‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 22 sur 138 · Quia Deus magnus Jehova, et rex magnus super omnes Deos · texte numérisé non relu

Quia Deus magnus Jehova, et rex magnus super omnes Deos

1° C’est sur ces expressions de rex que Vatable fonde l’assertion susdite : car c'était à Sion, à l’arche, que l’on attachait ces idées de royauté, de domination de Jéhova (1). 2° Deos, les Anges, les rois, ou plutôt les faux dieux. À ne considérer que cet endroit et les analogues (2), on pourrait croire que les Hébreux se mettaient aussi au point de vue des autres nations, chaque peuple ayant son Dieu, plus ou moins puissant, et Jéhova le plus puissant de tous : mais enfin tous étant dieux. Plusieurs passages [f° 39 v.] de la Bible prouvent que c'était l’esprit des nations voisines. Mais d’autres passages prouvent aussi que ce n'était pas celui des Juifs, et qu'ils regardaient les dieux étrangers comme des p145n-n5(V. Deut., ch. XXXII) (3).

XCOV (1) Cf. Biblia sacra.… Vatabli, t. II, 97 : « Sur l’occasion de ce Ps., v. supra XCIII, 1 ». Cf. en effet 1b., 96 : « Dominus regnat... Certains rendent : rex est. Ce Ps. doit être en relation avec le transfert de l’arche dans la cité de David, comme le XCVI® et quelques suivants : cela ressort de leur comparaison avec le cantique fait pour cet objet 1 Par., XVI, 23. Ce qu’il y à de certain, c’est que dans tous ceux-là on répète souvent les mots rex, regnare.…, Dieu étant censé dominer du mont Sion, comme de son palais ».

(2) Renan s'était probablement reporté, comme l’y invitait Vatable, à ps. LXXXII, 1, 6, où l’on voit Dieu « dans l’assemblée des dieux » etc.

(3) V. 7. Renan avait consacré à ce sujet une Note dans son étude de ce chapitre (Vol. 11480, fo 482 v.).

124 Exégèse Biblique

1° Il n’y a aucune trace dans l’hébreu, ni dans la Vulgate de ce demiverset : Quoniam non repellet Dominus plebem suam, qu'on trouve dans l'Office (4).

En général la version qu’on a suivie dans l'Office tend à paraphraser : je crois qu’elle s’est faite sur les Septante (5).

Ce verset offre un changement de personnage remarquable du psalmiste à Dieu, et cela sans nulle transition (6).

Ce psaume n’est qu'une invitation à louer Dieu, qui devait être affectée à quelque cérémonie où l’on paraissait devant le Seigneur. [f° 41 r.] [Le psalmiste met dans la bouche de Dieu les reproches qu’il adresse au peuple juif.] Ce dernier point peut être regardé comme un écart lyrique, tout à fait analogue à ceux qu’on trouve dans Horace.

[f° 41 v.] PSAUME VIII.

(Domine, Dominus noster)

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