‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 61 sur 138 · PSAUME CXXIV · texte numérisé non relu

PSAUME CXXIV

(Nisi quia D'uS erat) Le

Ces abréviations de -wg [en w |, si fréquentes en ces psaumes des Degrés, et si familières à Salomon ou du moins de son temps et aux temps postérieurs, pourraient faire croire, comme l’a pensé Origène, [f° 83 r.] que ces psaumes sont de Salomon (1), ou du moins éclairer sur la date de leur composition.

— Ce psaume est un chant de joie après une délivrance, encore caractérisé au trait juif, en ce sens qu'il rapporte tout à Jéhova, ce qui est l’idée dominante. Peul-être est-ce une simple réminiscence de la délivrance d'Egypte, sans aucune allusion à des circonstances actuelles. Mais j’aime mieux croire que le sujet de l’ode est une délivrance [f° 83 v.] récente, pour laquelle le

CXXIV (1) Genebrard, à propos du ps. CXXVII, que son titre attribue à Salomon : « Que ce ps. soit de Salomon, c’est ce qui n’est pas probable, bien qu'Origène écrive que les cantiques des Degrés lui sont attribués. justement d’après ce titre du psaume » (838). à

Psaumes du Petit Office de la Vierge 163

poète emprunte les traits de la délivrance d'Egypte, devenue type national pour les Hébreux : (chaque nation a ainsi ses types poétiques de victoire, défaite, délivrance, sous les traits desquels elles peignent les faits analogues : Cannes pour les Romains etc.) Voyez Lowth, Premières Leçons : Images prises de l’Hist. (2). — Le poète emploie trois images principales pour peindre cette délivrance 1° un torrent 2° des ennemis [aux dents de qui] Dieu les arrache 3° un oiseau pris dans des filets, et Dieu qui le brise. Poésie douce, belle et cultivée. Beaucoup de politesse : on voit en tous ces psaumes des Degrés, l’époque cultivée de la poésie hébraïque : ce n’est plus l’inspiration brute de l’Exsurgat (a).

[Comparez la construction abrupte ou plutôt nulle des anciens psaumes avec le soin des périodes de ceux-ci.] (b)

Traduction.

1. Cantique des Degrés. — De David. — Si Jéhova n'avait été pour nous, tel soit le cri d'Israël ;

2. Si Jéhova n'avait été pour nous, quand les hommes s’élevaient contre nous ;

3. Alors ils nous eussent engloutis tout vivants dans le feu de leur colère (c),

4. Alors les eaux furieuses nous eussent entraînés, leurs flots eussent roulé sur nos têtes,

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