LXXVI
Les aspirations, en hébreu au moins, expriment l'esprit, Dieu, la force (iehovah, rouah (63), etc.) *
L’aspiration c’h* est impossible au milieu des mots.
Ce soir, j'avais arrangé mes couvertures d’un manière inaccoutumée, et dans mes rêves j'étais comme dans ur état de gêne, comme si je n'étais pas dans mon assiette, je me suis réveillé sous cette impression, etc. Fait prouvant l'influence de l’état du corps sur les songes (64).
[f° 481 r.] LXXIX
Saint Augustin résume ainsi le bonheur du ciel: Gaudium de veritate (65).
LXXVI * la force. (La parenthèse est omise) LXXVII * L’h
(61) Cf. E. Renan à St Sulpice, et La douloureuse Passion de N. S. J. C. etc., 28 : « Lorsque j'étais chargée des fonctions de sacristine, je me sentais tout d’un coup comme ravie, et je montais et me tenais dans des endroits élevés de l’église, sur des corniches, des saillies de maçonnerie et des moulures, où il paraissait impossible d’arriver humainement ».
(62) En rapport, ainsi que le n° suivant, avec le Cours d’'Hébreu de Le Hir. Pourquoi ces deux Notes ont-elles place dans les Observations? Qui sait ce que le Sulpicien a pu dire sur le symbolisme psychologique de ces particularités ?
(63) Nom hébreu signifiant souffle (Cf. Gen., I, 2).
(64) Cf. D. Stewart : « Nos songes nous sont souvent suggérés par les sensations qu’éprouve le corps » (Eléments etc., II, 93).
(65) Cf. Bossuet, 1V®° Sermon sur la Circoncision, 3 Point: « Dans la bienheureuse immortalité,.. il ne restera dans les cœurs que le plaisir... de la vérité, et un amour suprême.…., constant.…., immuable pour la justice : gaudium de veritate, dit St Augustin (Conf. lib. X, c. 23, t. I, col. 182) » (Œuvres, t. XI, 559). — 1b. : « Nous serons alors pleinement entrés dans la joie de N. $S. : Intra in gaudium Domini (Matth. XXV, 21). C’est autre chose que cette joie entre en nous, autre chose que nous entrions en cette joie. Notre âme est comme un vaisseau..., et la joie y est versée comme une liqueur. Cette liqueur a été comme répandue dans tous les objets qui nous environnent, et l’action de nos sens va l’...exprimer de tous ces objets, pour la faire couler dans nos cœurs ainsi qu’un suc agréable... » (557). « Mais dans la bienheureuse immortalité, la joie de N. S$. n’entrera pas tant dans notre âme, que notre âme entrera... dans cette joie du Seigneur comme dans un abîme de félicité... » (559).
54 Philosophie et Théologie
Bossuet explique ainsi Intra in gaudium Domini tui. Les joies des sens entrent dans l’âme, l’âme entrera dans la joie du Seigneur. (V. Quatrième sermon sur la Circoncision, 3° partie).
« Souvent les joies du monde peuvent s’accorder; souvent même, leur variété fait leur plus doux assaisonnement. La joie du ciel est incompatible, le moindre mélange la corrompt, et elle perd tout son goût et tout son agrément, si elle n’est goûtée* toute seule ». (Bossuet) (66)
Je me demandais ce matin si un certain esprit de ce temps, que nous regardons comme très fin, <ne> deviendrait* pas un jour niais, comme est pour nous celui du XVIII siècle. J'avais peine à me le figurer, et pourtant l'induction m’en* convainquait. Au XVIII siècle, on ne se le figurait pas aussi*; et cela se comprend, parce qu’on n’était que sous l’impression des éléments mêmes qui produisaient cet esprit. Cela mènerait bien à la relativité du goût. Pourtant il y a aussi un esprit, qui sera toujours esprit.
