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Magna fecit Jehova faciendo nobiscum, fuimus laeti

Il se transporte au temps du retour. Ce chant devait être pour le départ de Babylone, quand la chose était décidée, et qu'il ne s'agissait plus que d'effectuer le retour.

4. Reduc, Jehova, captivitatem nostram, sicut rivuli in Plaga Australi.

(d) Formule ordinaire. — Le Négueb, plaine du midi de la Judée. [£° 85 v.] Il peut aussi s’appliquer à l'Egypte (5). Quelques-uns y voient une

(a) Reduces et fuimus barrés.

(b) [En marge] (Sion se prend-il pour le peuple de Dieu? C’est Jérusalem). (c) [Zd.] pbn signifie aussi robustus fieri : Unde Chaldaeus Paraphrastes :

Sicut valentes, sicut infirmi qui convaluerunt. Cette idée de songe est trop cultivée et trop fine pour être antique (3).

(4) [{nterl.] Si on pouvait lire 5% [au lieu de n5iw ], alors le ps. serait d’après le retour.

COXXVI (1) Cf. Leopold, qui donne ce sens à pis 5e (39). — Vulg. : «In convertendo Dominus captivitatem Sion : facti sumus so consolati ».

(2) Vatable, au v. 1 : « On peut tourner par le futur à cause de ce qui suit. Quum reducet etc... » (127).

(3) Genebrard rapporte, à propos de somniantes, deux exemples (l’un de Tite- Live, 1. XXXIII, l’autre de Act. ,; XII), où le ou les personnages croient à peine au bonheur ou à la grâce qui leur arrivent, et il ajoute : « Selon le Chaldéen : sicut valentes, sicut infirmi qui convaluerunt » (836).

(4) La Vulgate le divise effectivement en deux, qui dans Genebrard sont numérotés 2 et 3 (835).

(5) Cf. Leopold, 223.

166 Exégèse Biblique

allusion à l’eau du rocher de Moïse (6) : mais ce désert ne s'appelait pas

techniquement 535.

— Ce psaume fut probablement composé lorsque l'espérance du retour de la captivité était certainement [sic], mais non encore effectuée. Le poète se transporte à ce moment désiré, qu’il suppose déjà arrivé... Il termine par des pensées morales pleines d'élégance et de bon goût, et qui ne peuvent appartenir qu'à la période poétique de la capltivité [f° 86 r.]. Les autres n'étaient pas si fines. Ces pensées ont d’ailleurs une analogie remarquable pour la couleur avec celles qui terminent le ps. LXXXV, qui est évidemment de ce temps (f).

Traduction.

1. Cantique des Degrés. — Quand Jéhova voulut ramener (g) les restes de Sion, ce fut (g) pour nous comme un songe. 4, ...Fais cesser notre captivité, comme les ruisseaux qui disparaissent

dans les sables du Midi.

5. Nous le savons maintenant : ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans l’allégresse.

6. Jadis ils allaient et pleuraient, ensemençant tristement leurs sillons; maintenant ils reviennent au milieu des chants de joie, portant joyeusement leurs gerbes.

(e) [En marge] Opposition de Euntes... venientes; Fe … N2, allusion au départ pour la captivité et au retour (7).

Il paraît qu’en effet, durant le retour, ils avaient des chanteurs, pour charmer les ennuis du voyage (Esdr., II, 65) (8). Cela appuierait l’opinion qui rapporte tous les psaumes des Degrés à ce retour. — Psaumes des montées, quand on montait les côtes, on chantait pour s’encourager. Que cela devait être beau pour quelques-uns, par ex. celui-ci! Et remarquez que le v. 4 s’explique alors bien mieux, Car le voyage n'était pas encore fini.

(?) [/d.] Il vaut mieux croire que ce psaume se chantait durant le voyage, alors le verset 4 s'explique encore mieux que dans l’hypothèse susdite, et on peut rendre le premier verset au passé comme la Vulgate.

