‹ Travaux de physiologieChapitre 8 sur 59 · C. — Expériences de greffe sous-cutanée du pancréas · texte numérisé non relu

C. — Expériences de greffe sous-cutanée du pancréas

Les expériences de transplantation sous-cutanée du pancréas que je vais maintenant rapporter ne sont pas essentiellement différentes des expériences d’extirpation partielle dont il vient d’être question. Le fragment de glande conservé est seulement attiré hors do la cavité péritonéale et fixé sous la peau de l’abdomen. Mais cette modification opératoire ne change évidemment rien aux conditions de rex[)érience, si ce n’est an point de vue technique, et elle ne présente de véritable intérêt que parce qu’elle apporte une preuve de plus en faveur de la théorie pancréatique du diabète, et qu’elle ruine les théories adverses. En effet on ne peut plus invoquer avec vraisemblance, comme cause du diabète après l’extirpation du pancréas, les lésions nerveuses de voisinage, lorsqu’on voit la glycosurie être provoquée par l’énucléation d’un morceau de glande inséré sous la peau.

l/exécution d’une telle expérience s’imposait après ce qui avait déjà été fait dans ce sens pour le corps thyroïde, glande dont le fonctionnement paraissait présenter des particularités analogues à celles qui venaient d’ètre découvertes pour le pancréas. Je tra~ vaillais depuis quel(|ue temps à greffer des fragments de pancréas sous la peau, lorsque Minkowski annonça en ces termes qu’il était parvenu à réaliser cette entreprise: «J’ai réussi chez plusieurs chiens à transplanter un morceau de pancréas hors de la cavité abdominale et par là à empêcher l’apparition du diabète après l’ablation do la partie de la glande restant dans le ventre. De plus, lorsque ce fragment de pancréas inséré sous la peau fut enlevé, la glycosurie apparut dans toute son intensité. Je ne m’étendrai pas ici sur une description précise de ces expériences, (]ui sont intéressantes sous {)lusieurs rapports ; je la réserve pour une communication détaillée* »

Minkowski ne faisait donc point connaître le procédé qu’il avait employé pour transplanter le panciéas sous la peau . Or, la technique dans une telle expérience était le point essentiel, car de nombreuses tentatives infructueuses de greffe m’avaient démontré qu’un fragment de pancréas, détaché complètement du reste de la glande et logé dans le tissu cellulaire sous-cutané, ne tarde pas à se décomposer en amenant une suppuration de la plaie. Mais, en poursuivant mes recherches, j’arrivai de mon côté à faire vivre un segment de pancréas sous la peau de l’abdomen, en lui conservant ses vaisseaux nourriciers - , et il se trouva que j’avais réalisé par là une expérience en tous points identique à celle de Minkowski, comme on put bientôt s’en apercevoir \

Technique. — On n’a qu'à jeter un coup d’œil sur le schéma du

> Minkowski; Weilere Millheiluncjen über den Diaheles 'incllilus nach Exslirpation des Pankreas. Berl. klin. Wochenschr. , 1892, n» 5 [Nach einen am 18 Üez. 1891, im Naturwissenschafllich mcdicinischen Vercin zu Slrassburg gehalten Vortrage).

- IK'dun ; Greffe sous-culanôe du pancréas (C. R. Soc. de Biol., 9 avril 1892).

Minkowski ; Vcrhandl. des XI Oongresses f. innere Medicin zu Leipzig, april 1892*

pancréas avec ses vaisseaux, figuré précédemment dans ce mémoire, pour voir que toute la portion duodénale descendante (la branche verticale de l’équerre) peut être séparée du reste, au niveau de son union avec la tôle de la glande, par une section entre deux ligatures, sans que sa vascularisation soit compromise. En effet, de l’artère et de la veine mésentérique supérieures naissent des vaisseaux d’assez gros calibre qui pénétrent dans cette partie de la glande au niveau de son extrémité libre et qui cheminent dans son intérieur pour aller s'anastomoser avec les gros vaisseaux pancréatico-duodénaux. De plus, comme ce segment de pancréas est absolument libre dans le mésentère et dégagé de toute adhérence avec l’intestin, il est facile par simple déchirement de le libérer de toutes ses connexions, eu ménageant les deux vaisseaux qui l’abordent par sa pointe. On mobilise de la sorte un fragment de la glande dont la longueur varie de 5 à 10 centim. , et on peut l’attirer alors complètement en dehors de la cavité péritonéale, grâce à la longueur du pédicule vasculaire. L’incision pour la laparotomie ayant été faite sur la ligne blanche, il faut alors décoller la peau à gauche de cette incision, de façon à faire une loge dans laquelle on flxe le morceau de la glande par quelques points au catgut, afin qu’il n’ait aucune tendance à rentrer dans la cavité du ventre, ce qui d’ailleurs ne peut plus se produire après la suture des plans profonds de la f)laie. Le pédicule vasculaire passe ainsi, entre les lèvres de la plaie. Il importe qu’il ne soit pas comprimé par celles-ci, lorsqu’on les rapproche, ce qui pourrait arriver en raison de leur rigidité et de leur texture fibreuse; un petit débridement crucial sulüt pour éviter cet inconvénient. De la sorte, la vascularisation immédiate du morceau de pancréas fixé sous la peau est assurée. Il est une autre précaution à prendre pour réussir l’opération. Afin d’éviter que le suc pancréatique qui continue à être sécrété par le morceau de glande transplanté, se déverse dans le tissu cellu-

