TUBE GAUCHE
7 cmc. 40
7 cmc. 50
Acidité
1 gr. 35
0 cmc. 72
1 cmc. 98
21 gr. 77
20 gr. 49
Chlorure
S gr. 570
G gr. 40
6 gr. 5
Albumine
Traces.
Ass. gr. quant.
Quant, moind.
que p'' le droit.
Coloration
Peu teintée.
Pl. teintée qu'à
droite.
Exam. microscopique. .
Leucoc. abond.
Nomb. leucoc.
Peu de leucoc.
cell. épithél.
Pas de cyl.
Pas de cyl.
Cet examen permet de conclure à une plus grande perméabilité du rein gauche. De plus, le rein droit, qui fonctionne moins bien, émet une urine contenant plus d'albumine. La malade est sortie guérie de l'hôpital.
Obs. 48. — Application du séparateur apr'ès néphreclomie. — F. de 28 ans opérée le 30 août 1902 d'une néphrectomie lombaire gauche.
Le séparateur appliqué, en présence des membres du Congrès de chirurgie, le 23 octobre 1902, donne le résultat suivant :
A gauche . . Pas une goutte d'urine.
A droite . . Éjaculations régulières et rythmiques montrent que le rein fonctionne parfaitement.
Obs. 49. — Hématurie rénale droite. — H. du service de M. le docteur Michaux, présente depuis un mois des hématuries abondantes totales, qui ne sont pas calmées par le repos. La quantité de sang émis ne diminue pas après administration d'ergotine.
Séparation du 15 septembre 1902 :
Tube droit. . . Urines sanglantes.
Tube gauche . . . Urines absolument claires.
Le malade a aussitôt quitté l'hôpital et n'a pas été revu.
L\ SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS
Obs. 50. — Pyonéphrose gauche. Séparation des urines. Néphrecloniie lombaire gauche. Guérison. — H. 3i ans, entre le 2 septembre 4902 avec de la fréquence des mictions (tous les quarts d'heure environ) et des urines très troubles et sanglantes depuis janvier 1901.
La capacité vésicale n'est que de 70 grammes. Les reins ne sont pas sentis. Le sommet droit présente de légers craquements.
Le 13 septembre 190-2, épreuve par le bleu de méthylène à 9 heures du matin.
10 heures.
Séparation des urines.
Vert foncé.
Vert moins foncé.
Vert clair.
Vert clair un peu plus foncé.
Vert clair un peu
plus foncé.
Vert clair.
Vert clair.
Vert clair.
A peine teinté.
A peine teinté.
La séparation des urines donna
REIN DROIT
REIN GAUCHE
Aspect Urine louche. Urine très trouble et purulente.
Quantité 4 cmc. 5 cmc.
Couleur Franchement verte. Légèrement verte.
Urée 16 gr. 39 7 gr. 5
Albumine Traces. Traces.
A la suite de cet examen, la néphrecloniie gauche WxVq par M. Michon, le 19 septembre 1902, montra une tuberculose rénale.
A la suite de l'intervention, phénomènes infectieux graves, escharre sacrée.
Tout finit cependant par s'arranger : les urines s'éclaircissent, et le 8 novembre 1902 le malade peut sortir de l'hôpital avec un état général très amélioré.
Actuellement janvier 1903, il va bien.
Obs. 51. — Séparation chez un homme néphrotomisé pour pgonéphrose calcuteuse droite et ayant subi le cathétérisme de Vuretère. — Le 19 septembre 1902, M. le docteur Karewski, assistant du professeur Israël, avait prié M. le docteur Luys de venir appliquer son séparateur chez un homme qui avait été néphrotomisé quelque temps auparavant du côté droit pour pyonéphrose calculeuse. Le cathétérisme de l'uretère avait été fait deux jours avant et avait montré que le rein droit donnait une urine purulente, alors que le rein gauche donnait une urine limpide.
L'instrument est introduit très facilement et montre à gauche une urine limpide et normale, à droite une urine louche.
Comme les résultats fournis par le séparateur ne paraissaient pas aussi concluants que ceux fournis par le cathétérisme de l'uretère, M. le docteur Karewski demanda au même assislajfit qui, deux jours avant, avait fait le cathétérisme de l'uretère de renouveler son opération. Mais, en dépit de tentatives répétées, l'opérateur
IIAnTMAXN. 12
HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS
ne put introduire son cathéter dans l'uretère, car, disait-il, « la sonde urétérale bute dans l'uretère à 3 ou 4 centimètres de son ouverture et ne peut progresser plus loin ».
