‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 112 sur 138 · Fundens opprobrium super principes · texte numérisé non relu

Fundens opprobrium super principes

Pensée bien profonde, couvrir le prince d’opprobre, c’est tout détruire, rompre le prestige nécessaire, mensonge nécessaire.

41. Et tulum fecit pauperem e miseria, et posuit sicut gregem tribus.

Je pense que hinows# désigne génériquement les tribus. Tout de même, cela n’est pas naturel pour le retour de Babylone.

jan, nom générique désignant souvent le peuple d'Israël, ton pauvre peuple, souvenir conservé dans l’esprit traditionnel de la nation de leur captivité d’autrefois.

(d) [ ] Znterl.

(14) Matth., NV, 13; (Luc, XIV, 34.

(15) C'était l’opinion du Chaldéen, rapportée par Genebrard, 692. (16) Renan a lu la version du P. Houbigant apud Lowth, II, 264.

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[f° 136 v.] — Je mettrai ici simplement les remarques que j'avais faites sur ce ps. avant d’avoir connu ce qu’en dit Lowth. — J'y trouvais plusieurs signes de modernité : 1° pas d'emploi du Séla, 2° pas d'emploi du merkamahpach, 3° pas de titre, 4° quelquefois un mètre singulier, de huit pieds, etc., 5° des idées modernes, mention de la couleur synagogique du temps de J. C., grande préoccupation des traditions : le poème est tout traditionnel, et ressemble fort aux discours de St Etienne et St Paul dans les Acies des Apôtres qui ne sont que des répétitions fastidieuses des mêmes faits : poésie et éloquence, tout alors était tradition (e). — Le ton me paraissait mat, didactique, imitatif, à tableaux, dans le goût de celui du Livre de la Sagesse. Je le trouvais aux autres psaumes ce que le Livre de la Sagesse est aux livres sapientiaux anciens. Je trouvais la poésie lourde et sans inspiration, les digressions artificielles, sentant le dessein formé ; le retour du refrain n’est sans doute pas sans élégance, mais il me semblait encore artificiel et recherché, par ex. cette affectation d'appliquer la même phrase narrative à des événements divers. Ce n’est pas le naturel sentimental du Quemadmodum desiderat et du Nonne Deo subjecta erit. Remarquez encore comme les tableaux y sont épuisés. C’est tout à fait le genre d’Ezéchiel : on voit l'intention de faire tableau; on voit la main réfléchie, calculée. Rien n’est oublié, la mer, les matelots, le retour au port, la joie et le pourquoi (v. 30), comme si cela n’était pas par trop clair. — Il est sûr au moins que le rythme de ce psaume est à peu près uniforme, c’est le grand hexamètre, et non les stances mêlées, ce qui est plus lyrique, et a lieu dans les grandes odes. [f° 137 r.] Cela va du reste fort bien avec le ton général de l’ode. Ce n’est pas un chant inspiré par quelque grande circonstance, mais un hymne fait à plaisir, avec calme et de dessein formé. C’est un vrai travail de poésie et un vrai morceau littéraire, sans grand but unique, si ce n’est de louer Dieu. — Ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que ce ps. compte deux et peut-être plus de versets intercalaires, disposés avec beaucoup d’art. — Voyez du reste en correction de quelques-unes de mes observations, celles de Lowth, II, p. 126 (17). Elles sont toutes fort justes, et je vois que la plupart des reproches que j’adressais à ce ps. s’adressent à l’essence même du genre dont il fait partie, l'hymne ou

(e) [En marge] On ne peut nier pourtant que la forme et la disposition ne soient charmantes.

(17) II, 238 : « Parmi les cantiques désignés chez les Hébreux par une dénomination commune, il en est qui s’éloignent en quelques points, de la nature de la Poésie lyrique, et qu’il ne serait pas convenable de comprendre dans l’espèce qui porte le nom d’Ode. Nous avons cru qu’il fallait plutôt en former une classe particulière, que nous distinguerons par celui d’Idylle ». Il faut entendre par Jà (240) «un poème d’une médiocre étendue, dont le style est tempéré, égal et principalement dirigé vers la douceur et l’élégance, et dont le plan simple et naturel peut être facilement saisi. Les poètes hébreux possèdent en ce genre quelques modèles achevés », ainsi les ps. historiques, « destinés à célébrer les louanges de Dieu, par l’'exposition des... miracles qu’il avait opérés en faveur de son peuple », et qui (241) ont un rapport parfait avec les hymnes des Grecs. — Le ps. CVII «est consacré

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l'idylle (f). Comme ode, il serait insoutenable. Comme le remarque fort bien Lowth, ce poème est consacré à célébrer les bontés de Dieu sur les hommes, et pour cela il entre dans les particularités.

Il se divise en cinq parties ou tableaux, sans compter l’exorde et la conclusion; et chacune, excepté la dernière, est terminée par le v. intercalaire amplifié selon la nature de la partie qu’il termine; de plus chaque partie se divise en deux parties..., et la transition de l’une à l’autre se fait toujours par le deuxième verset intercalaire qui, comme dit fort bien Lowth, n’est pas proprement un vers. intercalaire d’après l’idée qu’il en a donnée p. 125 au bas (18).

