AU SUD DE L'ALGÉRIE
(Eresus Gucrinii LUuCAS, E. acanthophilus L. Durour, OEcobius nigripalpis L. Durour.)
Au commencement de 1861, mon ami, le docteur Reboud, médecin major à Djelfa, m'expédia, dans un flacon à alcool, trois espèces d'Aranéides qu'il avait prises à Guerrera pendant une expédition militaire. Ce n’est que récemment que j'ai exhumé de leur réceptacle mortuaire ces Aranéides pour les étudier. Ce sont :
1° Six individus femelles de l'Eresus Guerini Luc. (2). Cette grande et belle espèce, d’un brun noir uniforme, mesure un peu plus d’un pouce de longueur. D’après les renseignements pris sur les lieux, cette Aranéide se trouverait dans l’intérieur des maisons, habitat qui n'est point celui des diverses espèces d'Zresus que j'ai observées en Espagne, notamment de l'émperialis qui a toute la tournure du Guerinii et qui habite les lieux déserts du royaume de Valence, à la vérité, sous les pierres.
(1) Voyez les Annales, 4e série, 1861, tome Ier, pages 5 à 16, et 1862, tome I
pages 131 à 148.
(2) Lucas, Arachn. Alg., p. 183, pl. 4, fig. 10.
A° Série, TOME III. À
6 LÉON DuroURr.
L'Eresus Guerinii est réputé venimeux chez les indigènes. Ils lui donnent le nom de Boulakas. Ce terme est vraisemblablement commun aux grosses Araignées noires qui, en Afrique comme en Europe, causent de l’effroi et par conséquent sont accusées de venin. C’est aussi sous ce même nom de Boulakras que, suivant M. Reboud, le voyageur anglais Shaw les désigna dans son ouvrage à la date de 1724.
9 Plusieurs Eresus acanthophilus en tout semblables à ceux que je découvris, il y a plus d’un demi-siècle, en Espagne. 3° Une Aranéide nouvelle dont je vais donner la description et la figure:
OEcogrus niGripALrIs L. Duf, (PI. 4", fig. 2.)
©. Pallide rufescens, abdomine pallidiore, ovato-oblongo, nitente, glaberrimo ; cephalothorace antice attenuato-obluso, margine tenuiler nigro ; palporum articulo terminali ovoideo-oblongo, nigerrimo; fusulis inconspicuis. — Long. 5 lin.
Hab. in domibus Guerrera Algeriæ meridionalis (Reboud).
En retirant cette Aranéide de l'alcool je crus d’abord avoir affaire à un Dysdera à cause de sa forme, de sa couleur et de ses six yeux; mais je fus vite détrompé. £
En consultant les Arachnides algériennes de M. Lucas, je me décidai, malgré de notables différences, à la rapporter au genre OEcobius de cet auteur (1). Toutefois, il faudra non-seulement modifier mais refaire la diagnose générique, car, indépendamment de ce que ma nouvelle espèce a une taille de beaucoup supérieure à celle des deux OEcobius de M. Lucas, son céphalothorax, quoique atténué en ayant, n’est pas pointu et les filières placées loin du bout de l'abdomen ne sauraient jamais dépasser ni même atteindre ce bout,
Dans la classification des Aranéides on doit attacher une valeur de première importance au nombre des stigmates, à celui des yeux ainsi qu'à leur position respective et à leur siége sur le céphalothorax, à la force et à la direction des mandibules, à la longueur comparative des membres, etc. ; mais il est imprudent de descendre si loin dans une diagnose trop détaillée à l'occasion d’un genre fondé sur deux espèces seulement. En procédant ainsi on s'expose à tomber dans des caractères purement spécifiques qui ne donnent plus accès dans le genre à de nouvelles espèces.
Notre OEcobius nigripalpis est un géant comparativement aux deux espèces de M. Lucas, qui n’ont pas plus de deux millimètres de long. Son céphalothorax est ovale-oblong ; par conséquent il n’est pas plus large
(1) Lucas, loc. eit., p. 101, pl. 2, fig. 1-2.
