‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 31 sur 138 · Venerentur te cum sole · texte numérisé non relu

Venerentur te cum sole

1° Cette deuxième personne unique dans le ps. est bien singulière : il doit y avoir eu là changement.

7. Fructificet (floreat) in diebus ejus juslilia, et mullitudo pacis usque ad defectum lunae.

Trait tout messiaque : paix et bonheur éternel : toutefois par orientalisme, il a pu dire cela d’un homme.

5. El dominelur a mari usque ad mare, et a flumine usque ad lerminos terrae.

2° Quelles sont ces deux mers? peut-être la Mer Rouge et la Méditerranée, peut-être aussi la Méditerranée et les lacs de Palestine, de Génésareth ou la Mer

LXXIT (1) Vatable, 72: « Pauperes tuos.. ou afflictos tuos, mot dont on désignait communément le peuple d'Israël ». £

Psaumes du Petit Office de la Vierge 133

Morte. Ces mers étaient les [f° 54 r.] seules connues des Juifs. — Par les extrémilés de la terre, il entend peut-être les bords de la mer Méditerranée, peut-être aussi les bornes de la Terre Sainte (Ita Vatable) (2); peut-être enfin en général et vaguement l'extrémité de la terre.

10. Reges Tarchich et insularum munera ({ributa) afferunt, reges Scheba el Seba dona adducant.

1° np . Selon Leopold : Tartessus, colonie phénicienne en Espagne... Item Sanson (Notes géographiques de la Bible de Vat.) (3). Vatable : Tarse en Cilicie (4) : il est sûr qu'elle était à l’Occident, et féconde en or (V. Not. géogr. Bible Vat.). Ce qui suit appuie bien le sentiment de Tarse : car les deux pays de now et N5D étaient voisins, sinon identiques, donc aussi pour le parallélisme px et Tharsis ; or px désigne probablement l’île de Cypre; donc Tharsis désigne aussi ou cette île, ou la côte voisine de Phénicie. — 2° nn Leopold pense que ce mot désigne souvent les régions occidentales que les Hébreux connaissaient vaguement et prenaient pour des îles. Cela appuierait le sentiment de Tartesse. Mais c’est si loin. Toutefois du temps de Salomon leurs vaisseaux ont pu aller jusque-là : car alors ils avaient une marine florissante et allaient de pair avec les Phéniciens. Il faudrait alors nécessairement que la composition de ce psaume fût contem | poraine [f° 54 v.] ou postérieure à Salomon. 4° K5w, selon Leop., désigne un pays de l’Arabie Heureuse, et soso , un peuple Cuchitique, éthiopien par conséquent. Ita etiam Vatable (5).

Je me suis donc trop hasardé en disant qu'ils étaient voisins. — Il y a là une sorte de jeu de mot qui devait faire un dicton populaire, comme cela arrive souvent en ces cas, Coadeni-Coadenos. — Le psalmiste veut dire les

peuples de l’Occident, et ceux du Midi, qui étaient les plus reculés par rapport aux Juifs.

(2) Id., 73 : « Et dominetur (Salomon) de la Mer Rouge à la mer de Palestine, et de l’Euphrate jusqu'aux bornes de la Terre Sainte... D'ailleurs quand [le Psalmiste] dit : jusqu'aux confins de la terre, il entend : de la terre habitée au regard des Juifs ».

(3) Ces Notes, dues à Nicolas Sanson, d’Abbeville, Géographe du Roi, furent prises par Rondet pour fond de sa Géographie sacrée, dans la 1'° éd. de la Bible de Vence, dernier tome. Renan les consultait sans doute, sous le titre de Tables géographiques, au t. I de la Biblia.. Vatabli, pp. LXXXII et seq. Une Note à ps. LXXII, 10, y renvoyait. En fin d’article (t. I, p. CXV) sur Tharsis, on lit : « Au reste Tharsis paraît être Tartessus en Espagne ». Plus haut il est question des flottes qui allaient à Tarse chercher de l’or et de l’argent. Tarse est à l'Occident par rapport à Joppé, où fut construite, semble-t-il, la flotte que Salomon destinait au trafic avec Tarse.

(4) Vatable, II, 73: « Les rois de Tharsis, c’est-à-dire de Cilicie ».

(5) Ib.: « N3w signifie Arabie heureuse; Cellarius la place au sud de la Judée, c’est de là que la reine vint à Salomon (7 Rois, X). K5D veut dire Ethiopie. Is., XLIII, 3 et XLV, 14, prouvent en effet que la région de Séba touchait l'Ethiopie, pour laquelle elle à pu être prise ».

134 Exégèse Biblique

1° Ce verset offre une grande difficulté par l’indétermination des sujets. [Suit une page un tiers de commentaire.]

[fo 55 v.] 16.

1° Au fond je crois que le verset est considérablement altéré, en sorte que tous les efforts sont inutiles.

[f° 56 r.] 77. Sit nomen ejus in aeternum; in conspectu solis* propagetur nomen ejus; et beati sint in illo omnes populi, beatum dicent eum.

* Troisième fois que cette image paraît.

1° Les anciens rabbins rendaient : Sobolescet erit nomen ejus. C'était un des noms du Messie. Voyez sur ceci des choses fort curieuses en Buxtorf à la racine }13(6). 2°;5-5n, selon Leop., sibi benedixit, bealus reddilus est. C’est le sens qu'il lui donne dans la prophétie d'Abraham (Gen., XXII, 18). Les nations par toi seront heureuses, au fond cela revient à la Vulgate (7), avec un petit air rationaliste. Voyez le sens ridicule de Vatable (8). Le cantique de la Ste Vierge : beatam me dicent (9), prouve [qu'il y a souhait et déclaration].

19. Et benedictum nomen majestalis ejus in aeternum, et replelatur [f° 56 v.] majestate ejus omnis terrae [sic]*. Amen et amen.

1° jpn, veracilas. En forme de serment et de doxologie, profecto, ita fiat (v. Buxtorf) (10).

* [Ce dernier trait se rapporte bien à tout l’esprit du psaume, car c’est aussi un trait des temps messiaques : Dieu connu de tous les peuples : et voilà ce qui me fait le plus d'impression, et la vraie prophétie que je trouve en l’Anc. Test.] (a)

(a) [ ] Add. au haut du feuillet. Encre un peu plus noire.

(6) Buxtorf, 467-468 : « Chez les anciens sages des Hébreux, c’est un des noms du Messie. [On lit en effet dans le Talmud :] R. Jochanan a dit : Quel est le nom du Messie? Ceux qui étaient de l’école de R. Schela répondirent Schilo, selon Gen., XLIX, 10... Ceux qui étaient de l’école de R. Jannai dirent : Jinnon [d’après notre Psaume] ». D’autres dirent : le Favori, ou le Consolateur, ou le Lépreux, ces derniers selon s., LIIT, 4 : «Il a souffert en son corps nos maux » etc.

(7) La Vulgate donne pour Gen., XXII, 18 : « Et benedicentur in semine tuo omnes gentes terrae ».

.…. (8) « Et benedicent se in ipso : ils prieront pour que Dieu les bénisse, comme il à béni Salomon » (73). Son commentaire de « à la face du soleil » n’est guère plus heureux.

(9) Il s’agit du Cantique qu’on lit dans Luc, I, 46 et seq., et qui fait partie du Bréviaire. Le verset en question est le 48° du chapitre.

(10) Buxtorf, 35-36, examine l'emploi du mot Amen au sens de En vérité dans le N. T.; et il montre que là où Matthieu dit äunv, Luc dit äin@@c ou vat.

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