(g) ramènera et sera barrés. De même au v. suivant, le passé remplace le futur.

(6) Genebrard : « Réconforte notre captivité comme un torrent dans l'Arabie du Sud a réconforté l’exode de nos pères revenant de la captivité d'Egypte ». «Il semble en effet y avoir allusion au torrent que Dieu fit sortir du rocher etc.» (837). s +0 C£. 1b., aux v. 7 et 8 : « Allégorie du départ pour l'exil, et du retour de ’exil ». i

(8) Cette annotation explique la mention des « chants de joie » (voir la Traduction française). Cf. Genebrard, 837-838: «Outre les cent vingt chantres sacrés fils d’Asaph ils avaient, parmi les esclaves et servantes, des chanteurs et chanteuses au nombre de deux cents, pour charmer le chemin du retour par la voix et les intruments de musique et chasser la mémoire des précédentes calamités. Esraz IL ». Renan s’est reporté à ce texte et a précisé le n° du verset.

Psaumes du Petit Office de la Vierge 167

PSAUME CXXVII. (Nisi Drus aedificaverit)

I. Canticum ascensionum. Schelomonis. — Si Jehova non aedificaverit domum, inutile laboraverunt aedificantes ejus in ea; si Jehova non custodierit [f° 86 v.] civitatem, inutile vigilat custodiens.

On l’a probablement attribué à Salomon, parce qu'il est fait mention du temple. Mais je pense qu’il se rapporte plutôt à la reconstruction du temple, et de Jérusalem (custodierit s'explique aussi alors par la circonstance) (1). C'était peut-être un chant de travail.

Ou peut-être ne se rapporte-t-il à aucune circonstance, étant purement moral.

now, chaldaïsme (2) : confirme que ces psaumes ont été composés à la captivité. Car celui-ci est évidemment de ce ternps, et les autres sont exactement du rythme et de la couleur de celui-ci. — Au reste ce second membre est le seul endroit embarrassé, que présentent ces psaumes.

[En somme, je crois le deuxième membre [de ce v. 2] altéré : car le style de ces psaumes est très clair et très correct, et cela est un peu embarrassé et elliptique, à la façon antique] (a).

[f° 87 r.] 3. Ecce donum Jehovae, (sunt) filii ; merces (Jehovae), fructus ventris.

La fin de ce vers. fait réellement peu de suite avec ce qui précède : peu d'unité : en cela ce psaume diffère un peu des autres des Degrés.

— Ce psaume est un éloge de la protection de Dieu sur ses élus. C'était peut-être un chant de travail durant la reconstruction de Jérusalem... Les trois derniers versets sont peu liés aux deux premiers, et forment peul-être un petit psaume à part, qui ressemblerait fort au ps. Ecce quam bonum.…., commençant tous deux par Ecce, et se terminant par une comparaison, ton et idées analogues, frères, fils (b). C'était peut-être une [f° 87 v.f chanson pour les naissances, comme l’Ecce quam une chanson de table. Peut-être tout le ps. Nisi D'us est-il une sorte de chanson de noces, domum aurait le sous-sens

de famille (3), et la fin irait à merveille.

(a) ] En marge. ; : s a (b) [Zd.] Les deux premiers versets formeraient aussi une fort jolie chanson de travail : se terminant très heureusement par l’idée de repos dont ils espèrent jouir.

CXXVII (1) On sait en effet que les reconstructeurs de Jérusalem placèrent des gardes de jour et de nuit à la muraille, pour s'opposer à ceux qui voulaient ariêter leur travail (Néhém., IV, 9).

(2) Cf. probablement Glaire, Leæ., 578 a. 5 ; :

(3) Genebrard (839) et Vatable (127) donnaient expressément à domum le sens de familiam («tout ce qui touche à la vie privée, enfants, honneurs, richesses » etc.).

168 Exégèse Biblique

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