Quand le feu ne brûle pas, il noircit, dit Rodriguez (67). [f° 481 v.] LXXXIV
« C’est une erreur, dit Abbadie, de s’imaginer que notre âme aime la vérité en tant que vérité. Il n’y a point de plus grandes ni de plus certaines vérités que les vérités que tout le monde connaît, cependant il n’y en a
LXXXI * n’est pas goûtée LXXXII * fin, ne deviendrait * me
* ainsi
. (66) Ib. Voici comme ce passage est introduit : « Au milieu de ce mélange la joie du ciel descend dans notre âme. Mais elle y entre... comme dans un vais. seau corrompu, et déjà rempli d’autres joies sensibles qui altèrent la pureté de cette sainte... joie. C’est pourquoi le cœur humain est partagé, et les entrées étant ouvertes à la joie du monde, elle ne gagne que trop souvent le dessus. Souvent etc.» (558-559). (Dans le texte de Bossuet, après leur variété : et leur mélange).
(67) Op. cit., Ÿ. IV, 268 (De la Chasteté) : « Les moindres choses ternissent la chasteté... De même que partout où la flamme passe, elle laisse des marques plus ou moins, selon qu’elle s’est plus où moins arrêtée, et que si elle ne brûle elle noircit : de même, lorsque [les mauvaises pensées] ne nous brüûlent pas tout à fait, elles nous noircissent du moins ».
Observations et Faits Psychologiques 55
point* de plus indifférentes. D’où vient cela? C’est que la vérité ne nous paraît point aimable pour* elle-même, mais seulement en tant qu’elle peut nous distinguer (68) ». Analyse incomplète et partielle.
Fait de songes (69). — Ce matin, je reposais plus tard qu'à l’ordinaire, et à l’heure où je pensais qu’on ferait la visite (70), je rêvais que réellement on la faisait dans la chambre voisine, mais avec une inconcevable réalité. Puis on entre* dans la mienne, pour la faire réellement, ce qui me réveilla, mais de telle sorte que c'était la continuation réelle de mon songe; aussi étais-je complètement démonté. Je crois même qu’au moment où entra le visiteur, j’éprouvai un sentiment tout à fait analogue à ceux des n® XVI, LIIT. Quoiqu’en rêvant je ne visse pas celui qui faisait la visite dans l’autre chambre, je ne laïssais pas de juger avec certitude que c'était M. Philpin. Ceci est très remarquable, car enfin quelle raison en avais-je? Je croyais le voir d’une certaine manière à travers le mur.
« On entend quelquefois prononcer en soi des paroles qu’on ne voudrait jamais avoir prononcées ». [f° 482 r.] Fait d’une haute importance, parfaitement dépeint par ces mots de Rodriguez (voyez Traité de la Chasteté) (71). Je l’ai éprouvé à la lettre en moi. Cela est inexplicable sans le démon et la religion chrétienne. Et pourtant c’est bien sûr.
Pourquoi on se gratte quand on <<a>> une* démangeaison quelque part. C’est un phénomène tenant à l’attention. La sensation de la démangeaison est légère, et par là agaçante pour les nerfs. Or, en se grattant, on produit une sensation beaucoup plus énergique, qui détourne toute l’attention de la démangeaison. Mais quand cette sensation forte s’affaiblit, l’attention s’affaiblit aussi et se reporte sur la démangeaison. C’est comme quand, pour étouffer un petit bruit, on fait un grand bruit. Toutefois, il peut arriver que
LXXXIV * pas , par
LXXXV * entra
LXXXVII * on a une
(68) Op. cit., 238-239; à propos des Sages qui s'occupent de la nature.
(69) Cf. déjà supra n° XVI, XLIII, LII, LIII, LXXVIII.
(70) La visite était faite par un Sulpicien (ici M. Philpin), qui, après l’heure où tous les séminaristes devaient être descendus dans la «salle des exercices » pour l’Oraison du matin, passait dans les chambres, afin de s’assurer qu'aucun n’était resté dans son lit.
(71) Op. cit., 289. Quant à l'influence que la démonologie de Rodriguez à exercée sur Renan, cf. Æ. Renan à St Sulpice.
56 Philosophie et Théologie
l’ébranlement des nerfs produit par le grattement soit si fort, qu'il étouffe tout à fait celui de la démangeaison, qui par là ne revienne* plus.
