‹ Travaux divers [sur la syphilis]Chapitre 15 sur 48 · DISCUSSION A LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS · texte numérisé non relu

DISCUSSION A LA SOCIÉTÉ DE MÉDECINE DE PARIS

M. Blachez rapporte avoir observé dans une famille un enfant confié à une nourrice indemne de syphilis; cet entant est fils d'un homme qui a présenté préalablement des accidents de syphilis constitutionnelle et d'une femme qui ignore cet état de choses.

Le nourrisson est affecté d'ulcérations de la bouche de nature spécifique. M. Blachez soumet ces circonstances à la Société, et consulte l'opinion de chacun sur la ligne de conduite qu'il convient de tenir quant à la continuation de l'allaitement par une nourrice.

M. Richard : On n'a pas le droit de laisser la nourrice donner désormais le sein à l'enfant.

M. Briquet : Il faut faire cesser Pallaiteraent, parce que la nourrice court le danger de contracter la syphilis, et trouver extemporanément un prétexte pour mettre cette mesure à exécution en même temps qu'on sauvegardera l'union dans cette famille.

M. Perrin demande à M. Blachez si la nourrice de son petit syphilitique est mariée. Dans le cas contraire, ajoute M. Perrin, la famille pourrait peut-être proposer à cette nourrice, complètement libre de ses actions, dûment avertie d'ailleurs des risques qu'elle aurait à courir, de continuer à allaiter l'enfant, sauf à cette famille, bien entendu, à lui payer le prix qu'elle exigerait pour un pareil allaitement. M. Perrin, en raison du but à atteindre, hésite à voir rien d'immoral dans un semblable contrat. Il soumet d'ailleurs cette solution, qu'il reconnaît lui-même très-délicate, à l'appréciation de la Société.

M. Blondead pense qu'il vaut mieux faire courir à l'enfant nouveau-né les périls d'une alimentation artificielle que d'exposer la nourrice à être infectée de syphilis.

M. SiMONOT : Il convient de faire cesser immédiatement l'allaitement, en même temps que sans retard on préviendra le père que son enfant est syphilitique. Il connaît l'origine de ces

accidents ; à lui revient Tiniliative des mesures à prendre pour sauvegarder la sécurité de son intérieur.

M. Lagnead : Je crois qu'on doit d'abord empêcher la nourrice d'allaiter l'enfant syphilitique, puis faire nourrir ce dernier soit au biberon, soit autrement.

Quant à la conlinualion de Pallailement par la nourrice saine, moyennant indemnité, le médecin ne peut la tolérer, car sciemment il exposerait cette femme à Tinfection. L'allaitement naturel ne peut être continué que lorsque la nourrice est déjà infectée, lorsqu'elle présente déjà des accidents mammaires ou autres; car alors celle femme peut avoir avantage à être soignée de sa maladie en même temps que l'enfant.

Si, contrairement à l'avis du médecin, les parents persistent à vouloir faire allaiter leur enfant syphilitique par une nourrice, conformément à l'avis de quelques syphiliographes, le mieux serait qu'ils ne s'adressassent qu'à une femme déjà syphilitique.

M. Richard fait remarquer le peu de sécurité qu'il y a de s'adresser à une nourrice syphilitique. Ln mesure d'urgence et d'exécution facile consiste à cesser d'autorité d'allaiter l'enfant, en donnant de cette décision une explication plausible et propre à ménager les susceptibilités des parents.

(Séance du 16 novembre 1866. •— Gazette des hôpitaux, 1867, n° 13.)

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