Il s'agissait probablement ici d'un bouchon de pus qui, obturant partiellement la lumière de l'uretère, empêchait à ce moment de l'observation le pus de s'écouler au dehors. Ce qui peut parfaitement expliquer le résultat fourni par le séparateur et la légère discordance avec le résultat du premier cathétérisme de l'uretère.
Obs. 52. — Pyonéphi'ose gauche. — F. du service de M. le professeur Rotter, à la maison de santé de Saint-Hedwig, à Berlin, avait été examinée déjà par le docteur Eschenbach, assistant du professeur Rotter, qui lui avait fait le cathétérisme de l'uretère gauche et avait ainsi reconnu l'existence d'une pyonéphrose gauche.
Le 20 septembre 1902, le docteur Luys applique son séparateur, qui est introduit très aisément ; on constate alors que, tandis que du côte droit il vient une quantité d'urine claire et normale, du côté gauche, au contraire, il ne vient que de l'urine pâle et trouble.
Le séparateur donnait donc ainsi un résultat semblable à celui fourni par le cathétérisme de l'uretère.
Obs. 53. — Application dit sépai-alew Luys chez un prostatique. — Le 19 septembre 1902, le docteur Casper priait M. le docteur Luys d'introduire son séparateur chez un homme atteint d'hypertrophie prostatique.
L'introduction fut des plus faciles et non douloureuse.
L'application se fit très exactement.
Pour savoir si la séparation était parfaite, M. le docteur Casper fit faire une injection de bleu de méthylène dans une des deux sondes. Le bleu de méthylène resta absolument limité au côté correspondant à l'injection.
Néanmoins, étant donnée la petite quantité de bleu de méthylène qui a été injectée, il n'est pas absolument certain que le bleu soit parvenu jusque dans la vessie.
Obs. 54. — Pyélite droite. — Chez un jeune homme présentant des urines très peu troubles, M. le docteur Lewin de Berlin pria M. le docteur Luys de venir appliquer son séparateur le 20 septembre 1902. L'introduction de l'instrument fut des plus simples, et celui-ci fut parfaitement supporté. On obtint alors ;
Tlibe droit. . . Urine abondante et légèrement trouble. Tube gauche . » Urine claire.
Lé séparateur a donc bien montré la différence fonctionnelle entre les deux reinS, ën prouvant qu'il s'agissait d'une pyélite droite, et a très bien fonctionné.
Obs. 55. — Pyonéphrose gauche. — Le 23 septembre 1902, M. le professeur Nitze, tirie M. le docteur Luys de venir appliquer à Berlin son séparateur chez un jeune tomme qui avait les urines troublés.
LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS
L'instrument, introduit sans difficulté, montra :
Tube droit. . . Urine claire.
Tube gauche . . Urine trouble.
Obs. 56. — Dégénérescence maligne des ganglions du hile du rein. Ilijdronéphrose légère consécutive. La séparation des urines montre une différence entre les urines des deux reins. — H. de 39 ans, journalier, entre à l'hôpital Beaujon, dans le service de M. le docteur Tuffier, pour une tumeur de la région rénale gauche. Cet homme raconte qu'on lui a enlevé un testicule tuberculeux, le gauche, quelques mois auparavant. Actuellement, il existe une grosse masse au niveau du rein gauche ; le malade est très amaigri. Dans ces conditions, étant données l'histoire antérieure du malade et la tumeur rénale actuelle, on pense à une tuberculose rénale gauche.
Le 3 octobre 1902, séparation des urines par M. le docteur Luys, qui donne les résultats suivants ; le séparateur a été introduit sans aucune difficulté et a été parfaitement toléré par le malade pendant 40 minutes :
L'analyse chimique a été faite par M. Carrion.
REIN DROIT
Quantité . . . .
1™ prise.
8 cmc. 80
3 cmc. 50
Total. .
12 cmc. 30
Urée (par litre) . .
1" prise.
12 gr. 81
18 gr. 49
Moyenne
15 gr. 65
Chlorures (par lit.).
1"^^ prise.
15 gr. 21
15 gr. 20
Moyenne
Albumine ....
1'''= prise.
traces presque
nulles.
REIN GAUCHE
5 cmc. 80
Examen microscopique
L'examen microscopique des deux dépôts a été le même : glob. r.
et glob. bl. très peu; quelq. cel.
en raquettes.
