‹ Travaux d'améliorations intérieuresChapitre 70 sur 71 · TRACÉ DÉFINITIF DU CAXAL ERIE · texte numérisé non relu

TRACÉ DÉFINITIF DU CAXAL ERIE

Section de l'Est.

Planche X. La section de l'Est commence sur le Hudson , dans un bassin artificiel construit dans le lit même de ce fleuve, à Albany, capitale de l'État, située près du confluent de la Mohawk et du Hudson, et à 160 milles (257 kilom.) au-dessus de New- York; elle s'étend jusqu'à Utica sur la Mohawk, à 6 milles (9 kilo»), i) au-dessous de l'Oriskany-Creek ; elle a un développement général de 103 milles (165 kilom. i), et une pente totale de 129 mètres 62 centimètres rachetée par 53 écluses, dont 27 sont réparties entre Albany et Schenectady sur une distance de 24 milles (38 kilom. i), et 26 entre Schenectady et Utica sur une distance de 79 milles (127 kilom.).

Le canal suit la rive droite du Hudson jusqu'au confluent de la Mohawk, remonte la vallée de cette rivière en suivant pendant 3 milles sa rive droite, la traverse sur un aqueduc, et continue pendant près de 9 milles sur la rive gauche; il traverse alors de nouveau par un aqueduc sur la rive droite , et continue sur cette rive jusque au-delà de l'extrémité ouest de cette première section.

De Schenectady au confluent de la Mohawk les difficultés de terrain à surmonter ont été très grandes : en effet, le cours de cette rivière se trouve alors resserré entre des collines escarpées qui viennent s'arrêter sur sa rive droite, et qui, pour maintenir le canal sur cette même rive, eussent obligé de le construire en entier dans le lit de la rivière ou de le couper à vif dans le roc, en supportant un de ses côtés sur des escarpemens nécessitant des murailles d'une grande solidité, pour garantir le canal contre l'impétuosité du courant lors des crues. Aussi n'a-t-on pas hésité à préférer la dépense de deux aqueducs à celles qu'eût occasionée la conduite du canal sur des embanquemens artificiels, très élevés pendant près de 20 milles (32kilom.).

Les plus grandes difficultés sur cette portion se trouvent à environ 4 milles (6 kilom.) au-dessous de Schenectady, et continuent jusqu'aux chutes du Cohoes; sur cette distance la rivière s'est creusé, à travers des roches talqueuses et schisteuses, un lit dont la pente très rapide occasione une succession de chutes.

La rivière du Schoharie, affluent de la Mohawk, est traversée par le canal au moyen d'un barrage construit près de son embouchure, sur pilotis, moitié en pierre, moitié en bois. Ce barrage, qui a 200 mètres de long et 2 mètres 44 centimètres de hauteur, est pourvu de 2 écluses de garde.

Aux petites chutes de la Mohawk la présence des roches granitiques a rendu l'exécution du canal d'une grande difficulté ; on a dû recourir à la construction de murailles assez élevées pour supporter le canal, afin de contourner les escarpemens de la rivière, et éviter des coupures dans le roc à vif. On y a construit aussi un très bel aqueduc en pierre de taille qui sert à alimenter le canal avec les eaux de la Mohawk provenant de l'ancien canal latéral qui alimente les usines formant le village florissant des Little-

Falls. Cet aqueduc est percé de trois arcVies, dont œile du milieu a 22 mètres d'ouverture; les deux autres, ir> mètres chacune seulement; il a (jf) mètres de longueur, 4 mètres 88 centimètre» de largeur pour le passage de l'eau; le parapet a 1 mètre 22 œnlimètre* d'épaisseur.

Dans cet endroit le lit de la rivière est entièrement creuse dans le rocher; le courant est très rapide, et a 6 mètres de profondeur.

Les dépenses pour toute cette section ont été estimc-e» à . . 10,232.212 fianrs.

Section du Milieu.

