimens de 1 mètre 52 centimètres de tirant d'eau ne peuvent franchir, même à marée haute j enfin, sur toute cette étendue de côte on ne trouve aucun abri.
Il faut donc, pour s'assurer sur le golfe un débouché permanent et plus favorable, remonter jusqu'à la baie de Saint-Mark par un canal latéral et parallèle à la côte. Nous avons dit plus haut qu'on trouvait 2 mètres 44 centimètres d'eau sur la barre de la rivière Saint -Mark, à marée haute, et qu'il existait un excellent mouillage pour les bàtimens tirant 3 mètres en dedans de cette barre 5 il faut en outre ajouter, 1° qu'à l'est du port de Saint-Mark il n'y a pas de navigation naturelle parallèlement à la côte, tandis qu'à l'ouest on trouve une plus grande profondeur d'eau le long de la côte, ainsi que plusieurs canaux naturels, qui au moins la faciliteront, et des ports de refuge qui la rendront assez sûre ; 2° que le voisinage de la baie de Saint-Joseph assurera au mouillage de Saint- Mark la protection de la marine de l'Union ; 3^ enfin que le débouché du canal, se trouvant dans le voisinage du florissant établissement de Tallahassee, pourra en temps de guerre être défendu par une population probablement plus forte que ne le présenterait aucun autre point de la Péninsule, et qu'il facilitera aussi dans tous les temps les relations de cet intéressant district avec les États sur l'Atlantique.
A I-RAVERS I.A FLORIDE. 255
Ay.ant ainsi déterminé que la leriniriaLson ouest du canal devrait être nu j)ort de Saint-Mark, il ne r(-ste plus qu'à désigner quelle devrait être la loule suivie ])nr- un ( .ui.il qui lixiirait la Santa-Fe à la rade de Sainle-Marie. A cet égard on observera qu'on ne peut entretenir aucuns doutes sur la i>ossihililé d'élalilir une telle ligne, et qu'on eût pu en offrir des preuves positives si la ligne suivie pour les nivellerncns entre le Willjlocooehy et Saint-Mark avait eu plus do rapport avec le tracé d'un canal entre les mêmes points. Néanmoins^ d'après les opérations conduites sur les bords de la Sanla-Fe et de la Suwanncc, on se trouve à même d'indiquer le tracé de la section du canal qui nous occupe.
Les bords de la Santa-Fe^, près du Pont-Naturel, sont de 20 mètres 40 centimètres au-dessus du golfe :, — fi milles (9 i kilom.) audessus de ce point, les crues de cette rivière sont de 4 mètres 26 centimètres; — la rivière jaugée au «gué Rocheux», 14 milles ( 12 i kilom.) au-dessus du « Pont-?saturel » , a donné 5 mètres cubes d'eau par seconde : la rivière était alors de 3 mètres 55 centimètres au-dessous du niveau des hautes eaux. De ces faits on peut donc conclure qu'en construisant un barrage dans la Santa-Fe à un point favorable au-dessus du Pont-Nalurel, on pourrait compter sur toute l'eau de la rivière offrant, à l'époque des eaux ordinaires, un volume d'eau égal à au moins 5 mètres cubes par seconde, et de plus, un réservoir qui s'étendrait sur plusieurs milles vers le « gué Rocheux»; fourniture d'eau qui serait plus que suffisante pour alimenter 50 milles de canal (80 kilom.).
Les bords de la Suwannee, près du bac Charles ( Charles- Ferry ^j , où passe la route mihtaire qui conduit de Sainte-Augustine à Tallahassee, sont à 15 mètres 86 centimètres au-dessus du golfe, et, par conséquent, à 4 mètres 54 centimètres au-dessous des bords de la Santa-Fe, près du « Pont-^^:lturel. » Ce qui montre l'existence
d'une pente entre ces deux points^ et qu'un canal est possible. Sa longueur sera d'environ 50 milles ( 80 kilom. ) à travers un terrain facile, sur lequel les fournitures d'eau seront suffisantes.
L'Ausilla, au point où elle a été traversée;, a sa surface à 14 mètres au-dessus du golfe, et son bord oriental à 21 mètres 90 centimètres au-dessus du même niveau. Par conséquent en choisissant au-dessous de ce point, sur cette rivière, une terminaison convenable, par rapport à la Suvs^annee, dans le voisinage du bac Charles, les deux rivières seront facilement réunies par un canal qui descendra vers l'Ausilla, et qu'alimenteront les eaux de la Suwannee. Sa longueur sera d'environ 45 milles (72 kilom.).
