Dominans in potentia sua (in) aelernum
Peut-être qui dominatur aevum, aeternitatem (Rabb. mundum (3), ita in N. Test.) (4).
9. Ponens animam nostram in vitam, et non dedit vacillationi pedem nositrum.
Voilà probablement le verset qui a donné lieu à l’application à la résurrection (5). [Trait pris d’un ps. des Degrés (6); cela prouverait la modernité de ce ps., car évidemment c’est celui-ci qui a emprunté; les ps. des Degrés sont autrement uns] (b).
[f° 143 v.] 22. Ingressi sumus in ignem et aquas.
Ignis et aqua, toute sorte de maux (7). Idée de l'opposition subite du froid et du chaud comme un grand tourment, a dominé de tout temps, Milton (8), etc...
15. Holocausta pinguium ascendere faciam tibi, cum adipe arietum, sacrificabo tibi bovem cum hircis. Sela.
(a) [En marge] En voyant en ce v. 6 une métaphore historique pour une délivrance postérieure, cette exclamation se conçoit parfaitement, et ne paraît pas forcée.
(b) [ ] Znterl.
(2) Glaire (Leæ., 370 a) à -53 : « Avec l’article, l’Euphrate... Une fois le Nil (Is., XIX, 5), d’après le contexte ». Vatable : « Ailleurs (ps. LXXII, 8 [cf. supra, P. 132 et p. 135], c’est l’Euphrate qui est ainsi appelé. Ici il s’agit du Jourdain » (65). Genebrard voit aussi dans ce verset une allusion au Jourdain (355).
(3) Ce sens de monde est indiqué par Genebrard comme uniquement rabbinique (1b.). La phrase signifierait alors, dit-il, « qui domine la terre et le monde », mais il le trouve peu vraisemblable.
(4): aiwv est donné comme équivalent d’ 05: par Leopold, 284 a. Mais il serait traduit plutôt par saeculum que par mundus.
(5) Le Chaldéen : « ...ad vitam venturi saeculi » (apud Genebrard, 356).
(6) Ps. CXXI (v. 3), étudié supra pp. 157-159.
. (7) Genebrard : «Proverbialement, pour tous genres variés et contraires de peines et de calamités » (loc. cit.).
(8) Renan avait lu Milton à St Nicolas dans une traduction accompagnée des notes d’Addison. Voici le passage qu’il avait en vue. Il existe une contrée de l’enfer, « où les frimas de l’air brûlent tout, et le froid produit le même effet que le feu ». Les anges déchus « sentent tour à tour la différence horrible d’un contraste furieux. Le changement ne fait que rendre leur sort encore plus rude. Tantôt [ils sont] plongés dans la glace au sortir d’un lit de feu terrible..…, tantôt ils sont rejetés dans le feu » (Le Paradis Perdu, t. TI, livre second, 94-95).
Psaumes Choisis 241
Voyez sur tout ce verset la note de Genebrard qui est fort bonne (9). — Enumération des diverses sortes d’holocauste.
16. Venite, audite, et narrem, omnes timentes Deum, quae fecit animae meae.
Cri d’une profonde psychologie. Besoin de dire les grandes choses que Dieu nous a faites. V. Boss., Elév. (10).
[f° 149 r.] — Ce ps. n’a ni couleur ni marche bien caractérisée. Sa poésie n’est pas brillante, comme la davidique. Remarquez qu’il n’a pas le nom de David. Il a plusieurs traits de ressemblance avec les hymnes, son mètre est le même [avec quelques irrégularités, et cette différence, entre autres, que le Séla] s’y trouve deux fois aux places ordinaires, et une fois de plus au milieu (c). — Son idée dominante est de louer Dieu des maux dont il a délivré le peuple. On peut se contenter d’y voir des allusions historiques à la sortie d'Egypte, mais l'explication est plus complète en l’appliquant à la captivité de Babylone, car il s’occupe beaucoup des nations étrangères. Il pourrait aussi se rapporter à quelque délivrance particulière du peuple sous les Rois ; car il n’a rien qui exige l’exil et la grande captivité. — Les cinq premiers versets qui font une sorte d’exorde, sont les formules laudatives que les Hébreux aimaient à accumuler à tout propos. Elles font quelques allusions aux nations étrangères, dont le poète est préoccupé. — Les v. 6-12 forment comme le sujet circonstanciel du ps. Le poète y rappelle la délivrance d'Egypte, type de toutes ces délivrances (V. Lowth) (11). Il fait le tableau de la misère passée, selon l’usage des Hébreux en ces sortes de cantiques d’action de grâce (V. Cantique de Débora) (12). ...Le plan de ce ps. n’est pas dessiné très fortement. Le v. 16 est beau, comme exprimant un beau
(c) [En marge] Le nom de Jéhova n’est pas employé une fois. Toujours Elohim, et Adonaï au v. 18
(9) Genebrard : « Holocausta medullata offeram tibi cum incenso arietum : offeram tibi boves cum hircis ». « Medullata : pleins de moelle et de suc, gras, choisis (cf. 1s., V, 16). Cum incenso : en brûlant de la graisse de bélier. Trois sortes d’holocaustes ont été instituées par Dieu : des béliers, des bœufs et des boucs. Il n’était pas permis de sacrifier avec une autre espèce de quadrupède. Dieu avait ordonné dans le Lévit. et le Deutér. de lui offrir ce qu’il y avait de meilleur » (354, 357).
(10) Il s’agit vraisemblablement de la XIVE sem., 6° Elév., où Bossuet cite et paraphrase la seconde partie du Cantique [de la Ste Vierge] à ces paroles : Le Tout-Puissant m'a fait de grandes choses (Luc, I, 49) (Œuvres, t. VIII, 337).
(11) Leçon IX : « La sortie de l’Egypte, qui a fourni matière à tant de descriptions magnifiques, s'applique aussi, par une métaphore très usitée, à beaucoup d'événements d’une nature à peu près semblable. Dieu veut-il promettre à son peuple, son secours, la liberté, le salut et ses faveurs? Aussitôt se présentent bien naturellement à l’esprit du Prophète la sortie de l'Egypte, les flots de la mer divisés... » (I, 174).
(12) Voir notamment Juges, V, 6, 8. Description de «l’état du peuple au moment de la délivrance » (Note de Renan à ce Cantique, vol. 11480, fo 27).
242 Exégèse Biblique
sentiment mystique, mais c’est une beauté postérieure et extrinsèque, et non du psaume, comme toutes celles que les interprètes ont créées.
[f° 149 v.] Traduction.
9. Il a rendu notre âme à la vie, il n’a pas laissé notre pied chanceler.
[f° 150 r.] PSAUME CVIII.
(Paratum cor meum)