Sur trois Aranéides d'Algérie. : 7
que long ainsi que celui des OEcobius Luc.; il se prolonge en avant de l’éminence oculifère, en se rétrécissant un peu, mais sans se terminer en pointe, Dans les deux individus femelles que j'ai eus à analyser, l’un, plus grand que l’autre et paraissant adulte, à en juger par la grosseur du ventre, a les bords du céphalothorax, sauf le dernier tiers, avec une fine bordure bien noire qui ne s’observe pas dans le plus petit individu. Je remarque que M. Lucas signale une semblable bordure noire dans son ©. domesticus.
L'éminence ocellifère de notre OEcobius est tout à fait abrupte en avant et les six ocelles y sont fort rapprochés. Quatre d’entre eux forment une série antérieure transversale, Les latéraux de cette série sont plus grands, ovalaires, d'un blanc opalin chatoyant, obliquement placés. Les intermédiaires sont petits, ronds et noirs. Les deux ocelles postérieurs sont oblongs, plats et opalins comme les latéraux de la série antérieure avec lesquels ils forment un carré. M. Lucas a représenté ces ocelles postérieurs hémisphériques.
Il doit y avoir entre les yeux ovales, déprimés, opalins et les petits yeux ronds et noirs des différences fonctionnelles quant à la vision. Je pense que les ocelles opalins sont des yeux de nuit.
Les pattes de moyenne longueur et grosseur ressemblent à celles des Dysdera, Segestria, Mygale, dont notre OEcobius pourrait bien partager les habitudes sédentaires et le genre de vie. Ces pattes sont à peu près égales entre elles; toutefois la troisième paire est un peu plus courte comme dans la plupart des Aranéides.
Les ongles courts et noirs ne sauraient être mis en évidence que par une compression expulsive du bout du tarse. Chacune de ces grilles vues à une puissante lentille du microscope offre un peigne à huit dents droites, égales. Elle s’insère sur un talon ou onglet armé d’un crochet presque droit, pouvant faire la pince avec deux ou trois spinules sous-jacentes. Ges ongles ne sont point mentionnés par M. Lucas sans doute à cause de la petitesse de ses espèces. Les peignes de notre OEcobius me donnent la certitude qu’il doit ourdir une toile ou des fourreaux comme les petites espèces de M. Lucas. L'existence du Lalon armé fait présumer un instrument de préhension et de vulnération pour sa proie.
Les palpes de notre espèce sont remarquables, malgré le sexe femelle, par la grosseur de son article terminal ovoïde-oblong, d’un noir ardoisé, revêtu de poils couchés. En pressant entre deux lames de verre cet article on détermine la saillie d’un crochet corné, noir, simple, à peine arqué qui en se ployant fait la pince avec deux petites dentules situées à l'angle d’un sinus peu profond, C’est un organe de préhension et de lacération.
Le plus long article basilaire de ce palpe, abstraction faite de celui très
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court inséré à la mâchoire, est garni à son bord interne d’une série de spinules assez raides et ravissantes.
La lèvre est ovale-oblongue, étroitement enclavée entre les mäâchoires. Celles-ci très inclinées ont leur bord externe avec une échancrure angulaire et le palpe s’insère en arrière de l’échancrure. Les mâchoires sont gärnies d’une scopule à soies incurvées grisàtres.
L'abdomen est ovale-oblong, d’un luisant satiné, sans apparence de duvet. La moitié antérieure de sa région dorsale offre quatre points ombiliqués, disposés en carré et deux autres infiniment petits en arrière de ceux-ci.
L'appareil de filature est placé à une certaine distance du bout du ventre, C’est un écusson rond et, dans le repos, les quatre filières sont couchées, et forment à peine relief.
EXPLICATION DES FIGURES 2° DE LA PLANCHE Aïe,
Fig. 2. OEcobius nigripalpis L. Dul.
2 a. Mesure de sa longueur naturelle.
2 pb. Céphalothorax fort grossi, pour mettre en évidence la forme et la disposition des ocelles, ainsi que sa bordure noire.
