Et tibi, Domine, misericordia
Ce que ce psaume a peut-être de plus remarquable, c’est son rythme. Les différents vers y sont mêlés avec une variété remarquable, et leur cadence est sensible. Tous les versets, excepté le neuvième, commencent par des monosyllabes fort ressemblants; tout cela n’est sans doute pas sans quelque intention musicale ou métrique, comme dans les ps. des Degrés.
[1° 133 v.] — Ce ps. est une ode d’un homme persécuté, qui s’excite à mettre en Dieu toute sa confiance. Il a quelque ressemblance pour le ton et la manière avec le Quemadmodum desiderat. Son idée chérie de confiance [est] exprimée par le refrain... Dans les v. 11, 12 et 13, il tombe sur des pensées morales. dans le goût des livres sapientiaux, et s’y livre par manière d’écart poétique.
(5) Genebrard : « Dieu [dans la Vulg.] est pris ici appellativement, non essentiellement.. pour petra » (337).
(6) Id., 335, 338-339 : « Semel locutus est Deus, duo haec audivi... Une et deux fois, comme en latin, semel atque iterum, pour saepius. J'ai souvent entendu Dieu dire par les prophètes, etc... Autres interprétations, celles-ci allégoriques… Dieu a dit une parole, j’en ai entendu deux : Dieu enferme deux sens dans une ligne [le littéral et le mystique] ». On peut encore rapporter semel et duo à deux objets différents : semel, à la certitude de l'affirmation (Dieu a parlé irrévocablement) ; duo au pouvoir de justice et à la bonté de miséricorde, qu’on enseignerait ici convenir également à Dieu pour rémunérer chacun selon ses œuvres. Il est de fait que ces deux idées sont jointes passim dans l’Ecriture : puissance et bonté de Dieu, justice et miséricorde, vérité et commisération. — Ces considérations pouvaient être recommandées à l’attention de Renan par un souvenir de Bossuet, 17 Sermon pour la fête de l’Exaltation de la Ste Croix, Exorde : « Et j’ai entendu ces deux choses [dit le Psalmiste], qu’à Dieu appartient la puissance, et qu’à lui appartient la miséricorde ». Par où vous voyez manifestement que Dieu ne se olorifie que de sa puissance et de sa bonté» (Œuvres, XIV, 333-331; cf. dép supra, p. 21 et n. 2). — En tout cas le lecteur de Lowth n’a pas retenu l’explication qui se lit dans les Leçons (IT, 53), de ce « semel locutus est Deus, Bis etiam illud audivi». Le professeur anglais rattachait à l’étude des « parallèles synthétiques » ce qu’il considérait comme l’emploi du nombre défini pour l’indéfini.
220 Exégèse Biblique
Traduction.