De l'Ausilla à Saint-Mark, la distance sera de près de 20 milles (32 kilom.); et sur cette direction l'Ausilla fournira un volume d'eau égal à 6,14 mètres cubes par seconde.
Telle serait la direction que pourrait suivre un canal qui devrait unir la Santa-Fe à la rivière Saint-Mark : sa longueur totale serait de 115 milles (185 kilom.); sa pente totale du gué Rocheux (jRocÂj- Ford) à la basse mer dans le golfe est de 18 mètres 91 centimètres; la Santa-Fe, la Suwannee et l'Ausilla, fourniront amplement aux besoins du canal. Quant au terrain , il n'exigera pas beaucoup de fouilles extraordinaires, et elles seront généralement faciles; néanmoins on sera forcé, sur plusieurs points, de creuser le canal au travers de marais et de cyprésières. On doit s'attendre à des pertes assez considérables d'eau par suite des fîltrations à travers un sol sablonneux qui repose sur des couches de roches calcaires désagrégées , ainsi que par l'évaporation ; mais les ressources sont grandes; et pendant les fortes pluies, qui sous ce climat sont assez fréquentes , le canal pourra recevoir encore de nouvelles additions d'eau par les infiltrations.
Il reste encore à examiner la section du canal qui formerait la
continuation (Je la prêt ('df-rilc vers les fourche»» du Rlack-Creek, c'i^stà-dire jusqu'au point ou J.i marée s'arrête.
Celle-ci comprend le bief de partage, et doit attendre en grande partie ses fournitures d'eau des étangs de Sampson et de Kinsley.
L'étang de Rinsicy, situé sur le versant oriental de l'aréle qui, (lu nord au sud, divise la Péninsule de la Floride, pourrait être pris comme niveau du bief de j)arlage s'il fournissait assez d'eau pour cet objet; mais ses ressources sont loin de pouvoir y suffire. En fait, ce réservoir devrait pouvoir subvenir à l'alimentation d'un canal de 15 milles (24 ï kilom.) de longueur (la plus courte distance entre un point, (> milles (9 i kilom.) au-dessus des fourches du Black -Creek, où on pourrait former un réservoir dans la vallée du Bull-Creek), et à l'éclusage du bief de partage. Dans l'b'vpothèse où le canal aurait 9 mètres 90 centimètres de largeur au fond, et t mètre 52 centimètres de profondeur d'eau, il faudrait par mois et par mille (1609 mètres) 91,G80 mètres cubes d'eau, y compris les pertes par les filtrations et l'évaporation. Ces 14 milles (22 i kilomètres) exigeraient donc 11,551,680 mètres cubes pour entretenir la navigation pendant neuf mois : on admet que pendant trois mois que dure la saison des pluies, les crues, dans le Black -Creek et dans la Santa -Fe, suffiraient pour fournir à la consommation du canal.
En limitant à 90 le nombre de bateaux qui chaque jour monteraient au bief de partage ou en descendraient, le nombre annuel serait de 32,850, qui, à raison d'une écluse et demie d'eau, ou 476 mètres cubes par bateau, exigeraient 15,636,600 mètres cubes par an. On suppose que les écluses auraient 30 mètres de longueur, 4 mètres 20 centimètres de large, et 2 mètres 44 centimètres de chute. Ainsi, pour entretenir la navigation toute l'année, et pour
subvenir à Téclusage du bief supérieur, il faudrait un volume d'eau de 27,188,280 mètres cubes.
Or, l'étang de Rinsley a une superficie de 6,448,904 mètres carrés; sa profondeur est d'au moins 1 mètre 83 centimètres : ce réservoir ne peut donc contenir plus de 11,801,494 mètres cubes, volume d'eau qui, si on pouvait se servir de sa totalité, ne serait pas même la moitié de la quantité requise; mais on ne peut retirer une telle ressource de cet étang, les localités ne pouvant lui fournir en proportion des dépenses. En effet, le terrain qu'égoutte cet étang a une très petite étendue, et son débouché, qui pendant l'été est à sec, n'a pas fourni, pendant la saison des pluies, plus de 28 centimètres cubes d'eau par seconde. Cet étang paraît donc être nourri principalement par les filtrations, puisqu'il ne reçoit pas de cours d'eau, et qu'il est bien reconnu que les pertes d'un réservoir par l'évaporation , pendant une année, sont plus grandes que la quantité d'eau qui tombe sur sa surface. Pendant la saison des pluies, la surface de l'étang s'élève quelquefois de 61 centimètres ; par conséquent , en construisant un barrage à travers son débouché, cette élévation peut être regardée comme le maximum de profondeur du volume d'eau dont on pourra se servir, ce qui fournirait à peu près 3,873,831 mètres cubes.