' Il faut que la greffe soit faite à gauche de la ligne blanche, parce qu'on doit ensuite faire une incision dans le liane droit, quand on veut cxtirpci' le pancréas restant dans l’abdonien.

laire sous-cutané, où il ne manquerait pas de développer un phlegmon, il importe de fixer par un point de suture la coupe du pancréas au niveau des lèvres de l’incision cutanée, (hi manière que le suc excrété n’ait aucune tendance à s’épancher dans le tissu cellulaire, mais s’écoule librement au dehors. On obtient ainsi assez facilement la cicatrisalion de la plaie.

Lorsque toute inflammation est passée et que les lèvres de la plaie sont réunies, la grefl’e forme sous la peau une tumeur dure de la grosseur d’une noix en moyenne, située à gauche de la ligne blanche abdominale. Pendant très longtemps on observe sur la ligne de cicatrice un pet’t orifice fistuleux duquel s’écoule un liquide séreux, souillé ordinairement d’un peu de pus, que l’on fait sourdre en plus grande abondance en comprimant la grefl’e. Ce lifjui'Jo saccharifiant instantanément l’empois d’amidon, digérant les albuminoïdes et émulsionnant la graisse, est inconteslablernent du suc pancréatique. Dans quelques cas, il se forme dans la greflé un kyste contenant un liquide clair, transparent, un peu visqueux, coagulant par la chaleur, et qui possède, en outre, les propriétés digestives du suc pancréatique.

A la longue, l’orifice de la fistule se ferme et toute sécrétion extérieure se tarit ; mais le fragment de glande continue à vivre, car il peut encore empêcher dans ces conditions le développement de la glycosurie. Toutefois, il se sclérose rapidement, et si, comme je l’ai montré autrefois *, on peut encore y décéler la structure normale des acini après 30 et 40 jours, je dois maintenant reconnaître que sa survie n’est pas indéfinie, et qu’il arrive toujours à s’atrophier totalement au bout d’un temps plus ou moins long, même lorsque son pédicule vasculaire reste intact.

Un autre fait que j’avais avancé trop hâtivement, d’après un nembre insuffisant d’expériences, doit être aussi rectifié. La transplantation sous-cutanée du pancréas d’après le procédé qui vient d’ètre indiqué, ne constitue point à proprement parler une greffe ; c’est une simple ectopie, ou, si l’on veut une comparaison tirée do

1 Ilédon; Communication au II® Congrès des physiologistes tenu à Liège en aoùl 1S02.

la botanique, une marcolte. Il fallait donc, pour parfaire l’expérience, supprimer le lien qui réunissait encore le fragment transplanté à la cavité abdominale, c’est-à-dire couper le pédicule vasculaire. C’est ce que je fis tout d’abord, et dans mon mémoire sur la (|ueslion [Arch. do Physiol. , 18921 je crus devoir admettre qu’au bout de 20 à 30 jours on pouvait lier ce pédicule sans que la vitalité du morceau de glande transplanté fût compromise, des vaisseaux de nouvelle formaiion ayant eu le temps de pénétrer dans son tissu et suffisant alors à en assurer la nutrition. Mais j’ai reconnu depuis que celte assertion est trop catégorique, et qu’en réalité la suppression de cette source principale de l’irrigation sanguine amène toujours très rapidement ratro|)hie de la greffe et le diabète, chez les animaux ayant subi l’ablation du pancréas restant dans l’abdomen. Si, dans quelques cas heureux, je ne vis point apparaître la glycosurie dans ces conditions, c’est que le temps d’observation n’était pas assez long, et il eût sufQ de quelques jours d’attente de [ilus pour constater le passage du sucre dans l’urine. En fait, dans toutes mes expériences, sauf dans trois cas, la glycosurie suivit immédiatement l’ablation du pancréas, lorsque je pratiquai en même temps la ligature des vaisseaux nourriciers [>rincipaux de la greffe. Seulement, dans quelques expériences, celte glycosurie, au lieu d’ètre d’emblée très intense, était au contraire modérée et se renforçait ensuite peu à peu avec les progrès de l’atropliie du fragment transplanté. Cette dernière circonstance se montra d’ailleurs également dans plusieurs cas où le pédicule vasculaire avait été respecté.

