‹ Travaux de physiologieChapitre 7 sur 59 · juillet. 760 — · texte numérisé non relu

juillet. 760 —

Après ingestion de 40 gram. de glucose :

3 juillet. 1250'=' d’urine avec 2 ‘’/o de sucre et 4,4 “/o d’urée.

Ap rès ingestion de 40 giam. de lactose :

5 juillet. 730'=' d’urine avec 1,9 “/o de sucre et 5,2 ‘>/o d’urée.

Dans la suite, la glycosurie s’établit définitivement, malgré l’exclusion des hydrates de carbone de la noui-ritni'e et ne fit plus défaut un seul jour, mais elle demeura constamment au-dessous du taux de 2 °/o et présenta de grandes variations journalières dans son intensité. Elle ne parut nullement influencée par des injections sous-cutanées d’extrait de pancréas dans de l’eau glycéiinée (ces injections occasionnèrent des abcès qui, après évacuation du pus et des gaz qu’ils renfermaient, guérirent parfaitement) . Le 20 juillet, l’animal ayant rendu TSO*"® d’urine contenant 1,2 “/ode sucre et 5,0 7o d’urée, on retira quelque temps après, par cathétérisme de la vessie, 30®'- d’urine avec 1,1 7o de sucre. Un échantillon de sang fut alors prélevé dans une artère fémorale ; on y trouva 0,15 °/o de sucre seulement.

Les jours suivants, l’excrétion du suci-e commença à augmenter après qu’on eut fait ingérer à l’animal une seule dose de 40 gram. de sucre de canne, le 26 juillet :

25 juillet. 1100" d’urine avec 0,52 de sucre et 4,28 °/o d’urée.

Après ingestion des 40 gram. de sucre de canne :

27 juillet.

1120" d’urine

avec 3,3 ®/o de sucre

et 3,2 ’

1" août..

Cette glycosurie, d’ailleurs, se raoutrait sous la dépendance étroite de l’absorption des aliments, car elle disparaissait à peu près totalement dans l’intervalle des digestions, comme on put s’en apercevoir en sondant la vessie à plusieurs reprises dans le courant d’une môme journée. Le 2 août, l’animal ayant pris son dernier repas (1 kilogr. de viande) la veille dans l’après-midi, les excrétions ôtaient en effet :

A 9 11. 750®” d’urine avec 3,2 ®/o de sucre et 4,9 ®/o d’urée.

A ce moment, on préleva un échantillon de sang dans une artère fémorale et on y dosa 0,24 °/o de sucre.

L’animal, c]ui élait très amaigri et ne pesait plus que 8i^«,400, fut alors sacrifié pour une expérience (piqûre bulbaire) qui sera rapportée plus loin dans le cours de ce mémoire.

A l’autopsie, on constata la présence de quelques grains glandulaires de ti'ès petites dimensions le long du duodénum. Un fragment de foie bouilli dans de l’eau fournit un liquide opalin qui présentait les réactions fort nettes du glycogène (le dosage n’en a pas été fait).

Voilà donc un cas typique de diabète atténué ; il diffère en effet essentiellement des cas graves que nous avons décrits comme étant la conséquence de l’extirpation totale du pancréas en ce que : U la glycosurie n’apparut pas immédiatement après l’extirpation et se montra d’abord inconstante; 2® cette glycosurie était peu intense et disparaissait ou s’atténuait beaucoup dans l’intervalle des digestions ; 3^ ranimai, malgré sa maigreur, était encore relativement vigoureux 58 jours après l’extirpation du pancréas et présentait une quantité appréciable de glycogène dans son foie quand il fut sacrifié ; il aurait certainement pu vivre encore pendant un temps assez long. Ce résultat provenait, sans aucun doute, de ce que l’extirpation du pancréas n’avait pas été absolument totale chez cet animal, et je pense que, si la glycosurie avait une tendance à s’accroître sur la fin de l’expérience, c’est que les fragments de glande qui avaient échappé à l’opération n’exerçaient plus leur action au même degré qu’au début. Celle circonstance apparaîtra avec une plus grande évidence encore dans l’exemple que je vais maintenant rapporter.

3" Diabète atténué se transformant graduellement en diabète

grave .

Sandmeyer a publié deux intéressanlcs expériences où, le pancréas ayant été extirpé partiellement à des chiens, le diabète apparut à la suite de l’atrophie du fragment restant, augmenta progressivement d’intensité et aboutit au bout d’un temps fort long cà la mort de l’animal. Dans le premier cas où 1/9® du pancréas environ avait été épargné et où, en outre, les vaisseaux principaux de ce fragment de glande avaient été liés, il vit se développer bientôt après l’opération un diabète à forme légère qui, au bout de trois mois, augmenta d’intensité et se transforma quatre semaines plus tard en diabète grave, pour amener la mort deux mois après. Dans l’autre cas où un fragment représentant 1/6® de la glande avait été laissé dans l’abdomen, sans que ses vaisseaux fussent liés, les premières traces de sucre apparurent environ sept semaines après l’opération ; puis au bout d’un an, la glycosurie augmenta d’intensité et le diabète s’établit détinitivement jusqu’à la mort de l’animal, qui arriva huit mois plus lard.