Celle section comprend le grand niveau de Rome, qui a 49 milles de long (78 lieues, 79kilom.), et s'étend depuis Utica, où finit la section de l'Est, jusqu'à Montezuma, située sur la rivière Seneca au débouché du lac Cayuga; elle a un développement total de 96 milles (154 kilom.); la somme des pentes et contre-pentes est de 20 mètres 43 centimètres; la montée de Seneca vers Rome est seulement de 14 mètres 79 centimètres. Sur cette section il y a 9 écluses.

La plus grande portion de cette section passe sur un terrain bas et marécageux, ou contourne de grands marais qui, par ce moyen, ont été rendus à l'agriculture.

L'aménagement des eaux a été très facile, et la question de se défaire du surplus d'eau qui arrivait sur le canal a dû seule occuper les ingénieurs dans la construction d'épanchoirs qui pussent lui livrer un libre passage.

On a ouvert une communication entre le Grand-Canal et les lacs Oneida et Onondaga ; par ce moyen , les manufactures de sel qui y sont établies trouvent un débouché naturel à leurs produits, et peuvent s'approvisionner de combustibles par le canal.

On a trouvé sur plusieurs points des carrières de gypse (pierres à plâtre), ainsi que de pierres calcaires et de pierres de grès. Dans les comtés de Madison, Onondaga, Cayuga, Ontario et Genessee, on a découvert en grande abondance de la chaux hydraulique; circonstance qui a été des plus favorables à la construction des travaux du canal, surtout dans celle des écluses. Ces écluses sont généralement construites sur une plate-forme de bois ayant 30 centimètres d'épaisseur, et recouverte de madriers de 8 décimètres d'épaisseur; le radier de leurs chambres est recouvert d'un rang de planches de pins et soigneusement calfatées, de manière à ne pas permettre le passage de l'eau : cette plate-forme est maintenue par un 'rang de pilotis; et sur la plate-forme sont élevés les murs ou bajoyers qui n'ont pas moins de 1 mètre 83 centimètres d'épaisseur, i-enforcés de distance en distance par des contreforts. La face intérieure des murs est en pierre d'appareil ; les musoirs , buses , murs de chute et chambres des portes en pierres de taille; tous ces ouvrages sont en ciment hydraulique, et généralement fortement construits. On a évalué qu'une écluse ainsi construite revenait à 5,420 francs par pied d'élévation ou de chute.

Les dépenses de construction pour cette section sont estimées à 5,538,432 fr.

Section de l'Ouest.

Cette section commence à un point, sur la rivière Seneca, où finit la section du Milieu, et se termine, sur le lac Erie, près de Buffalo. Son développement général est de 163 milles (262 kilom.); la somme des pentes, dans la direction du lac Erie à la rivière du Seneca, est de 53 mètres, rachetés par 21 écluses.

Les marais de Cayuga sont traversés par deux biefs, l'un d'en-

viroii a I niillos (10 i kiloin.j, ci qui roçoit toutrt» ks eaux de Ja Sencca; l'autre, plus élevé, par 3 mèlnis 35 centimètre», et qui sVtend jusqu'au village de Clydc, sur une distance d'environ 4i4 millet», ou 7 kilomètres.

Le (^anal , après avoir traversé , au moyen de ees deux niveaux , les marais de Cayuga, continue sur i.i rive gauche du Mud-Creek jusqu'à 1 mille (1009 kilom.) au-dessus du village de LyoïW; il passe alors, au moyen d'un aqueduc construit en pierre, sur la rive méridionale de ce Creek , qu'il suit pendant à peu près 14 nulles (22 i kilom.); après l'avoir traversé de nouveau à Paimyra sur un aqueduc, il entre alors dans la vallée de l'Irondequot, qu'il franchit sur un embanquement ayant plus de 400 mètres de long, sur 22 mètres d'élévation. On a dirigé les eaux de Irondequot sous le canal au moyen d'un aqueduc dont l'arche a une ouverture de 8 mètres; sa longueur transversale est de 75 mètres; ses fondations ont été établies sur pilotis, a cause du sable mouvant qu'on y a rencontre. Afin de garantir le canal des filtrations, on l'a revêtu , dans toute sa longueur, sur son fond et ses côtés, d'un conroi de terre glaise de 60 centimètres d'épaisseur.

