‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 117 sur 138 · Saturantur ligna Jehova cedri Levanon quae plantavit · texte numérisé non relu

Saturantur ligna Jehova cedri Levanon quae plantavit

‘ Ligna Jeh., expression peu usitée, et qui ferait croire que p:n5x suivant un construit, cedros Dei etc., n’a pas le sens de validus etc. qu’on lui prête : car voici Jéhova en un endroit semblable, et nul n’a pensé à lui donner ce sens. Il vaut mieux rendre vaguement et mystérieusement : les arbres de Dieu [V. la note de Genebrard, p. 661 au haut (16)] (b).

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Pia avis, ciconia (17). — La pieuse. — Noms hébreux en épithète comme

(a) [Zn marge] Les peuples enfants aiment beaucoup à donner ce sens au mot cœur, tout ce qui fortifie l’intérieur, c’est le cœur : ainsi en breton chalon.

(b) [Add. interl. avec un renvoi pour l’add. marg. suivante] Le parallélisme donne une grande force à l’idée de Genebrard (c).

(c) [En marge, au-dessous] De Jéhova est évidemment en parallèle avec Qu'il a plantés. Idées mystérieuses des anciens sur le bois : Cedros Dei.

(13) Genebrard : « Expectabunt onagri in siti sua». «Les ânes sauvages attendront ces eaux (des sources), quand ils auront soif... Il mentionne les Onagres, parce que ceux-ci hantent surtout les déserts, ce qui les fait vivre dans des lieux arides et altérants. D'ailleurs ils sont naturellement secs et altérés (Jer., II, 23) » (634, 641).

(14) Vatable propose entre autres sens « ad usum hominis » (104).

.. (15) Glaire, Lex., 575 b. Genebrard insiste sur le sens d’onguent, huile se disant plutôt tsar (642).

(16) Genebrard : « Dans les amplifications on se sert de noms divins..… Il appelle ainsi des arbres très hauts, ou ceux qui poussent sans que l’homme les cultive : de ceux-ci il y en a même que la culture détériore.. Tels sont le sapin, le pin sauvage etc..…., que Dieu est censé planter seul, arroser, faire croître... [Quas plantavit] Dieu à lui seul plante les forêts, en ce sens qu’il donne à un sol la force de se couvrir d’arbres sans que l’homme y emploie ses outils etc...» (643).

(17) Cf. Glaire, Lex., 213 b.

PU

Psaumes Choisis 23b

la Blanche pour la lune Uns55 ]. De même en français la Scabieuse (18), etc.

[f° 144 r.] 18. Montes excelsi ibicibus, rupes refugium muri jaculo.

Sur le :5w, voyez Glaire et Genebrard (19). C’est quelque rongeur fouisseur (d) (ayant quelque chose du porc (xoigéyovkhoc)). Il se peut que ce soit par erreur qu’on le place au Lévit. parmi les ruminants (20) : il était facile à un peuple ignorant sur l’histoire naturelle de se tromper en cela.

19. Fecit lunam in tempora constituta, sol cognovit occasum suum.

Peut-être comme dans la Genèse, ch. I, pour marquer les temps notables des fêtes, des semailles, etc. (21), mais le parallélisme exige : pour se lever en ses temps fixés.

20. Ponis tenebras, et est nox, in ea replabit omnis bestia silvae.

Le deuxième futur a une beauté particulière, et est bien de ceux de Lowth (22).

(d) [En marge] Il y a beaucoup d'animaux de ce genre qu’on désigne du nom de porc, porc-épic, etc., cochon d’Inde; le saphan était probablement de cette classe, — L'autorité de St Jérôme en Genebrard est spécialement forte, car il a habité la Palestine, et il dit ce qu’il à vu, mus et ursus, où le porc mus est le type du rongeur, mus jaculus, etc. Les anciens les appelaient tous ainsi de ce nom générique, ne poussant pas si loin les distinctions.

[{nterl.] Les inexperts confondent tout cela: animaux trapus, cela suffit. Ces caractères généraux sont plus sûrs pour juger quel était cet animal (il tenait de l’ours, du cochon etc.) que ces caractères trop spécifiques (il ruminait, etc.) sur lesquels ils ont pu se tromper, et non sur les autres qui sont des apparences générales.

(18) Il existe un adjectif scabieux, signifiant : qui ressemble à la gale. La scabieuse aurait reçu son nom des propriétés dépuratives qu’on lui supposait (Littré). Le Dictionnaire de l'Académie ne maintient pas, dans sa 6° édition (1835) (II, 711), ce que sa 5° (1825) porte à Scabieuse : « Plante ainsi nommée, parce qu’elle est employée à la guérison de la gale » (IT, 550).

(19) Lezx., 582 b : « C’est un quadrupède ruminant (Lew., XI, 5), vivant dans les roches, d’une astuce remarquable : tous caractères qui conviennent au mus jaculus de Linné ». — Genebrard : « Petra refugium herinaceis ». « Les hérissons, ou les lapins qui ont leurs cachettes sous terre. Selon St Jérôme, Saphan représente un animal plus gros que le hérisson, ressemblant au rat et à l’ours; d’où le nom d’äoxroudv, qu’il porte en Palestine, où il y en a une grande abondance, habitant toujours dans les creux des roches et les trous de la terre. D’autres croient que c’est le lapin, d’autres le xoipwyevklos (l’êyivos d’Hésychius) » (634, 644). Selon Le Hir, les animaux mentionnés dans ce verset sont des chevreuils et des gerboises (Les Ps., 236).

(20) Voir le locus indiqué par Glaire : ce verset a été l’objet des raïlleries répétées de Voltaire.

(21) Genebrard énumère, parmi les offices de la lune, la distinction des fêtes, du printemps, de l’automne (saison des semailles). D’après lui, il ne faut pas restreindre le sens aux fêtes et solennités. « Car le mot signifie en général n’importe quelles époques certaines et déterminées, comme sont les quatre saisons de l’année, Genèse I » (644-645).

(22) Dans sa Leçon XV, Lowth signale cette tournure fréquente de l’hébreu poétique, qui consiste à exprimer les événements passés par un futur (1, 289). Un peu plus loin, il en prend « un exemple très élégant » dans la « disposition générale

236 Exégèse Biblique

21. Leones juniores rugientes ad praedam, et ad quaerendum Deo escam

suam.

sww , harmonie imilative, comme rugir. Les mots exprimant ces idées en ont presque toujours. — Ad quaerendum. Les Hébreux aiment à voir dans le cri des animaux une prière pour demander à Dieu leur nourriture. Idée très poétique. Les petits des corbeaux, etc. V. ps. CXXXV, v. 25: ps. CXLVI, v28; A JOARA, r AX) (6):

22 ROTUUTESO LE.

Suite remarquable avec ce qui précède, la nuit, puis le jour. La marche et les transitions de ce ps. sont admirables. Encore des 4 paragogiques rimant. Il paraît que cela avait une élégance particulière, surtout en rime.

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