Ce résultat prouve que l'étang de Rinsley ne peut seul suffire pour fournir toute la quantité d'eau nécessaire; on doit donc recourir à d'autres ressources en abaissant le niveau du bief supérieur, de manière à prendre les eaux de l'étang de Sampson.
Cet étang a sa surface à 13 mètres 73 centimètres au-dessous de celle de Rinsley; sa superficie est de 13,679,270 mètres carrés, cl son élévation, pendant la saison des pluies, est de 91 centimètres. Ainsi le minimum d'eau qu'il pourra fournir sera de 12,448,135 mètres cubes, qui, ajoutés au volume d'eau de l'étang
A TRAVFRS I-A FI.OKIDF. 259 '
de Kinsicy, pcrfncllioiiL rie disposc-r de Hi,.'J21,îif>6 metrr's cu\>e\ pour rcnlrclicn de la navigation.
En abaissant ainsi le bief de partage, on rendra indispensable une grande Irancbée à travers Tarête de partage; mais, si on considère qu'à eettc élévation le» cours d'eau des Florides reroivent peu de tributaires, et sont en grande partie nourris par les filtrations , on est conduit à croire par analogie que ce bief de partage se trouvera rempli par les liltrations, et qu'il formera ainsi une esj>ècf de réservoir artificiel.
Cette grande tranchée, en suivant la direction la plus rourte d'l'étang de Kinsley sur l'étang de Sampson, exigera, sur le fJaîte même de l'arcte, une profondeur de 37 mètres 21 centimètres, en plaçant son fond à 3 mètres au-dessous du niveau moyen de la surface de l'étang de Sampson, ou à 35 mètres 39 centimètres audessus de l'Atlantique. Mais les nivellemens pris entre le lac Orange et l'étang de Sampson montrent que le sommet de l'arête de partage, à l'est de l'étang du Pelit-Santa-Fe, ou au 25* mille (40* kilom.) du lac Orange, n'est qu'à 48 mètres 19 centimètres au-dessus de l'Atlantique, tandis que, dans la direction de l'étang de Kinsley à l'étang de Sampson, l'élévation est de 72 mètres 30 centimètres; par conséquent, à ce point, le sommet est de 24 mètres 11 centimètres plus haut que dans le voisinage du Petit - Santa -Fe, ce qui prouve que l'arête de partage s'abaisse entre le débouché de l'étang de Kinsley et la tête de la branche sud de la Santa -Fe; le bief de partage doit donc suivre cette direction afin de diminuer autant que possible la profondeur de la tranchée à travers cette arête. Ainsi la tranchée commencera dans la vallée de Bull-Creek, à un point élevé de 34 mètres 92 centimètres au-dessus de l'Atlantique, 16 mètres 38 centimètres au-dessus du niveau de la surface de l'étang de Kinsley, et à 12 mètres 48 centimètres au-dessous du
sommet de l'arête de partage dans le voisinage de l'étang du Petit- Sanla-Fej se dirigera vers cet étang, et viendra se terminer sur la rivière de la Santa-Fe, à un point, 3 mètres, au-dessous du niveau moyen de la surface de l'étang de Sampson, ou à 34 mètres 92 centimètres au-dessus de l'Atlantique. En suivant l'abaissement de l'aréte, la plus grande profondeur de la tranchée ne sera peut-être pas de plus de 18 mètres, sur une longueur de 25 milles (40 kilom.). L'extrémité est, dans BuU-Creek, sera à 3 milles (4,827 mètres) est de l'étang de Kinsley, et à 9 milles (14,481 mètres) des fourches du Black-Creek- l'extrémité ouest, sur la rivière de Santa-Fe, sera à environ 5 milles (8 kilom.) au-dessus du gué Rocheux {Rockj-Ford), et à 5 milles de l'étang de Sampson.
