SUR UN HABITAT REMARQUABLE
DE LA
Chenille de l'EPHESTIA ELUTELLA,
Par M. le docteur AzexANDRE LABOULBÈNE.
(Séance du 14 Décembre 1864.)
La manière de vivre de l'Ephestia elutella sous sa première forme de chenille a été signalée par plusieurs entomologistes. Bruand d’Uzelle, dont la science déplore la perte, avait noté, dans sa Monographie des Lépidoptères nuisibles (4), que la chenille de la Phycide effacée est polyphage et vit dans une foule de provisions de bouche, comme aussi de fruits verts et même de substances animales. Il l'avait trouvée tour à tour dans du chocolat, du pain d'épice, des rayons de miel, des amandes sèches, des raisins de caisse, des noix vertes, et même dans une boîte de Lépidoptères, où elle se nourrissait du corps d’une Hepialus humuli morte et conservée en collection depuis dix ans. Cette chenille, dit-il encore, attaque le cuir et les matières grasses, à défaut d’autre aliment.
M. le colonel Goureau à vu éclore l’Ephestia elutella de chenilles qui mangeaient les dattes conservées (Annales de 1859, Bull,, p. va). Enfin, M. Stainton a constaté que cette même chenille se nourrit de fruits dessé-
* chés, de café, de figues, de raisins, de noisettes, de baies de lierre, etc.
Je puis ajouter un nouvel habitat à cette liste déjà étendue. Un de nos collègues, M. Léveillé, m'a remis un pelit Lépidoptère dont la chenille rongeait l'écorce sèche de racine de Grenadier, conservée dans les officines comme anthelmintique. Ce Lépidoptère n’est autre que l'Ephestia elutella. Cette espèce est du reste commune en France, malgré l’assertion de Duponchel, que Bruand avait rectifée (2).
(1) Monographie des Lépidoptères nuisibles, 6° livraison, p. 56 et 57, pl. 6, fig. 3, a-0.
(2) Ephestia (Tinea) elutella Husxer; Phycis elutella Duronengex, Hist. nat. des Lépid. de France, t. X, p. 204, pl. 279, fig. 8, 1836. — BRuAND, loc. cit., -p. 58, 1855,
Notice nécrologique sur GABRIEL DE BARAN,
Par M. E, ALLARD.
(Séance du 28 Décembre 1864.)
Messieurs ,
Vous avez bien voulu me charger de rédiger une courte notice pour fixer dans les Annales de La Société entomologique de France la mémoire de notre collègue de Baran, décédé il y a quelques mois. Je vous remercie de cette mission qui, si elle est triste à remplir en rappelant la perte douloureuse d’un des meilleurs d’entre nous, me donne au moins la douce satisfaction de signaler au public entomologique une pure et noble existence que la pratique de nos chères études a largement contribué à rendre digne de nos souvenirs.
Gabriel de Baran est né à Paris, le 5 août 1830. Je sais peu de chose de sa jeunesse. D'une grande modestie, il parlait très rarement de luimême; mais pour qui l’a vu aux prises, dans son petit appartement de la rue de Vaugirard, avec les problèmes que soulevait fréquemment son esprit sérieux, il est facile d'établir qu'il avait fait de bonnes études.
Membre des Sociétés de Botanique, d’Horticulture, d’Acclimatation, indépendamment de la nôtre, ses goûts le portaient vers les sciences nalurelles, et il avait une aptitude particulière pour améliorer les procédés qu’elles mettent en œuvre. Aussi at-il créé plusieurs appareils ingénieux, soit pour la chimie, soit pour la physique, soit même à l'usage des entomologistes, et on cite de lui un nouveau modèle de machine pneumatique qu’il a imaginé et fait exécuter alors qu’il n'avait que dix-sept ans.
Mais ce n’est pas tout, sa riche organisation lui permettait d’autres jouissances : il se délassait des travaux sérieux par la culture des deux arts qui, peut-être , parlent le plus à l'imagination, la peinture et la musique. Quelques heures avant de se mettre au lit, étant déjà souffrant, il improvisait à son piano une de ces mélodies touchantes comme les mou-
Annales de la Socicte entomologique de France. 4° Serie Tome If (1864) PL 10.
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1-3 Nemeophila Cervine. 6. S'aturnia Bauhiniæ. Guer. -4" Chelonix pudica, d.