Les résultats que l’on obtient par la greffe sous-cutanée de la portion descendante du pancréas ne sont donc pas tous identiques au point de vue de l’obstacle apporté au développement de la glycosurie, et dépendent étroitement sous ce rapport de l’état de nutrition du fragment de glande transplanté. Dans les cas les plus typiques où l’intégrité de la greffe est assurée par une riche vascularisation, le résultat est très net : la glycosurie fait absolument défaut après l’extirpation du pancréas restant dans l’abdomen,

même si l’on nourrit l’animal avec des hydrates de carbene ; mais

le sucre passe iaimédialement dans Turine en très forte proportion, dès qu’on vient à extirper le morceau de glande inséré sous la peau, ce qui se fait par une opération très simple, sans anesthésie. C’est cette intéressante expérience que Minkoxvski avait indiquée brièvement dans la phrase citée plus haut et que j’ai réussi à exécuter de mon côté quelque temps après lui, en imaginant une technique identique à la sienne'. Elle fut répétée à la même époque par M. Thiroloix, h qui j’avais montré en avril 1892 la méthode à suivre, dans l'espoir qu’il en tirerait paidi pour modifier les conclusions de sa thèse, ce qui est arrivé selon mes prévisions ■ .

Les particularités relatives à la glycosurie que j’ai signalées précédemment à propos de l'extirpation partielle du pancréas, se retrouvent donc ici exactement les mêmes. Du fait de la présence d’un fragment du pancréas greffé sous la peau, la glycosurie est, soit empêchée complètement, soit seulement atténuée; dans ce dernier cas on obtient un diabète à forme légère, qui peut, dans

‘ Ilédon; Greffe sous-cutanée du pancréas. Son importance dans l'étude du diabète pancréatique (G. R. Acad, des Sc., août 1892 et Soc. de Biologie, 23 juillet 1892). Voyez aussi Arch. de Physiologie, 1892, pag. 618.

- J’ai pratiqué devant M. Thiroloix une expérience de transplantation souscutanée du pancréas par le procédé décrit précédemment, dans le laboratoire de M. Fr. Franck, au Collège de France, en avril 1892. M. Thiroloix, qui était alors un partisan convaincu de la théorie nerveuse du diabète pancréatique, répéta celle expérience, ainsi que nous eu avions convenu ensemble, et devant les résultats qu’il obtint il dut renoncer à son oj)iniou. [Greffe pancréatique sous-cutanée Bull. Soc. anat., juillet 1892). Pi’enant alors fait et cause pour la théorie glandulaire, il rédigea coup sur coup deux autres notes, l’uue avec la collaboralion de M. Gley, l'autre avec celle deson maître, M. Lancereaux. De la piemière (Gley et Thiroloix, Soc. de Biol., 23 juillet 1892) je n’ai rien à ilire, sinon qu’elle ne dilférait pas essentiellement de celle que je présentai à la même séance de la Société de Biologie. Mais je ne puis mentiouncr la seconde (Lancereaux et Thiroloix, G. R., 8 août 1892), (jui d’ailleurs n’ajoulait rien à celle que j’avais publiée huit jours auparavant dans les mêmes comptes rendus, sans faire remarquer qu’elle est rédigée de manière à laisser supposer que l’auteur de l’expérience eu question est M. Thiroloix. Un pareil procédé, qae je laisse an lecteur le soin de qualifier, n’a pas manqué de produire le résultat qu’on pouvait en attendre. Certains, peu au courant du développement de la (luestion, ont attribué a M. Lancercaux le mi'-ritc d’une expérience que sou élève n’avait réalisée que d’après mes indications (voy. parexcm])le, Encycl. cliiin. de fréi)uj,lon\. IX, pag. 661).

la suite, se transformer en diabète grave. Lorsque rexcrétioii du sucre n’est nullement influencée par la greffe, c’est que celle-ci s’est complètement atrophiée et n’exerce plus aucune action.

J’ai réalisé avec succès l’extirpation totale du pancréas chez vingt-cinq animaux porteurs de greffe et en voici les résultats. Dans 13 cas, la glycosurie a été absolument nulle et le sucre n’est passé dans l’urine qu’après rextirpation du fragment de glande transplanté. Dans les autres, la glycosurie est apparue, que le pédicule de la greffe fût ou non sectionné; mais souvent alors elle était faible et se renforçait immédiatement si on enlevait la greffe, ou progressivement si on laissait celle-ci s’atrophier sur place. Je rapporterai ici quelques-unes de ces expériences, pour qu’on puisse les rapprocher de celles que Minkowski a publiées dans son Mémoire de 1893 et constater la concordance de nos résultats ' .

D Glycosurie nulle après l’extirpation du pancréas iatra-abdo^

minai et apparaissant immédiatement après Vablation du

fragment transplamté.

Je signalerai d’abord quelques expériences où le pédicule vasculaire de la greffe fut respecté, puis je relaterai les trois cas

* M. de Dominicis, dans une note des ArcJi. de Méd. expérim., 1893 [toc. cit.), insinue que dans ces expériences, comme en tout le reste, je n'ai point manqué de répéter et confirmer ponctuellement les données de Minkowski. La vérité est que j’ai imaginé la technique de la transplantation sous-cutanée du pancréas tout à fait indépendamment de Minkowski, i\Iais cela importe peu. Il se trouve que nos observations sont concordantes : tant mieux, c’est une garantie de leur exactitude. Faut-il, pour viser à l’originalité, s’ingénier à trouver le contraire de ce qu’ont observé les autres ? M. de Dominicis, (jui prétend avoir répété notre expérience avec des résultats tout à fait dill'érenls, ne me paraît pas l’avoir correctement réalisée. En ell’et, ne dit-il pas, entre autres choses, (jue chez deux chiens porteurs de grelfe, la glycosurie n’eut pas lieu après l’ablation du pancréas restant dans l’abdomen, non plus que les autres phénomènes de la suppression du suc pancréatique dans l’intestin, mais qu’à l’autopsie il constata que la partie greffée était encore attachée au diiodeniDu ? Or comment pourrait— il se faire, dans une expérience bien conduite, que la portion descendante du pancréas, sectionnée à sou union avec la tête de la glande et déplacée sous la peau, continuât à avoir des relations avec le duodénum ? C’est théoriquement et prali(juement impossible.