D'après ces résultats on voit qu'en plaçant le bief de partage à 34 mètres 92 centimètres au-dessus du niveau de l'Atlantique, les deux étangs fourniront le volume d'eau nécessaire à l'éclusage du canal; mais que quant aux 25 milles (40 kilom.) du bief de partage, on devra compter entièrement sur les filtrations provenant du terrain environnant pour les maintenir remplis, résultat qu'on regarde comme très présumable, d'après la série suivante d'observations qui a été faite pendant la durée des opérations sur le terrain :
1° Le sol sablonneux à la surface et les couches inférieures composées de roches calcaires désagrégées favoriseront beaucoup les filtrations;
2° Les étangs qu'on rencontre au sommet de l'arête de partage sont en grande partie alimentés par les filtrations;
3° Le grand nombre d'étangs, de différentes étendues, qu'on rencontre dans toutes les directions à la surface du sol, démontre la facilité qu'a le terrain de laisser épancher les eaux vers des niveaux inférieurs;
A TRAVERS LA FLORIDE. Hi\
4° Les principaux cours d'eau de la Péniiibule reçoivent peu de tributaires, cl malgré cela, pendanl. I.i saison des pluies, ils s<ml toujours très pleins, et sujets à des crues soudaines a la suite de fortes pluies, mais néanmoins accidentelles;
5" Enfin, des sondages exécutés sur toute la ligne du hief de partage, et des puits creusés de dislance en distance sur celle même direction , ont présenté des résultats qui corroboraient les premières opinions émises qu'on devait pouvoir faire fonds sur le» liltrations pour remplir le bief supérieur formant une espèce de réservoir artificiel.
De l'extrémité est du bief de partage aux fourches du Black- Creek, la dislance sera d'environ 9 milles (14 kdora.), et la pente de 33 mètres 72 centimètres à un niveau pris à l mètre 21 centimètres au-dessus de la basse marée dans l'Atlantique. Celle portion du canal sera alimentée par un réservoir construit dans la vallée de Bull-Creek, et qui conservera les eaux de la branche sud du Black-Creek et celles qui proviendront de Téclusage du bief supérieur.
L'entier développement du canal , d'après ce tracé , sera de 168 milles (270 kilom.), et la somme des pentes et contre-pentes de 67 mètres 44 centimètres.
Si on les compare avec la ligne par la rivière Sainte-Marie, on trouve que le canal par la ligne du Saint-Jean mérite dèlre préféré, d'abord sous le double rapport de son moindre développement et de la plus grande facilité de subvenir à sa dépense d'eau, puisque cette première a une longueur totale de 1 92 milles ( 309 kilom.), et 76 mètres 80 centimètres de pentes et conti-e-pentes.
Les deux lignes exigeront également des excavations dispendieuses; mais celles que l'on fera sur le canal de Saint-Jean auront l'avantage d'assui'er un volume d'eau suffisant pour le maintien de sa
navigation, tandis que les excavations sur le canal de Sainte-Marie ne donneront point la même certitude.
En outre, la ligne par le Saint-Jean a l'avantage de pouvoir offrir plus tôt un résultat , en se terminant soit sur la Suwannee , soit sur la Santa-Fe, où la navigation à vapeur peut commencer.
A l'égard d'un canal navigable pour les bâtimens de mer, entre le havre Sainte-Marie et la rivière de Saint-Jean, son principal objet est évidemment indépendant de la communication qui serait ouverte à travers la Péninsule; mais on conçoit qu'il augmenterait en importance par l'adoption du canal Saint-Jean.
4» Indication des lignes de navigation intérieure à établir le long de la côte du golfe du Mexique , depuis la baie de Tampa jusqu'au delta du Mississippi.
Caj^te générale de la Floride. — Planche VII. Dans la description de cette côte on a déjà fait observer que depuis la baie de Tampa jusqu'à la baie de Saint-Mark il n'existait, dans l'état actuel des choses, aucune navigation intérieure naturelle le long de la côte; qu'au contraire cette partie de la côte se trouvait bordée de bas-fonds très étendus et de bancs d'huîtres qui en défendaient l'approche à des bâtimens tirant plus de 1 mètre 52 centimètres d'eau, et que ceux-ci ne pouvaient y trouver aucun abri ni ancrage assurés. Ce n'est donc que de Saint-Mark, ou plutôt de la baie d'Ocklockony , qu'une navigation intérieure parallèle à la côte, et calculée pour les besoins pendant la paix et pendant la guerre, peut commencer.
Or, nous avons fait remarquer qu'on trouvait une profondeur d'eau de 2 mètres 13 centimètres le long de la côte depuis Saint- Mark jusqu'à l'embouchure de la rivière Crooked. On pourra donc se dispenser d'ouvrir un canal dans cette direction, d'autant
A TRAVERS LA FI/)RIDE. 2«:j
plus qu'il serait très disjiendifmx à cause du terrain a travers lequ»! il devrait être creusé.
