Filiae regum in decorosis luis, astilit conjut
1° D’autres : in magnificentiis.. (3), un cortège de filles de rois t’entoure pour te faire honneur, cela n’est pas dans les mœurs orientales. 2° Rac. by, concubuit, mot déshonnête que les Masorètes ont remplacé par 55w (4).
[f° 49 v.] 76. Adducentur in laetitiis et exultatione, intrabunt in palalium regis.
Le psalmiste fait ici la description des noces comme elles se faisaient chez les Hébreux : la fiancée et ses compagnes entraient en chantant et dansant dans la demeure du nouveau marié.
(a) [En marge, add. bien postér.] Cf. syriacum bêth besamê, domus odorum pour thuribulum.
(2) En effet, on lit chez Le Hir, à ce verset : « Lorsque tu sors de tes palais d'ivoire... » (Les Psaumes, 96). : 4
(3) Cf. Vatable, 47.
(4) Cf. Buxtorf, 774 : « Li. Souiller, violer une femme. C’est le mot propre pour désigner chez les Hébreux l’acte de Vénus etc. ».
Psaumes du Petit Office de la Vierge 129
— .… Ce psaume est évidemment un épithalame (5) pour les noces d’un roi (b) avec la fille d’un prince étranger. Le psalmiste commence par offrir son chant au roi fiancé, et par décrire son inspiration, à la manière de tous les poètes. [Tel est son exorde] (c). Puis il fait l'éloge de sa beauté, accumulant sur lui tous les traits de force et de douceur, et ces idées de conquêtes et de règne pacifique que les Hébreux groupaient autour du type de leur Messie. Après avoir décrit la gloire de son règne..., il s’adresse à la reine, et c’est ici comme la seconde partie du poème... [f° 50 r.] [Le cantique finit proprement] avec la cérémonie nuptiale.
2. Mon cœur a exhalé un hymne sublime; c’est au roi que j’adresse mes chants : ma langue est le stylet du rapide écrivain.
5. Avance au sein de ta splendeur, la vérité et la douceur formeront ton char pacifique... (d).
[f° 50 v.] 8. Tu as chéri la justice et haï l’iniquité, aussi le Seigneur ton Dieu t’a-t-il consacré de l’huile d’allégresse (e), de préférence à tous tes compagnons.
9. La myrrhe et l’aloès s’exhalent de tous tes vêtements; le son des lyres d'ivoire retentit pour t’exciter à la joie.
10. Les filles des rois se disputent ta couche, la reine s’est assise à ta droite, tout éclatante de l’or d’Ophir….
(b) [Add. margin. un peu postérieure] Il pourrait bien se faire que ce ne fût qu’un simple particulier qu’à la noce on appelait rot (le roi nuptial), de même que l'époux du Cantique est appelé Salomon. On faisait ainsi des métamorphoses honorifiques, procédé naturel à l’esprit humain.
(c) [Dans l’interligne et en marge] Un exorde, deux parties distinctes, et une conclusion : il y a peu de psaumes où la marche soit si régulière.
(d) [En marge] Je ne sais où j’ai vu une pensée identique à celle-ci; je crois que c’est en Virgile, quatrième Eglogue, ou en J. B. Rousseau, Sur la naissance du duc de Bretagne (6).
(e) [Id.] D'une huile délicieuse, Bossuet (7). — Je pense que c’est une épithète générale de l’huile : l'huile qui est le signe de la joie, et non une particularité de celle-ci.
(5) C’est ce que disait entre autres l’écrivain des Leçons (II, 291), où Renan a pu glaner certains détails, sur les parunymphes et les vierges, et leur rôle dans les cérémonies du mariage (1b., 274-275). Lowth rapprochait le ps. XLV du Cantique des Cantiques.
(6) Ce n’est ni dans l’Eglogue, ni dans l’Ode.
(7) L’adjectif délicieuse semble inexact. L'auteur des Ælévations examine (XIIIe sem., 1re Elév.) l’onction de J. C. et le nom de Christ, et il dit, ayant en vue précisément ce verset du ps. XLV: « Le Psalmiste vous a vu sous ce nom [de Christ], lorsqu’il a chanté: «votre Dieu vous à oint d’une huile ravissante » (Œuvres, t. VIII, 310). Bossuet revient sur cette onction dans la 2° Elévation, et cite à nouveau ps. XLV, 8; mais cette fois-ci en traduisant : « d’une huile excellente ».
130 Exégèse Biblique
[£° 51 r.]J PSAUME XLVI.
(Deus noster, refugium et virtus)
1. Praecentori. Filiis Qorah. — Super modum Virginum. — Canticum.
1° Plur. de ##by. Leopold pense que c’est un ton ou un air. Il faut remarquer que by doit alors s’employer pour l'instrument et le ton : or cela est peu probable, il faudrait alors les interpréter tous de l'instrument ou tous du ton, et plutôt je crois tous du ton. Peut-être faut-il unir les deux : voyez Buxtorf (1). — La Vulg. a pris la racine pb; (2). 2° -w , cantique sans instruments, juxla quosdam. En effet il n’est parlé que de voix, et non d’instrument.