Ce passage est un des plus intéressans sur toute la ligne du canal. La grande élévation à laquelle le canal est supporté audessus de la plaine qui lui sert de base , suspend , pour ainsi dire . dans l'air cette navigation artificielle , et produit un effet excessivement pittoresque, en même temps qu'il crée un sentiment d'étonnement pour la hardiesse de l'ingénieur américain qui en a conçu et exécuté le projet.

La rivière du Genessee est traversée sur un grand pont aqueduc en pierre de taille ayant 245 mètres de long, et percé de onze arches, dont neuf ont chacune une ouverture de 15 mètres 25 centimètres. Les premiers travaux de cette construction furent d'abord

infructueux , et furent entièrement entraînés par la rapidité du cou rant, lors des crues j on fut forcé de former un enrochement artificiel en préparant le lit de la rivière de manière à ce que chaque assise put y trouver un point de résistance ; dès lors ce magnifique ouvrage eut un succès assuré, et depuis il a résisté au courant le plus impétueux. Il a coûté 472,228 fr.

De la rivière du Genessee, le canal suit le côté nord de la dernière colline qui règne presque parallèlement au bord du lac Ontario, et conserve le même niveau jusqu'à Lock-Port, où il traverse cette colline pour entrer ensuite dans la Tonnewanta. De Rochester, sur leGenessee, à Lock-Port, il y a 65 milles (104 i kilom.) formant le bief appelé Bief du Genessee. Sur toute cette distance, le canal est creusé à travers un terrain où souvent on découvre le roc au niveau du fond du canal, et quelquefois à 5 mètres audessus.

Pour s'assurer les fournitures d'eau nécessaire à l'alimentation de tout ce bief, on a donné une pente de 0 mètre 03 centimètres par kilomètre depuis la prise d'eau sur le lac Erie jusqu'au Genessee; en outre, on a fait arriver à l'aqueduc construit sur le Oak-Orchard-Creek les eaux des sources de la Tonnewanta, ainsi que des marais du même nom, au moyen d'une rigole creusée dans une des branches du Oak-Orchard.

De Lock-Port on monte au niveau du lac Erie au moyen de cinq écluses accouplées, ayant chacune 3 mètres 58 centimètres de chute, et construite dans le roc. De ce point la vue découvre un réservoir naturel d'une étendue immense, et qu'environnent des collines ayant au moins 30 mètres d'élévation.

Arrivé sur le niveau du lac, le canal entre dans la Tonnewanta, qui a été rendue navigable, et sur les bords de laquelle a été élevé un chemin de halage; à son embouchure on a construit un barrage

GRAND-CA\AT. DE NEW-YORK. lii-i

qui permet une comniunicalion avec le lac par une écluse fl«irarde. De la Tonnewanta on a ouvffit un canal latéral à la Niagara, qui vient se terminer à lilack-Kock dans un bassin constiiiit dans cette rivière même. Au moyen d'une coupure de 2 milles ('A kilom.) de long sur une profondeur moyenne de .*j mètre», a travers un terrain poreux , on a rattaclié ce bassin au Ci<-ek 'iit lUiffalo.

Le bassin, à Black-Rock, est un ouvrage d'une grande hardiesi>^f comme construction hydraulique, vu le courant rapide de la Niagara au milieu duquel il a été élevé j il consiste en une digue qui n^unif l'île de Squaw à la terre-ferme, et qui a 151 mètres de longueur sur une profondeur d'eau de 2 mètres 75 centimètres. A travers cette digue on a construit une écluse qui a les dimensions suivantes : toute sa longueur est de 55 mètres; longueur de la chambre du sas, 36 mètres 60 centimètres; largeur, 8 mètres 54 centimètres; hauteur, 5 mètres 49 centimètres; hauteur ordinaire de chute, 1 mètre 22 centimètres; le fond de la rivière est de glaise. L'ile de Squaw est réunie à l'île de Bird par une digue qui a 2,665 mètres de longueur. Tout le long de ce bassin on a constniit un chemin de halage qui a 3,760 mètres de développement, une hauteur moyenne de 4 mètres 88 centimètres, sur une largeur moyenne de 5 mètres 49 centimètres; à sa base il a 9 mètres 15 centimètres de large, et 1 mètre 83 centimètres à son sommet.