La première partie... célèbre la délivrance du désert, et est historique. La deuxième partie... célèbre une délivrance d’une captivité. Elle est très probablement historique, et est peut-être une répétition sous une autre image du tableau précédent. Pourtant il y a des traits qui ne peuvent se rapporter au désert, par ex. le v. 16°; c’est plutôt la captivité d'Egypte; mais pourtant le poète suppose au v. 11 que la cause de cette captivité sont les péchés du peuple; or l’Ecriture ne fait mention d’aucun crime qui ait précédé et causé sette captivité. Peut-être était-ce de tradition, dont ce ps. est imprégné. Quant à la captivité de Babylone, ce n’est pas la couleur; il n’est fait mention ni de Sion, ni de Jérusalem; d’ailleurs je crois maintenant ce ps. ancien. Peut-être aussi cette partie n'est-elle pas historique mais descriptive, comme la quatrième partie... [f° 137 v.! La troisième partie célèbre la délivrance de la maladie. Elle peut être historique et faire allusion ou aux fléaux des serpents dans le désert, ou plutôt à quelque peste qui avait sévi sur le peuple. (Remarquez la beauté et le symbolisme de cette ordonnance: le cri vers Jéhova servant de transition du malheur à la délivrance, dans le poème comme dans l’ordre réel). — La quatrième partie célèbre la délivrance du naufrage; elle est certainement purement descriptive... La cinquième partie diffère essentiellement des quatre précédentes: on n’y remarque plus aucun jeu des versets intercalaires. L'ordre des pensées n’y est pas non plus le même. — Elle comprend du

(f) [lnterl.] C’est comme si on reprochait à la pastorale de n'avoir pas le ton de l’ode.

à célébrer la bonté et la miséricorde que Dieu fait éclater en faveur des hommes, au milieu même des maux cruels qui peuvent les atteindre; et cette bonté est prouvée par les secours puissants qu’il leur accorde quand ils l’invoquent, soit qu'ils errent dans les déserts, soit qu’ils souffrent de la faim, qu’ils soient plongés dans les cachots, qu’ils aient à lutter contre la maladie, ou enfin qu’ils soient exposés à la tempête » (245).

(18) 1b., 246-247 : « Le poème... se divise en cinq parties à peu près égales, dont les quatre premières sont terminées par un vers intercalaire qui exprime le dessein et le but de cet hymne» (c’est le v. 8, 15 etc.), et qui est «constamment diversifié par l’addition d’un second distique », à moins qu’il ne soit « répété et amplifié par l’addition de nouvelles images ». « Partout la transition de la description des maux à celle de la délivrance est ménagée avec la dernière élégance, par la répétition » d’un autre distique (c’est le v. 6, 13 etc.), qui (248) « cependant ne paraît pas avoir le caractère du vers intercalaire » ou refrain.

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v. 33 au v. 41. — Dans les v. 33 et 34, le poète célèbre les punitions de Dieu au lieu de ses bontés: il fait évidemment allusion à la destruction de la Pentapole (19). — Mais dans les v. 35-38, il célèbre les bontés opposées de Dieu sur son peuple, par des allusions historiques qu'il n’est pas facile de déterminer. S'il s’agit du désert, les v. 37 et 38 ne s’expliquent pas; s’il s’agit de l’établissement en la Terre promise, le v. 35 ne s'explique pas, à moins de quelque tradition, ou de le prendre au sens métaphorique (g). — Les allusions des v. 39, 40, 41 ne sont guère moins difficiles à saisir. La meilleure explication serait la captivité de Babylone, mais. [sic] Il vaut mieux l'appliquer encore au désert, en suite avec ce qui précède, et supposer quelque fait historique en ce goût-ci : les Israëlites auraient fait quelque établissement solide dans le désert, dont Moïse ne parlerait pas au long ; ils y auraient planté, etc. Puis ils auraient péché. Dieu les aurait punis (c’est peut-être le massacre des chefs dont parle Moïse (20), et auxquels on fait allusion aux v. 39 et 40), et fait errer de nouveau dans le désert (v. 40) et enfin délivrés définitivement en la Terre promise (v. 41). Peut-être n’y a-t-il pas suite entre le tableau des v. 35-38 et celui des v. 39-41. Peut-être le premier peint-il la prospérité de la Terre promise, puis le poète rétrograderait, et dans le second peindrait les malheurs du désert. — La conclusion comprend les v. 42, 43 (Voyez sur tout cela Lowth, t. II, p. 126-et 136).

[f° 138 r.] Traduction.

[f° 138 v.] 25. Il parle, et le souffle de la tempête se lève, et va gonfler les flots.

26. Ils montent jusqu'aux cieux, ils descendent jusqu'aux abîmes, l’âme des nautoniers se dissout à la vue du danger.

27. Ils sont saisis du vertige, leurs pieds chancellent comme à un homme ivre, toute leur prudence se dévore elle-même (h).

(g) [En marge] Peut-être croirais-je ce ps. du temps de l’établissement du peuple en la Terre promise sans le premier vers., qui est des temps davidiques. Il n’est pourtant mention ni de l’arche ni de Sion, qui occupaient alors si fort les esprits, et dont on voyait toujours quelque allusion, même dans les sujets qui les appelaient le moins. ;

(h) [En marge, en face de ces trois v.] Tableau vraiment beau.

(19) Cf. Genebrard, qui rappelle Gen., XIII et XIX (692). (20) Peut-être Nombres, XVI.

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[f° 139 r.] PSAUME XXXIX.

(Dixi : custodiam vias meas)

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