L’observation suivante, bien qu’elle porte sur un laps de temps moins long que dans les expériences de Sandmeyei-, est tout aussi instructive.

Expérience x, — Extirpation incomplète du pancréas préalablement atrophié par une injection d'huile dans le canal de Wirsung. Diabète à forme légère s’aggravant par la suite.

Chien de 15 kilo'^r, JnjccLion de 3ccnlirn. cub. d’huile d’olive dans le canal de Wii’sung et exlirj)alion de la portion descendante du pancréas le 20 novembre 1805. L’animal est abondamment nourri; il maigrit tout d abord, puis l'écupére son poids primitif et le dépasse. Le 18 janvier il pèse 18 kilogr. On ouvre alors le ventre de nouveau eton trouve que le pancréas est incomplètement atrophié; parmi de nombreux nodules scléreux, beaucoup de lobules ont conservé l’aspect glandulaire. Le pancréas est alors extii'pé aussi complètement que possible; mais malgré tout le soin mis à abrascr la paroi duodénale,

un tout petit fragment de glande reste en place au voisinage du pylore.

Les jours suivants, la glycosurie fait défaut, l’animal ingérant quotidiennement COÜ gram. de viande de cheval. Elle apparaît lorsqu’on ajoute 300 gram. de pain à cette nourriture, mais reste peu intense et généralement au-dessous de 1 I-e 11 février, l’animal pèse 15 kilogr. ; on lui extirpe la rate. A la suite de cette nouvelle opération il excrète 300 ccntim. cub. d’urine avec 2 % de sucre, puis cette glycosurie cesse.

Le 18 février, bien que la glycosurie fasse toujours défaut pour un régimeexclusivcment carné, on s’aperçoit que le diabète a dû s’aggraver, car la consommation des hydrates de carbone présente un trouble plus considérable qu’au début. En effet, 'après l’ingestion de 200 gram. de pain seulement, l’excrétion du sucre s’élève à près de 3 ^jo. Elle dépasse 4 7o lorsqu’on fait infuser la pâtée avec un hachis de pancréas de bœuf avant de la donner à l’animal. Depuis le début de l’expérience et malgré l’absence do glycosurie, la quantité d’urine émise journellement est considérable : elle dépasse généralement un litre et atteint souvent l,5Ü0‘=c.

A partir du 27 février, la ration de viande est portée à 1 kilogr. par jour. La glycosurie fait toujours défaut. Mais le 3 mars, après l’ingeslion de 40 gram. de glycose, elle apparaît pour neplus cesser; d’abord faible, elle s’accuse ensuite de plus en plus, et à la lin du mois l’animal présente un diabète de forte intensité et se cacheciise rapidement. La fin de l’observation à partir du 20 mars est l’ésuraée dans le tableau suivant :

Tableau VI.

Dates

Urine (Je 24 h

SSii( p. lO'J

Dre en tout

Ur

(ie

en tout

Rapport du sucre il l’urde

Alimentation

Mars

Sr

gr

gr

1 kilogr. viande.

]cl. + 50k‘^ axonge

1 kilogr. viande.

Id. + 2()b‘‘ bicarbonate soude

Id. + 10«‘ bicarbonate Na.

(Turine devient alcaline).

1 kil. \ lande + l"‘ iodoforine

1 kilogr. viande.

Id.

Id.

Id.

Id.

Avril

1er

L’aiiiraal succomba accidentellement à une injection intraveineuse de peptone. Il était encore assez vigoureux quoique très amaigri, et on ne considérait point sa mort comme prochaine. A l’autopsie on trouva, dans la concavité de l’anse duodénale, un petit fragment de pancréas, du poids de 1 grain, paraissant sain.

Il ressort donc, avec une entière évidence, de toutes ces observations, que lorsque l’exlirpation du pancréas n’est pas totale, dans la rigoureuse acception du mot, le diabète peut revêtir une forme atténuée, soit (jue le sucre ne [lasse dans l’urine que si ranimai ingère des hydrates de carbone (glycosurie alimentaire), soit que la glycosurie reste modérée pour un légime exclusivement carné. Il apparaît, en outre, que le petit fragment de glande qui exerce cette sorte de fonction inhihitoire, peut à la longue cesser complètement son action, sans doute à la suite de la dégénérescence de son tissu, et que dans ces conditions un diabète gi-ave succède à un diabète atténué. Les expériences de transplantation sous-cutanée du pancréas vont nous permettre d’appuyer ces conclusions sur des bases encore plus fermes.

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