où je réussis à supprimer celle ii'rigalion sanguine sans provoquer imrnédialement l’apparition du diabète.

ExpÉniEXGE XI. — Chien do 15''500. Le 6 février 1893, transplantation sous la peau du ventre de la portion descendantedu pancréas. Le 16 février, la gretfe est bien prise ; on extirpe tout le pancréas intraabdominal. L’animal pèse alors 1 i kilogr. Le lendemain et les jours suivants, rurine est absolument dépourvue de sucre. A partir du 22, l’animal reçoit journellement 1 kilogr. de viande, 100 gr. de pain et 40 gram. d’axonge.

Le 25 février, la gretfe est extirpée; elle pèse 12 gram. Son tissu a l’aspect nettement glandulaire, mais il est dur, scléreux (la fistule qui dc^’ersaitle .suc pancréatique au dehors s était fermée, et toute sécrétion externe était tarie). Les jours suivants on a:

26 février 1580"' d'urine renfeimant 44«'' de sucre

le' mars 1400 — — 87 —

Le 1®’’ mars, on pi-alique ('liez cet animal une injection intra-vei-

neuse d’un extrait de pancréas do chien préparé de la façon suivante : 50 gram. do pancréas sont mis à digérer dans 50“ de glycérine et 100 “ d’eau, puis filtrés sur papier et à ti'avers unebougie par pi'cssion de CO- dans le filtre d'Arsonval. 30 gram. du liquide additionnés de 30 gram. d’eau sont alors injectés dans la veine saphène. Pendant l’injection l’animal pousse des cris. Détaché, il ne paraît pas incommodé ; mais, une heure après, on le trouve couché très faible dans sa cage, et sa pâtée habituelle lui étant offerte, il n'y touche pas. Le lendemain il est complètement rétabli. On voit , d'après les chitîVes consignés plus haut, que cette injection n’exerça pas une influence bien marquée sur la glycosurie. Le léger abaissement de cette dernière qui se manifesta, dans l’urine recueilli(î le lendemain, par une diminution de la quantité de sucre excrété sur celle du jour précédent, est plutôt imputable au fait que l’animal n’ingéra pas la totalité de sa ration alimentaire.

Le 23 mars, l’animal fut saigné et son sang défibriné. Un échantillon servit immédiatement pour le dosage du sucre (méthode au sulfate de soude de Cl. Bernard) ; un autre fut exposé pendant 2 heures à line température de 44° dans une étuve.

Sucro initial

— après gl y CO lyse

A 9r o; i Perte al)solue =0,11 “/o- '9^0 lu \ Perte j). 100 de sucre 29.

ExpÉruExcE xir. — Chien de 3‘‘500, porteur d’une greffe souscutanée du pancréas depuis le 2 février 1893, subit Je 16 février l’extirpation du pancréas intra-abJorainal. Le lendemain l’iirine réduit la liqueur de Fehling, mais les jours suivants on ne trouve pas trace de sucre dans l’iirine. Le 28 février, la greffe est enlevée; elle pèse 3«'',2 ; son tissu a l’aspect glandulaire, mais est sclérosé. Le lendemain on récolte 430 cc. d’urine avec 4 % de sucre, le 2 mars 730 cc, d’urine avec 3,7 ^[o de sucre; le 3 mars 600 cc. d’urine avec 2 "/ü de sucre. L’animal meurt alors d’une périlonite déterminée par rintroduclion dans la cavité péritonéale de fragments de pancréas prélevés sur un antre chien, avec toutes les précautions d’asepsie les plus rigoureuses ; à l’autopsie, on retrouve ces fragments en putrilage au milieu d’un liquide purulent.

Expérience xiii. — Chien de 18 kilogr. Subit, le 14 avril 1893, la transplantation sous-cutanée de la portion descendante du pancréas. Le 10 mai, la grelfe pai'ait bien prise, mais elle ne forme qu’une petite saillie sous la peau; on extirpe le pancréas intra-abdominal.

Le lendemain l’animal excrète 260 cc. d'urine avec 4 % de sucre, mais le surlendemain cette glycosurie disparaît, et les jours suivants l’urine reste complètement dépourvue de sucre.

Le 19 mai, la greffe est extirpée; elle pèse 4 gram., l’examen histologique y décèle des acinis rares, enserrés dans un tissu conjonctif scléreux. On a alors :

20 mai 1330'^® d’urine renfermant 40s‘^ de sucre

Expérience xiv. — Chien de 15 kilogr. Transplantation sous la

peau du ventre de la portion descendante du pancréas le 25 novembre 1893. Le 13 décembre, extirpation du pancréas restant.