2 «. Abdomen vu par sa face ventrale et fort grossi, pour faire voir les stigmates pulmonaires et l'écusson des filières distant du bout du ventre.
2 d. Mâchoire grossie, avec la lèvre et l'insertion du palpe.
9 e L'article terminal du palpe avec son crochet saillant,
2 f. Une griffe des tarses considérablement grossie
Espèce nouvelle d'Aranéide du genre Sparassus. 9
SUR UNE NOUVELLE ESPÈCE D'ARANÉIDE pü GENRE SPARASSUS
(Sparassus ammanita).
Dans le siècle actuel Latreille, Savigny, Walckenaer, Sundeval, Lucas, de Haan, s’élevant au-dessus des préjugées, ont donné une puissante impulsion à la recherche et à l'étude sérieuse des Arachnides. J'ai aussi cherché à seconder cette impulsion, par des investigations spéciales, soutenues pendant plus d’un demi-siècle avec un zèle passionné.
Sans contredit ces animaux sont les plus intelligents, les plus industrieux de la grande classe des articulés. La Providence semble avoir voulu compenser par cette haute intelligence l'espèce d’aversion que produisent sur des yeux prévenus leurs longues pattes, leur corps velu et leurs couleurs généralement rembrunies.
Les quatre individus femelles de la grande espèce de Sparassus WALCK., Micrommata LATR., que je vais faire connaître, m'ont été apportés de Saïgon (Gochinchine), par mon fils Gustave Dufour, médecin-major dans cette lointaine expédition. Malgré les difficultés et les dangers de la situation, son amour filial ne s’est point démenti et je lui dois une foule d'objets d'histoire naturelle qui deviendront plus tard, je l'espère, l'objet de nouvelles publications.
Jai vainement cherché cette forte Aranéide dans les Oléos, les Sparas= sus de Walckenaer, qui à mentionné plusieurs grandes espèces exoliques, ainsi que dans les Phëlodromus de Savigny et de Lucas. Elle constitue une espèce nouvelle pour la science. En voici la diagnose :
SPARASSUS AMMANITA L. Duf, (PI. 4", fig. 3.)
Magnus, uniformiter griseo-murinus, pubescens véllosusque ; pedèbus hunc inde spinulosis ; thorace orbiculato ; abdomine ovalo-oblongo ; fusulis via eæsertis. — ®. Long. 12-13 lin.
ab. in Saigon Cochinchinense (G. Dufour).
Je n’élonne qu'aucun des auteurs précités n'ait point mentionné un lait de structure des larses des Sparassus qui a, relativement aux habitudes de ces Aranéides, une signification physiologique incontestable, elle structure, du moins dans les trois espèces que j'ai plus particulière
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ment étudiées à savoir les S. argelus, S. spongitarsis (4) el le 5. amunanita actuel, consiste dans l'existence, à la face inférieure de toutes les pattes, d’un duvet serré, velouté, comme spongieux, d’une teinte ardoisée qui, durant la vie et à certain jour, brille d’un vert métallique. Je ne doute point que ce mème reflet n’existe aussi dans lespèce cochinchinoise. celte curieuse brosse a, comme les plus minimes structures bien comprises, une mission physiologique. Elle exerce sur les surfaces les plus lisses, les plus verticales, une action préhensive qui permet à ces Aranéides de courir, de glisser avec une étonnante prestesse ou pour suivre une proie ou pour éviter un ennemi.
A en juger par la forme et la structure des diverses parties du corps, le S. ammanita doil avoir les habitudes du S. argelas, marcher comme lui toutes les pattes transversalement élendues et se livrer aux mêmes manœuvres. Les S. ammanila que m'a apportés mon fils ont été pris dans l'hôpital même de Saïgon. Celui-ci est entouré d’une forêt d’Aréquiers, palmier dont le tronc lisse et droit doit être fréquenté par cette Aranéide. Il n'existe point de rochers dans cette localité.
Passons à la description sommaire de l'espèce :
Géphalothorax grand, plus large que l’abdomen, orbiculaire, très modérément convexe, un peu plus relevé à sa partie céphalique, offrant quelques vagues empreintes rayonnantes qui correspondent aux origines des pattes. Duvet collé, presque imperceptible. Disposition des yeux suffisamment exprimée par la figure ; les deux centraux de la série postérieure un peu plus petits que les autres.