Ce bassin a été d'une construction dispendieuse ; mais on a considéré qu'il était très important de terminer le canal à l'ouest par un havre sur, et susceptible, sans beaucoup de frais, d'être élargi suffisamment pour recevoir tous les bateaux et bàtimens que le commerce pourrait appeler à entrer ou à échanger leur cargaison. Une seconde raison non moins puissante était celle de pourvoir aux fournitures d'eau pour un aussi long bief que celui de Lock

Port à Rochester; or, comme la surface du lac Erie, à l'embouchure du Buffalo-Creek, est plus élevée que dans le voisinage de Bird- Island, et par conséquent que tout point pris plus bas sur la rivière du Niagara, on en concluait qu'en construisant ce bassin on élèverait la surface à la prise d'eau, au-dessous de Black-Rock, au niveau de celle du lac à Buffalo, circonstance qui devait permettre de diminuer les excavations du bief le long du lac, et assurer les moyens d'établir une pente générale sur toute la section de l'Ouest, depuis le lac jusqu'à la Gennessee, où l'on pourrait recourir à de nouvelles ressources.

Les dépenses de construction, pour cette section de l'Ouest, ont été estimées à 10,991,885 fr.

On peut résumer ainsi les travaux et les dépenses du canal Erie :

Section de l'Est. .

Section du Milieu.

Section de l'Ouest.

Total. . .

DEVELOPPEMEMT.

PENTES CONTREPENTES.

ECLUSES.

DÉPENSES ESTIMAÏ1V£S.

milles.

io3 i63

129 (il

milles.

fr.

La dépense absolue de la section du Milieu s'est montée

à 6,135,613 fr.

et la dépense totale des trois sections à 37,486,898 fr.

Dans un gouvernement libre, où le peuple compose l'autorité souveraine, il est chimérique de présumer pouvoir exécuter un

GRAND-CANAL DE NEW-YORK. Ul

systùirif; qu(,'lcorH[U(' d'ouvrage sans avoir adopte les moyens les plus sages, comme aussi les plus économiques, pour les fxjnduir»à leur fin, et s'assurer par là l'affoclion, ainsi que l'opinion lavf>rable, de ceux qui sont la source légitime du pouvoir.

Aussi, lorsque la chambre se fui assuré-<- de la jK^ssibilité d'exécuter le canal Erie, et des grands avantages nationaux qui devaient en résulter pour l'État, d'a[)rès l'examen des avant-projers soumis par les commissaires, clic en décréta l'exécution dans sa séance du 17 avril 1817, et passa une loi qui, tout en créant les fonds nécessaires pour cette entreprise, prescrivait toutes les rnesoircs qui devaient assurer que l'argent du peuple serait dépensé conformément à la plus stricte économie, par une commission choisie parmi les personnes les plus distinguées de IT.tat.

Cette commission devait se composer du gouverneur de l'Etat . du contrôleur, de l'avocat-général , du directeur-général du cadastre, du secrétaire et du trésorier de l'Etat. Une majorité de ces membres et le contrôleur devaient pouvoir exécuter toutes les affaires ayant rapport au canal. Ils étaient autorisés à former un emprunt, au nom du peuple de l'Etat, à un taux n'excédant pas, dans aucun temps, 6 p. 100 par an, et jusqu'à concurrence d'une somme de 2,168,000 francs, y compris le revenu net dudit fonds, par an, pour laquelle somme des actions devaient être créées, et des certificats remis pa}ables à des époques désignées par la commission.