LXXXVIIT
Autre fait qui s'explique par l'attention. J'avais observé depuis longtemps le fait suivant, mais je l’expliquais mal. Je veux sentir un battement à une partie du corps, j'y porte mon attention, et en effet, un instant après, j'y sens [f° 482 v.] un battement, comme quand la partie est malade. J’expliquais cela en disant que la volonté, quoi qu’on en dise, pouvait avoir quelque effet sur le mouvement du sang. Mais j’ai réfléchi qu'il valait beaucoup mieux l'expliquer par l'attention. Nous ne sentons le battement du sang nulle part, parce que se faisant partout, et notre attention ne se
portant nulle part, il n’y a pas* de raison de le sentir à un endroit plutôt qu’à un autre. Mais quand nous portons notre attention à un endroit, alors la sensation existe véritablement à cet endroit. Il n’est donc pas exact de dire que le mouvement du sang ne produit pas de sensation, il serait plus rigoureux de dire qu'il y a tout ce qu'il faut pour la sensation, mais qu'il y
manque l'attention. J’ai cherché à vouloir sentir ce mouvement à un endroit, sans porter mon attention à cet endroit, et cela s’est fait idem, mais je pense que je m'’abusais, et qu’en effet mon attention y était sans que je
m'en doutasse, car cela m'avait l’air d’une possibilité.
Il est remarquable que, dans les différents métiers, ceux qui les exercent s’attachent très réellement aux instruments de ce métier, et s’identifient en quelque sorte avec eux. Ainsi j'ai vu un marin dans une colère épouvantable, parce que je lançais (a) une petite pierre contre un navire (qui n’était pas le sien). Savez-vous la raison qu’il me [f° 483 r.] donna? Si on vous jetait une pierre, dit-il, cela vous ferait-il du bien? De même... Et on me fit observer que cela était général dans les marins. L’habitude contractée de se servir de certains objets porte non seulement à s’y attacher, mais à les personnifier. On se figure qu'ils vous* aiment, ainsi ses livres, etc. De même les voituriers pour leurs chevaux. J’en ai entendu un dire qu’il aimait mieux qu'on le maltraitât que ses chevaux. Cela doit tenir aussi beaucoup au principe qui nous identifie à notre propriété. Nous la regardons comme une extension de nous-mêmes, et voilà ce qui nous y attache si fort*.
a) 17e réd. parce qu’un enfant lançait
LXXXVII * revient LXXXVIII * le battement du sang nulle part, il n’y a pas LXXXIX * nous
* ce qui nous y attache.
Observations et Faits Psychologiques 57
Nécessité de la grâce. Pour guérir le cœur de l’homme, il faudrait guérir sa raison, et pour guérir sa raison, il faudrait d’abord guérir son cœur. Impossible de sortir de ce cercle que par un secours extérieur.
(Abbadie) (72)
Quand nous souffrons quelque chose, que nous savons ne devoir avoir aucune suite, et que de plus nous sommes maîtres de faire cesser à l’instant, nous n’en souffrons rien : je l’ai éprouvé, ce qui prouve que c’est surtout l’avenir que nous craignons, c’est le [f° 483 v.] bien ou le mal de l’avenir qui fait impression sur nous. Nous ne tenons pas au mal présent en tant que présent.
XCIT
L'homme le plus embarrassé est souvent le plus insolent (en cherchant à ne pas le paraître). Pensée de M. Chesnel (73). Qu'il est fin, ce garçon-là!
Le moyen de s’insinuer dans la faveur des grands, dit Abbadie, n’est pas de faire qu’ils vous* aient obligation, mais que vous leur en ayez (74). Cela est très singulier, et pourtant admirablement vrai. Le premier nous les soumet, le second nous soumet à eux.
Les Ecossais ont reconnu pour principe dans l’homme le désir de souveraineté (75), et ils ont raison pour le fait. Mais est-il facile de justifier ce principe comme tous les autres, en disant qu'il tend au bien, et qu’on le détourne au mal? Je n’en sais rien. M. Lacordaire a beau dire (Quatrième
XCIII * nous
(72) Op. cit., 244 : « Le cœur ne peut être corrigé que par la raison, la raison ne peut être éclairée par le commerce qu’elle a avec le cœur, qui est-ce qui remédiera à ce désordre? [ Personne, si ce n’est] Dieu même agissant par sa grâce ».