Les jours suivants, l’urine est complètement dépourvue de sucre, l’animal recevant journellement 1 kilogr. de viande et 200 gram. de pain .

Le 18 décembre, extirpation de la greffe. Voici comment se dé'mloppe la glycosurie dans les premières heures après cette opération.

Dans la nuit du 18 au 19, l’animal excrète 1250‘® d’urine avec 7,7 7o de sucre, et, dans la journée du 19, on retire par le cathétérisme de la vessie :

A 8 h. 1/2 210®® d’uriae avec 9,5 ®/o de sucre

A midi 250 — 7,3 —

— oi —

Expérience xv. — Chien de 12 kilogr. Transplantation sous la peau du ventre de la portion descendante du pancréas le 8 février 1894. Le 23 février, extirpation du pancréas restant dans l’abdomen . Le lendemain et le surlendemain, rurine contient une petite quantité de sucre, mais, dans la suite, elle en reste complètement dépourvue, bien que l’animal ingère du pain. Le 5 mars, extirpation de la grellé qui pèse 6 gr. Poids du chien, 11 kilogr. On supprime alors les hydrates de carbone de la nourriture et on soumet l’animal à la diète carnée (1 kilogr. de viande de cheval). Le G mars, l'urine renferme 2,7 7„ de sucre, 2 7o le 7, 3,7 7o ie 8, 5 7o le 9, etc.

Expérience xvi. — Chien de 19 kilogr. Transplantation souscutanée de la portion descendante du pancréas le 25 mai 1894.

Extirpation du pancréas restant le 20 juin. Les jours suivants, l’urine ne contient point de sucre. La grelFe est extirpée le 4 juillet (poids 14 gram. ; tissu glandulaire bien conservé).

Le lendemain, l’iirine réduit fortement la liqueur de Fehling; elles jours suivants on a ;

6 juillet 450=*^ d’urine avec 4,1 °/o de sucre

8 — GOÜ — —

9 — 1100 — 0,2 — etc.

Expérience xvii. — Chien de II kilogr. Transplantation souscutanée de la portion descendante du pancréas, le 7 novembre 1894. Extirpation du pancréas restant, le 14 décembre. Le lendemain, on recueille 340“ d’urine avec 1,2 7o de sucre; puis le sucre disparaît totalement de l’uiine les jours suivants.

La greffe est extirpée le 2G décembre. Elle pèse 4^'',5 ; son tissu est scléreux (la fistule était fermée depuis plusieurs jours). I^oids de l’animal, 10 kilogr., alimentation exclusivement carnée.

Le 27, on recueille 180ec d’urine avec 4 7o Oe sucre.

Le 28 on a :

Nuit du 27 au 28 OOO*-^ d’urine avec 8,3 Yo de sucre

A 3 h. de l’après-midi. 110 — 8 —

A 4 h. — 10 — 7 — (saip:née-transfusion)

A 4 heures, on prend un échantillon de sang poui' le dosage du sucre. On en trouve 0,35 7o- Puis l’animal est saigné copieusement jusqu’à ce qu’il soit sur le point de succomber. Alors on lui transfuse directement par une veine jugulaire le sang d’un chien normal.

jusqu’à ce que sou pouls devienne plein et dur. Après cette transfusion, l’animal se trouve complètement remis et vif ; il mange immédiatement sa ration habituelle de viande. Les jours suivants, on récolte :

29 décembre

. . . SOtK'

d’urine avec 2,5 “/o de sucre

2 janvier

Ces observations sont amplement suffisantes pour établir que le diabète consécutif à l’extirpation du pancréas résulte de la suppression d’une fonction de la glande et non de lésions contingentes’. On pourra y joindre l’expérience XX de la thèse d’Azémar sur l’acétonurie expérimentale (/oc. cU.).

Il reste toutefois encore une objection possible : Le fragment de glande transplanté sous la peau, conservant ses relations avec les plexus abdominaux par les filets nerveux qui accompagnent Tarière nourricière dans le pédicule vasculaire, le développement du diabète ne pourrait-il point être impulable à la rupture de cette connexion nerveuse, lors de Textirpation de la greffe? En fait, la ligature de ce pédicule vasculaire suffit le plus ordinairement pour faire naître la glycosurie.