!)(• l.'j rivière Crooked jusqu'à In rivière New, b communication exislanle est rcirqjlie d'un trop grand nombre de coudes et de tournans, quoique ayant I mètre 52 centimètres d'eau, pour sen-ir de navigation régulière; il sera donc avantageux d'ouMir un canal qui aura 15 niilles (14 kilom.) de longueur, et qui unira la rivière d'Ocklockony au détroit de Saint-Georges.
Ce détroit, ainsi que nous l'avons déjà dit, est navigable à la basse marée pour les bàlimens tirant 1 mètre 83 centimètres d'eau, et on pourra réussir assez facilement à creuser à travers les banc» d'buîtrcs, qui forment des obstacles sur quelques points, pour y établir une navigation libre pour un tirant d'eau de 1 mètre 83 centimètres à 2 mètres 13 centimètres, et pour compléter la communication jusqu'à Saint-Mark; résultat d'une assez grande importance pour le commerce de cette rivière, qui pourra trouver ainsi un débouché à travers la Péninsule.
De la baie d'Appalachicola à celle de Saint-Joseph, les balinien> seront contraints de suivre une navigation extérieure, ainsi qu<tout le long de la côte, à l'ouest, jusqu'à Pensacola; mais sur cette distance on trouve une grande profondeur d'eau près du rivage, ainsi que plusieurs bons mouillages, savoir : la baie de Saint-Joseph, le détroit ou canal naturel de Saint-Andrew, et l'entrée est du canal de Santa-Rosa.
Cependant il ne serait pas impossible qu'on pût ouvrir une communication entre la baie d'Appalachicola et la baie de Saint- Joseph à travers le lac W'imico ; des levés de plans en détail de cette ligne pourront seuls résoudre cette question, ainsi que la possibilité de communiquer par un canal de l'extrémité occidentale du détroit de Saint-Andrew avec la baie du même nom, et de celte
dernière avec la baie de Santa-Rosa. Ainsi il serait possible qu'au moyen d'une tranchée de 5 à 6 milles ( 8 à 9 i kilom. ) de longueur on pût se procurer une navigation non interrompue entre la baie de Saint-Joseph et le canal de Santa-Rosa.
Quant au canal ou détroit de Santa-Rosa, qui a une longueur de 45 milles (72 kilom.), nous avons dit qu'il se trouvait une barre à l'intérieur de son entrée orientale formée par la rencontre des deux courans opposés du flux , et sur laquelle on ne trouvait que 1 mètre d'eau; mais comme on pourrait facilement la creuser de manière à lui procurer une profondeur de 1 mètre 83 centimètres, on peut en conclure que cette importante passe intérieure sera navigable sur toute sa longueur pour les bàtimens de 1 mètre 83 centimètres de tirant d'eau.
Ainsi , en résumé , on peut regarder la navigation le long de la côte de Saint-Mark à Pensacola comme sûre dans tous les temps pour les bàtimens de mer. Tsous examinerons ce qu'elle est à l'ouest de Pensacola.
Quand nous avons parlé ( page 221 ) de l'espèce de canal ou navigation intérieure existant entre la baie de la Mobile et le lac Pontchartrain, nous avons dit qu'en creusant la passe au Héron, les bàtimens de 2 mètres 44 centimètres de tirant d'eau pouvaient naviguer librement tout le long de cette côte. Ainsi, les mêmes bàtimens qui peuvent remonter jusqu'à la ville de la Mobile, pourraient se rendre à la Nouvelle-Orléans à l'aide du canal de jonction du Mississippi au lac Pontchartrain. Par conséquent la Nouvelle-Orléans, grand entrepôt de tout le commerce de l'immense Mississippi, ou plutôt cette vallée elle-même, se trouverait en communication directe avec la riche vallée de l'Alabama et du Tombeckbee, au moyen d'une navigation de 160 milles (257 kilom.) entièrement sûre dans tous les temps. Un si grand résultat attend
A IRAVERS T.A 1I/)KI1)E. 265
rcxôrution d'un canal do 5 inillrs (8 kilom.; de lorif^ueur dans U: voisinage de la Nouvelle-Orléans; <;ar déjà la passe au Héron a reçu le degré d'amélioration requis pour assurer le tirant «Feau nécessaire à cette communication. Krnctlons le vœu qu'un si beau projet, qui intéresse égalenn^nt les Etats de l'Ouest et ceux sur le golfe, mais surtout le riche et patriotique Etat de la Louisiane, ne reste pas encore long-temps sans être mis à exécution, et que nous voyions bientôt le Caire du Nouveau-Monde établir sa renommée de prospérité commerciale sur des bases qui dureront autant que les eaux qui l'ont créée continueront de couler!
