VI. — AGÉTONURJE DANS LE DIABÈTE PANCRÉATIQUE
Von Mering et Minkoswki, en démontrant que l’extirpation du pancréas chez le chien produit le diabète, ont aussi annoncé qu’on pouvait, dans quelques cas, déceler dans l’urine des chiens dépancréatés des quantités notables d’acétone, d’acide diacétique, d’acide j3-oxybutyrique. Ayant eu en partie à notre disposition de nombreux chiens rendus diabétiques par M. le professeur Hédon, nous avons étudié l’acétonurie chez la plupart d’entre eux. Nous pourrions présenter l’observation de 20 chiens diabétiques. Malheureusement, le plus grand nombre n’a pu être examiné jusqu’à la mort, ces animaux ayant servi a d’autres expériences. Il est en effet d’un réel intérêt, croyons-nous, de savoir comment se comporte 1’ acétonurie avec les progrès de la cachexie. Nous savons déjà que la glycosurie décroît et peut même cesser complètement dans les derniers jours qui précèdent la mort. En estil de même pour l’acètonurie ? Nous pourrons répondre à cette question en présentant l’observation de deux chiens dépancréatés qu’il nous a été permis de suivre jusqu’à la mort.
Mais auparavant, étudions l’acétonurie dans le cours du diabète expérimental. Pour cela nous diviserons nos chiens diabétiques en trois séries.
U” série. — Diabète grave. — Chez les chiens de cette catégorie, la glycosurie est intense ; le sucre apparaît aussitôt après l’opération et ne fait pas défaut un seul jour, malgré une alimentation carnée longtemps prolongée. La dénutrition est rapide.
2° série. — Diabète à forme légère. — La glycosurie est faible ou nulle pour un régime carné, et elle n’apparaît d’une façon sensible que lorsque l’animal ingère des hydrates de carbone. Même dans un cas, la glycosurie ne se montra qu’au début, et fut de courte durée. Les animaux de cette catégorie sont ceux chez lesquels le pancréas n’a jjas été enlevé en totalité*
3° série. — Animaux ayant subi la transplantation sous-cutanée (£ un fragment de pancréas.— Chez ces animaux, la glycosurie est nulle ou légère après l’extirpalion du pancréas inlra-abdominal, et apparaît ou se renforce après l’extirpalion du fragment transplanté (Minkowski, Hédon).
De toutes nos expériences il se dégage ce fait important, c’est que, de même (|ue la glycosurie, l’acélonurie apparaît toujours inévilablemjent après l’extirpation totale du pancréas. Elle n’a jamais manqué, lorsque l’extirpation a été complète, autrement dit lorsque la glycosurie a apparu.
Minkowski n’a pas constaté d’une façon constante l’apparition de l’acétonurie dans le diabète pancréatique. Mais il avoue que dans le plus grand nombre des cas la recherche de l’acétone n’a pas été faite.