II. LÉSIONS GÉNITALES TERTIAIRES CHEZ LA FEMME
Comme formes morbides, les lésions génitales tertiaires que présente la femme sont presque identiques à celles que nous venons d'étudier chez l'homme. Elles n'en différent que par quelques détails accessoires relevant surtout des conditions de siège et de tissus.
i30 L'ÉCOLE DE MÉDECINE
Ici encore, même division naturelle des lésions en deux groupes, à savoir : Syphilides ulcéreuses et SypJiilidcs gommeiises.
I. — La première forme, forme ulcéreuse^ est commune, et surtout bien plus commune qu'on ne semble le croire généralement. Dans cet hôpital, les lésions de ce genre sont assez fréquentes pour que constamment nous en ayons en observation un ou plusieurs exemples.
Ces syphilides ulcéreuses s'observent surtout à la vulve et sur tous les départements de la vulve, grandes lèvres, petites lèvres, fourchette, entrée du vagin, clitoris, vestibule, méat.
Comme caractères objectifs, elles ne diffèrent pas de ce qu'elles sont chez l'homme. Inutile donc de vous retracer à leur propos une symptomatologie que vous venez d'entendre il y a quelques instants, d'autant plus que grâce à notre petit musée je puis mettre sous vos yeux quelques spécimens typiques de ce genre de lésions.
Pas plus que chez l'homme, d'ailleurs, ces accidents ne présentent chez la femme de caractères bien spéciaux, et moins encore de caractères pathognomoniques. Ce sont des ulcérations, simplement, et des ulcérations n'offrant aucune particularité objective qui permette d'en affirmer la spécificité.
Chez la femme cependant les syphilides ulcéreuses tertiaires affectent assez souvent, et plus souvent que chez l'homme, un attribut qui leur confère une physionomie presque distinctive. Cet attribut, c'est la configuration dcmi-cercléc, la configuration en moitié d'anneau, en fer à cheval, en croissant, en C. Voici trois bell'es reproductions en cire, dues au talent de M. Jumelin, sur lesquelles celte particularité est des plus évidentes. Ici, deux syphilides ulcéreuses en forme de demi-anneau occupent la face interne d'une grande lèvre ; là, une ulcération présentant exactement la forme et les diamètres d'un haricot; là encore, une lésion de même genre reproduisant un C majuscule, aussi bien dessiné qu'une lettre typographique.
Notez bien, Messieurs, cette configuration spéciale. Ce n'est pas au hasard certes qu'elle est due, mais à cette tendance si familière à la syphilis de disposer ses lésions suivant le mode circiné.
Eh bien, dans l'espèce, cette disposition hémi-cerclée a une importance diagnostique considérable. 11 n'est guère que la syphilis qui fasse ainsi sur hi muqueuse des ulcérations demi-cerclées. De là cette conséquence : toute ulcération de muqueuse qui se présente avec cette forme particulière a de grandes chances pour être syphilitique. Par cela seul qu'elle est demi-cerclée, il y a probabilité, il y a même, oserai-je dire, quasi certitude, pour qu'elle soit d'origine syphilitique. Voyez quel parti peut tirer le diagnostic d'un simple détail graphique, en apparence insignifiant.
Les syphilides tertiaires de la vulve sont assez variables comme nombre de lésions. Parfois on n'observe qu'une seule ulcération, isolée, « solitaire », à l'instar du chancre originel. A la fin de notre conférence, je vous montrerai précisément une malade de nos salles qui présente sur la face interne d'une dos grandes lèvres une vaste syphilide ulcéreuse, unique, de forme cerclée. Plus habituellement ces lésions sont multiples; on en rencontre alors deux, trois, quatre, rarement davantage. Voici, cepemlanl, deux pièces de notre Musée sur lesquelles vous pourrez voir jusqu'à G et 8 de ces ulcérations tertiaires. Exceptionnellement
enfin, ces mêmes accidents affectent une confluence telle qu'ils couvrent une grande