Un autre objet d'une importance majeure, c'est la jonction de la baie de la Mobile avec celle de Pcnsacola. En effet, la rade de Pensacola est le seul arsenal maritime que possède l'Union sur le golfe du Mexique; il est donc du plus grand intérêt qu'elle puisse communiquer directement avec la Mobile, la Nouvelle-Orléans et la tête du lac Pontchartrain , afin d'en retirer, en temps de guerre, les secours et approvisionnemens de tous genres qui lui sont nécessaires. D'ailleurs le commerce n'est pas moins intéressé à cette communication, puisque Pensacola, vu le grand tirant d'eau qu'on trouve sur sa barre, pourrait devenir port d'exportation pour l'Etat d'Alabama, et port d'importation des produits de l'Inde pour les États sur le golfe.
On a donc examiné tout le pays compris entre ces deux baies, et on s'est assuré, 1° que le terrain qui, à l'ouest, sépare la baie de Bon-Secours de la baie de Perdido était peu élevé ; 2" que la baie de Bon-Secours avait une profondeur de 2 mètres 74 centimètres jusqu'à environ 4 milles (6,436 mètres) de l'embouchiu^ de la rivière du même nom; 3° que sur la barre, à l'entrée de cette rivière, il y avait 91 centimètres d'eau à marée basse, et 1 mètre 67 centimètres à marée haute; 4" qu'elle était navigable jusqu'à l'habitation Lacoste.
sur une distance de 10 i milles (17 kilom.), et qu'en approfondissant le chenal à travers cette barre on pourrait considérer l'habitation Lacoste comme débouché occidental d'un canal, qui suivrait alors le cours de cette rivière pendant un demi-mille (804 mètres), ensuite le bayou Johnson , sur environ un quart de mille (402 mètres), et enfin communiquerait avec le bayou Portage au moyen d'une tranchée de 4 milles (6,436 mètres) de longueur. Le cours du bayou Portage, dont la profondeur est de 2 mètres 44 centimètres, serait suivi pendant 2 milles (3,218 mètres) jusqu'à la baie Lalande, qui, sur 10 milles ( 16 kilom. ) , a une profondeur variant de 1 mètre 52 centimètres à 1 mètre 83 centimètres; on traverse alors la rivière Perdido, qui a 2 milles (3,218 mètres) de large et une profondeur de 3 mètres, et, au moyen d'une tranchée de 2' milles (3,218 mètres) de long à travers un terrain peu élevé, on peut entrer à la tête d'une anse de la baie du Grand-Lagoon. Cette baie a près de 9 milles (14,481 mètres) de long, et au moins 91 centimètres d'eau sur les endroits les plus bas, et 1 mètre 83 centimètres dans le chenal; elle débouche dans la baie de Pensacola vis-à-vis le fort construit sur la pointe de Santa-Rosa, et par conséquent sous la protection des fortifications permanentes qu'a nécessitées l'importance du port de Pensacola.
Cette communication, ainsi que nous venons de la décrire, aurait 30 milles (48 kilom.) de développement, et s'étendrait de l'anse de Bon-Secours sur la baie de la Mobile jusqu'à l'entrée de la baie de Pensacola.
5 ' Exposé des améliorations dont est susceptible le Delta du Mississippi.
Carte générale des Florides. — Plaixche VII. La Louisiane est de tous les États de l'Union celui auquel la nature a réparti le plus
A TRAVERS LA FIX)RTDE. 2f;7
d'avanlagcs pour y nt-cr un système de canalisation. En effet, s>m territoire, traversé par le Mi.ssi«».sipj)i et j)ar la rivière Rouge, ainsi que par de nombreux (.'t profonds courh d'eau, est formé d'ailuvions qui permettent de trouver l'eau à rjuelques centimètres audessous de sa surface; il est donc aisé d'y pratiquer autant de canaux que son amélioration peut en réclamer.
Un système de canalisation , dans la Louisiane, ne doit pas néanmoins se borner à ouvrir des communications d'un point a on antre; il doit encore avoir pour objet, comme cela a lieu aux embouchures du Nil, du Rbin, de la Meuse et de ITscaut , de garantir le paj's des inondations, de dessécher des portions de terres que leur élévation met dans le cas d'être cultivées, et enfin de faciliter, par l'emploi de moyens appropriés, les dépôts d'alluvions dans des terrains marécageux qui puissent, avec le temps, acquérir plus de valeur en devenant propres à la culture ; ce serait surtout à celle de la canne à sucre qu'on pourrait les consacrer, ce qui affranchirait les États de l'Union de l'obligation de faire venir cette denrée des colonies étrangères.