Cette loi disait qu'on devait commencer les travaux du canal Erie par la section du Milieu , et pour le canal Champlain , par la section comprise entre le lac Champlain et le fort Edward.

Les commissaires avaient pouvoir de prendre, par expropriation forcée, les terres nécessaires pour le canal, ainsi que de détourner les eaux pour son alimentation; et sur le refus des pro-

priétaires de vouloir concéder, à l'amiable, à l'État, lesdites terres ou eaux, ils devaient s'adresser aux juges de la cour suprême, dont deux membres pouvaient nommer un conseil d'arbitrage composé d'au moins trois et jamais de plus de cinq personnes désintéressées et sages, qui, avant d'entrer en fonction, étaient tenues de prêter serment, devant une personne qualifiée pour assermenter, d'accomplir fidèlement et avec impartialité les devoirs imposés par cet acte. Ce conseil d'arbitrage, ou une majorité de ses membres, était tenu de faire une estimation équitable et juste, ainsi qu'une évaluation des pertes et dommages , s'il y avait lieu , pour chaque propriétaire ou partie intéressée, des localités requises pour la construction dudit canal; lesdits arbitres, ou une majorité d'entre eux, devaient enregistrer leur décision, ainsi que leur évaluation, en donnant une description en détail des lieux dans des registres tenus pour cet objet, et fournis aux frais des commissaires; ils devaient aussi les signer ; et, sur la présentation de ces registres aux commissaires, ceux-ci étaient tenus de payer l'évaluation enregistrée, et, dès ce moment, ils entraient en jouissance des propriété ainsi évaluées au nom du peuple de l'Etat.

Par cette loi il était décrété que, pour créer les fonds nécessaires , une taxe serait levée sur le sel , sur les voyageurs par les bateaux à vapeur, et sur les loteries.

Enfin, les commissaires étaient autorisés à prélever une somme de 1,355,000 francs par assessement sur les terres avoisinant le canal à une distance de 25 milles ( 40 kilom. ) d'après une proportion fixée par eux à cet égard, pourvu toutefois que cette répartition , avant d'être mise à exécution, fût approuvée par le chancelier de l'Etat et par les juges de la cour suprême, ou par une majorité d'entre eux, et pourvu, en outre, qu'il fût tenu compte aux propriétaires desdites terres des avances, souscriptions ou donations

qu'ils auraient [)U faire en faveur du canal; et que, si ces donations du souscriptions suq)assaient leur cotisation d'assessernent, iU fussent entièrement libérés.

Les commissaires reçurent aussi le pouvoir de faire travailler le* malfaiteurs aux fouilles du canal.

Les premières adjudications d'ouvrage furent faites le 17 juin 1817; et, le 4 juillet de la même année, les premières fouilles furent commencées sur la section du Milieu qui comprend le bief de Rome.

Pour plus grande garantie de la bonne exécution d'un si grand travail , les adjudications aux contracteurs furent faites par petites fractions variant de 200 mètres à 4,800 mètres. Les contrats furent généralement passés de manière à embrasser moins d'ouvrage (ju'il n'eût été nécessaire si on n'eût pas désiré favoriser les personnes qui, dans des circonstances limitées, pouvaient s'assurer un cautionnement; de cette manière, quoiqu'on augmentât de beaucoup le travail pour préparer des adjudications aussi réduites, on parvint à empêcher le monopole de tous ces travaux qui indubitablement eût passé entre les mains de quelques personnes à largc-.N capitaux, au détriment du pauvre et de l'ouvrage même.

Lorsqu'une adjudication était passée, il fut assez d'usage pour les contracteurs de demander une avance d'argent proportionnée à l'étendue de leurs contrats pour se procurer les ateliers nécessaires, etc. Une somme pour cet objet fut généralement avancée sur la caution de quelque personne ou personnes solvables , qui , ensemble et séparément, devenaient responsables, avec le contractant, que l'ouvrage serait fini pour le temps et de la manière spécifiés dans le contrat, ou la somme avancée devait être remboursée avec ses intérêts; et en outre, que le montant des avances faites serait dépensé en travail tendant à l'accomplissement du contrat dans un

temps raisonnable (généralement deux mois), ou, au défaut de ce temps, ladite somme avancée devait être, sur sa demande, remboursée avec intérêt. Cette obligation était ordinairement écrite sur le dossier du contrat.

