ANATOMIE DE LA LARVE ET DE L'INSECTE PARFAIT
$ 1er. LARVE.
(PI. n, fig. 3et6).
Tuse niGesrir de la longueur du corps, droit, ou presque droit.
Les diverses parties de la bouche offrent la forme suivante :
Labre arrondi sur les côtés et largement échancré au milieu, bord corné avec six à huit longues soies (fig. 3).
Mandibules fortes, allongées, assez aiguës à l'extrémité, courbées, concaves au côté interne avec plusieurs dents bien marquées en cet endroit (fig. 3, a).
Mâchoires avec un lobe interne fixe, irrégulièrement triangulaire, ayant des poils disposés en dent de peigne et un palpe externe de trois articles; le premier gros et long, le deuxième plus petit, le troisième étroit, de la longueur du premier (fig. 3, b).
Eèvre inférieure avancée, menton subarrondi au bord antérieur; pièce intermédiaire ayant un peu la forme d'un sablier supportant les palpes labiaux (fig. 3, c); languette très petite, munie de deux poils. Palpes de deux articles, le premier élargi et court, le deuxième grêle et deux fois plus long.
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OEsophage peu allongé, arrondi, s’ouvrant dans le ventricule chylifique sans jabot ni gésier intermédiaire (fig. 6. b).
Ventricule chylifique pas très allongé, droit, ou sans flexuosités, cylindrique. Surface lisse, dépourvue de papilles (Gg. 6, c).
Vaisseaux hépatiques au nombre de quatre, insérés à l’extrémité du ventricule, leur extrémité libre, en cæœcum, peu renflé (fig. 6, c).
Gros intestin sans dilatation cœcale marquée, rempli d'une pulpe noirâtre ou brunâtre (fig. 6, f).
Anus très saillant, froncé sur les bords (fig. 6, h).
J'ai eu à ma disposition une douzaine de ces larves: J'en ai disséqué la moitié. J'ai été beureux de déposer les autres dans la belle collection de larves de mon cher et savant ami M. Edouard Perris.
TUBE DIGESTIF. (PI. nx, fig. 15 à 22). Les diverses parties de la bouche présentent :
Un labre (fig. 16) ou lèvre supérieure, coriace, transversal, trois fois aussi large que long, largement échancré en avant dans toute sa longueur, pourvu en cet endroit de longs poils ; à côtés largement arrondis.
L'épistôme qui lui fait suite est membraneux, transversal, très étroit.
Les mandibules (fig. 17 et 18), peu allongées, en pointe
un peu mousse à l'extrémité, arquées, aplaties, larges, convexes extérieurement, concaves à leur partie interne et supérieure, ayant une membrane ciliée près de leur base depuis le milieu environ de leur longueur, et terminées par une surface élargie. Mandibule droite (fig. 17), unidentée à l'extrémité, ayant au milieu du bord interne une dent marquée. Mandibule gauche (fig. 18) bidentée au sommet, la deuxième dent située en haut.
Mächoires (fig. 19) cornées, pen avancées, lobe interne terminé par un crochet, son bord à poils élargis et recourbés; lobe externe obscurément de trois articles, le dernier membraneux, poilu. Les palpes maxillaires de trois articles : le premier très court; le deuxième renflé à l'extrémité, allongé; le troisième le plus long (fig. 19, a), son extrémité obliquement et légèrement tronquée.
Lèvre inférieure (fig. 20) composée de trois parties, le menton, la pièce intermédiaire, la languette.
Menton transversal (fig. 20, a).
Pièce intermédiaire membraneuse (fig. 20, b), élargie, arrondie, recouvrant en dessous une partie seulement de la base des palpes labiaux. Ceux-ci de trois articles, les deux de la base larges. Ils sont tous cornés, ainsi que leur base qui est irrégulièrement trapézoïde, échancrée en haut (cette base insérée sur la pièce intermédiaire).
Languette (fig. 20, d), à lobes irrégulièrement arrondis en avant, sinués en dedans, rapprochés, ayant leur ensemble à un peu près cordiforme. Paraglosses paraissant sur le bord externe des lobes de la languette, ciliées.
OEsophage assez court (fig. 5, b et fig. 21), très visiblement pourvu de poils roux situés dans son intérieur et dirigés de
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haut en bas. Si ces poils n'étaient pas placés plutôt vers le haut, je verrais là nettement un gésier, mais j'admets son existence commerudimentaire,
Ventricule chylifique allongé (fig. 15, c), un peu recourbé, entièrement recouvert dans toute son étendue de papilles allongées, creuses, de diverticules en doigt de gant.
Vaisseaux biliaires au nombre de quatre (fig. 15, d, d), à contenu légèrement violacé ; extrémité terminée en cœcum (fig. 22) à peine renflée.
Intestin grêle un peu recourbé sur le gros intestin, à parois épaisses, peu allongé (fig. 15, e).
Gros intestin assez dilaté dans la partie du colon (fig. 15, f), renfermant une pulpe verdâtre. Ses parois offrent l’appa— rence de colonnes charnues, musculeuses, perpendiculaires.
Anus superposé à l’orifice génital, soit pénien, soit vulvaire.