On peut répondre, il est vrai, que la cause en est dans l’atrophie et la dégénérescence de Tépilhélium glandulaire de la greffe, résultant de Tobstacle apporté à l’irrigation sanguine et à l’action nerveuse. Mais, pour lever les derniers doutes, il fallait réussira supprimer toute connexion de la greffe avec les plexus nerveux abdominaux, sans provoquer immédiatement le passage du sucre dans Turine. L’expérience ainsi modifiée présentait un autre intérêt. On pouvait se demander si le sang veineux provenant du fragment de glande transplanté devait nécessairement se

' Ou remarquera que, dans quelques-unes de ces expériences, le sucre apparut Iransiloirement dans l’urine aussitôt après l’extirpation du pancréas intra-abdominal et malgré la grelfa. Cette glycosurie, qui disparaissait complètement après deux à trois jours, relève vraisemblablement du traumatisme opératoire, comme nous 1 avons admis pour les cas d’extirpation partielle relatés précédemment.

déverser dans le système porte et passer d’abord par le foie, pour que la glycosurie fût empêchée. Pour élucider ce dernier point, Minkowski, voyant qu’il no parvenait pas à conserver l’intégrité delà greffe après la ligature en masse de son pédicule vasculaire, se borna à en lier la veine, et il constata que dans ces conditions le diabète n'apparaissait point. Cette expérience prouve qu’il est indifférent, pour le fonctionnement du fragment de pancréas transplanté, que ses vaisseaux efférents déversent leur sang dans la circulation générale. Mais elle laisse sans réponse l’hypothèse de la nécessité d’une connexion nerveuse avec les plexus abdominaux, pour que le diabète n'ait point lieu. La ligature ou la résection de l’ensemble du pédicule vasculaire et nerveux devait donc être h. ce point de vue plus démonstrative, et c’est pour ce motif que dès mes premières ex[)éi‘icnces de greffe du pancréas, j’ai dirigé tous mes efforts dans ce sens. Je suis parvenu dans les cas suivants au résultat visé, en ne laissant qu’un laps de temps assez court entre la ligature du pédicule et l'ablation de la greffe, et en soumettant les animaux à la diète carnée.

Expérievce XVIII. — Chien de 16 kilogr. Transplantation souscutanée du pancréas, le 15 juin 1892. La greffe prend bien et forme une tumeur de la grosseur d’une noix.

Le 6 juillet, extirpation totale du pancréas inti’a-abdominal et ligature du pédicule vasculaire de la greffe.

Dans les deux jours qui suivent, l’urine réduit la liqueur de Feliling, puis cette glycosurie disparaît, et, jusqu’au 15 juillet, l’iiriiie des 24 heures (soit 300 à COOcentim. cubes) ne renferme pas de sucre (l’animal étant nourri exclusivement de viande).

Le 15 juillet, à 3 heures de l’après-midi, extirpation de la greffe. Elle est bien vascularisée ; son tissu présente la structure du pancréas normal, mais avec épaississement des grosses travées conjonctives. Son poids est de 7 gram.

Le lendemain, à 10 heures du matin, par conséquent au bout de 19 heures, l’animal a déjà rendu 1,200 d’urine, renfermant 36 gram. de sucre, et les jours suivants, on recueille:

J 7 juillet

UOO»»

d’urine renfermant 66«

Le 19, l’animal reçoit en injections sous-cutanées 20<=® d’un extrait glycériné de pancréas de chien. Aussitôt après l'injection, il devient triste et somnolent, tout comme si on lui eût injecté de lamorpliine. Cet état demi-comateux se dissipe au bout de quelques heures (à noter qu'un chien normal de bien plus petite taille ne présenta point du tout ce phénomène après la meme injection). Chaque piqûre fut le point de départ d’un abcès. On voit que la glycosurie ne subit aucune diminution d’intensité du fait de ces injections.

Le 21, l’animal est sacrifié par section du bulbe, après prélèvement d’un échantillon de sang artériel pour le dosage du sucre. Puis, pendant que le cœur bat encore, le thorax et l’abdomen sont largement ouverts et des ligatures posées rapidement sur la veine-porte et sur la veine cave, au-dessus et au-dessous des veines sus-hépatiques. On retire alors par ponction de la veine et aspiration un échantillon de sang sus-hépatique et un autre de sang porte.

Le sucre est dosé dans les trois échantillons par la méthode de la cuisson avec sulfate de soude, de Cl. Bernard. On a :

Sucre du sang artériel 0,41 %

— sus-hépatique 0,52

— porte 0,37

Un fragment de foie est aussi jeté dans l'eau bouillante. On y dose 0,83 7o de sucre et pas trace de glycogène.

Après la mort on trouve dans la vessie 50'^' d’urine avec 4,2 °/o do sucre.

Expérience xix. — Chien de 4,100 gram. Transplantation souscutanée du pancréas le 1" mars 1893. Après 18 jours on extirpe le reste du pancréas et on pose une ligature sur le pédicule vasculaire de la greffe. L’animal pèse alors 3.950 gram. Le lendemain, l’urine réduit la liqueur de Fehling, mais cette glycosurie ne se maintient point, et les 21, 22, et 23 mars, on ne trouve pas trace de sucre dans l’urine.

Le 23, à 3 heures de l’après-midi, la greffe est extirpée. Elle pèse 2 gram. Le lendemain, à 11 heures, on recueille 300®“ d’urine avec 5,6 °/o de sucre. Le 25 mars, 210®“ d’urine avec 5,2 % de sucre. Le 26 mars, l’urine contient 3,7 %de sucre.

Après une ingestion dans l’estomac par la sonde œsophagienne de 100 gram. do sucre de canne, faite le 20, l’animal excrète dans les 24 heures suivantes :

,, . ( 6,2 ®/o de sucre réducteur avant interversion.

