CHAPITRE IV
De l'infection lympliatique dans le cancer de l'estomac.
Gomme tous les épithéliomas, le cancer de l'estomac tend à envahir le système lymphatique. En étudiant l'extension locale de ce cancer, j'ai signalé l'importance qu'avait l'infection des vaisseaux lymphatiques intrapariétaux pour expliquer certaines particularités de cette extension locale, telles que l'envahissement étendu de la sous-muqueuse. Je ne reviendrai donc pas sur ce point et je me contenterai d'étudier ici l'envahissement ganglionnaire. Cet envahissement se fait par étapes successives. Détachées de la tumeur-souche, des cellules néoplasiques pénètrent dans les voies lymphatiques et arrivent ainsi jusqu'au ganglion dont est tributaire le tronc dont elles ont emprunté le parcours . Mais il est bien établi aujourd'hui qu'elles ne traversent point d'emblée ce ganglion. Confirmant les vieilles données de la clinique, les recherches histologiques modernes ont bien montré Tobstacle qu'oppose le premier relai ganglionnaire à la dissémination des cellules cancéreuses. Bien que forcément temporaire, cet arrêt des éléments néoplasiques n'en joue pas moins un rôle considérable. Tant que le premier relai ganglionnaire n'est pas franchi, l'intervention chirurgicale curative est encore possible, au moins dans le cas particulier du cancer de l'estomac. Cet obstacle forcé, la dissémination des éléments cancéreux dans le système lymphatique interdit toute opération radicale. Cette notion du premier relai nous servira donc à établir une division rationnelle dans notre étude des adénopathies consécutives au cancer de l'estomac.
Sous le nom d'adénopathies immédiates, nous décrirons la dégénérescence des ganglions qui sont l'aboutissant direct des lymphatiques gastriques.
Nous réserverons le nom d'adénopathies à distance à l'infection des groupes ganglionnaires, dont l'envahissement est consécutif à la dégénérescence plus ou moins complète du premier relai ganglionnaire, formé par les ganglions parastomacaux,
ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CANCER DE l'eSTOMAC