APPAREIL DE LA GÉNÉRATION MALE ET FEMELLE (fig. 23 à 26, elc.). L'appareil générateur & est le premier à examiner. Il est constitué par :
Les testicules (fig. 23, a, a), dont la forme est quadrilobée, composés de quatre capsules spermatiques venant s’insérer sur un cana! déférent, assez long (fig. 23, b).
Les organes annexés (vésicules séminales Léon Durour} sont au nombre dè deux paires (fig. 23, c, c), l’une plus petite, à deux branches convergentes, formant une sorte de parenthèse, l’autre plus allongée et flottante, repliée. Leurs connexions sont rendues par la fig. 24. Ils m'ont paru s’in-
sérer sur le canal déférent comme les deux canons d’un fusil double, par deux orifices rapprochés.
Je ne donne pas le nom de vésicules séminales en toute assurance à ces glandes, parce que je doute qu’elles renferment du sperme élaboré. Je crois plutôt, par analogie avec ce que j'ai déjà constaté (Recherches sur les appareils de la digestion et de la reproduction de l’Anthaxia manca. — Archives entomologiques de M. Thomson, 1, 225, 1847), qu’elles contiennent une humeur propre à fluidifier ou à servir d’une manière quelconque à l'élaboration du sperme.
Les deux réservoirs situés en haut du canal éjaculateur après la réunion des deux canaux déférents et de leurs annexes me paraissent plutôt des réservoirs séminaux. M. Léon Dufour désigne ces organes, sous le nom de vésicules séminales principales. Ce sont elles qui concourent à former le canal éjaculateur.
Le canal éjaculateur (Gg. 23, d), formé de la réunion des deux canaux déférents et de ceux des organes ci-dessus, est résistant, élastique. 11 commence aux deux dilatations déjà signalées, devant renfermer le vrai sperme élaboré ; il vient se rendre à un pénis dur, corné, dont l'extrémité livre passage à une véritable verge membraneuse, terminée ellemême par une sorte de gland bien marqué.
Le pénis ou verge (fig. 23 et 25) offre sous l’étui corné deux appendices articulés très près l’un de l’autre et qui s’écartent ou se rapprochent pour embrasser l'étui corné de la verge (fig. 25, g). On comprend très bien que l'armure copulatrice &, introduite fermée dans les organes de la ©, s'y développe ainsi que je l'ai figurée (fig. 25), et assure, de la sorte, avec cette espèce de forceps, l’acte de la reproduction.
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Outre le pénis, l’armure génitale comprend d’autres pièces terminant l'abdomen du & et dont nous parlerons plus tard longuement.
La dissection de l'armure génitale du mâle est ardue ; j'ai, après un grand nombre d'essais, acquis la certitude que sous le sixième segment portant une paire de stigmates (voy. pl. 1, fig. 10) on trouve un segment formant un anneau presque complet (pl. x, fig. 11) fendu en arrière, où il est muni en haut de deux apophyses (fig. 12). Il résulte de cette disposition que ce segment peut s’élargir au besoin et revenir ensuite sur lui-même. En dessus, il existe (fig. 11, c) une pièce glissant sous lui, c’est une lame en triangle arrondi, ciliée, formant le dernier demi-segment supérieur. On trouve enfin, en dessous, pour couvrir la partie fendue du grand segment (fig. 12, d), une lame moins large que la première et pourvue des deux longs poils qu'on voit à l'abdomen des & . Cette lame est située, je le répète, en dessous et recouvre la fente du segment (fig. 13, d).
Ainsi donc, la verge et son étui corné pourvu des deux branches de son forceps glissent dans un segment fendu en dessous et pourvu de deux lames, l’une supérieure terminant l'abdomen, l’autre inférieure munie de deux longs poils.
Par la pression des doigts, l'abdomen laisse échapper le pénis, qui se recourbe en haut, dont les branches du forceps s'écartent, et on voit la verge elle-même faisant saillie et le plus souvent coudée à angle presque droit (pl. 1m, fig. 25, h).
L'appareil générateur ® (fig. 26) est très simple. Il se compose de deux ovaires (fig. 26, a, a) formés par la réunion de six gaînes ovigères allongées renfermant un, ou
au plus, deux ovules. Le premier est gros, le deuxième est très petit ou invisible. Les gaînes s’insèrent sur des calices latéralement et au sommet de chaque trompe.
Les trompes (fig. 26, b, b) sont assez courtes et convergent pour former un oviducte dont la partie supérieure renflée doit servir de poche copulatrice (fig. 23, c).
Le receptaculum seminis (capsule séminale) est arrondi et forme un réservoir résistant, blanchâtre, pourvu d’un tube excréteur (fig. 23, d).
Le vagin fait suite à l'oviducte, sans ligne de démarcation tranchée.
L'armure génitale où copulatrice $ (fig. 14 et 26) se compose d’un long tube membraneux attaché au sixième segment abdominal (voy. fig. 14) rentrant sur lui-même, formé de membranes plissées en travers, et terminé par deux appendices de deux pièces, ou articles, le premier très gros et très long, le deuxième très petit, surmonté d'un long poil (fig. 26, 4, b). Il offre dans son intérieur un tube trachéen latéral et une plaque en V irrégulier un peu cornée, jaunâtre, rudiment d’un demi-segment dorsal (fig. 14 et 26, a).