GOO” d urine avec 1

t 11,7 “/» — après ébullition de l’urine avec IICl.

Le 27, nouvelle ingestion intra-stom.acale de 100 gram. de sucre de canne. Après 24 heures l’aniuial a excrété:

G0(><= d’urine avec

8 7o de sucre réducteur avant interversion. 10,5 7o après interversion du sucre de canne.

L’animal est alors sacrifié. Son sang contient 0,37 7o de sucre. L’urine contenue dans la vessie (42 centim. cubes) renferme 8,7% de sucre et pas de sucre de canne. Dans le foie on dose 0,88 % de sucre et le décodé aqueux delà glande présente un léger louche de glycogène (réaction positive par l'iode et l’alcool).

ExpÉaiENCE XX. — Chien de 11 kilogr. Transplantation sous la peau du ventre de la portion descendante du pancréas, le 24 mars 1893. Au bout de quelques jours, le fragment de glande forme une saillie volumineuse, mais une partie est kystique; on vide le kyste par ponction capillaire et on en retire un liquide transparent, un peu visqueux, coagulant par la chaleur, sacchariüant instantanément l’empois d’amidon, émulsionnant l’huile et dissolvant les albuminoïdes. Après évacuation du kyste, la partie solide de la greffe est delà grosseur d’une noix. Les jours suivants le kyste se remplit de nouveau.

Le 12 avril, on extirpe le pancréas restant dans l’abdomen, et de plus on résèque le pédicule vasculaire entre deux ligatures.

Du 13 au 17, on constate que l'urine ne contient pas de sucre ou plus exactement n’en contient que des traces indosables.

Le 17 avril, la grelïe est extirpée ; elle pèse Sgram, Sa partie solide a l’aspect nettement glandulaire. Le kyste fournit 5 de liquide, clair, limpide, fluide, saccharifiant énergiquement fempois.

Le lendemain on recueille 540 co- d’urine avec 1,2 7o de sucre. Le 20 avril, furine contient 3,8 7o de sucre, le 21, 2,7 7o '•

Il me paraît maintenant inutile de donner comme contre-partie à ces expériences les cas où la glycosurie apparut avec son intensité ordinaire après la dépancréatisalion, malgré la greO’e. Ces

^ A ces trois expériences il conviendrfi.it de joindre notre expérience XXVII (Voyez plus loin), (pii pour uno partie rentre dans la môme catégorie.

cas négatifs relevaient incontestablement de l’atrophie du fragment de glande transplanté, dont le tissu ramolli présentait des éléments épithéliaux en voie de dégénérescence. Dans cet ordre de recherches, les faits positifs ont seuls une véritable importance. C’est pourquoi je me bornerai, pour terminer, à relater des expériences où la greffe pancréatique, sans s’opposer d’une manière absolue à la production de la glycosurie, exerça cependant sur celle-ci une action inhibitoire manifeste.

2'’ Diabète atténué se transformant en diabète grave par l'ablation ou l'atrophie du fragment de pancréas transplanté .

Dans 7 expériences où la portion descendante du pancréas avait été transplantée sous la peau de l’abdomen, le diabète apparut après l’extirpation du reste de la glande, mais avec une allure modérée ; dans 5 de ccs cas, l’ablation de la greffe renforça très nettement la glycosurie; pour les deux autres, la greffe ne fut pas extirpée, et on assista à la transformation graduelle d’un diabète à forme légère en diabète grave.

Expérience xxi. — ■ Cliien de 20 kilogr. Tiainsplantatiou sousc.utanee de la portion descendaiile du pancréas le 8 novembre 1892. Au bout de quelques jours la gieff'e pai-ait atrophiée ; elle ne forme qu’une très petite tumeur sous la peau et ne donne aucune sécrétion. Le 2 décembre, on extirpe le pancréas intra-abdominal. Poids de l’animal 18 kilogr.

Dans les premiers jours après l’opération (sauf le lendemain), la glycosurie fait défaut. Mais à partir du 8 décembre, l’animal recevant quotidiennement comme ration alimentaire 1 kilogr. de viande, 100 gram. de pain et 40 grain, d’axonge, le sucre passe dans Turine, quoiqu’en faible proportion.

8 décembre

d’uriiie avec 0,8 “/o

de sucre et 4,7

lü —

Le 13 ilécembre à 3 lieui'cs de Laprès-midi, la gretfe est extirpée ; elle pèse 5s‘’,4. Son tissu est mon ; le canal excréteur principal li-ès dilaté contient un liquide ülant, transparent. Les excrétions devien-

nent alors, l’animal étant toujours soumis au môme régime alimentaire :

13 décembre (3 h.) 1025'^' d’urine avec 5,5 <>/o de sucre et 3,9 % d’urée.