Le bayou Manchac, communément appelé rivière d'Ibberville , a dû unir, à une certaine époque, dans la saison des crues, le lac Pontchartrain avec le fleuve du Mississippi. Ce bayou part de& bords du fleuve, à en%iron 15 milles (24 kilom. ) au-dessous de Bàton-Rouge, et vient se jeter dans le lac Maurepas; celui-ci communique avec le lac Pontchartrain par un chenal naturel.
En 1826, l'entrée de ce bayou sur le fleuve a été fermée d'une manière permanente par une digue sur laquelle passe aujourd'hui la route dite « route du Fleuve. » On ne pourrait risquer de rouvrir un débouché au trop-plein du fleuve par ce bayou, sans d'avance construire sur ses bords des digues pourvues de distance en distance de déversoirs; autrement les plantations le long de son coui-s seraient exposées aux ravages des inondations.
La distance du fleuve au lac^ en suivant les sinuosités du bayou est de 71 milles (114 kilom.). A sa jonction au fleuve, les crues du Mississippi sont de 8 mètres 40 centimètres au-dessus de l'étiagcj le lit du bayou est alors à environ 3 mètres 96 centimètres au-dessus du niveau de l'étiage du fleuve. Par conséquent, comme débouché, ce bayou pourrait donner passage à une colonne d'eau qui aurait 4 mètres 57 centimètres de hauteur; mais, comme canal navigable, ce ne serait que lors des crues que les bateaux pourraient le parcourir.
Afin donc de pouvoir se servir du bayou Manchac comme débouché ou déversoir du fleuve, il faudrait encaisser une partie de son cours par des digues suffisamment élevées pour mettre les habitations à couvert des inondations; et, pour procurer une navigation facile dans tous les temps, il serait indispensable de baisser son lit, à sa jonction, de plus de 3 mètres 96 centimètres; de construire une écluse de garde sur le fleuve, et autres ouvrages d'art le long de son cours. Néanmoins, en limitant ces travaux à l'encaissement du bayou entre des levées, et à l'approfondissement de son lit, il pourrait servir à la navigation descendante vers le lac, ainsi que de dévei^oir au fleuve; la vélocité de son courant augmenterait avec l'élévation des eaux du fleuve; et cette élévation, comme on l'a déjà fait observer, étant, à la Nouvelle - Orléans , de 4 mètres 57 centimètres au-dessus de l'étiage, et de 4 mètres 72 centimètres au-dessus des basses eaux du lac, on peut en conclure que la pente du bayou ne peut être moindre de 8 mètres 40 centimètres.
Une telle communication serait, sans aucuns doutes, d'un grand intérêt pour le commerce des rivières Comité et Amite, qui trouverait ainsi un chenal de dérivation par le fleuve sur la Nouvelle- Orléans; mais le canal de jonction projeté dans le voisinage de
cette ville remplirait le mCtma objet, puisque déjà ce» rivière* communiquent avee le la<; Ponlchartrain par la rivière d*lbljerville et le lac Maurepas. Quant à ce rpio le bayou Mancbac puiiiSf; devenir un passage libre entre le fleuve et le lac, on fera remarquer que les bàtimens de plus de 1 mètre 8.'{ centimètres de lira ni d'eau ne peuvent francbir la barre au débouché du lac Maurepa.H, même à mi-marée; la navigation de ce bayou ne serait donc pas aussi avantageuse pour les bàtimens de mer que par le canal prf>posé près de la Nouvelle-Orléans, ou même en suivant le cours du Mississippi jusqu'à son embouchure.
Si à l'avantage d'établir une navigation du fleuve au lac par le bayou Mancbac on ajoute celui de faciliter l'écoulement des eaux pendant la saison des débordemens, on doit en conclure que les travaux qu'ils nécessitent sont d'une haute importance, et méritent d'appeler l'attention de la nation.