(73) M. Chesnel était un séminariste, que Renan avait trouvé à St Sulpice, et sur le compte duquel il écrivit à Liart, le 18 novembre 1843 (Fragm, int., 249).
(74) Op. cit., 292. |
(75) Cf. D. Stewart, Esquisses de Phil. Mor., 52, sur le désir du pouvoir; et 56, sur celui de supériorité.
58 Philosophie et Théologie
conférence) (76), cela n’est pas juste en soi. Donc il y a eu chute. Pourtant on voit qu'il était bon en son principe, dominer en général, régner, c’est en effet la fin de l’homme, mais que l’objet de ce principe soit nos semblables, comme de fait il en est, non seulement quant à l’effet détourné du principe, mais quant au principe même, voilà le mal. Car c’est un principe de domination en général, non de dominalion sur nos semblables*, Crescite et dominamini (77). Oh! que le Père Lacordaire a bien dit celal
[f° 484 r.] .XOV. (a)
Comme la Bible a bien exprimé ce fait psychologique par le premier mot dit à l’homme : Crescile el dominamini.
Excellente pensée de saint Augustin : Nihil est quam genus humanum tam discordiosum* vitio, tam sociale natura (78). Parfaitement d’accord avec l'analyse écossaise : important résultat de cette analyse, d’avoir montré que tous nos principes* sont sociaux (79) : comment donc atteignent-ils si mal leur fin? Problème insoluble sans la distinction de saint Augustin, vilio d’une part, natura de l’autre.
(a) commence ainsi en 1° réd. Comme le christianisme a bien connu ce mystère.
XCIV * non de domination sur nos semblables, XCVI * discordionum * principes
(76) Lacordaire, IVe Conférence etc. (cf. supra, p. 13 n. 6) : « Une des plus puissantes passions de l’homme, c’est la passion de la souveraineté. Non seulement l’homme veut être libre, mais il veut être maître... des autres et chez les autres. La rage de la domination, a dit l’illustre comte de Maistre, est innée dans le cœur de l’homme. Et je le blâme de cette expression, car le besoin de la souveraineté dans l’homme, ce n’est pas une rage, c’est une généreuse passion. [C’est] le besoin de la souveraineté [qui] est inné dans le cœur de l’homme : et pourquoi pas? Savez-vous bien la première parole qui vous a été dite quand vous tombiez des mains de Dieu? Ecoutez-la, fils d'Adam, et connaissez votre grandeur... Croissez et multipliez-vous, et. soumettez la [terre], et commandez » [etc]. Si telle est votre vocation, pourquoi n’auriez-vous pas l’ambition de votre nature? Cette ambition s’est déréglée sans doute; mais enfin, dans sa source, elle était le vœu de Dieu, et, si elle n’existait pas, le genre humain périrait » (Conférences etc., t. I, 819-321).
(77) Gen., I, 28.
(78) Cf. sans doute Bossuet, Sermons sur la charité fraternelle (pour le vendredi après les Cendres; pour le mardi de la 3 semaine de Carême). La ne St Augustin ss citée et Cou dans l’Exorde de l’un et de l’autre.
e est empruntée à « De civitate Dei, lib. XII, c. 27, t. VII 1325). Ssuet, Œuvres, t. XIT, 121 et 504). k ARS EU
+ ae D. Stewart, Esquisses etc., 42, 50, 56, 62, 88, et les Notes marginales
Observations el Faits Psychologiques 59
La meilleure preuve de la religion est dans l’histoire de la philosophie (80), et la plus forte objection contre elle dans l’histoire de l'Eglise (81).
Un être capable de dire : Ici-bas, ne peut être mortel.