Le IG, à 3 heures de l’après-midi, on relire de la vessie'par cathétérisme, 250 d’urine avec 10% de sucre et 3,7 Vo d'urée. On prélève alors par la carotide deux lots de sang artériel de 25 gram. chacun ; l’un pour le dosage du sucre initial, l'autre pour l'estimation de la glycolyse in vitro. Puis, l’animal est tué par section du bulbe, i-apidement ouvert, et, après avoir posé des ligatures sur la veine-porte et sur la veine-cave, au-dessus et au-dessous de rahouchement des veines sus-hépaliques, on retire par aspiration le sang poide et le sang sus-hépatique pour le dosage du sucre. Résultats :

1“ Sang artériel : sucre initial 0,42 “/o

2® Sang artériel (non défibriné) après un ^ Perte absolue 0,09 <>/o.

séjotr de 2 heures à l’étuve à 44“ 0,33 % ^ Perte p. 100 de sucre 21 .

3“ Sang porte 0,34 “/o

4° Sang sus-hépatique 0,62 %

5“ Sang sus-hépatique après 2 heures à ^ Perte 0,07 %.

l’étuve à 44“ 0,55 “/« ( Perte p. 100 de sucre 11.

On extrait de plus, immédiatement après la mort de l’animal, tout le sangducœur et des gros troues veineux du thorax et on le défibrine. Pour ce sang défibriné on a comme sucre :

Immédiatement

Après 2 heures d'étuve à 44o,.

“ ( Perte p. 100 de sucre 13.

Le foie (poids 430 gram.) contenait 14 7o de sucre et ne renfermait point de glycogène.

ExpÉaiENCE XXII. — Chien de 25 kilogr. Transplantation sous la peau de l’abdomen delà portion descendante du pancréas, le 4 décembre 1806. Extirpation du pancréas intra-abdominal le 15 janvier 1897. fia gi’effe est alors réduite à un petit nodule dur, mais qui sécrète encore un peu de liquide parle permis fistuleux (érythème de la peau tout autour).

Les jours suivants, le sucre passe dans l’iirine, mais en quantité modérée (de 1 cà 2,5 7o)- l’animal ingérant journellement 750 gram. de viande. Ainsi on recueille :

Rapport du sucre à l’ur^>e

22 janvier.. 1160““ d’urine avec 1.9 “/g de sucre et 3,4 ®,/„ d’urée... 0.55 23 — .. 880 - 2.5 - 3,9 - 0,64

Le 23, la greffe est extirpée; elle pèse 5»‘‘,8.Son tissu est mou, mais laisse cependant reconnaître la lobulation du tissu glandulaire. L’animal continue à recevoir chaque jour 750 gram. de viande auxquels on ajoute 20 gram. d’axonge.

Le lendemain, on récolte 840'‘c d’urine avec 79 % de sucre et 5,1 % d’urée, et dans la suite :

Ra|)port du sucre à l’urée

25 jativiei-.. 1510« d’uriiio avec 4,1 de sucre et 2,5 Vo tl’urée. 1,6

26 — .. Jl2ü — 6,2 — 3,4 — 1,8

Le 27, trois heures après que l’animal a ingéré sa pâtée (750 gram. de viande et 30 grain, axoïige), on recueille par une fistule du canal thoracique 88 grain .de lymphe d’aspect fortement laiteux. On y dose, 0«^4 7o de sucre et 2«',6 7o de graisse.

Expérience xxiii. — Chien de 10 Idlogr. Transplantation souscutanée du pancréas le 5 février 1897. Extirpation du pancréas intraabdominal le 20 février. Les jours suivants, le sucre passe dans furine, mais en très faible quantité, quoique l’animal reçoive une pâtée de viande et de pain. Ainsi on a comme maximum ;

26 février.. 860" d'urine avec 0,8 Vo de sucre et 2,2 d'urée.. 0,36

La greffe est alors extirpée le 27 (poids et on supprime les

hydrates de carbone de la nourriture ; l’animal reçoit chaque jour 500 gram. de viande et 10 gram. d’huile d’olive. Les excrétions deviennent :

28 février. . . .

d'urine avec 6,4 7o de sucre

et 3,6 ®/o d’urée.

1®” mars

On recueille par une fistule du canal thoracique 27 gram. de lymphe faiblement opaline et renfermant 0,7 % dégraissé.

Expérience xxiv. — Chien de 18 Idlogr. Transplantation souscutanée de la portion descendante du pancréas le 28 juin 1897. Extirpation du pancréas intra-abdominal le 15 juillet.

l.es jours suivants, la glycosurie manque d’une façon absolue. L’animal est maintenu en assez bon état de nutrition pendant tout le mois d’aoùt, grâce à une alimentation intensive.

Dans les premiers jours de septembre, le sucre commence à passer

dans l’iirine, mais en faible proportion, malgré l’ingestion d’hydrates de carbone. On extirpe alors la gretfe, et le diabète apparaît avec intensité (les hydrates de carbone étant retranchés de la nourriture) Le tableau suivant résume la fin de cette expérience;

Tableau VIL

Quantité

Sucre

Urce

Rapport

Dates

du sucre

Ileninrques

d'urine

p.lüO

en tout

en tout

à l’urée

Septembre

gr

gr

gr

gr

Nüurr. 750s‘ viande-f2o0''‘ pain

(nuit

lüÜO

^‘Gh.m

GOÜ

Extii'p. de la grefl’e (poids 4«0.

Nourriture 7506* viande. Poids

de l’animal 15 kil .

Nourriture 7506*' viande.

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