Les contractans étaient tenus, lorsque leur ouvrage était fini, de le faire inspecter par un ingénieur de la ligne ou section , qui vérifiait l'ouvrage, et certifiait le recevoir d'après l'agrément passé; ils ne pouvaient être payés qu'après avoir satisfait à cette clause. Néanmoins ils avaient l'assurance verbale des commissaires, que tant que les travaux seraient exécutés fidèlement, ils pourraient être payés tous les mois d'une somme montant à presque la totalité de la valeur du travail exécuté sur leur ouvrage, calculée au prorata des prix stipulés dans le contrat, en déduisant toute avance ou paiement reçu; mais que si la moindre fraude ou déception était découverte, ces paiemens seraient entièrement suspendus, et on s'en tiendrait à la stricte exécution du contrat écrit.

Il était aussi convenu qu'on admettrait l'eau sur chaque portion du canal finie avant que les contractans se fussent retirés, afin qu'ils fussent à même de réparer à leurs dépens toutes crevasses ou accidens qui pourraient survenir au canal.

Dans la répartition des marchés les ingénieurs avaient disposé chaque fraction adjugée de manière à ce qu'elle comprit un ruisseau à traverser, ou une ravine ou un terrain bas, à une des extrémités, de manière à faciliter à chaque contractant des moyens d'épuisement sans gêner son voisin.

Les contractans ont été assez généralement satisfaits de leurs marchés ; et ceux d'entre eux qui les premiers avaient fini , ont soumissionné pour d'autres fractions. Cependant, dans plusieurs cas, il a été prouvé que leur profit s'est limité à couvrir la première dépense d'achat d'outils pour organiser leurs ateliers !

GRAND-CANAL DE i\E\^ -YORK. liÂi '

En 1818, la ]('gi.slatnrc ponnut par ijur* loi .-m moyen d'auf^mcnter les ressources des fonds alloués poui l'exéeution du canal Krie et du canal Charnpiain.

En 1811), toute* la section du Milieu fut entièrement terminée; et bientôt on remarqua un grand nombre de villages qui »*élablirent sur ses bords comme par encyianlement, tant fut rapide leur accroissement du jour où le premier arbre de ces forêts vierges fut jeté par terre pour laisser un passage libre au canal.

En 1820, un tarif de péage fut fixé par une loi à 0 fr. 08 < . par tonneau, et par mille, pour les produits, et à 0 fr. 16 c. par tonneau et par mille pour les marchandises. Cette même loi réglait aussi la police du canal afin d'en assurer la conservation; elle déterminait le passage des bateaux en limitant leur marche à 5 milles (8 kilom.) par heure; elle défendait l'érection de quais le long des berges, et l'usage des pôles armés de fer comme moyens de faire mouvoir les bateaux.

La. même loi avait pourvu à la protection des commissaires, des ingénieurs, de leurs agens ou aides dans l'exercice légal de leur emploi pour le canal, en défendant qu'on pût les arrêter pour aucun délit provenant de leurs relations avec les affaires du canal.

Dans cette première année de la mise à exécution du tirif, le moulant des sommes perçues sur la partie finie s'éleva à 3o,86o fr.

En 1821, les deux sections de l'Ouest et de l'Est avancèrent simultanémeni, et la navigation fut ouverte depuis Schenectady, sur la section de l'Est, jusqu'à la terminaison Ouest de la section du Milieu ; cette année le revenu du canal provenant du tarif de péage, se monta à ■i4..0t)5 fr.

En 1821, la dette contractée au nom de l'Etat pour subvenir aux fonds des canaux Erie et Charnpiain s'élevait à 23,999,770 tr.