Mandibules courtes, robustes, tombant perpendiculairement, velues, garnies au côté interne de scopules roussàtres. Crochet fort et noir reçu dans une coulisse armée de chaque côté de quatre dents pour enserrer el déchirer sa proie.
Mächoires presque droites, largement distantes lune de l'autre , oblongues, obtuses, velues, garnies d’une brosse ou scopule à soies rousrâtres fournies et incurvées.
Lèvre trois fois plus courte que la mâchoire, demi circulaire, velue.
Palpes longs, velus et spinuleux : article terminal à bout un peu renflé, couronné de soies assez raides et recélant dans le repos de l'organe un harpon à cinq crochets, dont jusqu'à ce jour je ne connaissais aucun exemple et dont la configuration n’est signalée dans aucun auteur. Ge
(1) J'ai déjà, à l’occasion de ce $. spongilarsis (Ann. S00. Ent., 29 série, Lome X, Bull., p. xuit, 1852), réfuté l'opinion erronée de Walckenaer et de Dugès, qui n'ayant pas connu l'espèce, l'ont soupçonnée d'illégitimité.
Espèce nouvelle d'Aranéide du genre Sparassus. u
harpon rélractile, peu facile à mettre en évidence, a sa pointe courbée en bas ainsi que les deux crochets suivants, tandis que les deux basilaires sont à peu près droits. Qui nous dira quand et dans quel but ce terrible harpon entre en exercice ?
Je m’abstiens de décrire les pattes dont j'ai scrupuleusement représenté et la longueur respective et la villosité et les spinules. Je ne reviendrai pas sur les brosses sous-tarsiennes. Quant aux spinules qui toutes sont dirigées d’arrière en avant, et qui, au gré de l'animal, peuvent se redresser sur leur bulbe, je ferai observer qu'elles manquent entièrement à l'article du tibia représentant la rotule et que les cuisses n’en ont que deux. Tout cela doit avoir sa raison d’être, parce que la Providence n’a rien créé sans un but fonctionnel.
Les ongles des tarses de notre S. ammanita méritent de nous arrêter un instant. Binaires comme ceux de toutes les Aranéides, ils sont rétractiles et si profondément situés que, dans l’état de repos, ils demeurent totalement invisibles, dissimulés qu’ils sont par de petites spinules qui couronnent le bout tarsien un peu renflé, Une macération préalable permet à une compression expulsive de les mettre en saillie, On constate alors que chacun de ces ongles a deux fortes dents plates, en carré-oblong, et à la suite de celles-ci deux ou trois dents fort petites. La base de chaque ongle repose sur une grande houppe de fines soies que l’animal peut épanouir à volonté en une sorte de ventouse ou de pelotte creuse qui lui sert à se fixer sur le support. De semblables houppes ont été parfaitement figurées par Savigny dans ses Philodromes égyptiens qui ne sont sans doute que des Sparassus.
Les peignes ongulaires des Arachnides offrent d'excellents caractères spécifiques trop négligés par la plupart des Arachnologistes, mais auxquels Savigny a accordé la valeur qu'ils méritent. Ces peignes sont des instruments (le tissage. Les dents carrées du S. ammanita font présumer la fabrication d'un mode particulier de tente, de coque ou de toile différentes de celles de nos espèces européennes. Encore un coup la nature n’a pas donné à notre Ammanite lrente-deux dents carrées, toutes semblables entre elles sans leur avoir assigné des attributions spéciales. A nous de constater ou de deviner celles-ci.
Abdomen ovale-oblong, du moins dans la femelle, d’une teinte gris de souris uniforme, finement feutré. Deux paires de filières superposées, dont la supérieure dépasse seule le bout de l'abdomen. Quatre points ombiliqués à la moitié antérieure de la région dorsale. Le scalpel a démontré que ces points dans les Arachnides étaient dus à l’altache des muscles perforants qui traversent de part en part le foie.