Je pensais il y a quelque temps que la chute de l’université pourrait avoir pour résultat d’anéantir en France la faculté rationnelle (82). Or, disais-je, c’est là une chose désolante, [f° 484 v.] et tout à fait contraire aux progrès de l’humanité. Je tiens encore à la majeure, mais j’ai abandonné la mineure. Dans l’appréciation de ce qui est réellement progrès par rapport à l'humanité, il faut tenir compte du progrès relatif à nous et du progrès absolu. Je suppose une route qui va de A en B par des innombrables circonvolutions, tellement pourtant qu'il n’y en ait pas d’autre. Celui qui les suit quand la route revient sur elle-même, relativement à nous recule et s'éloigne du but, mais, absolument parlant, il s’en approche, puisque ce recul était nécessaire. De même dans l’humanité, voici quelque chose qui va la faire reculer énormément; n'ayez pas peur, c’est pour avancer, car en se relançant, elle saute toujours plus haut qu’elle n’était tombée. Ce n’est pas une pure élasticité inerte où le relancement égale la longueur de chute, c’est une force interne faisant la réaction toujours plus grande que l’action. Tel état était, dites-vous, plus favorable à son développement. Qu'en savez-vous? Savez-vous si la chute* relative qu’elle fera en tombant de cet état* n’est pas la condition nécessaire, pour la mettre à un autre point de vue, bien plus important et plus près de son terme? Laissez-la filer elle-même son cocon. C’est le vieux Balaam, qui tombe et ses yeux s’ouvrent: Cadit et aperiuntur oculi ejus (83).
[f° 485 r.] Aux Barbares, par exemple, voilà une terrible chute de la
XCIX * Qu'en savez-vous? si la chute * en tombant n’est pas
(80) Renan vient-il de lire, à la fin des Fragments de Cavour, cette phrase : L’«impuissance radicale du rationalisme nous paraît suffisamment démontrée par l’histoire de la philosophie moderne »? (387). Dix lignes après, on lit : « Pourquoi l’homme est-il ici-bas? » Or, cf. n° XCVIII.
(81) Renan a-t-il commencé, en Théologie Dogmatique, l’étude du Traité De Ecclesia ?
(82) Sur les circonstances qui expliquent cette préoccupation, cf. E. Renan à St Sulpice.
(83) Nombres, XXIV, 4.
60 Philosophie et Théologie
civilisation romaine à une barbarie complète; comparez le siècle d’Auguste aux X° et XI° siècles, quelle rétrogradation! Oui, mais c'est là n’envisager qu’une région de la courbe, il faut la voir dans son plein développement. Ce n’est pas assez de comparer le siècle d'Auguste aux X° et X[°, il faut aussi comparer le siècle d’Auguste au XIX°, auquel le X° et le XI° étaient nécessaires. En un mot, voici la courbe de l’esprit humain :
tm
Les oscillations* vont toujours croissant d'amplitude, mais aussi le mouvement est incomparablement plus rapide; en sorte qu'elles sont à peu près isochrones. Les petits esprits qui n’envisagent la courbe qu’à une région de À en B ou de B en A [lisez sans doute : en C], disent : elle avance, ou : elle recule, mais celui <qui> envisage* le tout dit : elle avance en reculant, puisqu’en somme le point D est plus élevé au-dessus de l’horizontale mn que* le point B, sommet de l’oscillation précédente. En un mot, laissez la force qui préside au mouvement produire son effet, tout ce que vous pourriez faire est nul, s’il n’est déjà calculé par celui qui sait tourner les efforts contraires en efforts pour [f° 485 v.] lui. Des petits enfants cherchant à tirer en arrière une voiture, qui les tire après elle. C’est lutter contre un torrent qui vous* entraîne. Et d’ailleurs vos efforts mêmes entrent dans le plan du proprès. Per damna, per caedes. ducit opes*. Il fallait pour le progrès que vous résistassiez au progrès. En croyant l’arrêter, vous l’avancez, c’est le nœud que l’on* serre en voulant le délier, le feu que l’on* allume en voulant l’éteindre. Voilà sans contredit la plus belle loi de l’humanité, et la plus propre à faire réfléchir. Que M. Jouffroy avait bien senti cela! On est tenté, dit-il, de se croiser les bras, et de se laisser emporter (84). Il est de fait que, quoi que l’on fasse, l'humanité ira* [?] toujours; c’est la plus indomptable force qu’il y ait; néanmoins, autre fait : l’homme a conscience de sa liberté, donc il l’a. Comment concilier? On verra. Quand vous agissez, votre action était déjà cal-
l'esprit humain : les oscillations (Figure non reproduite) celui qui envisage
horizontale que
nous
opéra.
qu’on
va