‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 35 sur 138 · Benignitas et veritas obviaverunt sibi · texte numérisé non relu

Benignitas et veritas obviaverunt sibi

1° Kal w3p , occurrit ; Niphal, invicem sibi occurrere. Que cela peint bien!

12. Verilas e lerra germinavit; et justitia e caelis se prolendit.

1° Hhy, futur, mais les autres verbes exigent le passé, lequel du reste équivaut au futur. V. Glaire $ 431 (2). 2° apw3, se protendit. C’est la continuation de la métaphore du verset précédent. La vérité s’élevant de la terre, et la justice du ciel lui tendant la main. Magnifique image (3). (Ces images toutefois ont un air plus moderne que celles des autres psaumes, temps de la captivité).

[£° 59 r.] 23. Etiam Jehova dabit bonum, et terra nostra dabit proventum suum.

Rapprochez cette idée de germinavit du verset précédent. Cela ne peut guère s'expliquer que du Messie. Je n’avais encore rien vu de si formel.

1}. Justilia ante eum (unumquemque) ambulabit, et ponet in via (mandatorum Dei) gressus suos (a).

1° À qui rapporter les affixes de ce verset? C’est évidemment ou bien aux Juifs, représentés collectivement dans le mot ;5y-x, ou bien à ce produit mystérieux, qui nous est montré vaguement dans le verset précédent. J’inclinerais pour ce second sens, vu surtout que ce ps. n’aurait été composé qu’à une époque où les idées messiaques étaient plus développées. Surtout si l’on compare tous les versets précédents, où la vérité est représentée comme un produit, un germe de la terre, on verra que c’est ce produit qui est désigné par b5», et alors il n’y a plus de doute sur les affixes.

— Ce psaume est un chant d’espérance au sortir de grandes infortunes. Il est à la fois triste et plein d’espoir (5). Je crois qu'il s'applique au retour de la captivité de Babylone (Vatable semble aussi le penser: v. note du

(a) [En marge]... Ali: Justitia ante eum (ou unumquemque. Jta Symmaque) ambulabit, et ille (ou unusquisque) sequetur vestigia ejus Cv. Is., LVIII, 8). Jta Genoude (4). La parallélisme parfait de ce dernier, et en même temps si élégant (elle le précédera, et lui la suivra), me détermine à l’admettre.

(2) La référence est aux Principes de Grammaire etc. de Glaire, 105-106.

(3) Lowth admirait également cette figure, surtout en fonction du sens divin qu’elle lui paraissait comporter (I, 241-242).

(4) Genoude : « La justice marchera devant le fils de la terre ; elle ouvrira la voie où il portera ses pas » (Les Psaumes, 327). e

(5) Pour Lowth (II, 174), il représente «un espoir voisin de la joie ».

138 Exégèse Biblique

v. 7) (6) (b). Le psalmiste... supplie [Dieu] d'achever son œuvre; car il paraît que ce ps. fut composé ou dans le retour, où «<avant?> le rétablissement entier du peuple. Toute cette partie jusqu’au v. 8 inclus. est calme et triste, d’une poésie douce, mais peu forte. — Là commence la seconde partie. : le psalmiste... se livre à l’espoir d’un heureux avenir. Il fait la description de cet avenir, toujours sous les traits caractéristiques des temps [f° 59 v.] messiaques; mais les couleurs ici sont bien différentes. Ce ne sont plus ces images d’un règne temporel et universel, des victoires, des combats, des richesses, etc., telles qu’on les voit décrites dans les ps. XLV et LXXIT, etc. Il semble que les malheurs de la captivité l’eussent désabusé de tout cet éclat corporel, en lui faisant désespérer d’en voir désormais la réalisation (Seigneur, tant de grandeurs ne nous conviennent guère... (8). C’est là tout à fait le sentiment qui le domine). Il se porte donc vers des traits tout spirituels, la vérité, la paix, la justice, la faveur de Dieu, etc. L’infortune l’a spiritualisé; et c’est là ce qui fait l’originalité et la couleur spéciale de ce psaume.

Traduction.

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