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Fig. 3. Sparassus ammanila ® L. Duf. n’excédant que d'une ligne la
longueur naturelle.
3 a. Disposition des yeux.
3b. Mandibule grossie, pour faire voir les qualre paires de dents de la coulisse interne.
3 c. Extrémité fortement grossie, pour mettre en évidence le harpon rétractile.
3 d. Mächoires et lèvre grossies.
3e. Bout fort grossi d’un tarse, pour meltre en relief les ongles, la houppe sous-ongulaire el la brosse veloulée ou spongieuse du bord du tarse.
NOTE JUSTIFICATIVE SUR LE MICROMYRMA PYGMÆA.
La critique est aisée, mais l'art est difficile.
M, Roger (Jowrn. d'entom. de Berlin, 1862), dans un article qui traile de nouvelles Fourmis exotiques, en a pris occasion de défendre mon Mécromyrma contre la critique de M. Mayr. Je l'en remercie. D’après cel arlicle, dont mon ami le D' Sichel m'a transmis la traduction, M. Mayr, auteur des Formicides d'Europe, non-seulement conteste la légitimité du genre Micromyrma, mais l'espèce ne serait suivant lui qu’un individu très petit du Tapinoma erraticum. Je ne relèverai pas les termes peu mesurés de la critique de M. Mayr. De son propre aveu, il n'aurait eu à consulter qu'un spécimen très mutilé de mon Micromyrma pygmæa. Pour couper court à toute polémique, je prends sur moi d’acepter pour excuse celte circonstance.
M. Roger me rend la justice de croire que mon espèce n’est point le T'apinoma erralicum e il adopte le genre Mycromyrma pour une espèce exotique sur laquelle je dirai bientôt quelques mots.
Note justificalive sur Le Micromyrma pygmæa. 13
Je déclare à MM. Roger et Mayr que le principal caractère générique du Micromyrma est un trait négatif qui à mes yeux a une grande valeur : c’est l’absence complète, absolue, d'une écaille au pétiole de l'abdomen. Il n’y à là ni vestige, ni soudure. Je les prie de croire qu'avant de me décider à publier ce nouveau genre j'ai constaté cette absence d’écaille non seulement avec le secours d’une puissante loupe, mais à une forte lentille du microscope. Je renvoie donc ces savants Entomologistes à ma première notice sur le Mécromyrma dont je maintiens comme conformes à la vérité et la description et la figure. Je ne saurais en retrancher un zot«.
Depuis 1856, malgré des recherches réitérées dans l'intérêt de mes amis je n’ai retrouvé nulle part ce Mécromyrma, et tout récemment je viens de partager avec M. Sichel les trois ou quatre individus qui restaient encore dans ma collection. |
Que M. Roger me permette de lui soumettre quelques observations sur le Formica melanocephala Fas. (Ent. Syst.), petite espèce de Cayenne qu'il croit appartenir au genre Micromyrma et que je ne connais point.
Fabricius décrivit cette Fourmi dans la collection de Pose à Paris, Goquebert, dans ses Zl{lustrationes iconographicæ, presque exclusivement consacrées aux espèces nouvelles inscrites par Fabricius dans cette colleclion, en a donné une figure. Or, celle-ci, toute défectueuse qu’elle puisse être, ne saurait, par sa forme allongée et sa physionomie, se rapporter au Micromyrma.
Plus tard l’Entomologiste de Kiel colloqua (Syst. Piez.) ce même ele nocephala, Sans y ajouter la moindre observation, dans son genre Lasius où il le jeta sans doute au hasard. Or, les Lasius ont, suivant Fabricius, une écaille au pétiole de l'abdomen et trois ocelles au vertex. Ces deux caractères n'existent nullement dans mon Mécromyrmu.
Latreille (Hist. nat. des Fourmis) mentionne la #elenocephalu el cite la ligure de Coquebert, mais il parait qu'il n’a pas vu par lui-même l'espèce, puisqu'il n’ajoute pas un mot au lexte de Fabricius et qu'il ne dit rien sur l’analogie qu’elle pourrait avoir avec sa Formica pygmeæa.