Il est malheureusement constaté par l'expérience que, chaque année, les crues du Mississippi deviennent de plus en plus élevées, et que les ruptures ou crevasses à travers les digues sont plus fréquentes, et rendent les établissemens de la basse Louisiane plus exposés aux inondations. Avant que ces établissemens eussent pris le long du fleuve tout le développement qu'ils ont aujourd'hui, les eaux pouvaient se rendre à la mer par une infinité de rigoles et de chenaux; depuis lors, les digues ou levées que les habitans liverains ont élevées pour leur sécurité ont fermé tous ces débouchés; et, en rendant le cours du fleuve plus droit, ils ont forcé ainsi, dans un bassin plus étroit, l'écoulement du voliuue immense d'eau qui doit trouver un passage à la mer : les crues ont donc dû aussi augmenter. Or, comme la conséquence toute naturelle du progrès de l'agriculture dans ces régions sera d'étendre ces levées vers le haut, on doit aussi en prévoir les résultats fâcheux pour la
basse Louisiane. Tout moyen d'ouvrir un nouveau chenal à la mer pour les eaux du Mississippi doit donc être regardé comme un projet qui ne serait pas seulement utile à la basse Louisiane, mais encore à tout le pays qui est arrosé par ce fleuve majestueux.
C'est dans le même but qu'on a examiné le bayou Plaquemine, qui part de la rive occidentale du fleuve dans une anse presque vis-à-vis du bayou Manchac, et qui met le Mississippi en communication avec le bayou Tèche par le chenal de l'Atchafalaya. A son point de départ sur le fleuvej, les crues sont de 8 mètres 40 centimètres; le fond du bayou Plaquemine est à 6 mètres 85 centimètres au-dessous des hautes eaux , et à 1 mètre 55 centimètres audessus des basses eaux dans le fleuve; sa largeur près du fleuve est de 137 mètres; mais bientôt elle atteint une largeur moyenne de 55 mètres, qu'il conserve jusqu'à son embranchement avec le bayou Jacob.
Le bayou Plaquemine est navigable lorsque les eaux du Mississippi sont à une hauteur moyenne entre les basses et hautes eaux. Dans la saison des crues le courant est alors très rapide à cause du peu de distance qu'il y a entre la tête et le pied de la pente entre le niveau de la surface du Mississippi et celui de la mer, qui remonte jusque dans l'Atchafalaya. L'entrée de ce débouché du fleuve se trouvant dans une anse, est exposée à un encombrement de bois de dérive qui en obstrue le passage, et souvent le ferme complètement, au grand préjudice de la basse Louisiane. Pour être à même de proposer un moyen d'obvier à un inconvénient aussi grave, comme aussi pour aviser à la conservation d'un chenal aussi intéressant entre le fleuve et l'intérieur du pays à l'ouest, il faudrait pouvoir continuer une série d'observations sur tous les faits ayant rapport avec ces deux objets, et bien étudier le régime du fleuve : ce qui exigerait la présence d'un ingénieur sur les lieux
pendant une p(^*riodc assez lon^c. Il est don<: inutile de hasard**! ici une opinion qui ne reposerait pas sur l'expérience.
La rivière la Fourche est un débouché naturel du fleuve qui s«tjouve à environ 'Mi milles (58 kilom.) au-dessous de Plaqueniin* et du même côté. Cette rivière demanderait aussi des amélio^ation^ pour être rendue navigable, ainsi que pour servir à un plus libre écoulement des eaux du fleuve. Le fond de cette rivière, à sa prise d'eau dans le Mississippi , est à peu près au niveau des basses eaux ordinaires du fleuve j pendant les crues elle devient navigable pour des barges. Néanmoins, à peu près sur le milieu de s^jn cours, son lit s'exhausse, et, sur une distance d'environ 16 milles (15 X kilom.), la largeur et la profondeur du lit ont déjà diminué du tiers de ce qu'elles étaient auparavant. Cet engorgement s'étend graduellement; et, étant le résultat de l'accroissement progressif dtsaules qui favorisent les dépots de substances terreuses, ne peut être détruit qu'en approfondissant le lit même de cette rivière, et en détruisant ainsi la pépinière qui menace de fermer complètement la navigation de cette communication à la mer.
Ainsi, en approfondissant le chenal de la Fourche, et en encaissant son cours entre des digues, celle-ci pourrait servir à la fois à l'écoulement des eaux du fleuve, et de communication avec l'intérieur de la province des Attakapas au moyen du canal Verret . ouvert près du milieu de son cours, et d'une suite de petits laa, qui se communiquent tous jusqu'à ce qu'on entre sur les eaux de l'Atchafalaya.
Tels sont les travaux d'amélioration que réclame le Delta du Mississippi, et qui, dans leur résultat, n'intéresseront pas seulement l'État de la Louisiane, nieiis encore tout le pays tributaire de Timmense Mississippi.