Ouelq. grosses cellules épith.
jaunâtres.
Précip. amorphe formé d urâtes.
5 gr. 85
très gr. quant.
Beaucoup de glob. rouges, nomb. glob.
bl. ; grosses cellules épithéliales jaunâtres vésic.
ou urétér. :
laplup.polynucl.cel.pet.
en raquettes ou cylindr.
Détrit. d'apparence albunoïde abond:
36 cmc.
14 gr. 09
9 gr. 36
traces.
Glob. rouges et glob. bl., relativ. peu.
Quelques cellules vésicales.
HENRI HARtiMANN ET GEÔRGES LUYS
Le 8 octobre 1902, le rein est mis à nu; il paraît sain, niais en avant de lui, et lui adhérant, on trouve une niasse ganglionnaire; pour enlever cette dernière il est nécessaire d'extirper en môme temps le rein.
Celui-ci est atteint d'hydronéphrose légère, due à la compression du hile par la niasse ganglionnaire, qui est de nature maligne. Il est évident que le renseignement donné par le malade (castration d'un testicule tuberculeux) était erronné, qu'il s'agissait d'un néoplasme, et que la masse actuelle n'est autre qu'une masse ganglionnaire secondaire à une tumeur testiculaire.
Obs. 57. — Hémahirie rénale gauche. — F. de 32 ans, entre le 9 octobre 1902, urinant du sang depuis 4 semaines. Ni fréquence, ni douleurs des mictions. Vessie de capacité normale. Un examen cystoscopique, fait le 43 octobre 1902, permet de voir très nettement l'orifice urétéral gauche, qui envoie des éjaculations sanglantes, tandis que l'orifice urétéral droit donne des éjaculations très nettes et très limpides.
Le séparateur, appliqué aussitôt après cette constatation, donne le résultat suivant :
Tube droit. . . Urines limpides sans traces de sang. Tube gauche . . LIrines sanglantes.
Obs. o8. — Ilémaliiries chez un prostatique. — Le 11 octobre 1902, un H. de 71 ans se trouvait dans le service de M. lo professeur Dieulafoy, à l'Hôtel-Dieu.
Depuis 2 mois environ, il avait des hématuries se reproduisant à des intervalles variables, mais n'étant influencées ni par la marche, ni par le repos. Parfois, il rendait des caillots sanglants moulés du calibre de l'uretère. Le malade accusait une légère douleur du côté du rein gauche. Cet homme était extrêmement gros, diabétique et urinait 6 litres environ par 24 heures. Le canal était libre, laissant passer un explorateur n''22. Mais le passage de tout l'instrument déterminait immédiatement un saignement appréciable dû à la traversée prostatique. La prostate, en effet, était extrêmement volumineuse. Le séparateur fut introduit assez facilement, malgré la grosse prostate; mais dans la traversée prostatique, il détermina une hémorragie assez abondante, laquelle produisit des caillots qui, se mettant de chaque côté de la cloison du séparateur, rendirent les conditions d'observation absolument impossibles.
I/instrument fut donc retiré sans qu'on ait récolté d'urine.
Obs. 39. — Ihjdronéphrose intermittente droite. Séparation en période de rétention rénale. Le rein gauche donne trois fois plus d'urine que le rein droit. — F. 20 ans, du service de M. le professeur Le Dentu, a des périodes pendant lesquelles la miction se fait normalement, d'autres où elle n'urine presque pas, d'autres enfin où elle a une débâcle urinaire caractéristique.
Le séparateur est appliqué dans la matinée du 8 octobre 1902, pendant une période de rétention. La malade en elîet n'avait pas uriné depuis la veille 3 heures de l'après-midi, et à 10 heures du matin, lorsqu'elle est sondée par M. Lafoy, interne du service, il ne s'écoule que quelques grammes d'urine claire.
LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALE DE l'uRINE DES DEUX REINS l8l
L'introduction de l'appareil est facile après légère dilatation de l'urèthre avec les bougies d'Hégar 7 et 8.
Le séparateur, étant laissé en place pendant un quart d'heure, donne le résultat suivant :
Tube droit. . . i centimètre cube d'urine claire. Tube gauche . . 4 centimètres cubes d'urine claire.
Le rein droit était en période de rétention.