Plus de iiG milles (186 kilom. i) du canal furent livrés à la navigation ceue

année, depuis avril jusqu'en décembre; et le revenu t^ui en provint se monta à 3^'j,i'jo fr.

Les frais de perception furent de 19,907

Livrant pour produit net Sa ■j, 363 fr.

En 1823^ 160 milles (257 kilom. ) furent livrés à la navigation, et rapportèrent 829,796 fr.

En 1824, la dette contractée par l'État pour les fonds descanaux s'élevait ^ 4o,4r53i3 fr

Et le revenu sur 280 milles terminés ( 45o kilom.) se montait à. 1,680,200 fr.

La taxe sur le sel produisit . 542,000

Total du revenu. . . 2,222,200 fr.

On calcula qu^il était passé cette année à la jonction du canal Erie avec le canal Champlain ^ au-dessous des chutes du Cohoes, près de 10^000 bateaux. Ces bateaux sont du port de 35 à 45 tonneaux; ils naviguent sur le canal à raison de 55 milles (88 i kilomètres ) par 24 heures lorsqu'ils portent des marchandises pour fret; mais quand ils ne sont chargés que de voyageurs, ils peuvent parcourir 100 milles (161 kilom.) en 24 heures. Ces mêmes bateaux passent une écluse à raison de 5 minutes par bateau, ce qui fait aisément 180 bateaux par écluse en 24 heures.

A la fin de cette année, la dette de l'Etat, pour les fonds des

canaux Erie et Champlain , s'élevait à. . 41,734,000 fr.

et le revenu du péage à 1,846,921 fr.

En 1825, le canal fut livré à la navigation sur toute son étendue, depuis Buffalo jusqu'à Albany, et resta ouvert, cette année, 220 jours. Néanmoins il est raisonnable de prévoir que la saison de navigation s'étendra jusqu'à 250 et même 275 jours, à mesure que le pays s'établira, et que les forêts disparaîtront devant la civilisation, puisqu'alors le climat deviendra probablement plus tempéré.

A cette même époquo, on r-slirna que le revenu annuel du canal Erie pourrait s'élever à plus <le 5 millions de francs, et, que la dette contractée pour son exécution pourrait être entièrement liquidée dans l'espace de dix ans, (pioique, jiar uti acte de la légisfature , il eût été prévu que cette même d<'lte ne serait remboursable par portions qu'en 18.'i7 cl en 1845.

Aujourd'hui , au moment où nous publions ce» Mémoire» , nous nous somme» assure que le revenu des canaux Erie et Champlain s'élevait à. . . . lo, i53,4i3 fr. et que les dépenses d'entretien et d'administration s'étaient moatés à . ^,oo'. HZ5

Donnant pour revenu net ^ 0,145,078 fr-

— Que la dette de l'Etat, pour les fonds des canaux Erie et Champlalo, était réduite à 79 932,81 3

— Et que les commissaiies chargc's de l'administration de ces mêmes fonds avaient à leur disposition , comme ressources provenant de diffcrens revenus alloués pour le môme objet, un surplus de i4, io6,o63 qui, appliqués à l'extinction de la dette originale, réduisait celle-ci à i5,8'20.-jo fr.

Ainsi, d'après ce calcul, si le revenu des canaux Erie et Champlain, pendant les trois prochaines années, s'élève à celui présenté dans ce tableau, la totalité de la dette contractée pour l'exécution de ces deux canaux aura été éteinte neuf ans avant l'expiration la plus éloignée fixée par la législature.

Par suite d'un état aussi avantageux dans les revenus du canal Erie , les commissaires se sont décidés à réduire le tarif de péage à 25 pour 100; et malgré cette réduction les revenus ont encore surpassé ceux des années précédentes; ce qui prouve combien le mouvement commercial a pris d'activité sur cette nouvelle voie de communication avec les pavs de l'Ouest,

On doit adopter très prochainement sur le canal Ohio un tarif semblable à celui du canal Erie; et, par cette sage mesure, les ca-

Page 1