Canticum ascensionum. Beatus omnis timens Jehova
Idées morales, sans allusion à aucune circonstance : ton des ps. moraux : Beati immaculati (1) : exorde presque identique.
[f° 88 r.] 3. Uxor tua sicut vitis faecunda [sic], in interiori parte domus luae…
5, la partie la plus reculée et la plus secrète de la maison, où sont les femmes en Orient. — Remarquez la construction et la moulure de la pensée de ce vers., absolument semblable à celle du v. 2 du ps. CXXIII.
5. Benedicat te Jehova ex Tsiyyon, et vide bona [?] Ierouschalayim, omnibus diebus vilae tuae.
sn , le bonheur, les douceurs qu’on goûte à Jérusalem, quand on y monte. Ces réunions se passant en festins, etc., c’étaient pour les Juifs le type du bonheur parfait (V. Fleury, Mœurs des Israélites) (2).
— Ce psaume est purement moral, et ne s’applique ostensiblement à aucune circonstance. C’est un tableau de la félicité de l’homme de bien, et des souhaits que le poète lui adresse. Toujours l’idée de loi et de vertu dominant la poésie hébraïque.
[f° 88 v.] PSAUME CX.
(Dixit Drus domino) 1. Davidis. — Psalmus. — Effatum Jehovae domino meo…
on: renferme l’idée de parole prophétique (1). Ce : Domino meo est rare dans la poésie hébraïque.
3. Populus tuus (esl) spontaneitates in die victoriae tuae; in ornatu sanctitatis, prae utero aurorae tibi ros juventutis tuae.
CXXVIIT (1) Ps. CXIX, qui commence par le même mot que celui-ci, et dont la longueur est bien connue des séminaristes.
(2) «Ils n'avaient guère d’autres [plaisirs] que la bonne chère et la musique etc. » (87). — « Tous les hommes étaient obligés de se trouver à Jérusalem aux trois grandes solennités de Pâque, de la Pentecôte et des Tabernacles..… On avait la joie de revoir ses parents et ses amis; on assistait aux prières et aux sacrifices, toujours accompagnés de musique; à cela, dans ce temple si magnifique, suivaient les festins où l’on mangeait les victimes pacifiques, etc. » (103).
CX (1) Cf. Vatable, 112.
Psaumes du Petit Office de la Vierge 169
[f° 89 r.] 45n. [Plutôt que d'adopter le sens de Vatable (112), au jour de ton armée, c’est-à-dire quand tu feras sortir (educes) ton armée, | J’aimerais mieux y donner le sens vague de : Au jour de ta force, de ta puissance, de ton triomphe sur tes ennemis, de l’avènement de ton règne (2). Le mot vague triomphe rend fort bien. — w=p + +573 : les uns : In splendoribus sanctuarii, ali in ornatibus (vestibus) sanctis. (Voyez la même expression dans le ps. XCOVI v. 9) (3). Ni l’un ni l’autre n’est facile à lier, et ce trait qui ne peut appartenir qu'aux Lévites, joint à celui du verset suivant (Sacerdos..….) fait de ce psaume une énigme, dont la solution la plus simple serait sûrement le Messie, si l’on n’était obsédé des à priori rationalistes. Je pense toutefois que ce psaume est une ode pour l’intronisation d’un roi, qui avait essuyé de grandes oppositions, et qui ne les avait vaincues que par le secours des Lévites, [par exemple Joas par Joïada] (a) (5) : en un mot c’est un roilévite, préciser davantage c’est tomber dans l’arbitraire. Quand les rationalistes supposent que c’est David, qu'il avait revêtu ses soldats d’habits de prêtres, etc., c’est une hypothèse assez bizarre. Il est vrai pourtant que David a un Caractère assez lévitique et sacerdotal. Il s’attachait à lui quelque chose de sacré.
[f° 89 v.] bn-1: Voilà les divers sens : 1° Ex utero (meo), ab aurora.… tibi ros nativitatis tuae (i. e. genui te) (6). 2° Ab ineunte aurora, existi de terra sicut ros (id est : resurrectio tua fuit instar roris e terra sub aurora prodeuntis) (7). 3° Lowth... (V. Lowth, I, 156) : Ta postérité sera plus nombreuse que les gouttes de rosée... etc. (8). Postérité rompt le parallélisme. 4° [Sens donné par Renan, cf. la traduction latine :] En substituant à l’explication de la phrase que donne Lowth l’idée de jeunesse de l’armée à postérité
(a) 1] Znterl(b)
(b) [Add. marg. à la précédente :] L'idée de cette jeunesse qui l’entoure (4) dans ces vêtements sacrés, aurait alors une justesse parfaite. V. Racine et la Bible. Malheureusement la période n’était plus poétique, et il ne s'attache aucun prestige poétique à ce fait.
Il est sûr que ces jeunes gens, ce sont les lévites.
(2) Ib. : « Au jour de ta force, c’est-à-dire de ton triomphe et de ton règne ».
(3) Cf. supra p. 150 et n. 5 et p. 151 et n. 6. Ici, Vatable rapporte entre autres le sens : «in magnificentiis sanctuarit ».
(4) En fin de commentaire, Vatable propose d'entendre : «Juventus tua » par «juvenes, tes soldats .Tes soldats seront plus nombreux que les gouttes de rosée sortant au matin ». C’est à peu près le sens que Renan adopte, mais il a l’air (au moins pour juventus) de l’imputer aux Allemands.
(5) Cf. IV Rois, XI. — «Joïda, ou Joad, comme il est appelé dans Josèphe.… » (Athalie, Préface).
(6) Voir peut-être la Vulg., Genebrard (715-716), Vatable et Glaire (Lex., 249 b).
(7) Calqué sur Vatable.
(8) I, 188 (Lec.X, De l’Allégorie) : « La rosée de ta race surpassera le sein de ’aurore » (Prae utero Aurorae tibi ros prolis tuae), ci «la rosée de tes
descendants sera plus abondante que la rosée qui coule du sein de l’aurore ».
170 Exégèse Biblique
(à cause du parallélisme), on a, je crois, le vrai sens (c). Il est sûr qu’en prenant la construction de Lowth, le sens des Allemands pour 1h50 [f° 90 r.] et le sens de pluie pour n373 (10), le sens est parfaitement suivi, et le parallélisme bien gardé : je ne crois pas qu’on puisse douter de ce sens : la plus grande difficulté est peut-être en #7p-%1732: — La Vulg. n’ont [sic] pas tenu compte de 5 -5 (11). Comparez en effet du ps. 11:42) v. 7, qui est tout à fait semblable et probablement composé pour la même
circonstance.
}. Juravit Jehova.. Tu sacerdos in aeternum, secundum rationem Malki-
Tsedegq.
Septante : xarù tv téEuv. — St Paul : xarxù riv ôuouérnra (13). Vulg. : secundum ordinem... et secundum similitudinem. — Cette idée de prêtre
jointe à celle de prince serait encore explicable par l’union de la royauté et du sacerdoce dans l'imagination des Orientaux; mais l’ordre de Melchisédech, personnage qui joue si peu de rôle dans les idées juives, est tout à fait énigmatique. Aliqui : eo quod sis rex justitiae (14) [: mais la construction en * n’est usitée que dans les noms propres] (d). Ceux qui rendent regis mei justi font un solécisme (15).