Se renovabit sicut aquila, juventus lua
[f° 103 r.] Le poète dit tout cela à son âme (5w53) [v. 7], mais on sait que cela signifie lui-méme (2), c'est une manière de s’interpeller : nousmêmes n’en avons pas d'autre. Sur les idées des anciens sur la rénovation de l’aigle, voyez Genebrard, sur le v. 6 (3). Je pense que l’allusion est à la légende de Saadias. L'article (comme l'aigle, chose connue) y incline. [Car cela prouve que ce n’est pas une simple comparaison (comme un aigle), mais une allusion à un fait connu] (a).
Fe
Il y a peu de psaumes où le rythme soit si sensible, et quoiqu'il y ait différents mètres, il semble que le psalmiste ait voulu conserver partout l'égalité de longueur.
Remarquez le rythme de ce psaume : d’abord cinq hexamètres, puis trois pentamètres, puis deux tétramètres, et toujours des monostiques coupés au milieu.
[f° 103 v.] 72. Sicut longinquitas orientis ab occidente, amovit a nobis peccala nostra.
Cette comparaison suppose l'Orient et l'Occident comme deux lieux, d’où le soleil entre et sort ( 13 et ny) dans l’idée des anciens.
TORIOE
Comparaison plus suivie que d'ordinaire chez les Hébreux. V. ps. CXXIX v. finem et la remarque de Lowth (4).
(a) [ ] En marge.
CIIT (1) C’est le CXIIL°; cf. supra, p. 173.
(2) Genebrard :« Ce qu’il appelle son âme, c’est lui--même » (628).
(3) Id. : « L’aigle se rajeunit tous les dix ans, en perdant ses vieilles plumes, et en en recevant de nouvelles, par la crémation des plumes dans le feu élémentaire, et en se plongeant dans la mer, comme dans un bain, jusqu’à la centième année. Alors seulement il meurt, ne pouvant plus sortir de la mer à cause de sa grande vieillesse (R. Saadias). D’autres … croient que le bec de l’aigle croissant avec le temps, finit par devenir si recourbé, qu’il ne peut plus saisir la nourriture : alors il le frappe contre une pierre, brise et rejette sa partie supérieure, et peut alors se nourrir, en sorte qu’il revient pour ainsi dire à la jeunesse » (628-629).
(4) Cf. supra, p. 178 et n. 8.
Psaumes Choisis 183
Idées peu poétiques.
20. Benedicite Jehova, angeli ejus, potentes robore, facientes verbum ejus, ad obediendum voci verbi ejus.
[f° 104 r.] 27. Benedicile Jehova, omnes exercilus ejus, ministri ejus, facientes voluntatem ejus.
Le second membre de ce vers. et le vers. précédent déterminent psy à s'appliquer aux anges (5) : important pour lehova Tsebaoth. La Vulg. a rendu par virlutes comme en 5 ny de l’Exsurgat (6).
22. Benedicile Jehova, omnia opera ejus, in omnibus locis dominationis ejus, benedic anima mea Jehova (b).
— Ce psaume paraît calqué sur le suivant pour l’exorde et la finale (8), mais en est bien différent pour la poésie. Il est correct et d’une perfection remarquable pour le parallélisme et le rythme, mais il n’a ni l’enthousiasme des anciens cantiques, ni la grâce des psaumes des Degrés, et autres que je soupçonne être de l’époque prophétique ou babylonienne. [Il a pourtant des versets charmants] (c). Son rythme est fort curieux, et justifie fort bien les remarques d’Azarias (V. Lowth, Lec. 19) (9). Je ne puis me figurer que ce soit sans dessein que les hexamètres, et les pentamètres de même sorte se suivent si régulièrement. — Pour le sujet, il est purement laudatif : c’est une suite de pensées pieuses, et de tableaux agréables, dans le goût des hymnes religieux des anciens et des nôtres, et sans plan bien strict. Les v. 3, 4, 5 et 6 pourraient bien faire allusion à quelques circonstances, à l’occasion desquelles il fut composé; mais dans le reste, il est général.
Traduction.
1. De David. —— Bénis Jéhova, Ô mon âme; que le fond de mon cœur bénisse son saint nom.
__ [f° 104 v.] 15. Les jours de l’homme sont comme l'herbe; sa fleur est comme la fleur des champs.
* 16. Un souffle passe sur elle, elle tombe, et le lieu qui la portait ne la connaît plus.
(b) [En marge] Ce dernier vers, est un distique trimètre de part et d’autre; mais les pieds du premier vers. sont beaucoup plus longs que ceux du second (7), c’est peut-être un artifice exprès, qui en effet fait un très joli effet.
(GC) Lu] Tntert.
(5) Cf. Genebr., 633, au v. 22; Vatable rapporte le sens d’anges après celui d’astres (103). ñ N ; : Ë
(6) Ps. LXVIII, v. 12, analysé par Renan à la fin de son année scolaire (Cf. vol. 11480, f° 4 v.). À ne :
(7) La coupe est après ejus. Genebrard recommande de ne pas joindre à la suite ce qui précède (633). : . 4
(8) L’un et l’autre se suivent dans le Psautier; ils commencent et finissent par Benedic, anima mea, Domino. Cf. pour le CIV® infra, p. 231.
(9) Cf. supra, p. 180 et n. 2.
184 Exégèse Biblique