‹ Travaux de Jeunesse 1843-1844Chapitre 80 sur 138 · Qui percussil primogenitos Mitsrayim, ab homine ad pecus · texte numérisé non relu

Qui percussil primogenitos Mitsrayim, ab homine ad pecus

Construction liée avec la précédente (8) ; tout le psaume n’est pour ainsi dire qu’une phrase ainsi liée. — Encore pillage (9). [Ce tour lent et peu naturel, répétition qui n’ajoute rien, sent le rabbinique. Les y» indiquent aussi [?] le moderne] (b).

9. Misit signa... in medio lui, Mitsrayim, in Par’o, et in omnibus servis ejus.

Ce mot servus peut bien être par mépris de ces nations, et opposition au peuple juif, qui n’est pas esclave de ses rois.

11. Sichon, regem Emoriorum, et Og, regem Baschan, et omnia regna Kena’an.

Remarquez que ces noms chananéens n’ont aucun sens en hébreu ; cela infirme l'opinion de ceux qui pensent que l’hébreu était la langue chananéenne. Ceci, je crois, est encore pris d’un autre psaume (10).

[£° 105 v.] ZZ.

Ce v. est pris du Deutér., ch. XXXII, v. 36 (11). Le reste est presque tout pris de l’In exitu (12), toujours avec quelques variantes (13).

(a) [ ] au-dessus de simultanéité.

(b) [= Znterl.

(7) Cf. Leopold, 30 b.

(8) Dans la Vulg., « Qui percussit » est sur la même ligne que « Qui producit ventos », et apud Genebrard (#67), sous le même n° 8.

(9) Cf. ps. LXXVNIII, 51; CV, 36; CXXXVI, 10. C’est à Ex., XII, 29 que la Vulg., en marge, renvoie.

(10) Renan n'avait qu’à tourner la page pour trouver au ps. CXXXVI, 19-20, la mention de Sihon et d’Og.

(11) Signalé par Genebrard qui toutefois donnait inexactement le n° (33) du verset (872).

(12) Genebr. (1b.) et la Vulg. y réfèrent. L’In Exitu, qui dans l’hébreu finit après le v. 8, ne fait dans la Vulg. qu’un corps avec le Non nobis, |Domine. Comme d’autre part la numération de la Vulg. est en retard d’une unité sur celle de l’hébreu, les versets dont il s’agit ici sont les 12-14 du ps. CXIIIP selon la Vulg., ou 4-6 du CXVEe selon l’hébreu.

(13) 9'N à ici le sens de même, alors que dans l’In Eritu, v. 14, il avait celui de nez, et le passage correspondant voulait dire : « [ls ont un nez, et point d’odorat ».

186 Exégèse Biblique

17. Aures illis, et non audiunt, etiam nihil est spiritus in ore eorum.

Jeu de mots. — Le deuxième hémistiche est ajouté, et n’est pas en rythme poétique comme le reste. D'ailleurs w+ est comme de trop. — Ces emprunts faits à divers cantiques, toujours avec des variantes (les v. 15, 16 et L'24bS sont seuls exceptés, mais leur parallélisme rigoureux ne permettait pas de se tromper) m'ont fait naître une conjecture. Il serait singulier qu'un poète se fût amusé à faire un pareil centon sur des ouvrages écrits, et surtout à y faire ces légers changements, qui sont loin de les embellir. Je pense donc que l’auteur de ce psaume l’a composé des lambeaux qu'il savait de mémoire des cantiques les plus familiers aux Hébreux. Le deuxième hémistiche du v. 17°, qui n’est pas poétique ni en parailélisme rigoureux avec ce qui précède, confirme cette idée. [L’emprunt du v. 14 du Deultér. favorise encore cette conjecture : car tous le savaient par cœur] (c).

De là deux conséquences : 1° Que tous ces cantiques nationaux étaient surtout dans la mémoire des Hébreux, et qu’ils y étaient avec des variantes considérables. C’est par là que j’explique l’incohérence et l’incorrection des anciens cantiques, des bénédictions de Jacob, de Moïse, etc. Quand on voulut écrire ces cantiques, on dut probablement consulter chaque tribu qui conservait de mémoire sa petite strophe : or l’un disant d’une façon, l’autre d’une autre, l’un mettant la première personne, l’autre la seconde, l’un commençant la phrase sur un pied, l’autre la finissant sur un autre, et le compositeur prenant de l’un le commencement, de l’autre [f° 106 r.] la fin, il en devait résulter une grande irrégularité. Il peut se faire aussi que ces morceaux aient été écrits avant le texte où ils sont intercalés; car il faut bien y reconnaître des altérations infiniment plus fréquentes que dans le texte : or cela serait sans raison, dans l’autre hypothèse. 2° Il suit de là que le rythme des Hébreux était fort peu strict, et n’était assujetti qu’au parallélisme, et non à un mètre strict. Car on voit les graves changements que s’est permis l’auteur de ce psaume, et cela très probablement sans déranger le rythme : or une poésie rigoureusement métrique, n’est pas si large pour les variantes. Essayez de tripoter ainsi des vers latins. Il fallait donc que la structure et non les mots formassent l'essence de la poésie.

18. Sicut illi fiant facientes ea, omnis qui confidens in eis.

Verset caractéristique des Juifs, exprimant leur aversion pour les sculpteurs d’idoles.

Imité de l’In exitu [v. 77 et 18] pour le tour, et non les mots.

— Ce psaume est curieux, comme monument de compilation juive. Je croirais assez qu’il serait moderne, et une composition rabbinique. — Le

(CNET

Psaumes Choisis 187

plan n'est pas très rigoureux (d), ce sont des fragments à la file : l’idée: dominante est de louer Dieu pour les bienfaits dont il a comblé son peuple. L'auteur y mêle aux v. 6 et 7 quelques traits de la grandeur de Dieu dans la nature, ce qui était très familier aux Hébreux. Selon un autre tour de pensée, encore souvent usité dans leur poésie, et correspondant à une des idées constitutives. de la nation (la singularité de Jéhova), il oppose à la grandeur de Jéhova la bassesse des dieux des autres peuples (idée empreinte de la croyance à la localisation des dieux).

[f° 106 v.] Traduction.

[Renan distingue l’exorde, deux parties, la conclusion.]

5. Oui, je le sais, Jéhova est grand, notre maître est au-dessus de tous les dieux.

7. C’est lui qui fait monter les nuages à l’horizon, qui des éclairs tire la pluie, et fait sortir les vents de ses trésors.

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