Obs. 60. — Néphrile double diagnostiquée par la séparalion des urines. — H. de il ans, se présente le 18 septembre 1902, se plaignant de douleurs dans les côtés, de mictions douloureuses et d'urines troubles. La fréquence est le jour tous les quarts d'heure, la nuit il se relève 5 à 6 fois. L'urèthre, la prostate, les testicules sont normaux ; la vessie a une capacité de iSO grammes.
Le rein droit est très douloureux, la palpation est impossible.
Le 23 septembre, plus de douleur rénale; la paroi droite se laisse déprimer et permet de sentir le pôle inférieur du rein.
Le 26 septembre, analyse des urines (M. Giraudeau) :
Quantité en 24 heures 3.000 cmc.
Réaction • Neutre.
Densité 1.010
Urée (par litre) 11 gr. 34
Dépôt Cristaux de phosphates ammoniaco-
magnésiens et leucocytes; ni sucre, ni albumine.
Le 29 septembre, séparation des urines, qui donne :
HEIN DROIT REIN GAUCHE VESSIE
Urée. . . . , 9 gr. 60 10 gr. 24 11 gr. 52
Chlorures 6 gr. 75 6 gr. 60 6 gr. 30
: Albumine traces traces traces
Dépôt Leucoc. et mucus Leucoc. et mucus Leucocytes en
grande abondance et mu-
eus.
Cette séparation montre que les deux reins éliminent d'une façon à peu près égale, mais que leur valeur fonctionnelle est au-dessous de la normale.
Obs. 61. — Cystite tuberculeuse hémalurique avec conservation de la capacité vésicale. Le séparateur appliqué plusieurs fois montre que le sang vient tantôt d'un côté, tantôt de Vautre. — F. de 25 ans, vient le 6 septembre 190ràTa consultation Civiale, se plaignant d'u^-iner du sang depuis six ans. Les hématuries surviennent sans cause appréciable pour disparaître de même; elles sont presque toujours terminales.
HENRI HARTMANN ET GEORGES LUYS
La vessie a une bonne capacité de 300 grammes.
Les urines sont troubles et teintées de sang : le dépôt centrifugé et injecté à un cobaye fait mourir l'animal 4 mois après, avec des lésions tuberculeuses typiques de la rate, du foie, et des poumons.
Le séparateur, appliqué plusieurs fois, montre des urines sanglantes tantôt à droite, tantôt à gauche, et donne des résultats contradictoires.
En présence de ces résultats, la malade est soumise au seul traitement de sa cystite, qui, dans le cas particulier, consiste en injections d'air stérilisé ; celles-ci améliorent considérablement la malade et font disparaître les hématuries.
Obs. 62. — Tuberculose vénale méconnue, démontrée par la séparation. — F. de 37 ans, entre à l'hôpital Tenon, service du docteur Achard, salle Magendie, lit n" 19, le 10 septembre 1902, pour pyurie.
Deux ans auparavant, elle avait eu une hématurie survenue brusquement pendant la nuit et ne s'étant pas reproduite pendant un an et demi.
En février 1902, une nouvelle hématurie fait place bientôt à des urines troubles. Un chirurgien consulté propose l'ablation du rein droit.
Le 10 septembre 1902, la malade entre dans le service du docteur Achard.
Examen : La température est de 39» à son entrée. Elle se plaint de vertiges, céphalée, anorexie.
Reins : Le rein droit est volumineux ; on le sent par le palper bimanuel, mais il n'est pas douloureux.
Le rein gauche n'est pas senti, la pression n'est pas douloureuse dans la région rénale gauche.
Urines : Contiennent du pus et de l'albumine. Des urines troubles alternent avec des urines normales.
Fréquence : La malade urine toutes les heures. Capacité vésicule : 50 à 60 grammes.
Séparation du l*^' octobre 1902. — Le séparateur reste en place 30 minutes. L'analyse chimique des urines est faite par le docteur Achard.
REIN DROIT REIN GAUCHE
Quantité 7 cmc. 3 cmc. 5 cmc.
Urée (par litre) 4 gr. 64 4 gr. 75 2 gr. 89
Chlorures 6 gr. 04 5 gr. 26 6 gr. 45
Séparation du 9 octobre 1902. — L'appareil de Luys reste en place 51 minutes. Une injection sous-cutanée de bleu de méthylène a été faite une heure avant la séparation.
Tube droit. . . Urine claire, nettement teintée en bleu. Tube gauche. . Urine trouble presque pas teintée.
Analyse chimique faite par le docteur Achard ;
LA SÉPARATION INTRA-VÉSICALF: DE l'uRINE DES DEUX REINS